Un Mohamed Mbougar Sarr : P U N° 152

Mis en avant

De purs hommes, paru en 2018 aux éditions Jimsaan et philippe Rey est le 3ème roman de cet écrivain.


Mohamed Mbougar Sarr, né en 1990 à Dakar, a reçu le prix Goncourt en 2021 pour La plus secrète mémoire des hommes. C’était la première fois qu’un auteur africain francophone gagnait ce prix si français.

De purs hommes, d’abord publié à Paris, a posé problème au Sénégal où l’on accuse l’auteur de défendre l’homosexualité. Elle est là-bas punie de 5 ans d’emprisonnement.
Le point de départ : un jeune professeur d’université parle de Verlaine à ses étudiants, négligeant une lettre du recteur qui défendait de mettre en avant les auteurs homosexuels de quelque siècle que ce soit. Par ailleurs, on lui montre une vidéo hyper-violente : le corps d’un homosexuel déterré par une foule en folie.
Le livre rend compte de la répulsion qu’éprouve cette société pour les « goor-jigéen », le déni de leur existence dans cette culture, la volonté d’y voir l’influence de l’Occident, des ex-colons.

Quelques « Poèmes Express » issus de De purs hommes :
– Des dinosaures perdaient leur souffle, c’est à dire eux-mêmes.
– Un bal de fesses à cellulite qui rivalisaient d’obscénité.
– Tout signe d’impiété des femmes nous fait innocents … et mauvais.
– De caractère singulier, elle vivait en vidéo.
– Ce qui a poussé à me quitter … continue en moi.
– Il avait peur d’écouter. Elle pleurait. Il avait plus que peur.
– Tu es sûr que chercher réside dans trouver.

La Pièce Unique N° 152 est offerte à Nelly D., enseignante en lettres, partante pour les projets et investie dans le festival du Polar à la plage.

Annonces :

Mis en avant

Les dates prévues du Chat Bleu cet automne sont : les jeudis 15 septembre, 13 octobre, 17 novembre.

Avis d’une lectrice de Bout portant : « Les remarques des « vieux » sont pleines de bon sens ! On l’imagine bien en film… »

L’image est d’Anna Muller, photographe plasticienne.

Rien à voir avec les infos précédentes mais un coup de coeur et un lien éventuel avec la vie que proposent certains états aux femmes en ce moment : en bocal, enfermées dans le fondamentalisme…

Chat Bleu : juin 2022 – 1)

Mis en avant

Au début du mois, Le Chat Bleu a eu beaucoup de participants. Cela nous amène à en faire un autre, le 30 juin, pour proposer, au cas où …, des lectures de vacances.

Le Chat Bleu nous recevait cette fois-là avec des alcools forts : vodka, pur malt, gin à l’estragon et aux orties de la distillerie de la Seine, tenue par Manuel Bouvier, 3 ème génération de « bouilleurs de cru »

Pour accompagner ces découvertes,
– Pas Liev de Philippe Annocque, éditions Quidam 2015, paru dernièrement en livre-audio : Un homme arrive quelque part, on ne sait pas vraiment où, pour être précepteur, enfin peut-être… La 4ème de couverture nous dit « Une veine sensiblement expressionniste ». Nous aurions plutôt pensé, nous, à une parenté avec le surréalisme, le théâtre de l’absurde, Beckett. Il se passe  peu de choses et on ne peut jamais en être sûr. Une information est souvent plus tard remise en cause.
Nous avions déjà, de cet auteur, présenté un très joli livre sur sa mère : Les singes rouges, d’une tout autre veine.
Bluebird, Bluebird d’Attica Locke, traduit par Anne Rabinovitch, 2017, aux éditions Liana Levi, maintenant chez Folio policier.
Cette romancière et scénariste est née au Texas en 1974. Son personnage principal est ranger noir au Texas. L’histoire commence avec deux morts : un homme noir venu là en BMW et une femme blanche qui travaillait dans un café de red necks dans la même bourgade. Dans cet ordre-là, inhabituel.
Michel Abescat aime aussi et c’est une sacrée référence.
– Là où nous dansions de Judith Perrignon, 2021, éditions Rivages : Détroit, une ville décidément « littéra-génique ». (  voir aussi Detroit dit-elle  de Marianne Rubinstein chez Verticales, Il était une ville de Thomas Reverdy). Le roman de Judith Perrignon, très documenté, nous fait traverser des temps différents : les années du New Deal avec la venue de madame Roosevelt et la création du « Project », nouveau quartier noir, les débuts de la Motown et de The Supremes, et le moment de la déchéance économique de la ville.

Un été au Havre 2022 a commencé

Mis en avant

Petit retour en arrière :
une autre année d’Un été au Havre,
l’oeuvre d’une diplômée de l’école d’art et du master de création littéraire, Alice Baude.
On l’avait rencontrée lors d’un atelier d’écriture sur sa pièce.
ça avait donné ça :

« LE LIQUIDE POUR SEUL REEL ».

