Chat Bleu : décembre 2021

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Déjà, des dates : si covid, omicron et autres virus nous laissent tranquilles, retrouvons-nous  les 20 janvier, 24 février et 24 mars

En décembre, Nsenga nous recevait avec des « vins du monde », un rouge austral, cépage shiraz, koala sur l’étiquette, et un blanc d’Afrique du Sud, chenin, orné d’une baleine !

livres du monde aussi :
– L’île de Sigridur Hagalin Björnsdottir, traduit par Eric Boury, éditions Gaïa, Paru en 2016 en Islande, en 2018 en France : un événement a eu lieu : l’Islande est coupée du monde, plus d’internet, plus de navires ni d’avions arrivant, pas de nouvelles de ceux qui sont partis. On n’en saura pas plus sur le pourquoi mais on verra ce que cela crée : ceux qui en profitent, ceux qui en souffrent, ce qui manque, les métiers (de la culture) qui n’ont plus d’utilité, la montée de la violence, du nationalisme …
– La fracture de Nina Allan, éditions Tristram, traduit par Bernard Sigaud : cette auteure anglo-saxonne dont nous avons lu aussi et beaucoup aimé La course, place son lecteur dans plusieurs genres en même temps : policier, fantastique. Une jeune fille disparaît. Plusieurs années plus tard, elle est de nouveau là et ce qu’elle raconte pose problème à sa soeur, à sa mère…
– En attendant Eden d’Elliot Ackerman, éditions Gallmeister, traduit par Jacques Mailhos. Dans la veine de Johnny s’en va-t-en guerre de Dalton Trumbo, un livre qui remue, anti-militariste, écrit par quelqu’un qui connaît bien la guerre. Ackerman, né en 1980, est un ancien marine, membre des forces spéciales, revenu de missions en Afghanistan et en Irak.
Et encore :
– Le maître et Marguerite de Boulgakov (1890-1940), pas dans la nouvelle traduction d’André Markowicz : » l’histoire de Faust mais sous Staline, avec un diable foutraque, un bazar joyeux », dit A.
– La neige sous la neige d’Arno Saar, traduit de l’italien par Patrick Vighetti, éditions La Fosse aux Ours : un polar qui commence avec le corps d’une jeune femme trouvé sous la neige à Talinn.
– Soleil amer de Lilia Hassaine, 2021, Gallimard. Une femme algérienne rejoint son mari qui travaille en France. Ils ont déjà trois enfants ; des jumeaux s’annoncent et ils n’ont pas les moyens…
– Les greniers de Babel de Jean-Marie Blas de Roblès, éditions Invenit, 2012 : rafraîchissant, pour toutes générations et plein de références.
– Pachinko de Min Jin Lee, traduit par Laura Bourgeois, éditions Charleston : histoire sur plusieurs générations d’une famille coréenne qui s’installe au Japon.
– La saga des 7 soeurs, en 7 tomes, de Lucinda Riley, aussi aux éditions Charleston.
– La passe-miroir, de Christel Dabos, Gallimard jeunesse : roman d’apprentissage 4 tomes.
Ces trois derniers livres nous sont présentés par Eline, qui, devenue influenceuse sur Instagram, nous a rejoints ce soir-là et c’était super. Comme l’a dit Nsenga : « une autre génération, d’autres livres, d’autres raisons de lire et d’autres moyens d’en rendre compte… »

 

Heureuses fêtes !

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à côté de Percival Everett ! de Paul Auster !

cette année, c’est avec  ça va ? ça va… 
le mini-table book plein d’esprit (si si), le petit-cadeau-d’assiette mais bien plus que ça aussi…
Et, pour les gens d’ici, presque 100% d’ici…

Un Don Carpenter : P U N° 141

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La promo 49, le septième roman de Don Carpenter (1931-1995), éditions Cambourakis, traduction de Céline Leroy, dans leur chic collection de poche.
La belle couverture : photo de Bud Shively ; Vivian Demaria/Time and Life Pictures/Getty Images dit toute l’Amérique de cette époque-là, de ce livre-là. Tout comme le roman de Don Carpenter. 24 chapitres pour plus de 24 vies de jeunes gens, au moment crucial de la fin du lycée. Filles et garçons, leurs rêves stéréotypés, ou leur vision du monde, de leur avenir, de ce qui se fait , de ce que, eux, peuvent faire. Comment on continue : l’armée ? le mariage ? Un travail ? les études ? A travers une génération, le livre montre tout de l’Amérique d’alors, les milieux, la place de l’argent, du genre, les ambitions, les (im)possibilités. Toute une sociologie.

Quelques Poèmes Express issus de La promo 49 :
Deux ans qu’on lui faisait quelque chose sous la jupe ; c’était la vie.
– La stupidité réfléchissait à faire le malin, elle avait l’air con.
Embrasser et en être éreinté.
Son inconscient n’avait jamais voulu l’accompagner
– Le poivrot but, se mit en route pour la folie, y arriva.
– Je sais que le mot réfléchit et reste.

