Un Alice Munro : P U N° 254

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Les deux nouvelles « De Sacrées raclées » et « Un demi-pamplemousse », ont paru dans la presse en 1977 et 1978, avant d’être reprises dans un recueil publié sous le titre : Who do you think you are? (Pour qui te prends-tu ?).
Elles mettent en scène, rudement,  Rose, ado, son père et sa belle-mère Flo, à Hanratty, petite ville d’Ontario. Dans la deuxième, s’ajoutent des élèves que côtoie Rose.
Les rapports entre les personnages tiennent plus de l’affrontement que de l’affection.
Et l’aspect social, le fait qu’on vous juge à travers lui, est omniprésent. La volonté de Rose de sortir de son milieu est en conflit avec la jalousie de Flo.
Quelques « Poèmes Express » venus de ces nouvelles :
– Elle prétend et il est lent à saisir le rôle qu’il doit jouer.
– Le regard sait : vient un moment où l’on ne peut plus reculer.
– On prenait pas de précautions. On faisait des expériences.
– Elle croyait au premier matin, au temps qui sépare.
– Elle se voyait en personne réparée.
Cette courte Pièce Unique est offerte à Christine Labourdette qui a si bien lu, le 2 mai, la nouvelle d’Alice Munro, Un peu beaucoup, pas du tout, traduite par Agnès Desarthe, au lieu en devenir qu’est le « théâtre des champs » à Gonneville-la-Mallet.

Un vin, des livres – avril 2026 – 3)

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Vous aviez parlé d’essais aussi
politiques :
– d’Umberto Eco : Reconnaître le fascisme, Grasset collection la petite Vermillon, 1995 : le discours qu’il a fait à Columbia University, le fascisme en 14 points.
– de Johann Chapoutot : Les irresponsables, ce qui a porté Hitler au pouvoir. Gallimard, 2025. Analogie faite entre les années 1930 et aujourd’hui.
– du sociologue Bertrand Badie, L’art de la paix éd.Flammarion et Par delà la puissance et la guerre, 2026, éd Odile Jacob.
– de Nicholas Carr : Communiquer à tous prix, éditions L’échappée. Une histoire très critique des réseaux sociaux.
– Un des Tracts de Gallimard (n°75), sur Alexandre Grothendieck et une ordonnance de 1945 qu’on utilisera contre lui dans un procès quand il hébergera en 1978 un Japonais. Plaidoirie sur le délit d’hospitalité. Préfaces de Giorgio Agamben et Hervé Le Tellier.
– de Cyrille Bret et Florent Parmentier : La géopolitique de l’Eurovision, éd. Bréal, 2026.
essais ou plutôt romans historiques :
– La redoutable veuve Mozart d’Isabelle Duquesnoy, La Martinière, 2019, puis en Points : sur Constance, d’après des écrits, les lettres.
– de Christine Orban : Soumise, Albin Michel puis en Livre de Poche :
sur la soeur (1625-1661) de Blaise Pascal, écrivaine, devenue hyper-croyante, entrée à Port-Royal.
une BD, de David Rees, traduite par Claro, Denoël, 2003 : Putain, c’est la guerre ! Des strips parus sur le web après le 11 septembre.
romans étrangers :
de Ferenc Karinthy : Epepe, paru en 1970, republié chez Zulma : Un linguiste arrive dans une société dont il ne comprend pas la langue et ce n’est pas normal.
– de Feurat Alani, reporter français d’origine irakienne, Le ciel est immense, chez J.C.Lattès, 2025. Son deuxième livre, le retour en Irak pour essayer d’éclairer l’histoire d’un oncle. Il a reçu de nombreux prix pour ce texte et pour le premier.
Enfin une poétesse américaine : Sylvia Plath (1932-1963)… à laquelle M-A est arrivée par Lydie Salvayre : 7 femmes, éditions Perrin, 2013. On peut trouver d’elle, dans la collection l’Imaginaire de Gallimard, La cloche de détresse.

