Chat Bleu : le retour, 15-09-2022 – 1)

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On était nombreuses ! Et avec des nouvelles !
N’senga nous proposait en rouge des « Terres d’Aurèle », domaine viticole (mais aussi gîte et chambre d’hôtes) près de Chenonceau. Pas encore labellisé bio mais vendanges à la main. D’un sol d’argile un peu caillouteux. Goût de fruits noirs, de cerise, petite finale un peu poivrée. Gourmand. A consommer avec du fromage ou de la charcuterie.
Le blanc, un Sauvignon,, du Languedoc, sec, un peu herbacé.

Pour accompagner ces vins,
– du roman noir : un vieux George Pélécanos : Liquidation (1992), traduit par Jean Esch en 2003. Son premier livre, un livre d’homme avec grande consommation d’alcool et pas que. Une histoire qui tient mais surtout – comme tout bon roman noir – plein d’informations ur l’Amérique, et plus précisément Washington, à cette époque, la place des noirs, les quartiers abandonnés… Pélécanos est un grand de ce genre. Né en 1957, il a commencé avec ce livre et un personnage, Nick Stefanos, Grec né aux USA, qu’on retrouve dans deux livres ensuite.
– L’inconnu de la poste de Florence Aubenas, 2021, L’Olivier, puis collection Points : un cold case. Un suspect : Gerald Thomassin qui a fait du cinéma grâce à Doillon. Enfant malheureux, honoré à Cannes mais resté dans les marges de la société. Coupable idéal dans un endroit abandonné par l’état.
G P S de Lucie Rico, 2022, P O L : un livre de la rentrée littéraire. D’ailleurs, au moment où on en parlait, Caroline, aux Traversées, recevait l’auteure, entourée de Frédéric Boyer,, directeur de P O L  et de l’écrivain Olivier Cadiot entre autres. Un deuxième roman, un peu fou, mais beaucoup moins que le premier Le chant du poulet sous vide – (Folio) dont on  reparle, je pense, le mois prochain -. G P S  joue sur « la carte et le territoire »…,  le vrai et le faux, le réel et le virtuel, surtout sur le virtuel dans lequel nous nageons, applis, réseaux sociaux… Le personnage principal est représenté par un « tu », une jeune femme, pigiste, qui sort peu, crée des faits divers pour un journal en ligne qui se contrefout que ce soit réellement arrivé et demande toujours plus de détails.

Arno Bertina – 2)

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Arno Bertina et Florence Aubenas , le 10 septembre, à La Manufacture des Idées. C’est sur Youtube. Autour de littérature / enquête / journalisme, « aux prises avec le réel » :

Quelques phrases d’Arno Bertina qui permettent de comprendre le pourquoi et le comment de son travail :
– «  Ce qui pousse à faire ce type de livres, » c’est qu' »il y a des moments où la vie est humiliée. La littérature parvient à répondre à cette humiliation-là. (…) C’est là pour redresser la vie quand elle est humiliée. (…)  La littérature est contre ma propre colère. Ecrire, c’est essayer d’être toujours plus malin »

– « La littérature, c’est une espèce de passion pour ce qui se passe à l’intérieur d’une phrase. La littérature, la création artistique en général, c’est remettre du mystère. »

–  » Il est facile de raconter des histoires. Il est plus difficile de les habiter vraiment. Si, par exemple, vous voulez raconter une histoire d’amour, il y a à la connecter avec votre propre mélancolie. »

– « J’écris par claustrophobie » (…) « pour me démultiplier, pour essayer d’atteindre le fou qui est en moi, que je censure tout le temps. »

Arno Bertina – Le Havre – création Le Volcan

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Arno Bertina vient au Havre en novembre pour l’adaptation au théâtre par Anne-Laure Liégeois de Des châteaux qui brûlent.

Voilà quelques uns de ses écrits pour vous y préparer. Des écrits engagés, pleins d’empathie pour les « vraies personnes » que sont ses personnages : ouvriers en train de perdre leur emploi, femmes exploitées, habitants de banlieue… Des « romans » mais en fait, bien plus que ça, des prises de position.

ses derniers textes :

  • Des Lions comme des danseuses, Éditions de la Contre-allée, 2015
  • Des châteaux qui brûlent, Verticales, 2017 ; rééd. collection Folio, 2019.
  • L’Âge de la première passe, Verticales, 2020.
  • Ceux qui trop supportent, Verticales, 2021 (Prix du meilleur ouvrage sur le monde du travail 2022).
Photographies
Quelques uns de ses livres en collaboration :
– C’est quoi ce pays, Joca Seria, 2018.
– Boulevard de Yougoslavie, avec Mathieu Larnaudie et Olivier Rohe, éditions Inculte, 2021