Et puis, tant pis, on le renvoie, « augmenté », transformé en tous cas, à Frédéric Cambourakis…

Un Ivan Tourgueniev : P U N° 140

Les Pièces Uniques sont l’occasion de lectures qu’on aurait dû faire bien plus tôt. Le N° 140 nous permet d’aborder Tourgueniev (1815-1883) pour la première fois. Encore une première fois.
Il s’agit de  trois nouvelles rassemblées par les éditions Sillage en 2012 sous le titre de l’une d’elles : L’exécution de Troppmann, écrite en 1870. Les deux autres, autobiographiques également, ont été dictées à Pauline Viardot, peu de temps avant la mort de l’auteur.
Dans la première, Tourgueniev est invité par Maxime Du Camp à assister à la décapitation d’un criminel. Il passe la nuit dans la prison, assiste aux préparatifs, entend la foule à l’extérieur. Il se sent mal d’être présent et en fait un texte contre la peine de mort.
Un incendie en mer conte un naufrage qu’il a vécu jeune.
Une fin raconte sa rencontre avec un noble russe désargenté et rustre. La révolution est proche . les « âmes pas mortes » se laissent moins faire.
Dans chacun de ces courts textes, Tourgueniexv  se montre un peu veule.

Voilà quelques Poèmes Express :
– Repères. Naissance d’un mari. Enfance d’une maîtresse. Mort d’un ami.
– Un long dégoût garde la prison. Comme une force sans mot.
– Beaucoup d’hommes étaient sortis de leur existence par escaliers et corridors…
– Je crois avoir rencontré un lecteur, chevelure encore touffue mais grisonnante, flottant au-dessus de son intelligence.
– S’était précipité du haut d’un talus escarpé, le lièvre, tout gris, tout vif.

Mais l’intérêt réside le plus souvent dans le télescopage de l’information – trouvée en second – avec le « Poème Express »…
C’est offert à Philippe Annocque, auteur entre autres du beau Les singes rouges et du « ionescoien » Pas Liev aux éditions Quidam.

Chat Bleu : novembre 2021- 2)

On a évoqué beaucoup d’autres livres ce jeudi-là :
des polars ou thrillers :
Requiem pour une république, le premier roman de Thomas Cantaloube, Série noire Gallimard 2019 : un crime sur fond d’ « événements » d’Algérie. Peu de fictions ont évoqué le 17 octobre 1961 photographié par Georges Azenstarck, le S A C ou Gerboise. Cantaloube le fait.
Les livres de Jérôme Loubry, tous en poche : Les chiens de Détroit, 2017, pour la force de la ville-personnage. Le 12ème chapitre , Prix Mauves en noir 2018 : 4 qui se sont connus enfants, se retrouvent 30 ans plus tard. Quelqu’un, mais on ne sait pas qui, a envoyé à chacun un texte sur quelque chose qui s’est passé alors. Les refuges, prix Cognac 2019, une jeune femme retrouvée errante.
Alabama 1963, roman à 4 mains de Ludovic Manchette et Christian Miemiec, Le Cherche-Midi 2020, pocket en 2021 : des petites filles noires sont enlevées. La police agit peu. Un détective alcoolique et raciste s’y colle. Sur fond historique de ségrégation

des romans d’auteur(e)s français(e)s :
Feu de Marie Pourchet, 2021, Fayard : son 6ème roman. Une passion amoureuse entre une universitaire mariée et un célibataire avec chien.
On avait totalement adoré Toutes les femmes sauf une, 2018.
La fille qu’on appelle de Tanguy Viel, Minuit, 2021 : le sujet est l’emprise. L’écriture est sans pathos. Il se lit d’une traite.
des livres d’Alain Blottière : Le tombeau de Tommy, 2009, chez Flammarion : sur un jeune héros mort, Thomas Elek, Juif d’origine hongroise qui fit partie du groupe Manouchian. Comment Baptiste est mort,, Gallimard, Prix Décembre 2016 : un jeune a été enlevé par des djihadistes. Le débriefing, ensuite, avec un psychologue et ce qui s’est vraiment passé. « Une construction qui fonctionne très bien » dit M..
des livres de Laurence Cossé, auteure Gallimard : « tous bien » dit D. : Le mobilier national (2001), Au bon roman (2009) : un libraire qui décide de ne vendre que des chefs d’oeuvre…. Les autres libraires sont vent debout contre lui…. La grande arche (2016) un récit historique sur la construction de l’arche de la Défense.
La femme de l’Allemand de Marie Sizun, Arléa 2007, grand prix des lectrices Elles 2008 : une relation mère-fille, vue à à travers le regard de celle-ci. « un très beau livre » dit M.
Le voyage d’Etampes d’Abel Quentin, 2021, ed de l’Observatoire, Prix de Flore : « Plein d’humour, de dérision » dit M-A : un universitaire à la retraite cherche un poète communiste américain.

Et on n’a pas fini ! Une courte rubrique de romans étrangers suit.