« Le Havre aux livres » et nous

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Ils y sont.
Nous y sommes.
Même le dimanche.
Jusqu’à la fin de décembre

Pour vous,
Pour vos cadeaux.
Rue du Départ offre un joli carnet-livre à tout acheteur, dans la boutique, de deux livres dont UN Rue du Départ : qu’on se le dise, qu’on en profite.

Le Havre aux livres
67 rue Bernardin de St Pierre
76600 Le Havre

« Le Havre aux livres » et Rue du Départ

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Le Havre aux Livres est un collectif de 5 éditeurs normands qui ont envie de présenter des projets innovants pour partager leur passion et leur savoir-faire. De rencontres professionnelles en amitiés, ainsi est née la boutique éphémère.

Ce collectif s’est installé, pour deux mois, jusqu’aux fêtes de fin d’année :
67 rue Bernardin de Saint-Pierre (rue piétonne)
76600 Le Havre
Ils sont arrivés juste avant le début du 2ème confinement….
et sont réduits au « clique et collecte » jusqu’à nouvel ordre.

Pourtant, très gentiment, ils ont proposé à d’autres maisons d’édition, dont Rue du Départ, de les rejoindre. Et c’est fait : vous pouvez trouver nos livres à la boutique éphémère. De Pile et face à Un peu de lune.

Chat Bleu : octobre 2020 -2)

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avec un peu de retard… mais le mois de novembre étant, malheureusement, sans possibilité de Chat Bleu… on a pris son temps…

on a évoqué aussi :
– Le crépuscule et l’aube de Ken Follett, édition R. Laffont, 2020 . Un quatrième tome à lire avant Les piliers de la terre. On est en l’an mille, dans un village, en Angleterre et c’est l’arrivée de Vikings.
– Lettre d’amour sans le dire d’Amanda Sthers, Grasset, 2020 : une femme cherche à se réapproprier son corps, va dans un salon de massage et de thé japonais dans Paris. Elle y découvre entre autres le Japon.
Le discours de Fabrice Caro, 2018 : » un livre drôle, émouvant aussi » : un homme, le temps d’un repas familial, parle.
Buveurs de vent de Franck Bouysse, Albin Michel, 2020 : « une belle écriture et un univers très noir. » Dans une vallée imaginaire, une personne domine toutes les vies.
– Nos espérances d’Anna Hope, traduit par Elodie Leplat, Gallimard 2020 : trois copines en fac vers 1995 se retrouvent en 2010. Ce qu’elles sont devenues.
Les disparus de Daniel Mendelssohn, traduit par Pierre Guglielmina, 2007 Flammarion. Prix Médicis étranger, maintenant en J’ai Lu. Mendelssohn enquête sur sa famille juive. « Une merveille. »
Une mort très douce de Simone de Beauvoir, en Folio : » un très joli livre » de 1964, « pas du tout triste », sur la fin de sa mère.
– Arcadie d’Emmanuelle Bayamack-Tam, chez POL et en Folio. Prix des lycéens et prix du livre Inter. Dans un ancien pensionnat, des marginaux vivent ensemble, forment une sorte de secte. Ils ont un discours sur l’amour, l’accueil. Tout bascule quand un migrant arrive.
– Le dernier des branleurs de Vincent Mondiot, Actes Sud Junior, 2020 : ce n’est pas drôle d’être un ado…
– L’espion et le traître de Ben Macintyre, traduit par Henri Bernard, Pocket, 2020 : l’histoire vraie d’un agent double dans les années 1970. Oleg Gurlievski vit encore en Grande Bretagne. John Le Carré a adoré, dit-on.
– Le bonheur, sa dent, douce à la mort de Barbara Cassin, Fayard 2020 : son autobiographie philosophique : une femme « d’une liberté absolue ».

On a reparlé de :
– Le répondeur  de Luc Blanvillain, édition Quidam, 2020 : « Un livre vraiment drôle, qui fait du bien en ce moment ! »
– D’un cheval l’autre de Bartabas, Gallimard, 2020 : » un beau livre sur les chevaux », les humains, leurs rapports.