Prochain Un Vin Des Livres, jeudi 28 mai, à partir de 18h

Un Oscar Peer : P U N° 253

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Coupe sombre,
paru en 1978 en romanche, et en français en 1999 chez Zoé
est la Pièce Unique N° 253.
Oscar Peer (1928-2013) a été instituteur, a vu son premier texte publié en 1952 (La vieille maison), a reçu en 1977 le prix Schiller, le plus ancien prix littéraire suisse.
Coupe sombre est l’histoire d’un homme face à la nature, homme condamné, à la suite d’un accident de chasse, par la majorité des habitants de son village.
Littérature qu’on pourrait ranger dans la case « nature writing », case qui n’existait pas au moment de son écriture. De beaux moments : p 87 :  » Pendant ce temps, il neige. Il reste là, appuyé à un arbre, les sens pris à ce murmure blanc qui apaise et angoisse en même temps. »

Quelques Poèmes Express qui en sont issus :
Dernier wagon, un chien entend des voix qu’il détache de l’odeur.
– Les femmes disparaissaient lorsque sortaient les grandes gueules.
– Cheveux gris, taches brunes mais habité.
– Devant l’oculaire des jumelles : l’endroit et les chevreuils.
– Toucher son enfant, le manger chaque nuit.
– Il faudrait faire la différence entre poule et pipe.
– Pendant que l’un d’entre eux bat les visages, lui les regarde.
– Elle a le sentiment que gronde son sang, que craque l’essentiel.
_ Un homme et Dieu se taisent. On entend la tension.
– Il ronge sa joie, se fraye un chemin hors du dedans.

Ce livre des éditions suisses Zoé est envoyé… aux éditions Zoé dont j’aime toujours le papier crémeux des grands formats, souvent leurs couvertures et, évidemment, indépendamment de l’ aspect des livres, les auteur.es, les actuel.les (Elisa Shua Dusapin, Anne-Sophie Subilia, Arthur Brügger…) comme les plus anicen.nes (Robert Walser, C. F. Ramuz…)

Un Vin, Des Livres – avril 2026 – 2)

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Déjà, la prochaine rencontre : jeudi 28 mai, à L’Art Hôtel, 18h !

Vous aviez beaucoup lu :

Des textes français, pas toujours rangeables dans la catégorie « roman » :
– Le grand cerf de Claudine Huntzinger, 2019, éditions Grasset … maintenant en poche :
la nature, les animaux sauvages en Alsace où elle vit.
– Des Gwenaelle Aubry :
Personne, Prix Femina 2009, éd Mercure de France, trouvable en Folio : « structure du livre très intéressante » dit M A. Portrait d’un père universitaire avec de gros problèmes psychiques.
Partages, 2012, Mercure de France, un poème à deux voix, entre une juive et une palestinienne.
Zone base vie, 2024, éd. Gallimard : au moment du covid, un immeuble à la Pérec.
– De Gabrielle Tournemire : Des enfants uniques, éd Flammarion, 2025, premier roman. Des handicapés dans une institution, certains tombent amoureux, ce qui pose problème aux éducateurs et aux parents.
– Autre premier roman : La bouche dans le sable de Kevin Thiévon, éd. Le Bruit du monde : trois jeunes à Juan-Les-Pins, une Française, un Irakien, fils d’un responsable de crime de guerre et un Kurde.
– Kiné de Thomas Bontemps, éd Tarabuste, 2025. Thomas Bontemps vient du Master de Création Littéraire du Havre. L’expérience d’un jeune diplômé dans un cabinet de kiné, des ressentis, des histoires de patients
– Le palmier de Valentine Goby, éd. Actes Sud, 2025. « Très délicat, assez lent ». Le point de départ : un palmier abattu. A Grasse, à hauteur d’enfant, la famille du directeur d’une usine de parfums. Des images reviennent… un traumatisme.
– D’Alice Zeniter : L’art de perdre, 2017, Flammarion, maintenant en J’ai Lu. A reçu de nombreux prix. Sur une famille harki. Littéraire et documenté. « L’histoire de l’Algérie, plus multiple et complexe que vue à l’origine. »
– 
Sur le même thème : Soleil amer de Lilia Hassaine, journaliste . Son second roman, paru chez Gallimard en 2021
– De Dominique Barberis : Une façon d’aimer , 2023 Gallimard, Grand Prix de l’Académie française : à Douala, années 50, des expats.
– De Maylis Besserie : La nourrice de Francis Bacon, Gallimard : des chapitres sur les tableaux, d’autres sur la vie du peintre. « un style sans charme… » dit C.
Quelques polars :
– Les bûchers de Calcutta  d’Abir Mukherjee, Le 6ème de la série, traduit par E. et Ph. Aronson, éd. Liana Levi, 2026 : en 1926, un bienfaiteur indien se fait assassiner et une Indienne est enlevée.
– De Satu Rämö, Finlandaise née en 1980, vivant en Islande : 6 livres sont sortis en Finlande, 2 en France : Hildur, le premier volume et Rosa et Björk. Léa adore.