Pas sûre encore de comprendre le sens. Juste sûre d’aimer la pièce, le contraste de la dureté du matériau, du choix du graphisme des lettres – le tranchant du « E » par exemple -, du brillant de l’écrit sur le sombre de l’eau, sur sa mouvance. Evidence des mots dans un endroit où ils n’ont rien à faire. Invisibilité de la technique. Elle bouge peut-être mais elle ne dérive pas. Elle flotte mais des vaguelettes passent dessus, irrégulières, forment plus ou moins des lignes, des rides, un court temps, s’en vont, disparaissent complètement, laissent le « U », le « L », lisses, argentés, nus, puis d’autres viennent, un peu ailleurs, un peu autres.
Donc,
un côté sec sur le mouillé,
un côté sûr sur l’instable,
un côté plat sur une profondeur.
Quelque chose de fort même si le sens, éventuellement, échappe.

Cette année, une girouette sorcière, un skater fou et une baleine échouée, entre autres,  nous attendent dans la ville. Du figuratif. Un clin d’oeil au passant qui se demande s’il voit bien ce qu’il voit.
Le Centre d’Art contemporain Le Portique présente, lui, de nombreuses pièces de l’atelier Van Lieshout autour du voyage. On ne pense pas forcément à cette thématique, plus à des cabinets de curiosité : machines bricolées, un peu gore, étonnantes accumulations d’éléments qui peuvent effrayer, choses assemblées, bricolées et beaux objets. Ma pièce préférée, les scaphandres !

De retour du Marché de l’édition indépendante – Rouen

Mis en avant

c’était bien ! On retrouvait les « copains » Lurlure, Phloème, Les Petites Manies, on en rencontrait d’autres comme Densité, et on était super contents que la libraire et éditrice Elisabeth Brunet s’intéresse à notre catalogue ! Le tout dans ce superbe lieu avec l’équipe de Normandie Livre et Lecture aux petits soins pour nous.

Un Nina Berberova : P U N° 151

Mis en avant

Une plaquette de 70 pages, un essai de Nina Berberova (1901-1993) : Nabokov et sa Lolita, écrit en 1965, traduit du russe par Cécile Térouanne, paru chez Actes Sud en 1996 est la Pièce Unique N° 151.

 

Ils se sont connus, ils ont tous les deux eu un destin d’écrivains exilés dans plusieurs pays. Berberova n’est pas spécialement réputée pour sa capacité d’admiration, Nabokov non plus. Un point de vue universitaire, une étude un peu sèche donc. Pourtant, elle sait nous dire son respect pour Nabokov avec cette seule phrase : (P. 61) : « Joyce et Nabokov « font vieillir le monde » ».

Des Poèmes Express qui sont sortis de ce ce texte  :
– Deux personnes s’ennuient et un mort jouit : ironie.
L’enfer devient autre, n’a rien à faire, exige une révision.
La confession se fait hurlement que personne ne croit.
Lire son poème avant de tuer un acteur comique.
La témérité est non-sens. Les héros se désagrègent dans ce disloqué.

La Pièce Unique N° 151 a été offerte à Manon Fargeat, juste diplômée de l’ESADHaR qui, parallèlement aux lectures d’élèves du master de création littéraire, présentait son travail à l' »open door », le 24 juin. Un beau travail à partir d’un corpus de 10 ans de la revue Photo, sur la manière dont elle alliait images de reportages de guerre et corps nus de femmes. Point de vue féministe sur le corps cannibalisé. Une vraie réflexion qui se concrétise dans une installation constituée d’écrits, de photos évidemment, d’objets.

Temps permettant, de Christine Lapostolle

Mis en avant

Temps permettant de Christine Lapostolle est sorti en janvier 2022 aux éditions mf, créées en 2005.
D’abord une esthétique : du presque invisible : une première de couverture gaufrée blanc sur blanc : une fenêtre apparaît en léger volume si on retire la jaquette. Le texte imprimé dans un gris ardoise chic.

Pas un hasard, ce choix puisque, dans le texte, il est fait extrêmement souvent référence à des tons : « Bancs de nuages blancs bêtes » (…)  « le gris d’un grain » (…) « La mer devient suie » (…) « incarnat rosé, vert jaspe » (…) « Quatre gris derrière la grue – un premier gris bleuté, bleusé, bleuisé, » Beaucoup de beaux mots pour parler des couleurs, mots qui existent ou créés. Délicats.

Délicats aussi, des mots inventés : « avrilement tiède » (…) « Le vol des oiseaux se déquadrille » (…) « Une ambulance Europe assistance pimponne » 

Les mots sont des matériaux, évidemment. Au service du texte, un texte discret, sans esbroufe : l’inventaire de choses vues, entendues, d’une fenêtre, toujours la même, à Brest.
On commence en se demandant comment cela peut « tenir » sur un livre entier. On a tort. Cela « tient ». La météo, des passants, de petites scènes sans importance :  » Trois scouts tiennent ensemble une carte dépliée / Le vent leur complique la tâche. », une ambiance visuelle, sonore, odorante, mais aussi des faits précis, nécessaires socialement : « C’est dans ces silos qu’est stocké le vrac alimentaire / – tourteaux de soja, graines de colza -issu de la déforestation des terres lointaines / et qui dans quelques mois repartira là-bas sous forme de viande congelée que personne si le monde allait bien n’aurait envie de manger / Empuantissant / Empuantissement des ports industriels ».