A quand le prochain Chat Bleu ? Grande question ! On avait imaginé qu’en décembre, ce serait le 10.
On vous tient au courant.
Prenez soin de vous !

Chat Bleu : octobre 2020 – 1)

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Dur de choisir entre
un rouge : Montagne Saint Emilion avec « pas mal de caractère », au tanin présent mais soyeux
et
un rosé : d’hiver, grain de glace, vendangé de nuit pour conserver les arômes !

Dur mais on a bien vu que personne n’était perdant !

Et nous voilà partis pour :

  L’Islande avec La fenêtre au sud de Gurdir Eliasson, aux éditions québécoises La Peuplade, traduit par Catherine Eyjolfsson, 2020. Un écrivain, seul pendant quatre saisons dans une maison prêtée au bord de la mer, a du mal à travailler : (p 19) « Je tâte le clavier d’une main hésitante, cherchant à retrouver les mots. Mes personnages sont restés tout ce temps à l’hôtel de montagne, sans bouger. Ils sont couchés tous deux, immobiles comme des morts. Je martèle des mots à la machine : REVEILLEZ-VOUS. Ils ne bronchent pas. »
Il marche beaucoup, ne parle à personne ou presque.
Ce livre, c’est une ambiance : (p104) «  La montagne est de plus en plus rarement visible. Les brouillards d’automne s’y sont posés et, certains jours, c’est tout juste si je peux voir quoi que ce soit par la fenêtre. Derrière ce gris camouflage, se cache la mer, grise elle aussi. »
Vladivostok et Oulan-Oude avec Vladivostok Circus d’Elisa Shua Dusapin, éditions Zoé, 2020. C’est le 3ème roman de cette auteure. Chaque fois, une jeune femme dit « je ». Chaque fois, pourtant, c’est un personnage un peu » opaque ». Chaque fois, l’action est infime. Et, bizarrement, c’est ce qui est attirant. Cette fois, le personnage est une costumière venue travailler pour un trio à la barre russe, dans un cirque. (p34) : » Au coeur de la piste, enroulée sur elle-même, la tête sous le ventre, la femme fait onduler ses membres comme une anémone de mer. »
L’Europe des années 1940 avec La décision de Brandes du Catalan Eduard Marquez, paru aux éditions do en 2017, dans une traduction d’Edmond Raillard. Marquez parle d’Histoire et d’Histoire de l’art, de Cranach à « l’art dégénéré », à travers l’histoire intime d’un peintre. La fin est un baume contre le mépris.

Un Philip K. Dick : P U N° 112

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Siva  de Philip K. Dick, paru aux USA en 1980 et chez Denoël en 1981 est un texte EXTRAORDINAIRE !
Ecrit deux ans avant sa mort, Siva n’est ni essai, ni roman, ni autobiographie. Ou est un peu tout ça.
C’est sa dernière période, très controversée par les puristes de la S F. Il y parle de la transcendance et de lui. C’est totalement fou, personnel  et super intelligent.

Voilà quelques Poèmes Express qui en sont issus : Occupé à essayer de tuer, il se souciait uniquement de la méthode.
– S’en branle un crétin, de l’orthographe d’oxymoron.
– La cervelle consommée provoqua chez lui une colère acide.
– Pourquoi n’y a-t-il pas davantage de trous dans les hommes pour dégager la vérité… ?
– Le monde était en réanimation. Personne ne savait cela.
– Le déterminisme est cassé. Une petite vieille brise l’Empire.
– Un sein a une vie et s’en rend compte.

Cette Pièce Unique sera offerte à Elodie Boyer, des très belles éditions Non Standard.  Elle va se demander ce qui lui arrive, elle qui propose des livres si graphiques.
Elle fait d’ailleurs partie de la Saison Graphique 2020, au THV jusqu’au 31 octobre.

Un Silvio d’arzo : P U N° 111

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Maison des autres est la Pièce Unique N° 111. C’ est un court texte de l’Italien Silvio d’arzo (1920-1952), paru en France aux éditions Verdier. Il est suivi d’un texte encore plus court : Un moment comme ça.
Dans les deux, un homme parle, un curé ou un instituteur.
Le curé de Maison des autres est assez âgé. Il vit dans un petit village de montagne et le climat est rude. Une très vieille et pauvre femme lui pose une question.
L’instituteur de Un moment comme ça aide un homme qu’il n’apprécie pas et découvre avec lui quelque chose de grave.
Silvio d’arzo suggère plus qu’il ne dit. Il nous met sur la piste, à nous de compléter. C’est ténu mais important.

