A venir : c(ART)ollage

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A –  B –  C –

D

Déclencheurs de récits
Débuteurs de n(ARratT)ons
Décadenasseurs de textes
Décapsuleurs d’ imaginatiOn
Démarreurs d’écrits
Dépose-idées
DéverrouiLLeurs d’écriture

E

Etire-imAGinaire
ElEveurs d’originalité
Enclencheurs de motS
Enleveurs de possibles
Entraîneurs de phrases
Extracteurs de pensées
F – G- H –

I

Inspirateurs d’aventures
J – K – L –

N

Nourrisseurs de lectures
M –

O

Ouvre-fictions
P – Q -R –

S

Saute- péripéties
Sustenteurs de stylo / d’ordinateur

T

Tire-histoires
U – V – W  – X – Y – Z –

Un Marie Ndiaye : P. U N° 163

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ROYAN – LA PROFESSEURE DE FRANÇAIS
Texte Marie NDiaye, Mise en scene Frederic Belier-Garcia, Lumiere Dominique Bruguiere, Pierre Gaillardot, Son Sebastien Trouve, Decor Jacques Gabel, Costumes Camille Janbon, Collaboration artistique Sandra Choquet, Vincent Deslandres, Caroline Gonce,
Avec Nicole Garcia et la participation de Vincent Deslandres.

Royan – la professeure de français – monologue est paru chez Gallimard en 2020. Tout de suite destiné au théâtre, à une comédienne, Nicole Garcia, le texte continue son chemin au théâtre
Une femme parle. C’est une solitaire. Elle l’a choisi, a quitté une vie, une ville. Elle enseigne et cela ne se passe pas toujours bien. Elle parle de Daniella, une élève différente qui s’intéressait à ses cours, à la poésie.
On entend la difficulté de l’enseignement, la lâcheté qui est quelques fois la seule solution envisagée. On entend la difficulté à être de certains élèves qui ne correspondent pas à la norme, par leur apparence, par leur envie d’apprendre.

Quelques Poèmes Express issus de Royan :
– Couleur de brique des grandes villes malpropres, je n’ai pas voulu vous mettre dans mes yeux.
– S’était fabriqué un visage éternel à dignité tapie.
– Aigre, le goût trop jeune du soutien-gorge blanc sali.
– Un bon bac blond, bien, distingué.
– J’ai eu un bébé-personnage, je suis une femme-personnage, qui est l’auteur ?
– Un pantin enseigne, je crois, à la professeure.

La Pièce Unique n° 163 est rendue à celle qui m’a offert le livre il y a quelques mois, grande lectrice, intéressée par toutes les formes d’art – et comme ça fait du bien ! -.

Chat Bleu – novembre 2022 – 1)

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Certes, c’était le soir du beaujolais nouveau mais Nsenga nous a proposé bien meilleur : un Juliénas du Château de Belleverne, un beaujolais pas du tout nouveau, médaille d’or à Mâcon 2021 ou, en blanc, un Bourgogne du même Château.
Les accompagnaient deux belles écritures, très différentes, et une, plus factuelle :
– Corps flottants de Jane Sautière, 2022, éditions Verticales : l’adolescence de l’auteure  à Phnom Penh à la fin des années 60. Le peu de souvenirs d’abord, puis ce qui revient, les « corps flottants » : (p 45 : « Marcher dans la ville aux heures chaudes, cheveux au vent, pieds nus (déjà écrit). J’allais vers le fleuve. Il y avait le désir aigu de s’en aller pendant la sieste, alors que tous dormaient, écrasés de chaleur, dans leur lit, sous les arbres, à l’ombre d’un auvent. Une façon d’être seule, peut-être plus sûrement encore que dans la nuit, mais surtout d’éprouver ce pays par les liens de la terre, de la latérite, des trottoirs crasseux, des crachats de bétel, des bandes de chiens galeux, des chats anoures, de tout ce qui avait besoin de se taire, de s’aplatir sous la chaleur.« ). Le climat, les odeurs, l’appartement, la hiérarchie sociale : entre Cambodgiens et blancs et aussi entre expat’s.
– Aby de Marie de Quatrebarbes, P O L, 2022 : l’auteure, d’abord poète, écrit là son premier roman, autour d’un moment de la vie de l’historien de l’art juif, Aby Warburg (1866-1929), surtout connu pour la bibliothèque qu’il a constituée tout au long de sa vie et qui a pu être transférée à Londres en 1933. Warburg, entre 1918 et 1923, dut être interné dans des cliniques psychiatriques, atteint de bouffées délirantes, se sentant coupable des charniers de la première guerre mondiale.
Le débutant de Sergueï Lebedev, éditions Noir sur Blanc, 2022. Traduction d’A.M. Tatsis Botton. D’autres textes de Lebedev sont traduits en français chez Verdier. Il a écrit dans « Le Monde », en mars, un texte sur l’attaque de ll’Ukraine par la Russie, évoquant  » le racisme post-impérial russe » (…) qui a été et reste le fondement et le carburant de la politique agressive de Poutine ». Le débutant du titre est un poison, parfait, indétectable. Le livre nous entraîne auprès d’un scientifique qui le crée avant 1990 et qui fuit la Russie non soviétique. Des militaires sont envoyés le  récupérer …

Le prochain Chat Bleu est prévu jeudi 15 décembre.

Notre prochaine publication

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Pour  décembre,
nous vous préparons ceci… :
Des collages. Des cartes postales. Une série limitée, numérotée …

Un Dostoïevski : P U N° 162

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Le joueur (1865), écrit en à peu près quatre semaines, sous la menace d’une clause de contrat de son éditeur : sinon, « libre à lui, Stellovski, d’éditer pendant neuf ans comme il le voudrait tout ce que j’écrirai sans avoir à me verser de gratification. »
 Et Dostoïevski tient les délais . Le livre est nourri de sa vie : un amour, ses voyages en Europe, la place prépondérante du jeu.
Il est aussi nourri de pensées xénophobes qui s’accordent pleinement avec celles de certains Russes contemporains : jugement plus que négatif des Européens, sans qualité : le Français est un faisan, séducteur sans moralité, les Polonais sont faux, l’Allemand lourd …

Quelques Poèmes Express issus du Joueur :
– Querelle : le gros s’emporta : cicatrice.
– Un secret de famille : elle tient le rôle principal. Muet.
– Comprenez que je puisse délirer. Je veux d’autres temps.
– Comme un paon, mais empoté. Un peu mouton aussi.
– On souleva la massue, se 
décida pour un homme chauve.
– Pour en finir, les gens comme elle, glissent vite, les larmes aux yeux.
– Nous étions comme des ours, vides comme le néant, et le savent nos femmes.

La Pièce Unique N°162 est envoyée en clin d’oeil aux nouvelles éditions Dynastes où vient de paraître Le joueur, poème d’Emmanuel Régniez.

