Un éditions Densité : P U N° 155

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Les éditions Densité avec leur collection « Discogonie », rencontrées à Rouen, au Salon du livre organisé par Normandie 2L sont une maison spécialisée dans la musique – 18 rue Etoupée 76000 Rouen -. Remarquable, la maquette : le code-barre fait partie du graphisme !

La Pièce Unique N° 155 a été faite à partir de l’étude de Rock Bottom de Robert Wyatt, écrite par Philippe Gonin, universitaire.

Quelques Poèmes Express venus de ce livre :
– Accorder une importance à la fin et y voir une absence de lagune.
– L’école vous bourre de fantômes et c’est passionnant.
– Aiguisons l’espace. Tout l’art consiste à jouer avec le centre.
– Sourire au Petit Chaperon Rouge engage Che le martial.

Cette Pièce Unique est envoyée à deux poètes Emmanuel Adely et Frédéric Dumond, grâce à Jany P.
Emmanuel Adely , rencontré au super festival Ecrivains en bord de mer il y a quelques années, est né à Paris en 1962. Depuis 1993, il a publié près d’une vingtaine de livres dans différentes maisons d’édition – des éditions de Minuit aux éditions du Seuil en passant par Stock, Losfeld, Argol, ou encore Inculte. Emmanuel Adely travaille dans son œuvre aux rapports et aux écarts qu’entretiennent l’expression orale et l’expression écrite, à la possibilité « d’écrire comme on parle et de lire comme on dit ».

 

Un Jerzy Kosinski : P U N° 154

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L’oiseau bariolé de Jerzy Kosinski paru en France en 1966 est la Pièce Unique N° 154. Elle est offerte à Marielle Macé qui, à écrivains en bord de mer, vient de parler de son dernier livre : Une pluie d’oiseaux chez José Corti.
L’occasion de dire que :
– Donner une Pièce Unique, c’est lancer une bouteille à la mer : c’est fait soit par la poste, soit directement, de la main à la main, comme ici, au festival. On n’est donc jamais sûr que cela « parvienne » aux personnes choisies. Soit parce que la poste est – de temps en temps… – moyennement fiable, soit parce que ces personnes se demandent bien ce qu’on leur veut. Peut-être parce que, célèbres, plus ou moins, elles sont souvent sollicitées ou importunées ou, plus couramment, parce qu’elles ne sont pas dans le même type d’univers et ne voient pas l’intérêt de cet objet qu’on leur fourgue/impose.
– Donner une Pièce Unique, c’est jouer à André Cadere, ce plasticien ( 1934-1978 ), qui dans les années 60-70, venait dans les musées ou les galeries d’art contemporain avec un de ses bâtons, posait sur la photo pendant les vernissages comme si c’était le sien, et laissait son travail dans le lieu d’exposition. Les bâtons de Cadere sont maintenant exposés comme faisant partie de l’art du XXè siècle ; il est reconnu de par ses objets et par ses façons  de bernard-l’hermite . » Voilà, elle se la joue !  » allez-vous dire. Et je réponds : « Non. Mais je me sens proche de cet homme qui, en faisant ce geste un peu enfantin, essaie de parvenir à être visible des artistes dont il aime le travail ou des gens qu’il aime.
– Ces Pièces Uniques sont en 3 parties :1)  le livre d’origine, ici L’oiseau bariolé, 2) le « Poème express » ( merci à Lucien Suel ) qui ressort, surligné, de chaque page de droite, et, 3) cherchée ultérieurement, l’actualité qui « correspond » à ce Poème Express. La « correspondance » est souvent par « sauts et gambades »/ « tirée par les cheveux »…

Pourquoi donner le Kosinski à Marielle Macé ?
Parce qu’elle a insisté sur les couleurs des oiseaux. Le titre du Kosinski fait référence à une action humaine … totalement inhumaine, à ce sujet.
Dans le livre, ce type d’actions, paroxystiques, perpétrées sur les animaux ou les hommes est fréquent et décrit longuement. Le roman est le chemin initiatique d’un enfant seul. En but à la cruauté, il passe de lieu en lieu, croit successivement en diverses choses qui pourraient le sauver de cette cruauté : la magie, la religion, le politique.

