Un Cédric Gras : P U N° 258

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Vladivostok neiges et moussons de Cédric Gras, éditions Phébus,
ce récit de voyage, est son premier livre, paru en 2011.
Cédric Gras, né en 1982, est un grand voyageur : Mongolie dès 19 ans, Chine, Tibet puis beaucoup la Russie où il enseigne d’abord puis crée et tient des Alliances françaises : Vladivostok jusqu’en 2009, puis Donetsk de 2010 à 2014, Kharkov  et Odessa ensuite. Il reçoit le prix Albert Londres pour Alpinistes de Staline en  2020.
Il participe à des expéditions : sur un glacier au Tadjikistan, sur des bases antarctiques en Argentine.
Son dernier livre, paru chez Stock en 2025, est : Les routes de la soif, voyage aux sources de la mer d’Aral.
Vladivostok – neiges et moussons
parle de la ville, de sa géographie : ce qu’on croit, ce qui est, des saisons, des hommes et des femmes russes, des voisins : Chine et Corée.

Quelques Poèmes Express  venus dans Vladivostok :
– C’était un monde enchanté, mon enfance, l’anarchie, le pas grave !
– Les plaies saignaient. Et les coeurs crevaient.
– On a beau être grand, on vit entre baie pourrie et îlot vague.
– Dans la neige sale, le sang d’une morte bordée par l’hiver.
– On ne peut pas leur enlever le provincial. Bottines et sacs en plastique.
– Les femmes dans les bras des hommes sont au volant de la relation.
– Sortir de votre dépression, en faire le tour et rentrer.
– Le croyant ne sait après tout pas plus que d’autres, c’est vrai.
– Les grands-mères sont seules et les voisins ivres.

Un Patrick Modiano : P U N° 257

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La danseuse
est la Pièce Unique N° 257.
Mon deuxième livre de cet auteur dont,
j’avoue,
je ne suis pas spécialement fan…
tout Prix Nobel (2014) soit-il.
Une courte presque non-histoire,
pleine d’imprécisions, d’incertitudes,
( Entre autres, qui est ce « je » qui parle ? Un personnage ? Modiano ? )
c’est ce flou qui la définirait, et est plutôt intéressant.
En même temps, de vraies personnes émaillent le récit,
des danseurs surtout,
mais aussi l’éditeur Maurice Girodias.

Quelques « Poèmes Express » qui sont venus dans La danseuse :
– On pourrait. Il faudrait. Mais j’ai oublié.
– Chaque soir le trajet durait plus longtemps. Rythme vide.
– Des immeubles que plus personne n’habitait. Le silence. L’obscurité.
– Elle avait cette discipline : il fallait que le mot s’épuise.
– Je finissais. Et je craignais de réveiller ma vie.
– Un mot venait dans la bouche, particulièrement nouveau.

La danseuse, trois textes en un, a été offert à M. P et A, ce dernier étant danseur de l’opéra de Mulhouse, après plusieurs années à l’opéra de Bucarest.

Un Vin, des Livres – juin 2026 – 1)

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D’abord deux dates : on essaie de se retrouver le
jeudi 16 juillet, comme d’habitude à 18h, à l’Art Hôtel
et, à la rentrée,
jeudi 24 septembre

En juin, après le festival du Polar à la plage, j’avais d’abord envie de parler de romans de : Valerio Varesi,  dont : Or, encens et poussière, paru en Italie en 2007 et chez Agullo en 2020, traduit par Florence Rigollet. Trouvable en Points.
Mon 4ème Varesi. Les deux premiers ne m’avaient pas exaltée, Le dernier, reçu en service presse par l’association des Ancres Noires : La peur dans l’âme, 2018 en Italie, 2026 chez Agullo beaucoup plus : L’été, dans la montagne, un fugitif, des rumeurs, jamais aucune certitude. Avec moi, ça a vraiment marché.
J’ai donc pris celui-ci : un début assez fantastique : Parme, le brouillard, un accident sur l’autoroute, des animaux qui se sont échappés et un corps retrouvé. Ces bêtes qui apparaissent tout à coup m’ont fait penser à un passage d’un Jean-Philippe Toussaint : un cheval échappé la nuit, sur le tarmac d’un aéroport.
Par ailleurs, des Roumains, des Roms, l’autour de la ville : social et politique et un commissaire Soneri dans les affres de l’incertitude amoureuse.

