Faux Chat Bleu 1 / 3

Mis en avant

On ne peut pas bouger, alors on lit !
Et on part avec
 – Andrzej StasiukMon bourricot , juste paru aux éditions Actes Sud, traduit par Charles Zaremba. Stasiuk est un voyageur, surtout pas un touriste. S’ii  s’arrête à la Mer d’Aral, ce n’est que pour prendre de l’argent à un distributeur.
Il part mais ne croit pas plus que ça au voyage (p. 34) : “… l’endroit où est née l’utopie de la steppe. Ça marche comme ça : on s’imagine diverses choses et on a l’impression qu’on va en trouver ne seraient-ce que des traces. (…), c’est dans sa tête qu’on roule de toute façon. On pourrait tout aussi bien rester à la maison.”
Il retourne à l’est, là où il n’y a presque rien à voir mais où il peut ressentir quelque chose. (P. 145) : “ J’aimais regarder l’Europe se transformer en Asie. J’éprouvais une sorte de satisfaction mauvaise en constatant qu’elle se terminait quelque part. Qu’il y avait tous ces chameaux errants, les mouches, la crasse. (…) Mais dans le désert au moins, j’éprouvais une sorte d’angoisse, alors qu’en Italie, je n’avais rien senti.” L’Europe, en plus de l’ennuyer, le débecte : (P. 75) : “Là-bas, les gens meurent. Le Donbass est en feu, l’Ukraine est en sang, et l’Europe “exprime son inquiétude”. De manquer d’eau chaude.”
Stasiuk est à lire, tout Stasiuk, ses récits comme ses “romans”.

– Anthony PoiraudeauProjet El Pocero – dans une ville-fantôme de la crise espagnole, reparu tout récemment dans la collection Barnum des éditions Inculte. Ce voyage est aussi anti-touristique que celui de Stasiuk. Avec A. Poiraudeau également, le voyage est déceptif, on le sait ( lire le magnifique Churchill Manitoba) et c’est ce qui est drôle. Et politique . Ici, nous nous retrouvons dans une ville-champignon, édifiée entre 2003 et 2008, presque mort-née. C’est une rando dans un lieu moche, un scandale immobilier ( P 17) : “La folie édificatrice de cette époque a fait naître des agglomérations entières à l’écart de toute ville préexistante ou de tout site attractif, sans aucune considération territoriale et environnementale.”.  Il fait chaud. C’est vide, ridicule et  symptômatique de la malhonnêteté de ce promoteur et de l’économie.

– Joanes Nielsen : le roman Les collectionneurs d’images aux éditions La Peuplade (2021) traduit par Ines Jorgensen nous emmène à Torshavn, la capitale des îles Féroé, des années 1950 à 2000. Et c’est dépaysant.  On comprend toute une société à travers la vie de 5 jeunes :  la place du religieux – on se sent au tout début dans un film de Dreyer : un moment très beau et fort -, du politique, du social. Les îles dépendent du Danemark et certains souhaitent l’indépendance. Les enfants sont de différents milieux : des pêcheurs aux entrepreneurs. L’inceste existe et pose peut-être moins problème que l’homosexualité. C’est le premier livre traduit en français de Joanes Nielsen qui devrait… si tout va bien… venir au festival Les Boréales en novembre 2021. On croise les doigts.

2ème (faux) Chat Bleu :

On a dit que, cette fois, on faisait mâle/viril/”ombre” =  auteurs et personnages principaux masculins.

Alors voilà : un Jérôme Bonnetto, un Richard Morgiève, un Gunnar Gunnarsson et puis aussi un Laurent Petitmangin et, en prime, Per Wahlöö.