Un Vin, Des Livres : avril 2026 – 1)

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Une session  peut-être plus « sociale » que d’habitude :
– La graine de Jacqueline Manicom (1935-1976) , Gallimard, collection l’Imaginaire.
Un presque journal de 1974, d’une femme écrivaine et sage-femme, investie dans l’aide aux femmes, témoin de la manière d’être des hommes, qu’ils soient médecins, directeurs de clinique d’accouchements ou maris….
au moment où on parle de « réarmement démographique » en France,
où on empêche des Américaines d’avorter même dans des conditions extrêmes.
Un grand livre féministe – et ce n’est pas du luxe sur un tel sujet –
plein d’humanité, qui évoque aussi le racisme, la place de chacun selon sa couleur et son genre en milieu hospitalier. Toujours d’actualité.

– Un éloignement de Frédéric Fiolof, 2026, éd. Quidam
un récit,
une partie de l’histoire de Rachid, SDF sans papiers à Bobigny.
Rencontré, il est aidé dans la mesure du possible
face à la bureaucratie française actuelle.
Un texte qui montre sans démonstration la folie du système judiciaire et son inhumanité.

– Liquidation à la grecque, de Petros Markaris, un polar de 2010, traduit et postfacé par Michel Volkovitch en 2012. Un des trois livres, trouvables en collection Points, que Markaris a consacrés à la crise économique de son pays, bousculé par les pays riches de l’UE au début du XXIème siècle. Coups de griffes à l’Allemagne mais surtout au fonctionnement mafieux d’une part de la société grecque. Le commissaire Kostas Charitos nous emmène dans les bouchons athéniens. On le suit dans sa famille, au bureau.
Le travail de Markaris est un bon exemple du roman noir utile à la compréhension du monde.

La suite bientôt
et la prochaine réunion prévue le jeudi 28 mai, à l’Art’Hôtel !

Un Jean-Christophe Bailly : P U N° 250

Le dépaysement – Voyages en France, paru en 2011 aux éditions du Seuil, est la Pièce Unique N° 250.
Des voyages du sud au nord, de l’est à l’ouest de la France.
Un engagement.
P 225 : « au fond la France serait d’abord une habitude prise par ceux que l’on appelle les Français : un corps de comportements, un corpus de références et de schèmes récurrents inscrits dans une langue qui les énonce et les renouvelle, mais rien de plus, rien qui serait comme une essence configurant un destin.  »
Amour et lecture des paysages, de monuments et des mots.
P 435 : (ZNIEFF, PMR, PACA) : » Le langage fait symptôme » : « La langue technocratique avoue ce qu’elle est et ce qui la caractérise en premier – son incapacité congénitale à nommer le réel, à le toucher (…) manière de fausser la langue en l’aseptisant, il est fatal qu’elle prospère là où on n’a pas besoin de sens, là où on le redoute » = « dans la sphère politico-médiatique »…