  • Sinon, pas polar : un Gerrit Kouwenaar (1923-2014) : Tombe bombe ! éditions Robert Laffont, collection Pavillons. Traduit du néerlandais par Marie Hooghe. Un court roman paru la première fois en 1950. Un adolescent face à l’histoire. Nous sommes en 1940, la guerre est aux portes de la ville, et il en est presque heureux, cela va le libérer de parents très petit-bourgeois. Un oncle plus « olé-olé » lui montre d’autres vies possibles. Et la guerre arrive vraiment …
  • Un Olivier Rolin : Vers les îles éparses, éditions Verdier, 2025, et en poche aussi chez eux, maintenant. Ce grand voyageur est cette fois embarqué sur un navire de la marine nationale en direction des îles du canal du Mozambique que la France « détient » encore. Il évoque avec humour, et même auto-dérision, l’équipage, des gens jeunes face à lui, âgé, dont des jolies femmes face à lui, ancien amoureux du « beau sexe »,  le bateau et la vie à bord. Et ces îles, évidemment mais pas tant que ça.

Polar à la plage 2026

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beaucoup de bons moments :
la venue de Jeanne Guyon, des éditions Rivages noir
avec Danielle Thiéry ici, interviewées par Olivier, à la Galerne
en présence de Philippe Huet.

Le documentaire de Matthieu Serveau sur James Crumley
L’esprit de la route, au Studio.


La conférence, drôle et érudite,
sur l’histoire de la police scientifique
de Stanislas Petrosky à la médiathèque Niemeyer.
Et celles sous la tente, de nos camarades, sur Georges Arnaud et Jean-François Vilar,
et de Jérémy Bouquin, sur Hervé Prudon
(la biographie, fruit de 7 ans de travail, sort bientôt, chez Gaussen), de grands oubliés.
Et des tables rondes, une sur le polar jeunesse, une autre animée par Patrick Grée : De la police à l’écriture, avec l’ex-commissaire principale Danielle Thiéry

De grands invités :

Valerio Varesi, Didier Daeninckx,
l’un chez Agullo et l’autre chezGallimard
Mais aussi Nadine Monfils, et beaucoup d’autres…
(Valerio Varesi avec la présidente des Ancres Noires, Odile Marteau-Guernion)

 

 

et, évidemment,
la lauréate du Prix Ancres Noires 2026 :
Michaeëla Watteaux,
scénariste et réalisatrice,
pour son roman policier historique.

Didier Daeninckx – Polar à la Plage

Le Pierre Schoendorffer
La Pièce Unique n° 252 a finalement été offerte
Pendant le Polar à la Plage de juin 2026
à Didier Daeninckx
qui n’avait rien demandé…
Pourquoi à lui ?
Parce qu’il était là,
parce que j’étais là
en tant qu’Ancre Noire historique,
présente déjà lors de ses venues précédentes.
Parce qu’il travaille sur l’Histoire
à travers des histoires d’anonymes

Parce que le Schoendorffer disait le fin de l’Empire
disait l’Histoire française
de la France se cramponnant à une de ses colonies
de la même façon,

avec les destins anonymes
de ces soldats-là
à ce moment-là de la guerre d’Indochine.

 

Un Vin, Des Livres- mai 2026 -1)

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– Humour avec Court-circuit de Wolf Haas, paru en 2025 à Munich et chez Flammarion en 2026, traduit par Rose Labourie.
Haas est un auteur autrichien, entre autres de polars. Ce livre n’en est pas un.
Il est constitué de deux grands chapitres : Off et On.
Le personnage principal s’appelle Franz Escher
– et son patronyme a de l’importance -.
Il est amateur de puzzles, de livres sur la mafia.
Sa vie, après un problème domestique d’électricité, se mêle avec une de ses lectures et le passage de l’un à l’autre se fait de plus en plus rapidement.
Aucun risque de vous perdre et sourire assuré.