  • Le silence des carpes  de Jérôme Bonnetto, éditions Inculte 2021 : ça commence un peu comme un Jean-Philippe Toussaint première mouture, avec un robinet qui fait “ploc”, un propriétaire dudit robinet procrastinateur, un plombier au joli petit accent, une photo tombée de la poche du susdit plombier, une compagne qui a besoin d’air. Et puis, cela devient un roman d’aventures qui nous emmène en Moravie et nous replace dans le temps du communisme.
  • Le cherokee de Richard Morgiève, maintenant en Folio policier. Gand prix de littérature policière 2019, prix Mystère de la critique 2020 : de l’humour et une écriture étonnante. Un shérif, Corey, le “cherokee” du titre, voit dans son coin paumé, une voiture abandonnée et un avion de chasse sans pilote. La suite est improbable  mais ce n’est absolument pas grave.
  • Le berger de l’Avent de Gunnar Gunnarsson, éditions Zulma 2019, paru pour la première fois en 1936. Le personnage, Benedikt, part chaque année avec son chien et son bélier chercher dans la montagne les moutons qui manquent. Cette année, c’est différent. Il a pris du retard, la météo n’est pas bonne et des hommes lui demandent de l’aide pour retrouver leurs bêtes. L’histoire d’un taiseux, un homme calme qui agit, calmement, qui n’a pas peur, même de la mort.
  • Ce qu’il faut de nuit de Laurent Petitmangin, éditions Manufacture des livres, 2020, le dernier prix Stanislas. Un homme, dans l’Est désindustrialisé, perd sa femme mais réussit à élever ses deux garçons. L’un fait des bêtises, pas l’autre. On est un peu dans la même ambiance sociale, les mêmes réflexions que dans le Prix Goncourt de Nicolas Mathieu.
  • Le camion de Per Wahlöö, paru en 1962, en 2012 chez Payot et Rivages. Per Wahlöö est connu pour les dix livres qu’il a écrits à quatre mains avec Maj Sjöwall, sa compagne, dix romans policiers qui se passent en Suède avec des “héros” récurrents, des policiers qui font les choses petit à petit, calmement, sans éclat. Avec Le camion, on est en Espagne, dans les années 50 – comme y fut l’auteur -. Le personnage principal, Willi, est un mauvais peintre allemand qui vit dans une maison avec un couple de Norvégiens. Un jour, ceux-ci ne reviennent pas d’une partie de pêche avec les frères Alemany. Wahlöö, engagé, donne quelques exemples des “techniques” de la police franquiste. Il montre aussi ces scandinaves libérés face aux autochtones bridés par la religion et le régime.

A bientôt ! Et on l’espère, vite, dans un vrai Chat Bleu.

(Un faux) Chat Bleu :

On n’était pas au Chat Bleu.
On était moins de six.
On a quand même parlé de livres.

Il se trouve que la majorité de ces livres avaient pour propos des vies de femmes.
Cela allait de Corentine de la ministre Roselyne Bachelot… histoire de sa grand-mère bretonne,
à La fin de l’amour, un désarroi contemporain, essai sociologique d’Eva Illouz .

On ne dira rien de plus du premier, mais on pourra le comparer avec Composition française, retour sur une enfance bretonne de Mona Ozouf, paru en 2008, Folio.

Entre les deux, des romans qui évoquent la condition féminine un peu partout, un peu n’importe quand :
Le silence d’Isra, d’etaf Rum. Traduit de l’anglais par Diniz Galhos. Paru aux éditions L’Observatoire en 2020 : la vie d’une jeune Palestinienne mariée sans amour, devenue (ô malheur) mère de filles uniquement.
– Les heures silencieuses, deuxième livre de Gaëlle Josse, trouvable en poche :  la vie d’une femme de la bourgeoisie marchande du XVII ème siècle à La Haye.
– Suzuran d’Aki Shimazaki, Actes Sud, 2020 : ouvre une nouvelle série de la Nippo-québécoise : la vie d’une femme céramiste, divorcée.
– Trencadis (déjà évoqué dans d’autres Chat Bleu) : la bio romancée de Niki de Saint Phalle qui se voulut artiste plus que mère. Aux éditions Quidam, 2020.
– La vengeance m’appartient de Marie N’Diaye, Gallimard, 2021 : une avocate amenée à défendre une femme qui a tué ses trois enfants. Le livre porte aussi sur la bourgeoisie bordelaise et le passé négrier de la ville.
– Alexandra Kim, la Sibérienne, roman graphique de Keum Suk Gendry-Kim aux éditions Cambourakis, 2020 : sur une révolutionnaire d’origine coréenne (1885-1918).

Enfin, donc, l’essai d’Eva Illouz : “Passionnant” : nous sommes dans l’ère du “capitalisme scopique”, une économie gérée par les hommes, pour le plaisir des hommes et qui influence les femmes. Un monde où l’éducation des femmes tourne autour du “care”, pas celle des hommes, où le marché du développement personnel amène des attentes difficiles à réaliser.