Voilà des Poèmes Express nés de ce Jean-Christophe Bailly :
–  Le sujet est signes enchevêtrés, forme sans bord.
– Eloignée de plus d’une vingtaine de kilomètres, la terrasse belvédère. Un groupe de vieilles femmes clignote.
– Un lieu où ceux qui passent sont saisis. Un lieu de pure discorde.
– Enervement dans le soleil. Elancements jaunes. Pays ocre.
– Le grand hôtel ! L’absolu du récit, avec gens charmants et autres poussières de romans.
– L’école prépare à cet effacement du féminin : interdits, limites.
– Un monde paisible peut s’empêcher de penser, pas un monde inquiétant.
– Des paroles dans les dessins, débris sans charme.
– Fleurs fanées, teintes tonalités de brun rouillé et petite tonnelle fatiguée.
– On peut percevoir un rêve, un futur, un tissu d’occasions.
– De l’intérieur à colonnes en marbre rouge couleur foie émane le religieux.
– Ce qui est venu s’échappe du passé : brocante de fragments.
– Le chemin commence dès la porte qui délivre de la famille.
– D’un bout à l’autre d’un gâchis, des morts ou des fragments de vivants.
– Il y a cette impression de sens…une fiction.
– On ne peut que l’imaginer, la « grandeur » de l’histoire catholique : ce qu’elle peut avoir de têtu.
– Des lumières dans un hangar servent à emballer les ouvriers la nuit.
– Le gouvernement avait jugé bon de lancer un débat sur le multiple des désirs.
– Première et rugueuse, la colonisation domination, peau grise des temps.
– Le monde avait cette forme et il s’agissait de la perdre.
–  C’est au fond une pelote d’affects, grave espérance, manque ample.
– La réalité de la bête est l’abattage allant de soi.
– De petits noyaux agressifs ambiance catastrophe découlent de la situation.
– Un clin d’oeil lorsque j’avouai avoir eu peur dans un livre, la nuit.

La P U N° 250 est pour Rémi David dont le 2ème roman chez Gallimard, le voyage d’un iceberg dans le monde : Prélude à la goutte d’eau, vient de sortir.
Magicien, il est aussi directeur littéraire du festival Terres de paroles, Seine Maritime.
Il est attendu à la Petite Librairie, au Havre, le 9 mai à 17h30.

Un Pierre Schoendoerffer : P U N° 252

La 317 ème section, paru en 1963 à la Table ronde est la Pièce Unique N° 252.
Une première. Un auteur que je n’ai jamais approché, un auteur que je cataloguais « pour hommes ».
C’est le cas.
Mais c’est aussi une belle écriture : des descriptions climatiques superbes du paysage, les combats, les blessures.
Schoendoerffer (1928-2012), à 19 ans, s’embarque sur un cargo suédois. Quatrre ans plus tard, il se porte volontaire et s’engage au service cinéma des armées pour partir en Indochine. Le 7 mai 1954, il est fait prisonnier à Diên Biên Phu, libéré le 24 août de la même année par les accords de Genève.
Dans un portrait de l’INA, il dit :  » on se battait pour voir ce qu’on valait, pour voir la mort, comment on s’en sortait (..) ici rien ne se passe, il se passe quelque chose là-bas. A 20 ans, on ne se dit pas, c’est un acte politique. Objectivement, c’est un acte politique mais subjectivement, c’est un acte personnel. »
La 317ème section,
c’est une histoire de guerre coloniale, de mecs, de camaraderie virile, de volonté d’aventure. C’est aussi de la sociologie. Mais c’est surtout les sept jours après que ça a commencé à foirer.
Le film, du même titre, est sorti en 1965 et a obtenu le prix spécial du Jury.