– Premier roman : L’oeil de l’espadon d’Arthur Brügger, éd. Zoé, 2015
a reçu le prix Bibliomedia 2016, prix de Suisse romande existant depuis 1979.
Le narrateur, Charlie, 24 ans, est apprenti-poissonnier au Grand Magasin. Il parle de son travail, de ses collègues, de celle dont il est amoureux, de comment fonctionne la grande distribution : par exemple ce qui est considéré comme du « vol », ce qu’on présente comme des « cadeaux » aux employés.
– Reportage ou essai :
Envoyé spécial dans la cage aux fauves, d’Armand Gatti, éd Marchialy 2021.
Ce texte est paru en 1954 sous forme d’articles dans Le Parisien Libéré puis au Seuil et a valu le prix Albert Londres à Gatti ( 1924-2017) qui n’était alors pas encore un homme de théâtre.
Une histoire des fauves dans le cirque, de Rome aux années 50. Des noms et vies d’animaux, de dresseurs ou dompteurs restés dans l’histoire. Des pratiques, plus ou moins cruelles, pour obtenir ce qu’on veut des fauves.

Bientôt, les autres livres vus en mai.
Le prochain un Vin des Livres est prévu le jeudi 25 juin, 18h à l’Art Hôtel

Avant, venez  au Polar à la plage !
les 13 et 14 juin :
Valerio Varesi, Didier Daeninckx, Hugues Pagan (euh ben non, pas lui), Danielle Thiéry, Nadine Monfils  et bien d’autres auteurs et autrices vous accueilleront à la plage du Havre.

Un vin, des livres – avril 2026 – 3)

Vous aviez parlé d’essais aussi
politiques :
– d’Umberto Eco : Reconnaître le fascisme, Grasset collection la petite Vermillon, 1995 : le discours qu’il a fait à Columbia University, le fascisme en 14 points.
– de Johann Chapoutot : Les irresponsables, ce qui a porté Hitler au pouvoir. Gallimard, 2025. Analogie faite entre les années 1930 et aujourd’hui.
– du sociologue Bertrand Badie, L’art de la paix éd.Flammarion et Par delà la puissance et la guerre, 2026, éd Odile Jacob.
– de Nicholas Carr : Communiquer à tous prix, éditions L’échappée. Une histoire très critique des réseaux sociaux.
– Un des Tracts de Gallimard (n°75), sur Alexandre Grothendieck et une ordonnance de 1945 qu’on utilisera contre lui dans un procès quand il hébergera en 1978 un Japonais. Plaidoirie sur le délit d’hospitalité. Préfaces de Giorgio Agamben et Hervé Le Tellier.
– de Cyrille Bret et Florent Parmentier : La géopolitique de l’Eurovision, éd. Bréal, 2026.
essais ou plutôt romans historiques :
– La redoutable veuve Mozart d’Isabelle Duquesnoy, La Martinière, 2019, puis en Points : sur Constance, d’après des écrits, les lettres.
– de Christine Orban : Soumise, Albin Michel puis en Livre de Poche :
sur la soeur (1625-1661) de Blaise Pascal, écrivaine, devenue hyper-croyante, entrée à Port-Royal.
une BD, de David Rees, traduite par Claro, Denoël, 2003 : Putain, c’est la guerre ! Des strips parus sur le web après le 11 septembre.
romans étrangers :
de Ferenc Karinthy : Epepe, paru en 1970, republié chez Zulma : Un linguiste arrive dans une société dont il ne comprend pas la langue et ce n’est pas normal.
– de Feurat Alani, reporter français d’origine irakienne, Le ciel est immense, chez J.C.Lattès, 2025. Son deuxième livre, le retour en Irak pour essayer d’éclairer l’histoire d’un oncle. Il a reçu de nombreux prix pour ce texte et pour le premier.
Enfin une poétesse américaine : Sylvia Plath (1932-1963)… à laquelle M-A est arrivée par Lydie Salvayre : 7 femmes, éditions Perrin, 2013. On peut trouver d’elle, dans la collection l’Imaginaire de Gallimard, La cloche de détresse.

Prochain Un Vin Des Livres, jeudi 28 mai, à partir de 18h

Un Oscar Peer : P U N° 253

Coupe sombre,
paru en 1978 en romanche, et en français en 1999 chez Zoé
est la Pièce Unique N° 253.
Oscar Peer (1928-2013) a été instituteur, a vu son premier texte publié en 1952 (La vieille maison), a reçu en 1977 le prix Schiller, le plus ancien prix littéraire suisse.
Coupe sombre est l’histoire d’un homme face à la nature, homme condamné, à la suite d’un accident de chasse, par la majorité des habitants de son village.
Littérature qu’on pourrait ranger dans la case « nature writing », case qui n’existait pas au moment de son écriture. De beaux moments : p 87 :  » Pendant ce temps, il neige. Il reste là, appuyé à un arbre, les sens pris à ce murmure blanc qui apaise et angoisse en même temps. »