Une ville apparaît à travers un unique cadrage.
Un livre élégant, amoureux des mots.
Christine Lapostolle « s’occupe depuis longtemps de questions d’écriture dans une école d’art. » Elle a déjà publié six livres « entre le témoignage et la fiction ».

Bout portant par Françoise Sergeant

Mis en avant

Babelio  FrancineS
FrancineS   20 juin 2022
Tout commence dans une voiture, la tension est palpable. Au volant, un homme jeune. Côté passager, une femme armée. A l’arrière trois petits vieux terrorisés, ou presque. Car au fil des pages, on ne sait plus vraiment qui sont les méchants de l’histoire ! L’histoire justement ? Une sombre affaire de vol, de kidnapping, de show business même !
En moins d’une centaine de pages, l’auteur nous emporte, de sa plume acérée, dans un road movie aussi statique que critique, de notre société et du monde du livre. Plus qu’un roman, une tuerie, nette et sans bavure.

Le 26 juin 2022

Mis en avant

A Rouen, à l’aître saint-Maclou – superbe endroit -,
a lieu la deuxième édition du Marché de l’édition indépendante.
C’est sur deux jours.
Rue du Départ y est le dimanche 26 juin

« Bout portant » et des lecteurs – suite

Mis en avant

Jeunes, moins jeunes,
femmes ou hommes,
amateurs ou professionnels
du polar ou de la retraite,
impactés donc
– ou pas –
par le problème,
ils en disent ceci :

A. D . : « J’ai lu Bout Portant : totalement amoral et réjouissant »
L. B : « ça claque. C’est drôle mais pas que »
C. P : « vu mon métier, je ne pouvais pas passer à côté, je l’ai lu d’une traite. »

Chat Bleu : mai 2022 – 3)

Mis en avant

Last but not least,
encore quelques romans étrangers :
Le dévoué de Viet Thanh Nguyen, traduit par Clément Baude, éditions Belfond 2022 : la suite du Sympathisant, prix Pulitzer. De mère vietnamienne, et de père français, échappé d’un camp de rééducation, le personnage arrive à Paris en 1981. L’auteur né au Vietnam en 1971, parti vivre aux USA,  pose la question de l’identité, traite de la colonisation.
Le dernier mouvement de Robert Seethaler, traduction d’ Elisabeth Landes, éditions Sabine Wespieser, 2022 : Gustav Mahler, sur le pont d’un paquebot, rentre pour la dernière fois de New York où il a été chef du Metropolitan. Il est fiévreux, se souvient de toute sa carrière. On l’accompagne dans ses souvenirs, dans son attachement à la nature et bien sûr à la musique.
– On est revenus sur Un livre de martyrs américains, de Joyce Carol Oates, traduit par Claude Seban, livre d’autant plus important que les Américaines sont menacées de perdre ce droit des femmes à disposer de leur corps.

Des textes français :
– Arène de Negar Djavani, éditions Liana Levi, 2020 : Paris, quartiers Est, des mondes se côtoient. Un téléphone disparaît, un autre révèle des images. Et ils ont un impact sur des vies.
Changer : méthode d’Edouard Louis, éditions du Seuil, 2021 : toujours la même histoire, mais autrement. Et la rencontre avec Didier Eribon.
L’amour est très surestimé de Brigitte Giraud, 2007, éditions Stock : onze moments qui disent la fin d’un amour.
Plus patrimoniaux :
Le pressentiment d’Emmanuel Bove (1898-1945) : paru en 1935, réédité en 2009, collection Points. Un avocat quitte sa vie de bourgeois et personne ne le comprend, ni ceux de son milieu, ni les autres.
– Les mains du miracle de Joseph Kessel (1898-1979) : paru en 1960, réédité deux fois chez Folio  : l’histoire de Félix Kersten, le masseur qui soulageait les douleurs de Himmler.
Ceux de 14 de Maurice Genevoix ( 1890-1980) : quatre textes rassemblés, éditions Flammarion 2013.

Le prochain Chat Bleu : le 9 juin

Chat Bleu : mai 2022 – 2)

Mis en avant

Beaucoup de livres présentés, étrangers et français, et même cette fois, jeunesse, du fait de la présence de Delphine Thibon et de sa petite fille.
– Delphine, artiste, en reconversion  Année spéciale Métiers du Livre, est à l’origine des 4 émissions ça bouquine : interviews et table ronde autour du livre et de ses professions au Havre. Elle avait invité Rue du Départ à participer -.
La petite a choisi d’apporter deux albums :
– Le rideau de mrs Lugton de Virginia Woolf, écrit en 1924, édition bilingue Seghers jeunesse, 2018. Traduction de Magali Attiogbe. Une couturière s’endort sur son rideau. Onirique.
– Gruffalo de Julia Donaldson, illustrations d’Axel Scheffler, Gallimard jeunesse. C’est écrit en vers et l’enfant les retient.