Quelques Poèmes Express issus de L’oiseau bariolé :
_ Nous approchons notre cerveau de ce récit.
– D’un bleu délavé, une image pieuse sur des cendres.
– Petits flocons laineux. Petits corps de bébés.
– Elle se pressa les seins, il avala.
– Voir les saints acheter de la vodka et prendre froid dans l’église glaciale.
– De petits fragments de fous s’enfoncèrent dans l’affolement.
– Sous son lit, le loup. Elle en caressa la tête, il marmonna.
– L’altitude trouva un emploi à la montagne.

Jérôme Ferrari x Olivier Rohe : P U N° 153

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A fendre le coeur le plus dur, signé Jérôme Ferrari et Olivier Rohe, paru en 2015 chez Inculte et en poche, chez Babel en 2017 : essai à partir de photographies de Gaston Chérau.

Essai sur l’image de propagande, le pan d’Histoire q’elle raconte, son efficacité, ce qu’elle met de côté, la visibilité qu’elle laisse ou pas au discours de l’Autre, l’autonomie qu’elle laisse ou pas au regardeur. L’obscénité ou pas d’écrire sur elle.

Gaston Chérau montre des pendaisons d’autochtones de Tripolitaine et Cyrénaïque en 1911-1912 par l’armée italienne qui veut coloniser cette région, alors ottomane. Pendaisons après jugement, comme s’il était juste de s’approprier un pays et de punir ceux qui le peuplent de ne pas le vouloir… (tout lien avec ce qui se passe en ce moment en Ukraine ou avec ce qui s’est passé en Algérie française serait…juste)

Cet endroit, « invention du colonialisme italien », sera nommé Libye. Et c’est vertigineux car, nous apprend Pierre Schill, historien, dans sa postface :
1) ce nom reprend « l’appellation de l’ancienne province africaine de l’Empire romain »
2)  la chute de Kadhafi « a réactivé dans une configuration nouvelle les anciens clivages intertribaux et régionaux. »
Jeu de Monopoly étatique à travers les siècles. Réactivation de conflits du fait d’une appartenance lointaine. On n’en finira jamais.

Quelques Poèmes Express qui en sont issus :
– Nous avons passé la journée à fendre cette nature.
– Présents à la photographie des nus et les femmes voilées ; cette variété n’est que conquête.
– Incompréhensibles, étrangères, les parties génitales des autorités militaires.
– Les choses ne peuvent imaginer : certaines devraient.
– L’évidence est interne, nettement.

La Pièce Unique n°153 est offerte au romancier Tanguy Viel, présent au festival Ecrivains en bord de mer. On a lu beaucoup de ses romans parus chez Minuit, dont Paris-Brest, Cinéma, L’absolue perfection du crime mais aussi un récit de voyage Travelling, écrit avec Christian Garcin. Autre texte à quatre mains.

Retour de Christine Lapostolle sur la P U N° 147 :

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« c’était donc il y a une dizaine de jours, j’ai fait un Paris-Brest immergée dans votre version des Employés – un beau voyage même si je n’ai pas réussi à atteindre (j’ai un peu cherché mais n’ai pas pu) le livre d’Olga Ravn. Quand on rencontre les galeries sinueuses creusées dans une pomme par une petite bête, on admire les galeries mais on ne mange pas la pomme. C’est un peu pareil. Tant pis pour le livre initial. Quelle drôle d’expérience, tout y participe, le toucher, l’image et le noir et blanc de la couverture, votre écriture manuscrite, le format des articles découpés, le jaune du marqueur. C’est le contraire d’une lecture où on oublie le support. Et comme cette période qui fait la matière du livre est proche, tout résonne de perceptions voisines, de choses que j’aurais moi aussi lues ou me serait dites presque mais jamais exactement de la même façon. J’y pensais hier en marchant dans les rues de brest et l’image qui me venait était celle du cœur d’un autre lecteur qui bat dans un livre qu’on lit, un cœur qui bat, un autre lecteur qui prend vie. c’est vraiment une drôle de place que vous arrivez à fabriquer dans cette expérience de lecture, je vais continuer d’y penser, ça trotte dans la tête! »

Merci à Christine Lapostolle ! C’est la première fois et c’est formidable d’être vue comme une petite bête qui creuse des galeries !