Voilà quelques Poèmes Express issus de ce livre :
Le garçon n’était pas homme ;  le fait est, pas homme.
– Au canal, elle se mit à laver les pluies.
– Il suffisait d’un souffle pour être moins mort.
– Je suis venue au mariage faire oui de la tête.
– S’en aller de biais et réussir à trouver un train.
– Chaque soir, j’apprenais à coudre un vieux. Quand commençait l’agonie, on cousait les mains.

La Pièce Unique N° 111 est offerte aux co-gérantes des éditions Verdier. On les aime pour leur collection russe, pour les Pierre Michon, le Anne Pauly et le Camille de Toledo.

Chat Bleu : septembre 2020 – 2)

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Nous avons aussi parlé de :
– Aires de Marcus Malte, éditions Zulma : constitué de types de textes différents. Une novlangue  et un monde nouveau. Des personnages sur des aires d’autoroutes : monsieur et madame tout le monde (un divorcé, une serveuse, un vieux couple, un lanceur d’alerte, etc) qui représentent l’humanité d’autrefois, la nôtre.
– L’art de perdre d’Alice Zeniter, maintenant en poche. Prix Le Monde et Prix des Libraires de Nancy. Nous en avions déjà parlé et étions unanimes : « Très joli et rare, puisque vu du côté des Harkis ».
– Le bal des folles 
de Victoria Mas, chez Albin Michel : Prix Renaudot et Prix des lycéens 2019 : « intéressant sur l’histoire de la Salpêtrière, lorsque Charcot soigne les hystériques » . Une fois par an, un bal avait lieu et la gentry parisienne venait en voyeuse.,
– L’empreinte de Marzano Lesnevich, éditions Sonatine : grand Prix des Lectrices de Elle et Prix du Livre étranger 2019 : un récit autobiographique et documentaire traduit par Héloïse Esquié. L’affaire d’un tueur se mêle à un secret de famille de l’auteure, aussi avocate.
Le miroir de nos peines de Pierre Lemaitre chez Albin Michel : la fin de sa trilogie. Un cadre historique très sérieux et de beaux personnages secondaires. Toujours ce côté feuilleton, foisonnant, qui marche très bien, « mieux que dans le deuxième » pour certaines.
 Là où chantent les écrevisses, premier roman de Delia Owens, au Seuil. Traduction de Marc Amfreville. L’histoire, en Caroline du Nord, de la « fille des marais »Un beau texte sur la nature : la végétation, les oiseaux.
Quand reviennent les âmes errantes de François Cheng, éditions Albin Michel , 2012. Ressorti en 2020, le poème final est recomposé. Légende d’un trio amoureux, platonique dans la Chine ancienne.
– La femme qui fuit, de la Québécoise Anaïs Barbeau Lavalette : une femme s’adresse à sa grand-mère, artiste, qui fréquentait des artistes d’avant-garde dans les années 1940-1970 et considérait le lien familial comme aliénant.

– Enfin, un essai tout juste paru :
Dix attentats qui ont changé le monde, de Cyrille Bret, éditions Armand Colin.
Cyrille Bret est haut-fonctionnaire, maître de conférence à sciences- po. Il écrit pour Slate.fr et travaille sur le terrorisme. Ce livre porte sur ses conséquences, les « effets de terreur ». Il y analyse des attentats survenus en Europe mais aussi au Cachemire ou en Afrique et dissipe trois illusions :il n’y a pas que le terrorisme djihadiste, pas que le terrorisme clandestin et ce n’est pas la seule violence du XXIème siècle.

Si tout se passe bien…, Le Chat Bleu nous recevra les jeudis 8 octobre, 12 novembre, 10 décembre.

PRENEZ SOIN DE VOUS !