 

Des lettres de J de Lespinasse : P U N° 161

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Mon ami je vous aime, lettres de Julie de Lespinasse  (1732-1776 ),  éditées en 1996 au Mercure de France avec une préface de Chantal Thomas. Des lettres d’amour à l’amant qui a d’autres préoccupations. Des lettres d’admiration pour ce monsieur de Guibert qui en éprouve déjà beaucoup pour lui-même. Les lettres d’une femme intelligente qui reçoit en son Salon les intellectuels du temps mais est fidèle jusqu’à sa fin, à cet homme à la mode qui se marie avec une autre.
( dernière lettre, 1776, alors qu’elle se meurt ) : « Si jamais je revenais à la vie, j’aimerais encore à l’employer à vous aimer ; mais il n’y a plus de temps »

Quelques Poèmes Express issus de ces lettres :
– Si j’étais jeune, je manquerais de coeur.
– Ne faîtes pas de folies mais n’oubliez pas de m’en parler.
– Dans les convulsions et la douleur, des femmes jouent de l’éventail.
– Gens riches et vieux, si vous saviez ce qu’est entendre.
– Pas de repos qui me repose. Me fatigue la longueur des nuits.

Ce court recueil est offert à une grande lectrice nouvellement arrivée au Chat Bleu, M-A.

Des dates et des retours sur la rencontre avec Arno Bertina :

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  • Après Le Havre, Des châteaux qui brûlent partent en tournée. Voici la troupe, la metteure en scène,  l’auteur et les dates :
    – Le 15/11/22 au Manège – Maubeuge
    – Le 22/11/22 à L’Equinoxe – Châteauroux
    – Le 25/11/22 au Bateau-feu Dunkerque
    – Du 29/11 au 02/12/22 à la Comédie de Saint-Etienne
    – Du 13 au 15/12/22 à la Filature – Mulhouse
    – Les 28 et 29/03/23 à la MCA Amiens
    – Du 31/03 au 23/04/23 à la Tempête – Paris (Vincennes)

    ———————————————————————————————-

  • « Comment commencer ? Tant de mots surgissent. Il faut que j’y mette un peu d’ordre, que je ne sois pas exaltée et/ou dithyrambique. J’ai encore en tête ce moment et cette rencontre avec Arno Bertina et je sais que cela va devenir un souvenir précieux. Comme tu le sais c’est Véronique qui m’a prêté le livre. Je vais l’acheter et il fera partie de ces quelques livres que je garderai indéfiniment. Quant à la rencontre, quel bonheur. Il nous a porté une attention qui m’a touchée, prenant du temps pour parler de son travail d’écrivain, j’y ai senti beaucoup de sincérité. J’ai perçu quelqu’un qui accepte de rencontrer l’Autre, une personne qui écoute réellement et est dans l’échange. Merci pour avoir organisé et permis ce moment, je n’hésite pas à le dire : de bonheur.« . M-C. J.
  • « Il parle super bien de ce qu’il fait et transmet l’envie de le lire. Effet promotionnel efficace (smiley) ; c’est toujours intéressant d’en savoir plus sur le processus. Il est clair et sincère. J’ai passé un fort bon moment en votre compagnie » C. P.
  •  » toujours enthousiastes et à tes côtés aussi souvent que tu nous feras connaître des hommes charmants, intelligents et jeunes ! Trêve de plaisanterie, la rencontre était riche et se poursuivait bien avec la pièce. » C. D.
  • « Belle leçon de générosité par un écrivain passeur d’histoires et de chagrins qui met ses mots au service des autres. Merci pour cette rencontre très riche. Comme d’hab (smiley). N. D.
  • « Cette rencontre imaginée et construite autour d’Arno Bertina a été pour moi une aventure. En amont, tu m’as alimentée dans ce domaine d’une littérature sociale, engagée, que je n’aurais jamais exploré de cette façon et peut-être même pas approché. Le rendez-vous prévu avec l’auteur m’a motivée pour y consacrer du temps. Le moment de partage et d’échanges a été simple et riche. Une belle rencontre. A poursuivre sans hésitation. Tellement nécessaire par les temps qui courent… De nouvelles relations se tissent pour moi dans un domaine pour lequel je cherchais des partenaires. » M-A. A.
  • « Un homme de conviction et pas de pouvoir, c’est rare. Un « acousticien » qui transmet le bruit du monde, pour qui le « je » n’est pas essentiel, c’est rare. Un écrivain « au service », aussi. » C. H-B.

Il y aura peut-être d’autres retours. Je poste déjà ceux-là.
Rappel : Prochain Chat Bleu prévu, jeudi 17 novembre – 18h

Chat Bleu – octobre 2022 – 3)

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Essais, lettres, écrits sur / autour de l’ / d’art :
L’affaire du requin qui valait 12 millions – L’étrange économie de l’art de Don Thompson, éditions Le Mot et le Reste, 2012. Traduit par Fleur Ramette. Le titre fait référence à une oeuvre de Damien Hirst. Le livre, comme le sous-titre l’indique, évoque le marché de l’art, D. Thompson étant économiste.
– L’intranquille de Gérard Garouste et Julie Perrignon, en poche : un texte  qui permet de contempler avec plus d’éléments la rétrospective actuellement à Beaubourg. De même, il est possible d’écouter ses entretiens avec Marc-Alain Ouaknine (France-Culture).
– Travail plastique d’Hélène Moreau : L’échantillonneuse : à voir, lire, entendre.(photo d’un élément, emprunté à son site)
– Autre oeuvre : écrit et photographie : To nowhere, de Lydie Jean-Dit-Pannel, plasticienne qui a été l’élève d’Orlan : quatre mois de marche, de New York à Nowhere dans l’Oklahoma, 2880 km.
Extrait final – site de l’artiste :

« Lundi 26 Septembre 2022

Après Nulle part

Entre Trinity Site et le Nevada Test Site.

Entre les deux sites nucléaires et militaires secrets qui font l’objet d’une future nouvelle pièce, un arrêt à Sin City. Antithèse absolue, indécente, foudroyante à mes 105 jours de marche seule, sans impact aucun sur mon passage. Avant d’arriver dans la ville en plein désert, l’impressionnant barrage Hoover qui produit l’électricité pour les néons et climatisations de Vegas, et forme le lac Mead qui se tarit indéniablement. J’avoue, je me suis offert un rêve secret, un spectacle de Criss Angel, le magicien qui lévite, et c’était extraordinaire. Plaisir coupable. Puis marche tout au long du Strip extravagant à mort jusqu’à Fremont Street. Et là, c’est une autre planète. La fin du monde, ici tout le monde s’en fout ou alors c’est ainsi que cela finira, dans une orgie d’ivresse et de musique. En riant et dansant devant un concert de rue d’un groupe parodique de Hard Rock, je me suis dis que ce ne serait pas si mal comme fin.