Quelques Poèmes Express qui en sont issus :
Dernier wagon, un chien entend des voix qu’il détache de l’odeur.
– Les femmes disparaissaient lorsque sortaient les grandes gueules.
– Cheveux gris, taches brunes mais habité.
– Devant l’oculaire des jumelles : l’endroit et les chevreuils.
– Toucher son enfant, le manger chaque nuit.
– Il faudrait faire la différence entre poule et pipe.
– Pendant que l’un d’entre eux bat les visages, lui les regarde.
– Elle a le sentiment que gronde son sang, que craque l’essentiel.
_ Un homme et Dieu se taisent. On entend la tension.
– Il ronge sa joie, se fraye un chemin hors du dedans.

Ce livre des éditions suisses Zoé est envoyé… aux éditions Zoé dont j’aime toujours le papier crémeux des grands formats, souvent leurs couvertures et, évidemment, indépendamment de l’ aspect des livres, les auteur.es, les actuel.les (Elisa Shua Dusapin, Anne-Sophie Subilia, Arthur Brügger…) comme les plus anicen.nes (Robert Walser, C. F. Ramuz…)

Un Vin, Des Livres – avril 2026 – 2)

Déjà, la prochaine rencontre : jeudi 28 mai, à L’Art Hôtel, 18h !

Vous aviez beaucoup lu :

Des textes français, pas toujours rangeables dans la catégorie « roman » :
– Le grand cerf de Claudine Huntzinger, 2019, éditions Grasset … maintenant en poche :
la nature, les animaux sauvages en Alsace où elle vit.
– Des Gwenaelle Aubry :
Personne, Prix Femina 2009, éd Mercure de France, trouvable en Folio : « structure du livre très intéressante » dit M A. Portrait d’un père universitaire avec de gros problèmes psychiques.
Partages, 2012, Mercure de France, un poème à deux voix, entre une juive et une palestinienne.
Zone base vie, 2024, éd. Gallimard : au moment du covid, un immeuble à la Pérec.
– De Gabrielle Tournemire : Des enfants uniques, éd Flammarion, 2025, premier roman. Des handicapés dans une institution, certains tombent amoureux, ce qui pose problème aux éducateurs et aux parents.
– Autre premier roman : La bouche dans le sable de Kevin Thiévon, éd. Le Bruit du monde : trois jeunes à Juan-Les-Pins, une Française, un Irakien, fils d’un responsable de crime de guerre et un Kurde.
– Kiné de Thomas Bontemps, éd Tarabuste, 2025. Thomas Bontemps vient du Master de Création Littéraire du Havre. L’expérience d’un jeune diplômé dans un cabinet de kiné, des ressentis, des histoires de patients
– Le palmier de Valentine Goby, éd. Actes Sud, 2025. « Très délicat, assez lent ». Le point de départ : un palmier abattu. A Grasse, à hauteur d’enfant, la famille du directeur d’une usine de parfums. Des images reviennent… un traumatisme.
– D’Alice Zeniter : L’art de perdre, 2017, Flammarion, maintenant en J’ai Lu. A reçu de nombreux prix. Sur une famille harki. Littéraire et documenté. « L’histoire de l’Algérie, plus multiple et complexe que vue à l’origine. »
– 
Sur le même thème : Soleil amer de Lilia Hassaine, journaliste . Son second roman, paru chez Gallimard en 2021
– De Dominique Barberis : Une façon d’aimer , 2023 Gallimard, Grand Prix de l’Académie française : à Douala, années 50, des expats.
– De Maylis Besserie : La nourrice de Francis Bacon, Gallimard : des chapitres sur les tableaux, d’autres sur la vie du peintre. « un style sans charme… » dit C.
Quelques polars :
– Les bûchers de Calcutta  d’Abir Mukherjee, Le 6ème de la série, traduit par E. et Ph. Aronson, éd. Liana Levi, 2026 : en 1926, un bienfaiteur indien se fait assassiner et une Indienne est enlevée.
– De Satu Rämö, Finlandaise née en 1980, vivant en Islande : 6 livres sont sortis en Finlande, 2 en France : Hildur, le premier volume et Rosa et Björk. Léa adore.