Bientôt, un autre (faux) Chat Bleu. Promis, il n’y sera question que d’hommes.

Chat Bleu : octobre 2020 -2)

avec un peu de retard… mais le mois de novembre étant, malheureusement, sans possibilité de Chat Bleu… on a pris son temps…

on a évoqué aussi :
– Le crépuscule et l’aube de Ken Follett, édition R. Laffont, 2020 . Un quatrième tome à lire avant Les piliers de la terre. On est en l’an mille, dans un village, en Angleterre et c’est l’arrivée de Vikings.
– Lettre d’amour sans le dire d’Amanda Sthers, Grasset, 2020 : une femme cherche à se réapproprier son corps, va dans un salon de massage et de thé japonais dans Paris. Elle y découvre entre autres le Japon.
Le discours de Fabrice Caro, 2018 :” un livre drôle, émouvant aussi” : un homme, le temps d’un repas familial, parle.
Buveurs de vent de Franck Bouysse, Albin Michel, 2020 : “une belle écriture et un univers très noir.” Dans une vallée imaginaire, une personne domine toutes les vies.
– Nos espérances d’Anna Hope, traduit par Elodie Leplat, Gallimard 2020 : trois copines en fac vers 1995 se retrouvent en 2010. Ce qu’elles sont devenues.
Les disparus de Daniel Mendelssohn, traduit par Pierre Guglielmina, 2007 Flammarion. Prix Médicis étranger, maintenant en J’ai Lu. Mendelssohn enquête sur sa famille juive. “Une merveille.”
Une mort très douce de Simone de Beauvoir, en Folio :” un très joli livre” de 1964, “pas du tout triste”, sur la fin de sa mère.
– Arcadie d’Emmanuelle Bayamack-Tam, chez POL et en Folio. Prix des lycéens et prix du livre Inter. Dans un ancien pensionnat, des marginaux vivent ensemble, forment une sorte de secte. Ils ont un discours sur l’amour, l’accueil. Tout bascule quand un migrant arrive.
– Le dernier des branleurs de Vincent Mondiot, Actes Sud Junior, 2020 : ce n’est pas drôle d’être un ado…
– L’espion et le traître de Ben Macintyre, traduit par Henri Bernard, Pocket, 2020 : l’histoire vraie d’un agent double dans les années 1970. Oleg Gurlievski vit encore en Grande Bretagne. John Le Carré a adoré, dit-on.
– Le bonheur, sa dent, douce à la mort de Barbara Cassin, Fayard 2020 : son autobiographie philosophique : une femme d’une liberté absolue”.

On a reparlé de :
– Le répondeur  de Luc Blanvillain, édition Quidam, 2020 : “Un livre vraiment drôle, qui fait du bien en ce moment !”
– D’un cheval l’autre de Bartabas, Gallimard, 2020 :” un beau livre sur les chevaux”, les humains, leurs rapports.

A quand le prochain Chat Bleu ? Grande question ! On avait imaginé qu’en décembre, ce serait le 10.
On vous tient au courant.
Prenez soin de vous !

Chat Bleu : octobre 2020 – 1)

Dur de choisir entre
un rouge : Montagne Saint Emilion avec “pas mal de caractère”, au tanin présent mais soyeux
et
un rosé : d’hiver, grain de glace, vendangé de nuit pour conserver les arômes !

Dur mais on a bien vu que personne n’était perdant !

Et nous voilà partis pour :