Chat Bleu : septembre 2020- 1)

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Heureux de se retrouver, même en assez petit comité, et de partager vins et livres !

Nsenga nous a fait goûter des produits de l’île d’Oléron, du Domaine Faure qui fait du cognac et des vins en agriculture biologique : en blanc, un Grain Marin, fruité et en rouge, le Louvois, rond en bouche, tous deux passés quelques mois en fût de bois.

Nous avons parlé de :
– Hollywood, ville mirage  de Joseph Kessel, reportage paru en 1936, éditions du Sonneur, 2020. Kessel livre une vue très critique et originale de la Mecque du cinéma, des logiques de production des 900 films par an d’alors.
– Patagonie route 203 de Eduardo Fernando Varela, éditions Métailié, 2020. Un premier roman, traduit de l’espagnol (Argentine) par François Gaudry. Une histoire de camionneur sur des routes toutes droites et sans fin. Il rencontre une femme, l’emmène. C’est un peu fou, poétique. Cela parle de solitude, de la relation amoureuse.
– Sang chaud de Kim Un-Su, paru en 2010 en Corée du Sud, en 2020 en France aux éditions Matin calme. Traduction de Kyungran Choi et Lise Charrin. Un roman noir, presque sociologique de la mafia du pays, des affaires de petits malfrats. Très visuel, plutôt violent, un peu à la manière des cartoons quelques fois.

 

Un Gabriel Garcia Marquez : P U N° 110

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La Pièce Unique N° 110 est De l’amour et autres démons, paru en 1995 dans une traduction de Annie Morvan.
Garcia Marquez (1928-2014), prix Nobel de littérature en 1982, est connu pour le « réalisme magique » que l’on retrouve ici.
Au  XVIII ème siècle, sur la côte caribéenne de la Colombie, maîtres et esclaves se mêlent. La rage est là. L’Inquisition n’est pas loin. La bêtise non plus. Les sentiments sont exacerbés. Une belle enfant de douze ans, Sierva Maria, en paie le prix.

 

 

Voilà quelques Poèmes Express qui en sont issus :
Un ventre pouvait toucher.
– l’obscurité devint folle, déguisée en dents.
– Elle cachait des vaches mi-mars, et l’iguane les mois de canicule.
– Trois étages de pierre, trois étages d’emmurées.
– Connaître la fin de tous les livres, en informer l’évêque.
– La mort s’enferme et un cadavre sort.
– Une femme inconsolable, la nuit tombée, était retournée sous l’oreiller.

On offre cette Pièce Unique à Veronica B – P, l’amie colombienne, pleine de fougue et d’enthousiasme dans tout ce qu’elle entreprend.

Un Tibor Déry : P U N° 109

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La Pièce Unique N° 109 est, aux éditions Circé, Niki L’histoire d’un chien, de Tibor Déry.

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Tibor Déry (1894-1977), aussi scénariste et traducteur, a été exclu du Parti Communiste  en 1953 et emprisonné jusqu’en 1960 pour avoir participé à la révolution de 1956 en Hongrie.
Le roman a été traduit par Ladislas Gara (1904-1966), alias Imre Laszlo, un grand passeur de textes hongrois, apatride, ayant vécu en France dès 1924.

Niki L’histoire d’un chien est bien plus que cela. C’est l’histoire de la Hongrie entre 1948 et 1955, à travers un couple, monsieur et madame Ancsa, les maîtres de Niki, mais pas de leur vie.
C’est un livre attachant, comme le chien.

Voilà quelques Poèmes Express nés de ce livre :
Lécher les lèvres d’un tigre. Apprendre – finir par apprendre.
– La souplesse connut la laisse.
– Détruire 
l’ancien. L’ouvrir pour voir.
– A l’étroit dans sa jeunesse, le corps vous déchire.
– Afficher un air stupide et prendre un homme ou deux.
– Le bec des poules s’élargit sur un petit cri pourpre.

La P U N° 109 est offerte à Valérie Barbe, libraire à Caen, au Brouillon de culture. Rencontrée lors de salons à Livre Paris, Epoque ou Boréales de Normandie, on la sait aussi très « branchée animaux ». Bon, plus chats que chiens, mais…