PS : Surtout n’oubliez pas d’éteindre vos box la nuit, de réduire votre chauffage d’un degré et de ne pas faire de lessive entre midi et 16 heures. »

                                                     —————————-

Lettres à Lou Andreas Salomé de Raine Maria Rilke, 2005, 1001 nuits éd. Traduction de Jacques Miermont. Son amour pour elle, Ses angoisses.

– L’année sauvage – une vie sans technologie au rythme de la nature de Mark Boyle, éd. Les Arènes, 2021. Traduction de Valérie Le Plouhinec. Dans un superbe paysage irlandais, ce diplômé en économie qui a travaillé pour le Guardian et qui veut vivre autrement.
Etre à sa place de Claire Marin, éd. L’Observatoire, 2022 : quels sont les espaces réels et symboliques qui nous accueillent selon qui nous sommes.

 

Chat Bleu – octobre 2022 – 2)

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D’autres romans :
– L’installation de la peur de Rui Zink, traduit du portugais par Maïra Muchnik, éditions Agullo, 2016 et en 2022 dans leur récente collection de poche, Agullo Court. Une dystopie qui pourrait très bien être adaptée au théâtre : une femme chez elle, deux hommes sonnent…
– Tea rooms de Luisa Carnes, traduction de Michelle Ortuno, éd. La Contre-allée 2021. Le livre est paru en Espagne en 1934. Luisa Carnes (1905-1964)  née dans une famille ouvrière, journaliste et écrivaine, devra s’exiler au Mexique pour ses opinions politiques. Elle raconte là le travail d’une jeune femme dans les années 30 à Madrid.
– La fille de l’ogre de Catherine Bardon, éd. Les Escales, 2022 : la vie romancée – mais il n’y avait pas forcément besoin – de Flor de Oro Trujillo (1915-1978), fille du dictateur de la République Dominicaine Rafael Leonidas Trujillo (1891-1961).
– La vie clandestine de Monica Sabolo, Gallimard 2022 : elle mêle ses souvenirs personnels à une enquête sur les gens d’Action Directe, la souffrance de leurs victimes.
– La nuit des pères de Gaëlle Josse, éd Notabilia, 2022 : un roman court, intense autour d’un père violent.
– Une mère éphémère d’Emma Marsantes, éd Verdier 2022 : un premier livre « Coup de poing, une écriture !  » dit E. Auto-fiction sous pseudo, une enfance dans un milieu très aisé, un père absent, une mère dépressive et un frère problématique.
– Continuer de Laurent Mauvignier, Minuit double : une mère emmène son fils au Kirghizistan pour le sauver.
– Le suspendu de Conakry de Jean-Christophe Rufin, 2018, Flammarion, trouvable en Folio. Un consul de France improbable en Guinée. Un crime. Une enquête.
– La trilogie de Frédéric Paulin : 1) La guerre est une ruse, Agullo, septembre 2018, Pocket mars 2020 : l’histoire commence en 1992, en Algérie.
2) Prémices de la chute, Agullo, mars 2019, Pocket, février 2021 : Cela se poursuit en 1996, à Roubaix.
3 ) La fabrique de la terreur, Agullo, mars 2020, Pocket, janvier 2022: en 2010 en France.
Le départ du terrorisme, les militaires en Algérie, les services en France, les événements qui se déplacent. On retrouve des personnages et c’est fort.
A noter : Paulin a fait des études d’histoire, a enseigné, se consacre maintenant à son écriture.

Nous étions nombreux et intéressés par plein d’autres domaines : une 3ème partie, autour des arts plastiques surtout, plus ou moins tout de suite…

Prochain Chat Bleu : 17 novembre, 18 h

 

 

Chat Bleu – octobre 2022 – 1)

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Cette fois Nsenga a insisté sur les produits locaux qui accompagnaient un Baume de Venise en rouge et un Côte catalane en blanc : une mimolette à l’ancienne d’Isigny, un jambon de pays d’Evreux et une confiture de courge de la ferme du Bois Rosé.
Et cela allait très bien avec …
– Le chant du poulet sous vide de Lucie Rico, Folio. Son premier roman que j’ai lu après et préféré à GPS. Pourquoi ? Parce que c’est moins « théorique », plus fou, plus drôle, décalé, frappadingue même. Mais attention, construit ! Une vraie histoire d’auto-entreprise, une relation aux animaux, à la mère, aux films non sous-titrés, à la biographie… Dans ces temps lourdingues, comme elle est légère, Lucie Rico !
– Sniper en Arizona, de Patrick Declerck, éditions Buchet-Chastel, 2022. Decleck a été psy pour les SDF, a écrit sur eux. Mais ce livre-ci est né de son amour des armes. Il s’est donc inscrit à deux stages de sniper aux USA et c’est un documentaire sur ces séjours, les formateurs, les stagiaires, tous anciens d’Afghanistan ou d’Irak ou les deux, tous plutôt proches de l’idéologie sudiste, leur langage (« Fuck » est omniprésent), les lieux, les armes de guerre, le rapport au vivant. Super intéressant aussi, le moment où, au retour, il va chez un armurier français !
– Quand tu écouteras cette chanson, de Lola Lafon, éditions Stock, collection « Ma nuit au musée », 2022 : un GRAND livre sur sa nuit au musée d’Anne Frank à Amsterdam, dans l’annexe où les Frank ont vécu jusqu’au jour où les nazis sont venus, sur ce qu’on a fait au texte d’Anne Frank  à Broadway, à Hollywood et même dans les traductions, sur les raisons pour choisir ce musée.

La deuxième partie vient bientôt.

Nous sommes 14 pour le déjeuner (12h15) avec Arno Bertina, à la Cantine du Fort, le mercredi 9 novembre.
Rappelons qu’il vient pour l’adaptation théâtrale par Anne-Laure Liégeois de son roman Des châteaux qui brûlent (2017- éditions Verticale, et Folio),  présentée au Volcan les 9 et 10 novembre.
Le prochain Chat Bleu, lui, est prévu le jeudi 17 novembre, à 18 h

P U N° 159 : accusé de réception

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« J’ai bien reçu ta PU n°159 et je t’en remercie ! Très honorée.
Le choix de Günther Anders m’enchante. Je lis en triple. Et tu me fais comprendre que le choix de l’information vient après : c’est fort !
Je te redirai mes impressions en fin de lecture. »

Un Günther Anders : P U N° 159

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Et si je suis désespéré que voulez-vous que j’y fasse  est un des entretiens réalisés en 1977 par Mathias Greffrath avec des personnalités ayant quitté l’Allemagne en 1933. Les éditions Alllia ont publié l’entretien avec Günther Anders en 2001 puis, de nouveau, en 2022. Le philosophe se présente, de la Grande Guerre à Hiroshima, en passant par son séjour aux Etats-Unis où il ne réussit/chercha pas, par convictions politiques, à « percer ».