Un Mohamed Mbougar Sarr : P U N° 152

De purs hommes, paru en 2018 aux éditions Jimsaan et philippe Rey est le 3ème roman de cet écrivain.


Mohamed Mbougar Sarr, né en 1990 à Dakar, a reçu le prix Goncourt en 2021 pour La plus secrète mémoire des hommes. C’était la première fois qu’un auteur africain francophone gagnait ce prix si français.

De purs hommes, d’abord publié à Paris, a posé problème au Sénégal où l’on accuse l’auteur de défendre l’homosexualité. Elle est là-bas punie de 5 ans d’emprisonnement.
Le point de départ : un jeune professeur d’université parle de Verlaine à ses étudiants, négligeant une lettre du recteur qui défendait de mettre en avant les auteurs homosexuels de quelque siècle que ce soit. Par ailleurs, on lui montre une vidéo hyper-violente : le corps d’un homosexuel déterré par une foule en folie.
Le livre rend compte de la répulsion qu’éprouve cette société pour les « goor-jigéen », le déni de leur existence dans cette culture, la volonté d’y voir l’influence de l’Occident, des ex-colons.

Quelques « Poèmes Express » issus de De purs hommes :
– Des dinosaures perdaient leur souffle, c’est à dire eux-mêmes.
– Un bal de fesses à cellulite qui rivalisaient d’obscénité.
– Tout signe d’impiété des femmes nous fait innocents … et mauvais.
– De caractère singulier, elle vivait en vidéo.
– Ce qui a poussé à me quitter … continue en moi.
– Il avait peur d’écouter. Elle pleurait. Il avait plus que peur.
– Tu es sûr que chercher réside dans trouver.

La Pièce Unique N° 152 est offerte à Nelly D., enseignante en lettres, partante pour les projets et investie dans le festival du Polar à la plage.

Un Nina Berberova : P U N° 151

Une plaquette de 70 pages, un essai de Nina Berberova (1901-1993) : Nabokov et sa Lolita, écrit en 1965, traduit du russe par Cécile Térouanne, paru chez Actes Sud en 1996 est la Pièce Unique N° 151.

 

Ils se sont connus, ils ont tous les deux eu un destin d’écrivains exilés dans plusieurs pays. Berberova n’est pas spécialement réputée pour sa capacité d’admiration, Nabokov non plus. Un point de vue universitaire, une étude un peu sèche donc. Pourtant, elle sait nous dire son respect pour Nabokov avec cette seule phrase : (P. 61) : « Joyce et Nabokov « font vieillir le monde » ».

Des Poèmes Express qui sont sortis de ce ce texte  :
– Deux personnes s’ennuient et un mort jouit : ironie.
L’enfer devient autre, n’a rien à faire, exige une révision.
La confession se fait hurlement que personne ne croit.
Lire son poème avant de tuer un acteur comique.
La témérité est non-sens. Les héros se désagrègent dans ce disloqué.

La Pièce Unique N° 151 a été offerte à Manon Fargeat, juste diplômée de l’ESADHaR qui, parallèlement aux lectures d’élèves du master de création littéraire, présentait son travail à l' »open door », le 24 juin. Un beau travail à partir d’un corpus de 10 ans de la revue Photo, sur la manière dont elle alliait images de reportages de guerre et corps nus de femmes. Point de vue féministe sur le corps cannibalisé. Une vraie réflexion qui se concrétise dans une installation constituée d’écrits, de photos évidemment, d’objets.

