Humour et arts plastiques – 5)

Martin Parr, photographe britannique né en 1952 qui dit aujourd’hui dans la presse : « Plus le sujet est grave, plus je tente d’y introduire de l’humour. »

Il mène un travail documentaire sur la « culture prolétarienne » (dixit wikipedia), fait des photos sur le « presque rien, l’ennuyeux ».
Depuis 1982, il utilise la couleur.
Son travail pose aussi vraiment la question de ce qu’est l’humour : le sien va plutôt vers la dérision, l’ironie, et pourrait presque être pris pour « contemptuous ».

 

 

photo 1) série Chew Stoke village – 1992
photo 2) série Death by selfie – 2018
photo 3) série Blackpool – septembre 2020

Quelques fois, l’humour de Parr ne réside pas dans la photo elle-même mais dans le choix de faire série ou dans le titre de celle-ci : comme : Too much photography (2012) , Death by selfie ou The new queue (2020).

Humour et vraie vie :

Une vieille dame meurt
et reçoit,
deux mois après,
feuille d’impôts
et
proposition d‘Escape Game
« Super Senior »
gratuit.

Escape Room neon sign,

Au MZ jeudi 2 mai

à partir de 18h, le jeudi 2 mai, au MZ,

On partage autour de bouquins.
On en parle ou
si on préfère,
on écoute seulement.
On peut en tous cas en gagner.

Les Vivants – avril 2024- 3)

Last but not least :

des textes d’auteur(e)s français(es)
– Qui-vive de Valerie Zenatti, l’Olivier 2024 : Une femme perd le sens du toucher, retrouve des lettres de son grand-père, revoit des vidéos de Leonard Cohen à Jérusalem, va  en Israel, de Tel Aviv à Jérusalem, cherche à retrouver ses fantômes.
– L’origine des larmes de Jean-Paul Dubois, L’Olivier 2024. Un homme qui travaille aux pompes funèbres vient tuer son père mort. Il a à en parler à son psychiatre.
– L’amour de la mer de Pascal Quignard, 2023, Gallimard : « une belle écriture mais je n’avance pas » dit M H
– Ellis Island de Georges Perec, P O L 1995 : une description de l’île où arrivaient les migrants de 1892 à 1924. Une édition illustrée existe de même qu’un documentaire.

– La santé psychique des génies, de Patrick Lemoine, 2022 : les génies du bien comme les génies du mal par un psychiatre, chercheur en neuro-sciences à Lyon et spécialiste du sommeil: « une même méthodologie pour chacun : les biographies résumées et les diagnostics. Beaucoup sont dans la bipolarité. J’ai beaucoup aimé ce livre » dit F.
– La rencontre – une philosophie de Charles Pépin, Allary éditions, maintenant en Pocket.
– La personne et le sacré de Simone Weil, écrit peu avant sa mort, à Londres. Publié en 1950 puis de nouveau en 2019.
– Les passeuses d’histoires de Danièle Flaumenbaum, 2015, Payot. Les grands-mères et la transmission d’histoires de vie.
– un podcast « super intéressant et amusant » sur France Culture : de 17h à 18h, toute une semaine sur la ménopause.

Des textes d’auteur(e)s étranger(e)s :
– Ma vie avec Virginia , Des extraits du journal de Leonard Woolf, Les Belles Lettres éditions, 2023, traduction de Micha Venaille. Avant leur mariage, sa vie à Ceylan, son analyse négative du colonialisme. Leur vie commune.
– Le livre de cuisine d’Alice Toklas (1877-1967) éditions de Minuit, traduction de Claire Teeuwissen : des recettes – prétextes, de la compagne de Gertrud Stein. écrit après la mort de celle-ci. Sur leur vie.
– La saga des émigrants de Vilhelm Moberg (1898-1973) en 5 tomes, en Livre de poche, traduit par Philippe Bouquet. « super bien fait » dit M.
– Le liseur de Bernard Schlink, publié en France chez Gallimard en 1997, traduit par Bernard Lortholary. En Folio. Existent de lui, aussi en poche trois « polars » dont Brouillard sur Mannheim.
tout Mario Rigoni Stern (1921-2008) , en 10-18 : des « romans » à base de ses souvenirs de guerre et de captivité en Russie.
– Putain de mort de Michael Herr (1940-2016) : paru en 1977 aux USA, surtout constitué d’articles publiés dans Esquire, journal pour lequel il couvrait la guerre du Vietnam en 1968-69. Traduit par Pierre Alien chez Albin Michel en 1980, puis en Livre de poche. Aussi co-scénariste d’Apocalypse now de Coppola (1979) et Full metal jacket de Kubrick (1987).
– Montana 1948 de Larry Watson, 2010, ed Gallmeister, collection Totem. Traduit par Bertrand Péguillan : histoire de prédateur sexuel. Tout le monde sait mais vu son importance sociale, on dissimule.

Prochain rendez-vous aux Vivants, le jeudi 16 mai à partir de 18H.