Autres livres étrangers  évoqués :
– Le rouge vif de la rhubarbe  d’Audur Ava Olafsdottir, traduit par Catherine Eyjolfsson, 2016, éditions Zulma, ( Zulma qui vient d’ouvrir une librairie, d’abord éphémère, maintenant pérenne, à Veules-les Roses). La vie quotidienne d’une fille de 14 ans dans un petit port islandais.
– Fair play de Tove Jansson, traduction d’Agneta Segol, 2019, La Peuplade. Le dernier livre de cette auteure de Finlande, suédophone.
– Danse parmi les tombes de Mika Waltari (1945), traduit du finnois en 1994 par Jean-Luc Moreau, éditions Phébus. Alexandre Ier envahit la Finlande en 1809. Auparavant, le pays faisait partie du royaume de Suède.
L’homme de Kiev de Bernard Malamud, Prix Pulitzer 1967, traduit par Georges et Solange Lalène, ed Rivages poche. 1911 : un homme juif, autodidacte, dont le père est mort au cours d’un pogrom, que sa femme a abandonné, part de son schtetl, trouve un travail dans une briqueterie comme surveillant. Un enfant meurt. On l’accuse. Et c’est la justice à la Kafka. Un livre sur l’antisémitisme. L’histoire de Mendel Beiliss, fut une autre affaire Dreyfus, suivie par les intellectuels européens. « un très beau livre »
– Ce n’était que la peste de Ludmilla Oulitskaïa, Gallimard, traduit par Sophie Benech. Ecrit en 1988, publié en France en 2021, en parallèle avec la crise du covid. Oulitskaïa est aussi biologiste. Elle a fait le choix de quitter la Russie début mai.
– Le grand tour – autoportrait de l’Europe, ouvrage collectif sous la direction d’Olivier Guez, éditions Grasset, 2022. 27 auteurs représentant les 27 membres de l’U.E. Sofia Oksanen écrit sur le bateau qui relie Talinn à Helsinki.
Vous aurez peut-être remarqué que nous avons parlé de lieux actuellement martyrisés ou  proches de la guerre. Léa T, Finlandaise venue vivre en France, se souvient de ses livres d’histoire, des 20 ans avec le même président, Urho Kekkonen, pro-russe ( son rôle était de garantir la neutralité de la Finlande et le respect du traité d’amitié, de collaboration et d’assistance mutuelle signé en 1948 entre la Finlande et l’URSS ; la ligne Paasikivi-Kekkonen ), de l’indépendance gagnée mais de la guerre perdue, de la dette à payer.
A creuser pour nous, Français, si « à la ramasse » sur l’histoire des autres pays.

Un 3ème papier sera nécessaire pour parler de tous les livres présentés en mai.
Mais le prochain Chat Bleu est prévu le 9 juin.

« Bout portant » et des lecteurs

Mis en avant

M-C. J : «  La couverture est superbe ! »
(ça n’est peut-être rien pour vous, mais pour nous, c’est beaucoup. Que ces livres soient beaux est, depuis le début, un de nos buts)
M.S : « J’ai déjeuné avec : il est de bonne compagnie »
(
c’est sûr, avec Bout portant, on veut vous faire rire… de choses sérieuses…)
L. B : «  Chaque personnage a du caractère. Un peu excessif… et on en rit  »
( oui, Louis, Nicole et Joséphine ont du mordant, et ça réconforte dans ce monde de brutes)

« 

Chat Bleu : mai 2022- 1)

Mis en avant

Soutenus par un vin rouge du Val de Loire, un Gamay ou un rosé Côte de Gascogne,
nous avons parlé de livres étrangers :

L’effondrement d’Hans Erich Nossack (1901-1977) aux éditions genevoises Héros-Limite, 2021. Traduit de l’allemand par J.P. Boyer et Silka Hass. Ce texte, paru pour la première fois en France en 1949, dans la revue des Temps modernes, fait partie de la « littérature des ruines ». Ecrit à chaud, après le bombardement de sa ville, Hambourg. Un des rares livres à documenter cela. Nossack était un homme de gauche et il évacue le problème de vaincus victimes / vainqueurs haïssables. Il rend compte de ce qu’il voit, ressent, comprend de la situation et des réactions des sinistrés.
P. 25 : « Un temps sans masques commença ; les déguisements habituels tombèrent d’eux-mêmes », P. 33 :  » L’abime était tout près de nous, oui, peut-être au-dessous de nous, et nous ne planions au-dessus que par quelque grâce.  » (…)  » C’était davantage un accroupissement anormal. » . Une forme de torpeur et des gestes surréalistes comme cette femme faisant ses carreaux dans un paysage en ruine ou ces gens assis à leur balcon. Une lecture parallèle à ce qui se passe aux portes de l’Europe.