Deux Richard Brautigan : P U N° 150

Sucre de pastèque  et La pêche à la truite en Amérique, publiés aux USA en 1968 et en 1967, de Richard Brautigan (1935-1984)  sont la Pièce Unique N° 150.
C’est La pêche à la truite, son best-seller, qui le fait reconnaître par un grand nombre.
Les deux textes sont assemblés chez Christian Bourgois dès 1974. Le volume est préfacé et traduit par Michel Doury (1931-2007), aussi traducteur de Pynchon, Cheever.
Ces textes sont un peu dingues, du « surréalisme dans la vie de tous les jours ». Des » tigres » qui sont « désolés », « une cabane » « entièrement en sucre de pastèque », « des cercueils de verre au fond des rivières », un « ruisseau à truite » « à vendre d’occasion »…
Mais aussi des faits qui s’ancrent dans le réel : une femme abandonnée pour une autre, un bébé qui vomit, « un beatnik » « en train de manger des pommes de deuxième choix » : « comme protestation, c’était sans doute plus efficace que d’aller manifester devant les bases de missiles atomiques ».
Un peu de mise en abîme : « –  Au fait, demanda le dr, comment avance ce livre ?
– ça marche.
– c’est sur quoi ?
– Juste au fil de la plume : un mot pousse l’autre. »
Et quelques fois, mais rarement, c’est vrai…

Quelques Poèmes Express issus de ce Brautigan :
– Du sucre au creux d’une main d’enfant, au lit, la nuit. C’est paisible.
– Plaire avait une forme de pouce.
– Les yeux sans regard fabriquaient des choses oubliées.
– Elevage de cendres derrière les portes de verre.
– Sortir de mon lit. Retrouver mes pieds. Les réveiller.
– Soleil Levé, bruit lisse de petit-déjeuner.
– Incroyable chapitre de l’Ancien Testament : la migration des enfants jusqu’à un magasin.

Cette Pièce Unique sera envoyée à Bernard Peschet, plasticien qui a été professeur à l’école d’art de Quimper, qui a pu exposer au domaine de Kerguehennec et travaille sur des carnets, des dessins, des annotations.

Réaction à chaud super gentille de Christine Lapostolle à la Pièce Unique reçue :
« J’ai commencé la lecture de la 147, ça me plaît beaucoup, j’y trouve quelque chose d’un rapport au monde dedans/dehors que j’ai moi-même cherché parfois à mettre en forme sans jamais arriver à cette composition subtile, ce beau dosage  que vous mettez en place, vraiment bravo. Le livre d’Olga Ravn pour le moment je ne le vois pas, j’y reviendrai dans un deuxième temps. j’ai observé que vos textes me revenaient, ensuite à d’autres moments comme encore une prolongation de vos prolongations. Mais je vais m’interrompre quelques jours car je ne veux pas gâcher cette expérience et là je suis submergée de choses à lire pour les beaux-arts; je vous raconterai la suite… »

 

 

Un Duong Thu Huong : P U N° 149 :

Au zénith de Duong Thu Huong, éditions Sabine Wespieser, 2009, traduit par Phuong Dang Tran, est la Pièce Unique N° 149.
L’auteure vietnamienne, née en 1947, a, dès 1980, dénoncé la censure, milité pour les droits de l’homme. Elle a été emprisonnée plus de six mois sans procès en 1991, puis a vécu en résidence surveillée à Hanoï jusqu’à son arrivée en France en 2006.
Au zénith, fondé sur des faits réels, montre un président âgé, retenu loin de la capitale. Un Ho-Chi-Minh ( 1890-1969 ) –  jamais nommé – qui regrette une jeune femme qu’il n’a pas eu le droit d’épouser afin de préserver l’image d’un dirigeant entièrement dévoué à son peuple. Le livre juge durement « ceux qui, hier encore, mendiaient au coin des rues en comptant chaque sou et qui, aujourd’hui, s’installent dans des fauteuils de ministre des finances, légitimés par la Révolution » ( p. 649 du livre de poche ), ceux qui ont, peut-être, été authentiques mais ne le sont plus.
« Le vieux lion était mort. Mais sa présence était indispensable à la préservation de leurs privilèges et de leur gloire » ( p. 695 ). Privilèges bien réels alors que la population meurt de faim. Privilèges que la guerre contre les Américains leur permet de conserver.