Ce livre présente un intellectuel déraciné : P 47 :  » Je n’étais pas capable, mais je n’avais pas non plus envie d’écrire dans une langue étrangère » « d’ailleurs, je n’arrivais pas à penser dans une langue étrangère –  et je pensais écrire pour l’Allemagne d’après Hitler. » Et P 61 : « à l’étranger, j’étais devenu un puriste de la langue – ce n’est pas étonnant dans la mesure où pendant quinze ans, nous n’avions pas eu d’autre chez nous que la langue, »…

Mais aussi et surtout un humaniste qui se préoccupe du monde à l’ère du nucléaire. Et, en ce moment, en cela, il a toute sa valeur !
P 66 : « …aujourd’hui, notre premier postulat doit être  élargir les limites de ton imagination, pour savoir ce que tu fais. Ceci est d’ailleurs d’autant plus nécessaire que notre perception n’est pas à la hauteur de ce que nous produisons : « (…)  » Et un réacteur atomique, comme il a l’air débonnaire avec son toit en forme de coupole ! »
Pensons non seulement à la centrale de Zaporijia  mais plus encore aux menaces d’utilisation de l’arme nucléaire qui disent, ô combien, le manque d’imagination de ceux qui les profèrent.

Voilà quelques Poèmes Express qui en sont extraits :
–  Il lui serait apparu qu’on ne peut pas tout refouler.
– Platon est passé à côté de Hegel. C’était le philosophe le moins cultivé.
– Des genres littéraires exigeaient des universitaires intellectuellement anéantis.
– Les jeunes se sont sentis morts toutes les années vécues.
– Qu’est-ce qui vous fait croire qu’on va en sortir ?
– Ravage, les sentiments rendent ce terme ridiculement faible.
Labourer le droit ou gueuler. Aujourd’hui penser inquiète.

La Pièce Unique N°159 est envoyée à Marie-Hélène L qui a oeuvré dans le monde des musées et des livres.

 

Arno Bertina – 2)

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Arno Bertina et Florence Aubenas , le 10 septembre, à La Manufacture des Idées. C’est sur Youtube. Autour de littérature / enquête / journalisme, « aux prises avec le réel » :

Quelques phrases d’Arno Bertina qui permettent de comprendre le pourquoi et le comment de son travail :
– «  Ce qui pousse à faire ce type de livres, » c’est qu' »il y a des moments où la vie est humiliée. La littérature parvient à répondre à cette humiliation-là. (…) C’est là pour redresser la vie quand elle est humiliée. (…)  La littérature est contre ma propre colère. Ecrire, c’est essayer d’être toujours plus malin »

– « La littérature, c’est une espèce de passion pour ce qui se passe à l’intérieur d’une phrase. La littérature, la création artistique en général, c’est remettre du mystère. »

–  » Il est facile de raconter des histoires. Il est plus difficile de les habiter vraiment. Si, par exemple, vous voulez raconter une histoire d’amour, il y a à la connecter avec votre propre mélancolie. »

– « J’écris par claustrophobie » (…) « pour me démultiplier, pour essayer d’atteindre le fou qui est en moi, que je censure tout le temps. »

Arno Bertina – Le Havre – création Le Volcan

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Arno Bertina vient au Havre en novembre pour l’adaptation au théâtre par Anne-Laure Liégeois de Des châteaux qui brûlent.

Voilà quelques uns de ses écrits pour vous y préparer. Des écrits engagés, pleins d’empathie pour les « vraies personnes » que sont ses personnages : ouvriers en train de perdre leur emploi, femmes exploitées, habitants de banlieue… Des « romans » mais en fait, bien plus que ça, des prises de position.

ses derniers textes :

  • Des Lions comme des danseuses, Éditions de la Contre-allée, 2015
  • Des châteaux qui brûlent, Verticales, 2017 ; rééd. collection Folio, 2019.
  • L’Âge de la première passe, Verticales, 2020.
  • Ceux qui trop supportent, Verticales, 2021 (Prix du meilleur ouvrage sur le monde du travail 2022).
Photographies
Quelques uns de ses livres en collaboration :
– C’est quoi ce pays, Joca Seria, 2018.
– Boulevard de Yougoslavie, avec Mathieu Larnaudie et Olivier Rohe, éditions Inculte, 2021

Un Marielle Macé : P U N° 158

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Directrice de recherche au CNRS et à l’EHESS en théorie littéraire, Marielle Macé écrit poèmes et essais. Nos cabanes, éditions Verdier, 2019, est un très beau petit livre. Petit par sa taille, grand par son sujet et son projet. Travail sur l’écologie, la société face à la nature et ses transformations, les possibles pour que la vie continue au mieux, dans le respect de l’eau, de la végétation, des animaux et des hommes. Un écrit politique. Une recherche de solution, la compréhension et l’adhésion aux actions menées jusque là dans des lieux comme Notre-Dame des Landes.
(p 52:)  » Les cabanes sont « co-construites » comme le dit Sébastien Thiéry, co-construites par le saccage et par les gestes qui sont opposés au saccage ; et de ce tourniquet, on ne saurait sortir. »

Quelques Poèmes-Express venus de Nos cabanes :
– La zone : mot d’où je désigne un état de bout.
– La diversité est chassée de ce qui est pouvoir.
– Nous ne sommes pas tous faits pour élargir les joies.
– La surface bruisse de phrases aux sourds.
– Etre fleuve – évasion de l’eau roulée à l’air.
– Vivre : emprunter les tracés qui font des trajets.

Cet exemplaire, version augmentée de Poèmes Express et des actualités qui ricochent avec eux, est ( r)envoyé aux éditions Verdier qui pourront le garder, le donner à l’auteure, ou le jeter, évidemment.

 

Retour de Christine Lapostolle sur la P U N° 147 :

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« c’était donc il y a une dizaine de jours, j’ai fait un Paris-Brest immergée dans votre version des Employés – un beau voyage même si je n’ai pas réussi à atteindre (j’ai un peu cherché mais n’ai pas pu) le livre d’Olga Ravn. Quand on rencontre les galeries sinueuses creusées dans une pomme par une petite bête, on admire les galeries mais on ne mange pas la pomme. C’est un peu pareil. Tant pis pour le livre initial. Quelle drôle d’expérience, tout y participe, le toucher, l’image et le noir et blanc de la couverture, votre écriture manuscrite, le format des articles découpés, le jaune du marqueur. C’est le contraire d’une lecture où on oublie le support. Et comme cette période qui fait la matière du livre est proche, tout résonne de perceptions voisines, de choses que j’aurais moi aussi lues ou me serait dites presque mais jamais exactement de la même façon. J’y pensais hier en marchant dans les rues de brest et l’image qui me venait était celle du cœur d’un autre lecteur qui bat dans un livre qu’on lit, un cœur qui bat, un autre lecteur qui prend vie. c’est vraiment une drôle de place que vous arrivez à fabriquer dans cette expérience de lecture, je vais continuer d’y penser, ça trotte dans la tête! »

Merci à Christine Lapostolle ! C’est la première fois et c’est formidable d’être vue comme une petite bête qui creuse des galeries !