La mort et la belle vie de Richard Hugo, en 10-18. Paru aux USA en 1991, traduit par Michel Lederer : le seul roman de cet auteur de poésie, mort en 1982. Un roman policier en deux parties, un peu-beaucoup déjanté dans l’une d’elles, qui se passe au Montana avec un enquêteur qu’on aurait aimé retrouver dans d’autres aventures, un Kurt Wallander américain.
P. 16-17 : « Si vous tenez à ce que ce soit un bon policier, ou du moins un policier expérimenté qui s’occupe de l’affaire, vous avez de la chance que je me trouve là. » (…) Par contre, si vous souhaitez un vrai flic, un dur, vous avez frappé à la mauvaise porte. (…) Le fait que j’aie étudié trois ans à l’Université de l’Etat de Washington pour obtenir un diplôme de création littéraire n’arrangeait rien »…

Ce lien entre nous de David Joy, paru aux USA en 2018, en France chez Sonatine en 2020, et maintenant en 10-18. Traduit par Fabrice Pointeau.
François Busnel dit de David Joy : « Jeune prodige et futur classique ».
Gallmeister aurait pu le prendre dans son catalogue.
Bref, c’est bien.
On est en Caroline du Nord dans un hameau. Les personnages sont des petits Blancs touchés par le système économique. P 60 : « un jour il avait eu une attaque. Et quelques jours plus tard, il en avait eu une autre. Elles étaient arrivées de nulle part et lui avaient pris tout ce qu’il avait ».
Le point de départ est un accident, une erreur. Suit une vengeance. Mais rien de manichéen dans les personnages ; le méchant n’est pas d’un seul tenant. La religiosité est là et on pense à Flannery O’Connor.

article dans Ouest-France

Mis en avant

Ouest-France

Pascal Millet publie une comédie noire pour adultes

L’auteur Pascal Millet est déjà connu pour ses nouvelles, romans noirs et livres pour enfants. Aujourd’hui, il publie dans un autre genre, une comédie noire intitulée Bout Portant, illustrée par Eric Enjalbert.  Un texte humoristique qui traite de sujets sérieux comme la vieillesse et la littérature. 

L’histoire se passe en huis clos dans l’habitacle d’une vieille Volvo. Trois petits vieux ont créé une fausse maison d’édition afin de recevoir gratuitement des manuscrits. Ils sont alors menacés par une jeune femme qui cherche son frère et surtout le manuscrit de ce dernier qui a été publié, après corrections, par ces trois vieillards.  Pour le paysage, je me suis inspiré de Trégastel, de l’île Renote , ​ajoute l’auteur.

Dans son ouvrage, Pascal Millet nous parle d’Ehpad et de littérature avec le cheminement d’un manuscrit, le travail de l’édition et la commercialisation.  On va retrouver des références littéraires, des critiques sur le monde littéraire et audiovisuel et on va comprendre le refus de finir sa vie dans un mouroir​, souligne-t-il.

Bout Portant, de Pascal Millet, éditions Rue du départ, 10 €. À commander en librairie.

 

 

Epoque – Caen 2022

Mis en avant

Epoque, c’est passé.
Chaque fois, Caen nous accueille dans de superbes lieux.
Il y a longtemps, le festival se passait au château, et c’était magique.
Plus récemment, il était installé rue St Sauveur et c’était très agréable.
Cette fois, le salon était à l’Abbaye aux Hommes, dans les jardins de l’Hôtel de Ville et c’était magnifique.

 

Du monde, de vrais lecteurs et des promeneurs, des amis éditeurs. La sortie de Bout portant de Pascal Millet. Des ventes, surtout de la petite collection « Voyageurs ». Des échanges, des compliments sur l’esthétique, sur la qualité des ouvrages.
Un très beau moment !

Bout portant de Pascal Millet est sorti

Mis en avant

« À lire absolument….juste déjanté comme il faut et… à la réflexion… »
dit une primo-lectrice.

Et on lui répond : « Bang Bang »… 

Vous pouvez nous le commander,
le commander à votre libraire préféré,
le trouver à la Galerne seulement, pour le moment.
le trouver au salon Epoque, à Caen, les 21 et 22 mai,
sur le stand de Rue du Départ : on vous y attend.

Pascal Millet : Bout portant

Mis en avant

Il a l’air sympa, Pascal Millet…
Pourtant, il a écrit Bout portant.
une comédie où des vieillards sont capables de pensées délétères, de mauvaises actions.  ET d’imagination..

Bout portant : Pascal Millet

Mis en avant

 
Quand trois petits vieux décident de survivre loin des Ehpad, rien ne les arrête.
Une comédie noire qui parle autant de vue qui baisse que de littérature.

Bout portant de Pascal Millet

Mis en avant

Bout portant, livre farceur de Pascal Millet, illustré par Eric Enjalbert, est actuellement chez l’imprimeur.

Bout portant est d’actualité…
Bout portant parle de personnes âgées qui veulent éviter les Ehpad, privés comme publics, et on les comprend. Bon, leur méthode n’est peut-être pas très éthique…
Bout portant s’amuse du monde du livre.
Bout portant n’est pas sérieux mais dit des choses ô combien sérieuses.

 

ça bouquine ? 3)

Mis en avant

 

La troisième émission du podcast Ça bouquine ? est sortie : elle aborde la transmission du goût de la lecture. Vous pourrez choisir une plateforme d’écoute en cliquant sur ce lien : https://linktr.ee/cabouquine .