  L’Islande avec La fenêtre au sud de Gurdir Eliasson, aux éditions québécoises La Peuplade, traduit par Catherine Eyjolfsson, 2020. Un écrivain, seul pendant quatre saisons dans une maison prêtée au bord de la mer, a du mal à travailler : (p 19) “Je tâte le clavier d’une main hésitante, cherchant à retrouver les mots. Mes personnages sont restés tout ce temps à l’hôtel de montagne, sans bouger. Ils sont couchés tous deux, immobiles comme des morts. Je martèle des mots à la machine : REVEILLEZ-VOUS. Ils ne bronchent pas.”
Il marche beaucoup, ne parle à personne ou presque.
Ce livre, c’est une ambiance : (p104) “ La montagne est de plus en plus rarement visible. Les brouillards d’automne s’y sont posés et, certains jours, c’est tout juste si je peux voir quoi que ce soit par la fenêtre. Derrière ce gris camouflage, se cache la mer, grise elle aussi.”
Vladivostok et Oulan-Oude avec Vladivostok Circus d’Elisa Shua Dusapin, éditions Zoé, 2020. C’est le 3ème roman de cette auteure. Chaque fois, une jeune femme dit “je”. Chaque fois, pourtant, c’est un personnage un peu” opaque”. Chaque fois, l’action est infime. Et, bizarrement, c’est ce qui est attirant. Cette fois, le personnage est une costumière venue travailler pour un trio à la barre russe, dans un cirque. (p34) :” Au coeur de la piste, enroulée sur elle-même, la tête sous le ventre, la femme fait onduler ses membres comme une anémone de mer.”
L’Europe des années 1940 avec La décision de Brandes du Catalan Eduard Marquez, paru aux éditions do en 2017, dans une traduction d’Edmond Raillard. Marquez parle d’Histoire et d’Histoire de l’art, de Cranach à “l’art dégénéré”, à travers l’histoire intime d’un peintre. La fin est un baume contre le mépris.

Chat Bleu : septembre 2020 – 2)

 

Nous avons aussi parlé de :
– Aires de Marcus Malte, éditions Zulma : constitué de types de textes différents. Une novlangue  et un monde nouveau. Des personnages sur des aires d’autoroutes : monsieur et madame tout le monde (un divorcé, une serveuse, un vieux couple, un lanceur d’alerte, etc) qui représentent l’humanité d’autrefois, la nôtre.
– L’art de perdre d’Alice Zeniter, maintenant en poche. Prix Le Monde et Prix des Libraires de Nancy. Nous en avions déjà parlé et étions unanimes : “Très joli et rare, puisque vu du côté des Harkis”.
– Le bal des folles 
de Victoria Mas, chez Albin Michel : Prix Renaudot et Prix des lycéens 2019 : “intéressant sur l’histoire de la Salpêtrière, lorsque Charcot soigne les hystériques” . Une fois par an, un bal avait lieu et la gentry parisienne venait en voyeuse.,
– L’empreinte de Marzano Lesnevich, éditions Sonatine : grand Prix des Lectrices de Elle et Prix du Livre étranger 2019 : un récit autobiographique et documentaire traduit par Héloïse Esquié. L’affaire d’un tueur se mêle à un secret de famille de l’auteure, aussi avocate.
Le miroir de nos peines de Pierre Lemaitre chez Albin Michel : la fin de sa trilogie. Un cadre historique très sérieux et de beaux personnages secondaires. Toujours ce côté feuilleton, foisonnant, qui marche très bien, “mieux que dans le deuxième” pour certaines.
 Là où chantent les écrevisses, premier roman de Delia Owens, au Seuil. Traduction de Marc Amfreville. L’histoire, en Caroline du Nord, de la “fille des marais”Un beau texte sur la nature : la végétation, les oiseaux.
Quand reviennent les âmes errantes de François Cheng, éditions Albin Michel , 2012. Ressorti en 2020, le poème final est recomposé. Légende d’un trio amoureux, platonique dans la Chine ancienne.
– La femme qui fuit, de la Québécoise Anaïs Barbeau Lavalette : une femme s’adresse à sa grand-mère, artiste, qui fréquentait des artistes d’avant-garde dans les années 1940-1970 et considérait le lien familial comme aliénant.

– Enfin, un essai tout juste paru :
Dix attentats qui ont changé le monde, de Cyrille Bret, éditions Armand Colin.
Cyrille Bret est haut-fonctionnaire, maître de conférence à sciences- po. Il écrit pour Slate.fr et travaille sur le terrorisme. Ce livre porte sur ses conséquences, les “effets de terreur”. Il y analyse des attentats survenus en Europe mais aussi au Cachemire ou en Afrique et dissipe trois illusions :il n’y a pas que le terrorisme djihadiste, pas que le terrorisme clandestin et ce n’est pas la seule violence du XXIème siècle.

Si tout se passe bien…, Le Chat Bleu nous recevra les jeudis 8 octobre, 12 novembre, 10 décembre.

PRENEZ SOIN DE VOUS !