Annonces :

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Les dates prévues du Chat Bleu cet automne sont : les jeudis 15 septembre, 13 octobre, 17 novembre.

Avis d’une lectrice de Bout portant : « Les remarques des « vieux » sont pleines de bon sens ! On l’imagine bien en film… »

L’image est d’Anna Muller, photographe plasticienne.

Rien à voir avec les infos précédentes mais un coup de coeur et un lien éventuel avec la vie que proposent certains états aux femmes en ce moment : en bocal, enfermées dans le fondamentalisme…

De retour du Marché de l’édition indépendante – Rouen

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c’était bien ! On retrouvait les « copains » Lurlure, Phloème, Les Petites Manies, on en rencontrait d’autres comme Densité, et on était super contents que la libraire et éditrice Elisabeth Brunet s’intéresse à notre catalogue ! Le tout dans ce superbe lieu avec l’équipe de Normandie Livre et Lecture aux petits soins pour nous.

Bout portant par Françoise Sergeant

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Babelio  FrancineS
FrancineS   20 juin 2022
Tout commence dans une voiture, la tension est palpable. Au volant, un homme jeune. Côté passager, une femme armée. A l’arrière trois petits vieux terrorisés, ou presque. Car au fil des pages, on ne sait plus vraiment qui sont les méchants de l’histoire ! L’histoire justement ? Une sombre affaire de vol, de kidnapping, de show business même !
En moins d’une centaine de pages, l’auteur nous emporte, de sa plume acérée, dans un road movie aussi statique que critique, de notre société et du monde du livre. Plus qu’un roman, une tuerie, nette et sans bavure.

« Bout portant » et des lecteurs – suite

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Jeunes, moins jeunes,
femmes ou hommes,
amateurs ou professionnels
du polar ou de la retraite,
impactés donc
– ou pas –
par le problème,
ils en disent ceci :

A. D . : « J’ai lu Bout Portant : totalement amoral et réjouissant »
L. B : « ça claque. C’est drôle mais pas que »
C. P : « vu mon métier, je ne pouvais pas passer à côté, je l’ai lu d’une traite. »

« Bout portant » et des lecteurs

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M-C. J : «  La couverture est superbe ! »
(ça n’est peut-être rien pour vous, mais pour nous, c’est beaucoup. Que ces livres soient beaux est, depuis le début, un de nos buts)
M.S : « J’ai déjeuné avec : il est de bonne compagnie »
(
c’est sûr, avec Bout portant, on veut vous faire rire… de choses sérieuses…)
L. B : «  Chaque personnage a du caractère. Un peu excessif… et on en rit  »
( oui, Louis, Nicole et Joséphine ont du mordant, et ça réconforte dans ce monde de brutes)

« 

article dans Ouest-France

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Ouest-France

Pascal Millet publie une comédie noire pour adultes

L’auteur Pascal Millet est déjà connu pour ses nouvelles, romans noirs et livres pour enfants. Aujourd’hui, il publie dans un autre genre, une comédie noire intitulée Bout Portant, illustrée par Eric Enjalbert.  Un texte humoristique qui traite de sujets sérieux comme la vieillesse et la littérature. 

L’histoire se passe en huis clos dans l’habitacle d’une vieille Volvo. Trois petits vieux ont créé une fausse maison d’édition afin de recevoir gratuitement des manuscrits. Ils sont alors menacés par une jeune femme qui cherche son frère et surtout le manuscrit de ce dernier qui a été publié, après corrections, par ces trois vieillards.  Pour le paysage, je me suis inspiré de Trégastel, de l’île Renote , ​ajoute l’auteur.

Dans son ouvrage, Pascal Millet nous parle d’Ehpad et de littérature avec le cheminement d’un manuscrit, le travail de l’édition et la commercialisation.  On va retrouver des références littéraires, des critiques sur le monde littéraire et audiovisuel et on va comprendre le refus de finir sa vie dans un mouroir​, souligne-t-il.

Bout Portant, de Pascal Millet, éditions Rue du départ, 10 €. À commander en librairie.

 

 

Epoque – Caen 2022

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Epoque, c’est passé.
Chaque fois, Caen nous accueille dans de superbes lieux.
Il y a longtemps, le festival se passait au château, et c’était magique.
Plus récemment, il était installé rue St Sauveur et c’était très agréable.
Cette fois, le salon était à l’Abbaye aux Hommes, dans les jardins de l’Hôtel de Ville et c’était magnifique.

 

Du monde, de vrais lecteurs et des promeneurs, des amis éditeurs. La sortie de Bout portant de Pascal Millet. Des ventes, surtout de la petite collection « Voyageurs ». Des échanges, des compliments sur l’esthétique, sur la qualité des ouvrages.
Un très beau moment !

Bout portant de Pascal Millet est sorti

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« À lire absolument….juste déjanté comme il faut et… à la réflexion… »
dit une primo-lectrice.

Et on lui répond : « Bang Bang »… 

Vous pouvez nous le commander,
le commander à votre libraire préféré,
le trouver à la Galerne seulement, pour le moment.
le trouver au salon Epoque, à Caen, les 21 et 22 mai,
sur le stand de Rue du Départ : on vous y attend.

Pascal Millet : Bout portant

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Il a l’air sympa, Pascal Millet…
Pourtant, il a écrit Bout portant.
une comédie où des vieillards sont capables de pensées délétères, de mauvaises actions.  ET d’imagination..

Bout portant : Pascal Millet

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Quand trois petits vieux décident de survivre loin des Ehpad, rien ne les arrête.
Une comédie noire qui parle autant de vue qui baisse que de littérature.

Bout portant de Pascal Millet

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Bout portant, livre farceur de Pascal Millet, illustré par Eric Enjalbert, est actuellement chez l’imprimeur.

Bout portant est d’actualité…
Bout portant parle de personnes âgées qui veulent éviter les Ehpad, privés comme publics, et on les comprend. Bon, leur méthode n’est peut-être pas très éthique…
Bout portant s’amuse du monde du livre.
Bout portant n’est pas sérieux mais dit des choses ô combien sérieuses.

 

ça bouquine ? 3)

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La troisième émission du podcast Ça bouquine ? est sortie : elle aborde la transmission du goût de la lecture. Vous pourrez choisir une plateforme d’écoute en cliquant sur ce lien : https://linktr.ee/cabouquine .