C’est trouvable sur Youtube. C’est fait par un groupe d’étudiantes et c’était très sympathique d’enregistrer avec elles.

Et on y est avec le Chat Bleu et nos séances un vin, des livres,
et avec « ça va? ça va... », le petit dernier de Rue du Départ, né d’un atelier d’écriture. Bientôt avant-dernier : on travaille à Bout portant: de Pascal Millet 

Heureuses fêtes !

Mis en avant

à côté de Percival Everett ! de Paul Auster !

cette année, c’est avec  ça va ? ça va… 
le mini-table book plein d’esprit (si si), le petit-cadeau-d’assiette mais bien plus que ça aussi…
Et, pour les gens d’ici, presque 100% d’ici…

ça va ? ça va… : il est arrivé… alors, ça va

Mis en avant

Le petit nouveau de Rue du Départ est arrivé..
Plus bordeaux ou prune ou lie de vin que cerise, mais ça ( lui ) va ( bien ). Et ça ne veut pas dire qu’il y a à boire et à manger dedans.
« ça va ? » : une question qu’on ne pose pas vraiment.
 » ça va » : une réponse qu’on n’attend pas vraiment. Ou plutôt si. Il vaut mieux que vous ne vous mettiez pas à raconter tout ce qui, réellement, ne va pas.
Un échange qui n’en est pas un, dit une amie allemande qui s’en énerve. Un « wie geht es ihnen ? » est une vraie question qui, elle, attend une vraie réponse. Un peu d’attention, quoi ! De l’empathie. Un partage. Pas un glissement vers autre chose. Pas une politesse de surface.

Donc,  ça va ? ça va… est là : petites histoires, micro-nouvelles, réflexions courtes, anecdotes sur un état du monde ou de soi. Pas plombant. On s’en amuse aussi.

ça va ? ça va… la préface :

Mis en avant

cracked road concrete close up

Un livre contient une histoire, évidemment, au moins une.

Mais un livre vient aussi d’une histoire, au moins une.
Ce livre contient plein d’histoires
et est né de deux histoires.
Celle de Trace2mains : un atelier d’écriture composé de plus d’hommes que de femmes – c’est assez rare pour le noter -, créé autour de Francis Pedu, personnage attachant, auteur d’un recueil de haïkus, aujourd’hui décédé mais toujours vivant dans la mémoire du groupe.
Une rencontre mensuelle. Un bon repas. De bons vins. De bons copains. Tous branchés arts. L’un d’entre eux anime, pas toujours le même.
Voilà ce qui a amené ce petit livre : le sujet de » la catastrophe pour vous », donné après lecture d’extraits des derniers livres de Gaëlle Obiegly, Une chose sérieuse et Olivia Rosenthal, L’éloge des bâtards aux éditions Verticales.
La deuxième histoire est un voyage à Marseille, la visite du FRAC et l’achat de deux micro-livres d’art de Stéphane Le Mercier pour leur humour. Au retour, la recherche de ses travaux sur le net, la trouvaille du « Timbre Walser », un de ses multiples.
Ici reproduit, il évoque lui aussi une catastrophe : la mort dans la neige de l’écrivain suisse allemand Robert Walser, interné pendant des années.

Hélène Gaudy et la P U N° 65

Mis en avant

Hélène Gaudy, l’auteure de ce magnifique livre, entre autres :
Il y a deux ou trois ans, sans doute un peu avant le festival Lettres d’automne de Montauban dont Christian Garcin assurait la programmation, j’ai reçu par la poste ce livre qu’il a écrit avec Éric Faye. Il était couvert du papier qu’on voit sur la photo, abondamment annoté, émaillé de collages, et surtout, sur plusieurs pages, de mots surlignés en jaune qui venaient y tracer des poèmes. Je n’ai aucune idée de l’identité de la personne qui en a fait un objet unique et me l’a envoyé. En rangeant mon bureau, je suis retombée dessus et me suis demandé si ce mystérieux expéditeur ne serait pas tout simplement sur Facebook… MP dans ce cas pour lever le mystère ? Sinon, il restera entier et ce sera bien aussi…
  • Le mystère est donc levé ! Merci à C H B pour ce geste poétique. Je découvre, du coup, le site des éditions Rue du Départ et cette pratique qui me ravit : envoyer des livres choisis, de manière anonyme, après en avoir fait, ainsi, des P U, des pièces uniques. Très heureuse d’avoir l’une d’entre elles dans ma bibliothèque !

    C H B : tu as le n° 65, on en est au 123. L’idée est aussi de réussir, si possible, à envoyer le livre qui correspond bien au récepteur.

     

Un article de Jean-Pierre Suaudeau sur sa Pièce Unique ! Merci !

Mis en avant

VERTIGE DE LA LITTERATURE
« Ce massage de purs » de

Catherine Hémery Bernet

.

Depuis 2014,

Catherine Hémery Bernet

créé des livres singuliers nommés « Pièce unique » et réalisés, comme on s’en doute, en un seul exemplaire. Ce livre unique vous arrive un jour au bon soin de la Poste par la grâce désintéressée de l’autrice.