Quelques Poèmes Express qui en sont issus :
Un grigri autour du cou et la nuit s’éloigne.
– Les blessés s’accumulent. Sang, transpiration, pourriture.
– Des coups claquent ; il se cale contre le mort.
– Excusez-les et les hommes continueront.
– Trouver 2 bâtonnets d’encens et 6 petits enfants
– Mardi baigne dans une humidité grise et tiède et glisse.
– Désignant quelque chose d’un geste, ils se contentent d’attendre les mots.
–  Les deux rient en se forçant. Après, les deux ont les traits tirés.
–  Les mouches se reposent et rêvassent sur les yeux d’une bête.
– Nuque calée sur son avant-bras, Dieu chante.

Aucune idée sur qui peut recevoir ce 3 en 1…, entourée de peu de pro-guerre… ce sera encore plus étonnant que d’habitude à qui l’aura…

Un Kerangal – Sorman : P U N° 251

Seyvoz, un livre écrit à quatre mains par Maylis de Kerangal et Joy Sorman. Paru aux éditions Inculte en 2022, maintenant trouvable en Folio.
Un village. Disparu. Un barrage. Un lac artificiel. L’engloutissement de lieux de vie, l’obligation d’abandonner ce qui était à vous… pour le bien commun…
Histoire venue du réel, qui rappelle un film chinois de 2006, Still life de Jia Zhang-Ke.
Deux temps :
le moment où les habitants doivent partir., où des ouvriers perdent la vie.
Le barrage construit, un ingénieur vient en inspection. Et il se retrouve seul, dans une ambiance inquiétante : P. 42 : « Le lac a toujours cette apparence de mélasse, d’un bleu mat, radioactif, il aimante le paysage, l’engloutit dans son épaisseur liquide. Son trouble s’accentue, une inquiétude grandit, sans objet pourtant, si ce n’est la vision de cette eau dense, lourde, malaisante, une eau qui ne lui dit rien qui vaille. »
Deux écrivaines et il est difficile de dire qui écrit quoi.
Des mots rares auraient pu me conduire vers M.de Kerangal
mais ce n’est pas si évident ici.

Des « Poèmes Express » venus dans Seyvoz :
– Le café dans les timbales qui réchauffe, brûlant, opaque.
– Couloir moquetté de laine bordeaux – chaude, de silence feutré.
– Il dézippe sa polaire, coulisse sous sa série, propice aux sentiments.
– Il masse l’autre, il est d’humeur, essaye le plat de la main.
– Tu as racketté sols, rivière et ciel, tout salopé.
– Gros seins, gros ventre, ça bouge, nus, gonflés.
– Ils ont frémi quand ils ont lu Néant, il était là.
– Sous-bock, typo gothique, sur le comptoir, image nocturne.

La Pièce Unique, 3 textes en 1, a été envoyée à Lydie Turco,
photographe et réalisatrice,
entre autres de Le Docteur et la Femme médecine, documentaire de 2024,
rencontrée à La Baraque, à Rouen lors d’une soirée avec Arno Bertina.

Un Vin, Des Livres – mars 2026 – 2)

En retard, je suis puisque la prochaine rencontre est tout à l’heure !
En mars, vous aviez lu des Polars :
– Crime 101 de Don Winslow : un voleur s’est donné un nombre avant de prendre sa retraite. Référence à la 101, route en Californie. Adapté en film.
– La république des faibles de Gwenael Bulteau, venu l’an dernier au Polar à la plage : un crime à Lyon en 1898, parall!èle à un moment d’antisémitisme. Ligues d’extrême droite contre socialistes. « Beaucoup de rebondissements, très rythmé » dit St.
– Le fleuve des brumes de Valerio Varesi , le Simenon italien, dit-on. Qui devrait venir au Polar à la plage de juin 2026
L’italie, la plaine du Po. Une crue et une péniche qui dérive. Vide ou non ? Un personnage récurent : le commissaire Soneri.
– Unité 8002 de Don Alfon, aussi journaliste à Haaretz d’abord, puis à Libé : sur les services israéliens.
– Chimère de Julie Wolkenstein, P O L : cinq personnes parlent les unes après les autres, toutes reliées à la mort d’un homme. Entre l’Italie et la France. Des mails, des pensées, . La vérité de chacun. « envie de le relire quand on l’a fini »