C’est trouvable sur Youtube. C’est fait par un groupe d’étudiantes et c’était très sympathique d’enregistrer avec elles.

Et on y est avec le Chat Bleu et nos séances un vin, des livres,
et avec « ça va? ça va... », le petit dernier de Rue du Départ, né d’un atelier d’écriture. Bientôt avant-dernier : on travaille à Bout portant: de Pascal Millet 

Heureuses fêtes !

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à côté de Percival Everett ! de Paul Auster !

cette année, c’est avec  ça va ? ça va… 
le mini-table book plein d’esprit (si si), le petit-cadeau-d’assiette mais bien plus que ça aussi…
Et, pour les gens d’ici, presque 100% d’ici…

ça va ? ça va… : il est arrivé… alors, ça va

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Le petit nouveau de Rue du Départ est arrivé..
Plus bordeaux ou prune ou lie de vin que cerise, mais ça ( lui ) va ( bien ). Et ça ne veut pas dire qu’il y a à boire et à manger dedans.
« ça va ? » : une question qu’on ne pose pas vraiment.
 » ça va » : une réponse qu’on n’attend pas vraiment. Ou plutôt si. Il vaut mieux que vous ne vous mettiez pas à raconter tout ce qui, réellement, ne va pas.
Un échange qui n’en est pas un, dit une amie allemande qui s’en énerve. Un « wie geht es ihnen ? » est une vraie question qui, elle, attend une vraie réponse. Un peu d’attention, quoi ! De l’empathie. Un partage. Pas un glissement vers autre chose. Pas une politesse de surface.

Donc,  ça va ? ça va… est là : petites histoires, micro-nouvelles, réflexions courtes, anecdotes sur un état du monde ou de soi. Pas plombant. On s’en amuse aussi.

ça va ? ça va… la préface :

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cracked road concrete close up

Un livre contient une histoire, évidemment, au moins une.

Mais un livre vient aussi d’une histoire, au moins une.
Ce livre contient plein d’histoires
et est né de deux histoires.
Celle de Trace2mains : un atelier d’écriture composé de plus d’hommes que de femmes – c’est assez rare pour le noter -, créé autour de Francis Pedu, personnage attachant, auteur d’un recueil de haïkus, aujourd’hui décédé mais toujours vivant dans la mémoire du groupe.
Une rencontre mensuelle. Un bon repas. De bons vins. De bons copains. Tous branchés arts. L’un d’entre eux anime, pas toujours le même.
Voilà ce qui a amené ce petit livre : le sujet de » la catastrophe pour vous », donné après lecture d’extraits des derniers livres de Gaëlle Obiegly, Une chose sérieuse et Olivia Rosenthal, L’éloge des bâtards aux éditions Verticales.
La deuxième histoire est un voyage à Marseille, la visite du FRAC et l’achat de deux micro-livres d’art de Stéphane Le Mercier pour leur humour. Au retour, la recherche de ses travaux sur le net, la trouvaille du « Timbre Walser », un de ses multiples.
Ici reproduit, il évoque lui aussi une catastrophe : la mort dans la neige de l’écrivain suisse allemand Robert Walser, interné pendant des années.

Hélène Gaudy et la P U N° 65

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Hélène Gaudy, l’auteure de ce magnifique livre, entre autres :
Il y a deux ou trois ans, sans doute un peu avant le festival Lettres d’automne de Montauban dont Christian Garcin assurait la programmation, j’ai reçu par la poste ce livre qu’il a écrit avec Éric Faye. Il était couvert du papier qu’on voit sur la photo, abondamment annoté, émaillé de collages, et surtout, sur plusieurs pages, de mots surlignés en jaune qui venaient y tracer des poèmes. Je n’ai aucune idée de l’identité de la personne qui en a fait un objet unique et me l’a envoyé. En rangeant mon bureau, je suis retombée dessus et me suis demandé si ce mystérieux expéditeur ne serait pas tout simplement sur Facebook… MP dans ce cas pour lever le mystère ? Sinon, il restera entier et ce sera bien aussi…
  • Le mystère est donc levé ! Merci à C H B pour ce geste poétique. Je découvre, du coup, le site des éditions Rue du Départ et cette pratique qui me ravit : envoyer des livres choisis, de manière anonyme, après en avoir fait, ainsi, des P U, des pièces uniques. Très heureuse d’avoir l’une d’entre elles dans ma bibliothèque !

    C H B : tu as le n° 65, on en est au 123. L’idée est aussi de réussir, si possible, à envoyer le livre qui correspond bien au récepteur.

     

Un article de Jean-Pierre Suaudeau sur sa Pièce Unique ! Merci !

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VERTIGE DE LA LITTERATURE
« Ce massage de purs » de

Catherine Hémery Bernet

.

Depuis 2014,

Catherine Hémery Bernet

créé des livres singuliers nommés « Pièce unique » et réalisés, comme on s’en doute, en un seul exemplaire. Ce livre unique vous arrive un jour au bon soin de la Poste par la grâce désintéressée de l’autrice.

Celui qui m’est parvenu, le 101ème, s’intitule « Ce massage de purs », anagramme du titre du livre de Jean-Loup Trassard « Campagnes de Russie », paru en 1989, sur lequel il vient s’adosser.
Le dispositif choisi par

Catherine Hémery Bernet

semble simple : d’un livre existant, elle prélève quelques mots, quelques lettres au besoin, en les surlignant sur chaque page impaire, écrivant ainsi son propre texte, soit, ici,133 « poèmes express». Simple et cependant d’une force qui suffit à subvertir toute lecture, à dynamiter l’idée même de littérature et à ouvrir un abîme temporel sous nos yeux de lecteurs subjugués.

Ces « poèmes » se font, au gré des jours, tantôt humoristiques : « Une dame russe cherchait un cinéma. Plus d’un an après on en localise un. » (p 11), « Nous enlevons nos chaussettes sur le canapé et je vois bien la déception » (p 81), fantaisistes : « les cerises répondent non aux petites mouches » (p 189), « une énorme patte appelle les petits pois, marche dans ce vert tendre » (p 241), sensibles : « Le rose très pâle vient jusqu’au bord du rouge » (p 141), « deux tracteurs soulèvent deux nuages, petites usines qui fument » (p 185), saisissants : « Une femme, sur le char, attend dans un paletot de peur » (p 69), aussi bien sensuels : « ce qui m’intéresse, c’est la peau » (p 153), « forte odeur de femmes et robe rouge à pois blancs » (p 187), prennent la forme d’adages : « Quand est malade le vétérinaire, grince le chien » (p 223), d’incipits de romans : « Deux femmes repoussent sur le canapé un étranger à l’air malcommode » (p 55), ou de polars : « Dix-neuf millions dans un bocal de verre ? c’est pas beaucoup. » (p 73), et pensées qu’on imagine influencées par le confinement : « Remerciements au Livre parce que les livres sont toujours là » (p 159, 29 mars), « Nous demandons le possible demain. » (p 215, 26 avril), « On se demande comment reprendre » (p 225, 1er mai).
Le lecteur ignorera si les créations quotidiennes de