Celui qui m’est parvenu, le 101ème, s’intitule « Ce massage de purs », anagramme du titre du livre de Jean-Loup Trassard « Campagnes de Russie », paru en 1989, sur lequel il vient s’adosser.
Le dispositif choisi par

Catherine Hémery Bernet

semble simple : d’un livre existant, elle prélève quelques mots, quelques lettres au besoin, en les surlignant sur chaque page impaire, écrivant ainsi son propre texte, soit, ici,133 « poèmes express». Simple et cependant d’une force qui suffit à subvertir toute lecture, à dynamiter l’idée même de littérature et à ouvrir un abîme temporel sous nos yeux de lecteurs subjugués.

Ces « poèmes » se font, au gré des jours, tantôt humoristiques : « Une dame russe cherchait un cinéma. Plus d’un an après on en localise un. » (p 11), « Nous enlevons nos chaussettes sur le canapé et je vois bien la déception » (p 81), fantaisistes : « les cerises répondent non aux petites mouches » (p 189), « une énorme patte appelle les petits pois, marche dans ce vert tendre » (p 241), sensibles : « Le rose très pâle vient jusqu’au bord du rouge » (p 141), « deux tracteurs soulèvent deux nuages, petites usines qui fument » (p 185), saisissants : « Une femme, sur le char, attend dans un paletot de peur » (p 69), aussi bien sensuels : « ce qui m’intéresse, c’est la peau » (p 153), « forte odeur de femmes et robe rouge à pois blancs » (p 187), prennent la forme d’adages : « Quand est malade le vétérinaire, grince le chien » (p 223), d’incipits de romans : « Deux femmes repoussent sur le canapé un étranger à l’air malcommode » (p 55), ou de polars : « Dix-neuf millions dans un bocal de verre ? c’est pas beaucoup. » (p 73), et pensées qu’on imagine influencées par le confinement : « Remerciements au Livre parce que les livres sont toujours là » (p 159, 29 mars), « Nous demandons le possible demain. » (p 215, 26 avril), « On se demande comment reprendre » (p 225, 1er mai).
Le lecteur ignorera si les créations quotidiennes de

Catherine Hémery Bernet

t répondent à un cahier des charges précis, à une série de contraintes oulipiennes ou si l’humeur créative prévaut. Et qu’importe : on se laisse guider, porter par les images qui en surgissent, amusé, ému, étonné, entraîné par le plaisir évident de l’autrice à se saisir des mots, à les faire parler, sonner, s’entrechoquer : la langue, le livre devenus terrain de jeux.

ll est indispensable d’évoquer également le livre de Jean-Loup Trassard, l’écrivain-paysan, journal d’une singulière résidence en Russie encore soviétique se déroulant du 11 mai au 5 juin 1986. Résidence qu’il a voulu rurale, afin de visiter fermes et installations agricoles, d’échanger avec ceux celles qui y travaillent, en connaisseur. Ce journal passionnant donne à voir la Russie des campagnes, avec précision, humour, sens de la notation, attention aux gens et aux paysages. Rien n’échappe à l’écrivain. Passionnant et instructif carnet de voyage, témoignage autant historique sur la Russie soviétique à l’aube de la chute du mur qu’humain tant abondent les portraits attachants, « visages cloués sur la paroi du temps »1. Livre captivant. Puissant. Et il le faut pour résister aux interventions malicieuses de Catherine Hémery Bernet qui en bousculent la lecture selon un dispositif à la fois simple et complexe qu’il est nécessaire de décrire précisément pour en saisir toute la portée.
Le dispositif comporte en effet plusieurs strates : la première, déjà évoquée, est composée de « poèmes » distillés à l’intérieur même du texte d’origine ; la deuxième accueille en marge haute des fragments d’actualité sourcée (en l’occurrence surtout consacrée à la Russie contemporaine, actualité rien moins que réjouissante sous l’ère Poutine) ; la troisième enfin, en bas de page, révèle les dates de ses interventions quotidiennes (soit du 1er janvier au 27 mai 2020). Interventions auxquelles elle joint parfois un article, une photo, collés en haut de page.
Le lecteur se trouve dès lors confronté à une profusion d’informations qui se chevauchent, se télescopent, le convient à un voyage enjambant temps et espace : la Russie soviétique et rurale de 1986, circonscrite aux territoires forcément réduits visités par Trassard ; celle de 2020 aux tentacules mondiaux dont l’autrice nous donne des nouvelles en haut de pages ; les « poèmes express » réalisés dans les cinq premiers mois de 2020 (lesquels recoupent la période de confinement) ; à quoi on ajoutera le temps de notre lecture, décalé de quelques semaines, qui met en perspective ces différentes temporalités à l’heure du déconfinement. Le champ de cette lecture s’en trouve considérablement élargi à la fois dans le temps (mai-juin 1986, janvier-mai 2020, juin 2020) et dans l’espace (Biélorussie soviétique, Russie de Poutine, le monde en temps de pandémie), nous obligeant à de continuels allers-retours entre différentes couches de temps, entre divers espaces qui charrient une épaisseur, une densité troublantes, aussi vives et décapantes qu’un vent d’est.
Si

Catherine Hémery Bernet

dit s’inspirer des « poèmes express » de Lucien Suel, elle procède cependant tout autrement. Lucien Suel en effet biffe, noircit sur la page du livre d’origine mots et phrases jusqu’à y substituer par soustraction son propre texte.