Un Marielle Macé : P U N° 158

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Directrice de recherche au CNRS et à l’EHESS en théorie littéraire, Marielle Macé écrit poèmes et essais. Nos cabanes, éditions Verdier, 2019, est un très beau petit livre. Petit par sa taille, grand par son sujet et son projet. Travail sur l’écologie, la société face à la nature et ses transformations, les possibles pour que la vie continue au mieux, dans le respect de l’eau, de la végétation, des animaux et des hommes. Un écrit politique. Une recherche de solution, la compréhension et l’adhésion aux actions menées jusque là dans des lieux comme Notre-Dame des Landes.
(p 52:)  » Les cabanes sont « co-construites » comme le dit Sébastien Thiéry, co-construites par le saccage et par les gestes qui sont opposés au saccage ; et de ce tourniquet, on ne saurait sortir. »

Quelques Poèmes-Express venus de Nos cabanes :
– La zone : mot d’où je désigne un état de bout.
– La diversité est chassée de ce qui est pouvoir.
– Nous ne sommes pas tous faits pour élargir les joies.
– La surface bruisse de phrases aux sourds.
– Etre fleuve – évasion de l’eau roulée à l’air.
– Vivre : emprunter les tracés qui font des trajets.

Cet exemplaire, version augmentée de Poèmes Express et des actualités qui ricochent avec eux, est ( r)envoyé aux éditions Verdier qui pourront le garder, le donner à l’auteure, ou le jeter, évidemment.

 

Artyshow, installation…

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Installation Rue du Départ / Le tanneur à Artyshow,
chez Roche et Bobois.
142 rue Victor Hugo
18h, dégustation

Nous y sommes

Jeudi 8 septembre, commence Arty Show : un salon des lunetiers proposé depuis plusieurs années par Stéphane Brasse, de Rue des Ateliers. Jeudi soir, à partir de 18h,  Rue du Départ sera là. Ce sera l’occasion de voir au Havre ses deux collections, Voyage noir et Voyageur, ensemble. De voir la qualité des maquettes, des couvertures et, bien sûr de ce qu’il y a dedans. A raison d’un ou deux livres par an, Rue du Départ se constitue, s’affirme.
Un salon des lunetiers de super qualité, de vrais designers, créateurs de formes, chercheurs de matériaux, de couleurs, penseurs de l’ergonomie, du made in France de A à Z.
Un salon qui a lieu dans un superbe magasin de mobilier contemporain, Roche-Bobois.
Dans ces conditions, qu’une maison d’édition qui fait de beaux mini-tablebooks, de bons romans noirs, qui s’intéresse à l’esthétique comme au texte, que Rue du Départ soit présente n’est pas si bizarre.

Un Daniel Woodrell : P U N° 157

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Un feu d’origine inconnue, paru chez Autrement en 2014 et en poche chez le même éditeur en 2022, traduit par Sabine Porte, est la Pièce Unique n° 157. Daniel Woodrell, souvent édité en France en Rivages/noir, écrit là une histoire basée sur un fait réel : l’explosion, en 1928, d’un dancing dans une petite ville du Missouri. Ce n’est pas une enquête mais des pistes possibles apparaissent tout au long du texte, avant un dévoilement final. Des personnages forts, une belle écriture. Plus intéressant encore, le versant social du livre : la crise économique, la place du religieux, du corps, et de chacun dans la communauté, le fait qu’on ait plus ou moins su qui était coupable mais…

Quelques « Poèmes Express » issus de Un feu d’origine inconnue :
Terre battue que le soleil tape encore.
– Elle chercha à donner l’impression que ça ne lui avait pas déplu. On l’envia.
– Rince-boyaux et sourire aux lèvres, après le déjeuner, il ne lisait plus.
– Il revint trois jours plus tard, rempli d’histoires.
– Dans un coin, sept puces. Le petit groupe s’élargit. Il y avait tant de corps d’accueil.
– C’est pas parce qu’on est Shakespeare qu’on comprend l’autre.
– Enfoncé dans la poitrine, un râle. Des fissures de sons dans le cou.

Ce livre aux 2 lectures ajoutées est offert à Adeline Miermont-Giustinati, rencontrée au salon Epoque de Caen. Auteure de Sumballein, aux éditions Phloème, elle travaille actuellement à la création d’une Maison de la Poésie en Cotentin.