Catherine Hémery Bernet

t répondent à un cahier des charges précis, à une série de contraintes oulipiennes ou si l’humeur créative prévaut. Et qu’importe : on se laisse guider, porter par les images qui en surgissent, amusé, ému, étonné, entraîné par le plaisir évident de l’autrice à se saisir des mots, à les faire parler, sonner, s’entrechoquer : la langue, le livre devenus terrain de jeux.

ll est indispensable d’évoquer également le livre de Jean-Loup Trassard, l’écrivain-paysan, journal d’une singulière résidence en Russie encore soviétique se déroulant du 11 mai au 5 juin 1986. Résidence qu’il a voulu rurale, afin de visiter fermes et installations agricoles, d’échanger avec ceux celles qui y travaillent, en connaisseur. Ce journal passionnant donne à voir la Russie des campagnes, avec précision, humour, sens de la notation, attention aux gens et aux paysages. Rien n’échappe à l’écrivain. Passionnant et instructif carnet de voyage, témoignage autant historique sur la Russie soviétique à l’aube de la chute du mur qu’humain tant abondent les portraits attachants, « visages cloués sur la paroi du temps »1. Livre captivant. Puissant. Et il le faut pour résister aux interventions malicieuses de Catherine Hémery Bernet qui en bousculent la lecture selon un dispositif à la fois simple et complexe qu’il est nécessaire de décrire précisément pour en saisir toute la portée.
Le dispositif comporte en effet plusieurs strates : la première, déjà évoquée, est composée de « poèmes » distillés à l’intérieur même du texte d’origine ; la deuxième accueille en marge haute des fragments d’actualité sourcée (en l’occurrence surtout consacrée à la Russie contemporaine, actualité rien moins que réjouissante sous l’ère Poutine) ; la troisième enfin, en bas de page, révèle les dates de ses interventions quotidiennes (soit du 1er janvier au 27 mai 2020). Interventions auxquelles elle joint parfois un article, une photo, collés en haut de page.
Le lecteur se trouve dès lors confronté à une profusion d’informations qui se chevauchent, se télescopent, le convient à un voyage enjambant temps et espace : la Russie soviétique et rurale de 1986, circonscrite aux territoires forcément réduits visités par Trassard ; celle de 2020 aux tentacules mondiaux dont l’autrice nous donne des nouvelles en haut de pages ; les « poèmes express » réalisés dans les cinq premiers mois de 2020 (lesquels recoupent la période de confinement) ; à quoi on ajoutera le temps de notre lecture, décalé de quelques semaines, qui met en perspective ces différentes temporalités à l’heure du déconfinement. Le champ de cette lecture s’en trouve considérablement élargi à la fois dans le temps (mai-juin 1986, janvier-mai 2020, juin 2020) et dans l’espace (Biélorussie soviétique, Russie de Poutine, le monde en temps de pandémie), nous obligeant à de continuels allers-retours entre différentes couches de temps, entre divers espaces qui charrient une épaisseur, une densité troublantes, aussi vives et décapantes qu’un vent d’est.
Si

Catherine Hémery Bernet

dit s’inspirer des « poèmes express » de Lucien Suel, elle procède cependant tout autrement. Lucien Suel en effet biffe, noircit sur la page du livre d’origine mots et phrases jusqu’à y substituer par soustraction son propre texte.

Catherine Hémery Bernet

se contente elle de désigner sur la page les mots nécessaires à ses créations, organisant ainsi un double trajet de lecture. Le résultat n’en est que plus saisissant, au point de ne plus savoir si c’est « Campagnes de Russie » qui préexistait au texte de Hémery Bernet ou si « Ce massage de purs » était enfoui sous celui de Trassard. Le lecteur assisterait alors à une opération de mise à jour, un travail d’archéologie de la langue, de patient déblaiement. Laissant sourdre l’idée insistante qu’aussi bien d’autres textes seraient encore à découvrir dissimulés dans celui de Trassard qui les masque, textes dans le texte qu’on aurait ignorés sans l’intervention de

Catherine Hémery Bernet

. C’est tout l’univers de la littérature qui est ainsi interrogé en une subtile leçon borgésienne : chaque texte en contient d’autres à l’infini, chaque livre contient à lui seul tous les livres selon une combinatoire qu’il suffit de modifier pour qu’ils surgissent. Vertigineuse expérience de lecture.

Travail époustouflant, rien moins qu’anecdotique, constitué par ces 101 recueils, ces 101 pièces uniques, œuvre précieuse semée aux quatre vents que Catherine Hémery Bernet élabore à bas bruit avec modestie, inventivité, intelligence, humour… et générosité. On en reste subjugué.

Suite n° 11

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Suite n°11 vient de sortir,
Suite n°11 est de Pascal Millet, auteur de polar mais pas que !
Suite n°11 est un poème narratif sur les débuts d’une relation amoureuse. C’est l’homme qui parle, de son histoire particulière.
Suite n°11, c’est, face à ce texte contemporain, des images de corps féminin, des détails de sculptures, des courbes, des nuques, des seins, des mains de tous les temps et de lieux différents. Un éternel féminin, fabuleusement photographié par Eric Enjalbert. Certaines pierres sont des peaux !
Suite n°11, c’est une histoire particulière face à La Femme.

Arno Bertina et Arnaud Le Marchand au Fitz, le 7 novembre

2ème partie de la rencontre de l’Université Populaire, Anne-Laure Liégeois étant repartie travailler sur le plateau. Extraits :
Arnaud Le Marchand : sociologue enseignant-chercheur en économie du travail : « J’ai d’abord lu Ceux qui trop supportent et j’y ai vu un travail de sociologue, une enquête. Actuellement, il n’y a plus de négociations. C’est un constat très sombre. Il n’y a plus d’envie de faire société.
Une partie des sciences sociales, parallèlement à la chute du marxisme, a délaissé le conflit dans le monde ouvrier. Il y a eu volonté de se dégager de ce champ-là. Ainsi, on ampute le réel de quelque 
chose. C’est la littérature qui reprend ce travail. Elle est la voix des thèmes oubliés.
Ces dernières années, une partie de la violence dans les conflits sociaux vient de ce que les hauts fonctionnaires, les politiques
, les R H  formés actuellement sont sans référence à ça, partent du principe qu’il ne devrait pas y avoir de collectif stable. »
Arno Bertina : «  Et les GM&S, eux, font collectif, font société. Alors, on devient redoutable, on se sent fort, on se redresse. Le but des luttes est qu’on se redresse. (…) Un des ouvriers parle du moment où ils ont bloqué quelques minutes les Champs Elysées. Au début, je trouve ça peu important puis je vois que j’ai tort de snober son émotion. C’est important pour ces gens qui respectent la loi sous toutes ses formes. Mon travail est de décrire l’infime qui, en fait, a une hyper-signification émouvante. ».
A. Le Marchand, interrogé sur les raisons du populisme : «  Le populisme arrive quand il n’y plus d’identité de classe. Les gens n’ont plus confiance dans les politiques et les politiques n’ont plus confiance dans les gens non plus.
Il faut reprendre l’habitude de négocier.
Le 
néolibéralisme, la technocratie  =  ceux qui savent, contre les autres »
A. Bertina : « La non solidarité ouvrière, les ouvriers de GM&S l’ont vécue quand ils sont allés manifester sur d’autres sites. Or, l’époque où on avait ce logiciel de solidarité, plus généreux n’est pas loin. Ex : Aulnay, années 80, Milan en 1971 et c’était magnifique. »

