Cette fois Nsenga a insisté sur les produits locaux qui accompagnaient un Baume de Venise en rouge et un Côte catalane en blanc : une mimolette à l’ancienne d’Isigny, un jambon de pays d’Evreux et une confiture de courge de la ferme du Bois Rosé.
Et cela allait très bien avec …
– Le chant du poulet sous vide de Lucie Rico, Folio. Son premier roman que j’ai lu après et préféré à GPS. Pourquoi ? Parce que c’est moins « théorique », plus fou, plus drôle, décalé, frappadingue même. Mais attention, construit ! Une vraie histoire d’auto-entreprise, une relation aux animaux, à la mère, aux films non sous-titrés, à la biographie… Dans ces temps lourdingues, comme elle est légère, Lucie Rico !
– Sniper en Arizona, de Patrick Declerck, éditions Buchet-Chastel, 2022. Decleck a été psy pour les SDF, a écrit sur eux. Mais ce livre-ci est né de son amour des armes. Il s’est donc inscrit à deux stages de sniper aux USA et c’est un documentaire sur ces séjours, les formateurs, les stagiaires, tous anciens d’Afghanistan ou d’Irak ou les deux, tous plutôt proches de l’idéologie sudiste, leur langage (« Fuck » est omniprésent), les lieux, les armes de guerre, le rapport au vivant. Super intéressant aussi, le moment où, au retour, il va chez un armurier français !
– Quand tu écouteras cette chanson, de Lola Lafon, éditions Stock, collection « Ma nuit au musée », 2022 : un GRAND livre sur sa nuit au musée d’Anne Frank à Amsterdam, dans l’annexe où les Frank ont vécu jusqu’au jour où les nazis sont venus, sur ce qu’on a fait au texte d’Anne Frank à Broadway, à Hollywood et même dans les traductions, sur les raisons pour choisir ce musée.
La deuxième partie vient bientôt.
Nous sommes 14 pour le déjeuner (12h15) avec Arno Bertina, à la Cantine du Fort, le mercredi 9 novembre.
Rappelons qu’il vient pour l’adaptation théâtrale par Anne-Laure Liégeois de son roman Des châteaux qui brûlent (2017- éditions Verticale, et Folio), présentée au Volcan les 9 et 10 novembre.
Le prochain Chat Bleu, lui, est prévu le jeudi 17 novembre, à 18 h




– Lieutenant Versiga, une vie de flic dans le Mississippi de Raphaël Malkin, éditions Marchialy, 2022. Cette maison d’éditions est spécialisée dans le document.
A noter : une exposition en Ardèche, à la médiathèque de St Péray, du 4 juillet au 31 août, des travaux de Guillaume Guilpart, le graveur et typographe, cheville ouvrière de Marchialy.
– Coma Glasgow 3 de Victor Cohen-Hadria, éditions Le Vistemboir, 2022.
– Pas Liev de Philippe Annocque, éditions Quidam 2015, paru dernièrement en livre-audio : Un homme arrive quelque part, on ne sait pas vraiment où, pour être précepteur, enfin peut-être… La 4ème de couverture nous dit « Une veine sensiblement expressionniste ». Nous aurions plutôt pensé, nous, à une parenté avec le surréalisme, le théâtre de l’absurde, Beckett. Il se passe peu de choses et on ne peut jamais en être sûr. Une information est souvent plus tard remise en cause.
– Là où nous dansions de Judith Perrignon, 2021, éditions Rivages : Détroit, une ville décidément « littéra-génique ». ( voir aussi Detroit dit-elle de Marianne Rubinstein chez Verticales, Il était une ville de Thomas Reverdy). Le roman de Judith Perrignon, très documenté, nous fait traverser des temps différents : les années du New Deal avec la venue de madame Roosevelt et la création du « Project », nouveau quartier noir, les débuts de la Motown et de The Supremes, et le moment de la déchéance économique de la ville.
– Le dévoué de Viet Thanh Nguyen, traduit par Clément Baude, éditions Belfond 2022 : la suite du Sympathisant, prix Pulitzer. De mère vietnamienne, et de père français, échappé d’un camp de rééducation, le personnage arrive à Paris en 1981. L’auteur né au Vietnam en 1971, parti vivre aux USA, pose la question de l’identité, traite de la colonisation.
– Les mains du miracle de Joseph Kessel (1898-1979) : paru en 1960, réédité deux fois chez Folio : l’histoire de Félix Kersten, le masseur qui soulageait les douleurs de Himmler.
L’effondrement d’Hans Erich Nossack (1901-1977) aux éditions genevoises Héros-Limite, 2021. Traduit de l’allemand par J.P. Boyer et Silka Hass. Ce texte, paru pour la première fois en France en 1949, dans la revue des Temps modernes, fait partie de la « littérature des ruines ». Ecrit à chaud, après le bombardement de sa ville, Hambourg. Un des rares livres à documenter cela. Nossack était un homme de gauche et il évacue le problème de vaincus victimes / vainqueurs haïssables. Il rend compte de ce qu’il voit, ressent, comprend de la situation et des réactions des sinistrés.
In Absentia, son dernier livre qui vient de sortir chez Actes Sud. Pendant la guerre de 1939-1945, un écrivain communiste, résistant, est raflé. Il passe d’Auschwitz au Struthof en Alsace où un médecin a demandé qu’on lui envoie 90 juifs. Le personnage est protégé s’il fait ce qui lui est demandé…
– Grande couronne de Salomé Kiner, éditions Christian Bourgois, 2021.
– Les Dukay de Lajos Zilahy, traduit du hongrois par Pierre Singer, Folio : se passe dans l’empire austro-hongrois, de 1919 à 1940.