Catherine Hémery Bernet

se contente elle de désigner sur la page les mots nécessaires à ses créations, organisant ainsi un double trajet de lecture. Le résultat n’en est que plus saisissant, au point de ne plus savoir si c’est « Campagnes de Russie » qui préexistait au texte de Hémery Bernet ou si « Ce massage de purs » était enfoui sous celui de Trassard. Le lecteur assisterait alors à une opération de mise à jour, un travail d’archéologie de la langue, de patient déblaiement. Laissant sourdre l’idée insistante qu’aussi bien d’autres textes seraient encore à découvrir dissimulés dans celui de Trassard qui les masque, textes dans le texte qu’on aurait ignorés sans l’intervention de

Catherine Hémery Bernet

. C’est tout l’univers de la littérature qui est ainsi interrogé en une subtile leçon borgésienne : chaque texte en contient d’autres à l’infini, chaque livre contient à lui seul tous les livres selon une combinatoire qu’il suffit de modifier pour qu’ils surgissent. Vertigineuse expérience de lecture.

Travail époustouflant, rien moins qu’anecdotique, constitué par ces 101 recueils, ces 101 pièces uniques, œuvre précieuse semée aux quatre vents que Catherine Hémery Bernet élabore à bas bruit avec modestie, inventivité, intelligence, humour… et générosité. On en reste subjugué.

Suite n° 11

Mis en avant

Suite n°11 vient de sortir,
Suite n°11 est de Pascal Millet, auteur de polar mais pas que !
Suite n°11 est un poème narratif sur les débuts d’une relation amoureuse. C’est l’homme qui parle, de son histoire particulière.
Suite n°11, c’est, face à ce texte contemporain, des images de corps féminin, des détails de sculptures, des courbes, des nuques, des seins, des mains de tous les temps et de lieux différents. Un éternel féminin, fabuleusement photographié par Eric Enjalbert. Certaines pierres sont des peaux !
Suite n°11, c’est une histoire particulière face à La Femme.

Deux Richard Brautigan : P U N° 150

Sucre de pastèque  et La pêche à la truite en Amérique, publiés aux USA en 1968 et en 1967, de Richard Brautigan (1935-1984)  sont la Pièce Unique N° 150.
C’est La pêche à la truite, son best-seller, qui le fait reconnaître par un grand nombre.
Les deux textes sont assemblés chez Christian Bourgois dès 1974. Le volume est préfacé et traduit par Michel Doury (1931-2007), aussi traducteur de Pynchon, Cheever.
Ces textes sont un peu dingues, du « surréalisme dans la vie de tous les jours ». Des » tigres » qui sont « désolés », « une cabane » « entièrement en sucre de pastèque », « des cercueils de verre au fond des rivières », un « ruisseau à truite » « à vendre d’occasion »…
Mais aussi des faits qui s’ancrent dans le réel : une femme abandonnée pour une autre, un bébé qui vomit, « un beatnik » « en train de manger des pommes de deuxième choix » : « comme protestation, c’était sans doute plus efficace que d’aller manifester devant les bases de missiles atomiques ».
Un peu de mise en abîme : « –  Au fait, demanda le dr, comment avance ce livre ?
– ça marche.
– c’est sur quoi ?
– Juste au fil de la plume : un mot pousse l’autre. »
Et quelques fois, mais rarement, c’est vrai…

Quelques Poèmes Express issus de ce Brautigan :
– Du sucre au creux d’une main d’enfant, au lit, la nuit. C’est paisible.
– Plaire avait une forme de pouce.
– Les yeux sans regard fabriquaient des choses oubliées.
– Elevage de cendres derrière les portes de verre.
– Sortir de mon lit. Retrouver mes pieds. Les réveiller.
– Soleil Levé, bruit lisse de petit-déjeuner.
– Incroyable chapitre de l’Ancien Testament : la migration des enfants jusqu’à un magasin.

Cette Pièce Unique sera envoyée à Bernard Peschet, plasticien qui a été professeur à l’école d’art de Quimper, qui a pu exposer au domaine de Kerguehennec et travaille sur des carnets, des dessins, des annotations.

Réaction à chaud super gentille de Christine Lapostolle à la Pièce Unique reçue :
« J’ai commencé la lecture de la 147, ça me plaît beaucoup, j’y trouve quelque chose d’un rapport au monde dedans/dehors que j’ai moi-même cherché parfois à mettre en forme sans jamais arriver à cette composition subtile, ce beau dosage  que vous mettez en place, vraiment bravo. Le livre d’Olga Ravn pour le moment je ne le vois pas, j’y reviendrai dans un deuxième temps. j’ai observé que vos textes me revenaient, ensuite à d’autres moments comme encore une prolongation de vos prolongations. Mais je vais m’interrompre quelques jours car je ne veux pas gâcher cette expérience et là je suis submergée de choses à lire pour les beaux-arts; je vous raconterai la suite… »