Chat Bleu : septembre 2020- 1)

Heureux de se retrouver, même en assez petit comité, et de partager vins et livres !

Nsenga nous a fait goûter des produits de l’île d’Oléron, du Domaine Faure qui fait du cognac et des vins en agriculture biologique : en blanc, un Grain Marin, fruité et en rouge, le Louvois, rond en bouche, tous deux passés quelques mois en fût de bois.

Nous avons parlé de :
– Hollywood, ville mirage  de Joseph Kessel, reportage paru en 1936, éditions du Sonneur, 2020. Kessel livre une vue très critique et originale de la Mecque du cinéma, des logiques de production des 900 films par an d’alors.
– Patagonie route 203 de Eduardo Fernando Varela, éditions Métailié, 2020. Un premier roman, traduit de l’espagnol (Argentine) par François Gaudry. Une histoire de camionneur sur des routes toutes droites et sans fin. Il rencontre une femme, l’emmène. C’est un peu fou, poétique. Cela parle de solitude, de la relation amoureuse.
– Sang chaud de Kim Un-Su, paru en 2010 en Corée du Sud, en 2020 en France aux éditions Matin calme. Traduction de Kyungran Choi et Lise Charrin. Un roman noir, presque sociologique de la mafia du pays, des affaires de petits malfrats. Très visuel, plutôt violent, un peu à la manière des cartoons quelques fois.

 

Chat Bleu, le retour 2) juin-juillet 2020 :

Et puis il y a eu le vrai retour au Chat Bleu, le 16 juillet :
Nsenga nous accueillait avec deux vins italiens : en blanc, un AOP Frascatti, sec avec une légère pointe de fruit et une belle robe jaune-vert. En rouge, un Cantina Tollo, bio, léger, dans le fruit.

(on vous rassure, nous avions aussi bu en juin…)

  •     , éditions Asphalte, 2020, traduction Maïra Muchnik : un pseudo-polar : il y a bien une mort, un policier, une explication mais ce n’est pas là que le livre nous a plu. Ce qui fascine, c’est le lieu, loin de tout, l’image enneigée d’un pays auquel on ne pense pas sous la neige, le rythme et les décisions étonnantes de l’enquêteur.
  • Les hommes d’août  de Sergueï Lebedev, 2019, éditions Verdier, traduit par Luba Jurgenson : de l’URSS du tout début à la Russie de Poutine : un jeune homme, d’abord à la recherche de son grand-père, devient spécialiste de ces recherches dans les goulags.
  • Le répondeur de Luc Blanvillain, éditions Quidam, 2020 : un premier roman : un imitateur est contacté par un écrivain célèbre pour qu’il prenne sa place  au téléphone pendant qu’il écrit le livre qui lui tient à coeur. Il lui laisse son portable et des éléments pour assurer à sa place. Et c’est drôle !

 

 

 

Chat Bleu, le retour 1) juin- juillet 2020

Bon, on avait fait un faux Chat Bleu, informel, en appartement, juste après le déconfinement :

On y avait évoqué :
– Oppenheimer, premier livre de Aaron Tucker, édition La Peuplade, traduction française de 2020 de Rachel Martinez. Comme son titre l’indique, c’est sur Julius Oppenheimer, physicien, un des plus hauts responsables de LA bombe, la première, au moment de sa création dans le désert américain. Mais c’est un roman.
– Prins de Cesar Aira, chez Christian Bourgois, 2019 (voir un post précédent,  pendant le confinement)
– J’entends des regards que vous croyez muets d’Arnaud Cathrine, 2019, éditions Verticales : 65 récits brefs, “volés” à des gens croisés. Des gens à qui l’auteur prête une vie. Comme on le fait tous, peut-être. Mais lui, il les écrit.

Patrik Ourednik : suite

Extrait de La fin du monde n’aurait pas eu lieu (Allia, 2017) :

Ce fut la baignoire sabot qui établit entre nous une relation de confiance ; j’en avais une moi aussi. La baignoire sabot était devenue rare, la majorité des gens occupant de petits appartements préféraient la douche, plus économique, à ce qu’on disait, aussi bien en eau qu’en temps, et surtout plus tonifiante, et partant, plus dynamique et plus contemporaine. La majorité des gens souhaitaient être dynamiques et contemporains. A l’époque, cela semblait important.”