Humour et arts plastiques – 4)

Plonk et Replonk : ces Suisses de la Chaux de Fond :
Le premier arrivé au bureau s’appelle Plonk. Plonk est donc de temps en temps Replonk, et réciproquement.
J’ai quelques cartes postales d’eux.
En voilà une que je n’ai pas :

mais j’ai un « nain bétonné ».
Format M – existent aussi le S et le L-
Je me souviendrai toujours de l’expression d’une amie lorsque je suis sortie de la librairie Les lisières avec le nain dans les bras : « tu as acheté ça !…?… »
Oui et il m’a suivi quand il y a eu une nouvelle vie, alors que d’autres objets sont restés dans l’ancienne. Je précise que, du mien, on ne voit pas le nez.
Multiple mais « Pièce Unique »… Tiens, tiens…

Un Claro

Mis en avant

Tous les diamants du ciel de Claro est paru en 2012 chez Actes Sud, et est trouvable en Babel. Il est devenu la Pièce Unique N° 202

Claro, auteur, traducteur, éditeur.
Claro qui aime le somptueux de la langue comme peu d’auteurs contemporains.
Claro qui s’intéresse rarement au plaisant,
Claro qui va souvent au pire de l’homme, à ses pires erreurs, volontaires ou pas.
Claro a pu ainsi s’intéresser à la chaise électrique, à la radioactivité.
Claro, ici, prend un fait divers de 1951 : une petite ville sans histoire, Pont Saint-Esprit, qui devient folle.
P. 17 : « On n’entend rien mais parfaitement. Sur le parvis de l’église St Saturnin, un chien s’effraie d’une chose qui n’a pas encore d’ombre et aboie sans conviction. Dans la rue, les fenêtres aspirent l’air chaud, l’air chaud meuble l’obscurité, l’obscurité se détache des pierres, tout est cycle et sensuel, » (…)
P. 32 :« Et voilà que soudain ils voient autre chose que la peau du lait, que la buée du carreau, la sueur des fronts, voilà qu’ils voient ce qu’ils entendent »
P 33 : « Le chat de madame Moulin, le gros tigré, après une longue halte devant son écuelle où la mie avale le lait, cherche à coups de tête dans le mur une faille que ses yeux étrécis ont cru voir, mais la pierre ne cède pas, et il se fracasse jusqu’aux derniers os sans même miauler, son corps chiffon presque brûlant quand sa maîtresse le ramasse, d’une paume incrédule. »

le livre nous entraîne de France aux Etats-Unis avec trois personnages : Antoine, Lucy et Wen Kroy. Des poupées gonflables, le LSD et le FBI les accompagnent.

Quelques Poèmes express qui en sont issus :
Voilà le sacre d’une forme, la fête d’un geste.
– Le sang d’un être frais avait échappé à sa plaie.
– Le créateur avait une idée vague de la peine de la créature.
– La mort se changeait en réalité. Poussait dur..
– Au fond il avait du mal à devenir. 
Ça demande du temps et un cerveau.
– Quand il voulut l’attraper, la réalité dérapa et s’imagina.
– Un rapport daté de 1959, épatant, s’est nourri des souvenirs, des délires de…1962…

La Pièce Unique n° 202 a été offerte à Dominique Quelen, venu lire quelques extraits de ses textes, à La Baraque, à Rouen, le jeudi 25 avril. Dominique Quelen qui, pour évoquer un peu ses méthodes de travail, les contraintes qu’il se donne, dit  » Il faut bien s’empêcher pour réussir à y arriver ».

Humour et arts plastiques – 1)

Pierrick Sorin est exposé au musée de Nantes jusqu’au 24 septembre 2024.

Les Vivants- avril 2024- 2)

On a ensuite beaucoup parlé de polar et de roman d’espionnage (mais pas que, il faudra un « tome 3 » pour ce mois d’avril)
Parmi les  Français, il a été question :
– de Pierre Lemaître avant qu’il ne soit prix Goncourt et n’aille vers le roman à l’Alexandre Dumas. avec, par exemple La robe de mariée ou Axel : » du noir-noir mais tellement écrit » dit F.
– du 9ème  Jean Meckert ressorti par les éditions Joëlle Losfeld : La lucarne, 2024paru pour la première fois en 1945. Meckert. aussi journaliste et scénariste a été un temps oublié. Il a également publié à la Série Noire des polars sous un autre nom : Jean Amila.
– d’un autre romancier populaire, Léo Malet qu’un essayiste, Michel Marmin, a rapproché en 2018 de André Helena dans Où Nestor Burma rencontre l’Aristo.
Nestor Burma, beaucoup connaissent par la TV. L’aristo, est, lui, un personnage entre Arsène Lupin et Rocambole.
de Keigo Higashino : Les doigts rouges, traduit par Sophie Refle, paru chez Babel en 2020 : un jeune a tué et l’enquêteur Kaga Kyoichiro se retrouve face au poids de la famille.
– de Mick Herron, auteur anglais né en 1963 : La maison des tocards, Babel Noir 2016, traduit par Samuel Sfez : des hommes du M15 mis au placard mais qui réussissent quand même. Des mêmes auteur, traducteur et éditeur : Les lions sont morts : roman dans lequel les Russes se rapprochent.
– d’une B D de David ReesPutain, c’est la guerre, traduction de Claro, éditions Denoël, 2003  des strips sur le 11 septembre : « Contre l’abjection politique, un seul remède, le mauvais esprit. » Et la beauté, parce que ce travail est beau.
– d’une série TV sur Arte : Slow horses : espionnage encore, et histoire vraie.

On revient avec un troisième et dernier pan de ce qui a été dit ce mois-ci.