Comme on se mêle de tout : 11) “le gouffre” aux éditions du Sonneur

Les éditions du Sonneur créées en 2005 publient des textes ou inédits, ou oubliés, méconnus. “Le gouffre” de Frank Norris (1870-1902), paru en 1903, entre dans cette deuxième catégorie et sa modernité est étonnante. Non par son écriture : Norris, influencé par Zola, est un pionnier du naturalisme aux Etats-Unis, mais par son sujet: la spéculation, un “jeu”, “pire que la morphine!”. Nous sommes à Chicago, à la bourse au blé où s’affrontent  “baissiers” et “haussiers” : “et les fermiers souffraient”. Le propos est moral, social. La punition est à la hauteur de la faute et la scène de la chute est très cinématographique.
L’autre affrontement dont parle le texte est celui des hommes qui spéculent et des femmes qui aiment et ne comprennent rien à ce qui se passe à la corbeille. L’argent, le pouvoir sont du côté de la virilité contre l’amour et l’art, propres au féminin et finalement gagnants…

Les critiques qui font plaisir !

“Ville de nuits”, 7 nouvelles de Thierry Crifo chez un nouvel éditeur havrais, Rue du départ

Faire la connaissance d’un nouvel éditeur, c’est bien. Quand, parmi ses premières publications, on trouve un recueil de nouvelles de Thierry Crifo, c’est encore mieux, vu qu’on aime bien Thierry Crifo.
L’éditeur s’appelle Rue du Départ, et c’est au Havre que la petite équipe a décidé de se lancer dans l’aventure. Aujourd’hui, il nous offre trois recueils de nouvelles noires signés Dominique Delahaye, Pascal Millet et Thierry Crifo. Trois livres de petit format, joli papier, jolie typo, belles couvertures très graphiques, en deux couleurs, signées du graphiste maison, Eric Enjalbert, chouette tir groupé !
Dans Ville de nuits, Thierry Crifo nous propose sept nouvelles noires, des personnages formidablement émouvants, des histoires humaines terriblement modestes ou terriblement effrayantes…
Lire la suite sur le blog de Catherine Velda

Claude Le Nocher aussi a aimé

…une vraie sensibilité émane des histoires racontées par Thierry Crifo, dans ces portraits qui dessinent les blessures et les petits bonheurs de ses personnages. Que les dénouements soient sombres ou plus optimistes, les récits sont forts en images véridiques, parfois cruelles, comme en émotions. Pour les lecteurs connaissant encore peu ou mal cet auteur, ce recueil est le bienvenu…
Lire la suite sur le blog de Claude Le Nocher

Et comme on se mêle de tout : 10) Yves Pagès au théâtre du Rond-point

le 1er décembre, dans une des conférences-performances des “Trousses de secours en période de crise”, spectacles courts, à 18h30. Humour des mots. Amour des jeux. “internet/interflou”, “flou tendu”… un patron de gros groupe du monde de l’édition, Jean-Michel Michel, s’adresse à son staff (nous, les spectateurs) et donne ses consignes pour que le groupe en question soit toujours plus concurrentiel. L’utilisation du vocabulaire du management, de la politique mixé à la culture. Des grands mots, du petit sens. Des emprunts, réaménagés, acronymés. Rien d’inventé, juste du libéralisme assemblé, du concassé, avec voix de crooner et diction  de commercial de plus en plus en perdition : vraiment DRÔLE et pas que!

Yves Pagès, écrivain, éditeur, tient un blog.