des auteurs étrangers :
– Ludmila Oulitskaïa : Ce n’était que la peste, Folio, D’après des faits réels : 1939, à Moscou, sous Staline, le virus de la peste. On suit plusieurs personnages arrachés à leur vie, enfermés dans un hôpital. Ressorti au moment du Covid
– Patrick White : Prix Nobel, Australien :L’arbre de l’homme  : on suit un individu tout au long de sa vie.
Des Français :
– Louis Guilloux : TOUT, dont Le sang noir, OK Joe (quand il est interprète pour les tribunaux quand des G I ‘s (souvent noirs) sont accusés.
– Sorj Chalandon : Les enragés : Belle-île, la maison de correction  qui construit de petits durs. Où il y a eu une chasse à l’enfant.
– Delphine de Vigan : Je suis Romane Monnier : un téléphone laissé par quelqu’un, fouillé.
Des romans graphiques :
– sur la vie de Marcel Bascoular : homme singulier, dessinateur, peintre, mort assassiné
– French theory , texte de l’historien François Cusset, dessins de Thomas Daquin, ed. La Découverte/Delcourt : histoire de philosophes fin XXè siècle : Derrida, Deleuze, Guattari, Foucault, Baudrillard.
– Sybilline, de Sixtine Dano, éd Glénat : la chronique d’une escort-girl, étudiante en archi arrivée sur Paris. « superbe dessin dessin, encre, lavis. Touchant » dit E.

On a aussi évoqué Leonora Carrington, pour son livre Le cornet acoustique et pour l’expo au musée du Luxembourg.

Un Russell Banks : P U N° 249

La relation de mon emprisonnement est paru en 1983 aux USA, en 1985 en France, chez Actes Sud. Traduction de Rémy Lambrechts.
Ce Russell Banks (1940-2023) du début, son quatrième, est déstabilisant après les lectures de son tout dernier, American spirits et de pas mal d’autres depuis vingt ans comme Affliction, De beaux lendemains, etc.
On est là dans une reprise du style, et de la forme inventée au XVII ème siècle par les Pélerins emprisonnés. Ces écrits détaillant les souffrances du prisonnier étaient destinés à être lus à voix haute pendant les services religieux.
Bien qu’il ait écrit d’autres romans historiques,
et que ce texte soit ou pas parodique,
il m’a semblé étrange dans sa bibliographie.
Quoique…
Pourquoi pas…
dans une Amérique hyper-religieuse,
dans un temps où les évangélistes tiennent le haut du pavé à Washington, lire et plaindre cet adorateur de la mort, coupable de fabriquer des cercueils…

Quelques Poèmes Express issus de ce court livre :
– L’aube advint contre le flanc de la maison et apparut l’inquiétude.
– Mère silencieuse et invisible. Père-colère.
– Il était vivant, homme du temps, un des remarquables, au destin stupéfiant.
– Il fallut fonctionner : conversations, espérances et comportement.
– Nous nous attardions à table, ventrus, rubiconds banqueteurs, jour et nuit.
– Une distance me séparait à présent de moi.
– Déchirer les muscles est toujours gratuit, et pur acte de fous ou de brutes.
– Il ne reste plus qu’à se retenir de faire.
– Aux morts, l’usage des vivants.

Ce trois textes en un sera envoyé, par jeu, à son dernier traducteur, Pierre Furlan.