Ce qui a été magnifique aussi, c’est la rencontre, aujourd’hui, avec Arno Bertina, à la Cantine du Fort de Tourneville. Nous n’avions pas encore vu la pièce Des châteaux qui brûlent, Lui non plus. Certaines d’entre nous l’avaient lu, d’autres vont le faire, c’est sûr parce que son engagement est évident et efficace.

Anne-Laure Liégeois et Arno Bertina au Fitz – le 7 novembre 2022

Dans le cadre de l’Université Populaire, au Volcan : » le récit incarné d’une lutte sociale »
quelques extraits de la rencontre :

A-L. Liégeois : « La découverte d’un texte est une petite aventure.
J’ai travaillé sur le thème de l’entreprise. Je ne peux pas me séparer de ce thème.
J’ai lu quasiment d’une traite Des châteaux qui brûlent, en Bretagne. Le livre est lié à cette thématique qui me touche. C’est aussi un choc de lecture, le premier texte que je lisais d’Arno. Et c’est un huis-clos, avec une unité de lieu, d’action et presque de temps. »
F. Lafond : « c’est un roman choral : chaque personnage est important : comment faire ? Et comment avez-vous travaillé à deux ? »
A-L. Liégeois : « Très heureuse de ce travail  : avec 12 comédiens au plateau. C’est une chance d’avoir la confiance du Volcan. Arno est un auteur magnifique. Il m’a laissée totalement tranquille. Il disait : « je suis au service ».
On a fait deux fois des résidences à Paris et une à la Chartreuse-Les-Avignons. On a étalé sur les murs toutes les pages du roman. La dramaturgie d’un spectacle n’est pas la même que celle d’un roman. J’ai fait des paquets. Quand je disais « on a besoin d’un lien », il le faisait ».
A. Bertina : « C’est mon premier roman adapté au théâtre. Depuis le début, ce qui m’intéresse en écriture, c’est la polyphonie, toutes les voix qui donnent de la différence, les regards qui s’additionnent. Ce mille-feuilles de voix, c’est mon obsession, mais aussi ma joie. Chaque fois, je sais que c’est ce que je vais aller chercher.
Jusqu’à ce livre, la voix d’un narrateur entrait en crise et d’autres voix venaient. Des châteaux qui brûlent est sans narrateur. Les voix qui reviennent, font d’emblée de l’énergie collective.
Des réalisateurs ont déjà voulu adapter ce texte. Ils me disaient que eux savaient, que je ne savais pas. Pas Anne-Laure. Pour moi, ce n’était pas du tout douloureux.(…) Je n’ai pas du tout été stressé qu’elle s’en empare. Le but n’a pas été que ce soit fidèle à mon livre mais que ce soit bien dans la pièce. »
A-L. Liégeois : Une création, c’est une chance. J’appelle les comédiens par le nom de leur personnage. On a travaillé depuis août, huit semaines. Ces comédiens SONT ces personnages. Ils sont des porteurs de langue. Ils ont un rendez-vous avec la langue. Ils sont dix à jouer des ouvriers licenciés. Ils portent cette lutte avec une parole de théâtre, de roman, une langue particulière. »
A. Bertina : » En fait, c’est la même langue, celle du théâtre et du roman. Il y a un contexte réaliste, mis en tension avec la langue, elle, pas du tout réaliste, avec des faits impossibles en réalité, comme la fête. Des personnages s’expriment. On est dans leur tête. »
A-L. Liégeois : « C’était intéressant de partir des pages du roman, d’aller vers le théâtre, d’y revenir avec ces paroles intérieures qui ne l’étaient plus. »

Arno Bertina – Volcan – novembre 2022

Info Volcan : « Installée depuis deux semaines sur le grand plateau du Volcan, la compagnie Le Festin travaille pour les grandes premières qu’elle présentera au public havrais ces prochains jours, avant une tournée dans toute la France. »
Des châteaux qui brûlent, adaptation du roman d’Arno Bertina : les 9 et 10 novembre 2022 au Havre
présentation de la metteuse en scène : « Habituée à travailler avec des auteurs contemporains, notamment dans son dernier spectacle Entreprise, Anne-Laure Liégeois témoigne d’une démarche théâtrale vitale à l’heure où la parole politique se vide de sa substance : restituer, par la scène, une parole autre, offrant à qui veut la possibilité de s’en saisir et de réfléchir un peu différemment au monde qui nous entoure. »
Noémie Régnaut – I/O Gazette, sept 2022
Arno Bertina :
– pour qui le collectif compte, aussi bien dans le travail au sein d’une revue (Inculte entre 2004 et 2011), que dans l’écriture à 6 mains – que ce soit avec François Bégaudeau et  Oliver Rohe : Une année en France, ( Gallimard 2007), Oliver Rohe encore et Matheu Larnaudie : Boulevard de Yougoslavie (Inculte, 2021) -, ou dans les coopératives ouvrières, connues grâce aux ouvriers de La Souterraine dans la Creuse.
– pour qui la littérature compte comme « façon de répondre à la vie humiliée »
– pour qui l’écriture de François Bon « a été un appel d’air » par sa capacité à « travailler la forme, la syntaxe et ne pas perdre le monde. »
(cf l’émission sur France Culture : Entendez-vous l’éco, 28 octobre 2021)
Dernièrement, Christian Salmon a fait la différence entre les écrivains « ambianceurs » et les « acousticiens ». Arno Bertina est évidemment un acousticien..
On pourrait aussi distinguer les écrivains en ceux « de surface » et les « irradiés ». Arno Bertina serait, là aussi, évidemment, de cette dernière espèce.
Rappel à Françoise B., Dominique L., Mo S., Nelly D , Marie-Hélène M., Cécile P., Léa T., Véronique G., Ghislaine P., Marie-Claude J., Marie-Agnès A., Catherine D. et Caroline L. : déjeuner prévu avec Arno Bertina le 9 novembre !