Quelques Poèmes Express issus de Au zénith :
– En train de muer, il voit sa colère marcher sur un champ de mines.
– Chambre close, jardin de suie, sanglots.
– Nourrir un fauve de trois boeufs. Le chronométrer.
– Je n’ai pas envie d’avoir des cheveux blancs. Je n’ai pas envie de sucer mes mains.
– Bande de méninges allumeuses de fesses.
– Une armée dans une fête foraine. Deux jours de préparation et un jour pour ranger.
– La nuit se tait. Le noir s’étale. Le cerveau se vide.

La Pièce Unique N° 149 est offerte à M. qui, depuis toute petite, est collectionneuse de mots .

Un Loys Masson : P U N° 148

Le notaire des noirs, éditions Robert Laffont (1961) est de Loys Masson ( 1915-1969 ), de l’île Maurice, alors colonie britannique, arrivé en France en 1939.

L’action se passe à Maurice, dans la bourgeoisie blanche. Racontée bien plus tard, à la première personne, par un homme maintenant seul, âgé. Il revient sur son affection pour un enfant, mort d’avoir attendu vainement son père. Un père idolâtré, qu’il croyait révolutionnaire, combattant auprès des noirs, mais qui n’est qu’un ivrogne endetté, éloigné pour préserver l’image de la « famille ».
Arrive un cyclone. La vie des noirs empire ; ils se révoltent et effraient les blancs qui, habituellement, les méprisent.
Les relations humaines sont surtout négatives : jalousie, tromperie, intérêt, rancoeur.

Voilà quelques « Poèmes Express », issus du Notaire des noirs :
Il hait son miroir qui garde les yeux.
– La nuit en velours et gravité est là.
– Revenus de l’émoi furtif, on se hâtait vers le silence.
– Les dames avaient prié dans la société d’un très joli gris.
– Je me fous d’un monarque aussi porc.
– Chemisier chaud, seins larges, tu vas me montrer le désir.
– Le dimanche réalisait le ridicule de sa situation : l’intimité, sa comédie.

Le notaire des noirs, augmenté de « Poèmes Express » et d' »actualités qui ricochent », a été offert à Audomauro Hidalgo, poète mexicain arrivé en France il y a cinq ans, pour le master de création littéraire. Ses textes sont parus aux éditions Phloèmes, aussi présentes à Epoque.

Un Olga Ravn : P U N° 147

Les employés est le premier livre traduit en français de cette auteure danoise. Il a d’abord été publié au Québec, aux éditions La Peuplade.
Olga Ravn était invitée aux Boréales de Normandie en 2020.

Certains disent que c’est « un ovni de la S F », d’autres qu’il s’agit d' »un poème philosophique ». En fait, c’est les deux.
On est dans le 6000ème vaisseau, avec des hommes, des « ressemblants » et des « objets ». On apprend tout grâce à des « dépositions ». Tout, mais sans forcément tout comprendre immédiatement, parce que les données sont partielles, subjectives. Une sorte de puzzle donc mais sans qu’il soit besoin de patience. On se laisse imbiber, on s’immerge doucement dans le texte.

Quelques « Poèmes Express » qui en sont issus :
C’est ça un sentiment ? Est-ce normal ? Est-ce liquide ?
– Un squelette vérifie le futur, le déroulement du programme.
– Tous s
e plient au problème, et le problème est un abîme.
– Dix chaises vides disposées en cercle. Une sorte de mort.
– De l’eczéma au ciel. Il se passe quelque chose.
– Les bretelles de la robe sont fines. Elle a eu trois enfants.

Cette Pièce Unique N° 147 est envoyée à Christine Lapostolle, enseignante en école d’art et écrivaine. Son dernier ouvrage, Temps permettant, est paru aux éditions MF.