Un vin, des livres – février 2026 – 3)

Mis en avant

Textes d’ailleurs maintenant :
– Le silence d’Isra, d’Etaf Rum, traduit par Diniz Galhos, éditions de l’Onbservatoire, 2020 :
De la Palestine à Brooklyn, de 1990 à 2008, le vie de femmes palestiniennes. Mariée jeune, cloitrée, condamnée à obéir, à vivre sous la tyrannie de la belle-mère. Mère de quatre filles, pas de fils. « dur par moments » dit M-C.
– D’un univers plutôt léger, les nouvelles de l’Américain Ben Shattuck qui résonnent les unes avec les autres, La forme et la couleur des sons, traduit par Héloïse Esquié, 2025, Albin Michel. Son deuxième livre. Une adaptation de deux des nouvelles avec Paul Mescal et Josh O’Connor est en salles en France, au Havre au Sirius : Le son des souvenirs.
Tout Jim Harrison est super, dit G. En 10-18. L’Amérique, les Indiens, la nature.
– Les éléments de l’ Irlandais John Boyne, traduit par Sophie Aslanides, éd. Lattès, 2025. Prix Fémina étranger : 4 histoires sur les 4 éléments. Il y a un fil conducteur, et dans la 4ème histoire, les choses s’imbriquent. Le livre traite des abus sexuels, dont un commis par une femme. « Une belle écriture.  »
– Le cercle de lady Tan de l’Américaine Lisa See, traduit par Karine Guerre, en J’ai lu : très documenté, roman historique sur une des rares femmes médecins en Chine, sous la dynastie Ming, fin XVème siècle.
– Les héritiers de l’Arctique de l’auteur norvégien Aslak Nore, traduit par Loup-Maëlle Besançon, éd. Le Bruit du Monde, 2024 : la saga d’une famille qui a collaboré avec l’occupant allemand, dont la fortune s’est construite sur ça. Bergen, Oslo. Les descendants se déchirent sur fond d’espionnage avec l’URSS …
– Un roman graphique de 2003 réédité en 2023 : Broderies de Marjane Satrapi, éd de l’Association : des histoires de femmes. L’Iran. Touchant, plein d’humour et horrible…
– Pour les fondus du Japon, les suppléments du Monde sur le Japon ancestral, les mythes fondateurs, les créatures surnaturelles, la première femme samouraï. Avec des reproductions d’estampes, de pochoirs.

Au 19 mars !

Un vin, des livres – février 2026 – 2)

Mis en avant

Vous avez parlé de quelques polars :
ambiance
– écossaise : Le Alan Parks de mars à Glasgow, Rivages poche
– nordique : Olivier Truc : Le premier renne,  Points
Roger Martin, écrivain, traducteur, spécialiste de littérature noire américaine est mort accidentellement. Il nous avait fait le plaisir de venir à Polar à la plage il y a quelques années. Il avait dernièrement préfacé un roman sur le Mccarthysme et Hollywood : Hollywood, les années rouges.
Vous avez lu des textes français :
– (et vu au théâtre des Bains Douches un seul en scène qui se poursuivra au festival d’Avignon off de 2026) : 77 de Marin Fouqué, Actes Sud : « un texte très fort, une très belle langue. Un flux de conscience, dit V. L’auteur vient du rap, performe. Un jeune dans un abri-bus dans le 77, un endroit ni ville, ni banlieue. Ce jour-là, il ne monte pas dans le car et se souvient d’amitiés. Toute une réflexion sur la virilité. »
– Avec toi je ne
crains rien d’Alexandre Duyck, journaliste, Babel, 2026 : une famille heureuse. Lui est cordonnier, elle institutrice au caractère bien trempé. Ils ont 4 enfants. Il va souvent dans un chalet en montagne. Elle en est jalouse et un jour exige de partir avec lui. Ils ne reviennent pas. Les enfants sont dispersés. 75 ans plus tard, on retrouve les corps dans un glacier. Une histoire vraie romancée.
– Comme une lanterne dans les ruines de Cécile Schouler, 2025, éd. Le Panseur. « Histoire vraie écrite à la hauteur d’une enfant de 13 ans. Elle vit seule avec sa mère, rencontre un jeune toxicomane de 17 ans. Ils se découvrent, aiment Prévert puis partagent d’autres bonheurs de lectures. Pas du tout larmoyant. » dit S.
– Un perdant magnifique de Florence Seyvos, L’Olivier, Prix Inter 2025 : « se passe entre Le Havre, Rome et Abidjan. Un homme, mythomane perdant, déifie sa femme et ses deux filles. La fin est poignante. dit F.
– Jacky, deuxième roman d’Anthony Passeron, 2025, éd. Grasset : un livre sur son père et sur l’addiction aux jeux vidéo.
– En plein ventre de Charlotte Barberon, éd HD Littérature, 2025 : pas vraiment une biographie, sur Nicky de Saint-Phalle. De courts chapitres .
– Monsieur Romain Gary de Kerwin Spire, Gallimard, 2025 : l’histoire réelle de la création d’Emile Ajar, sur le mystère qui défrayait la chronique entre 1975 et 1981, le voile soulevé après la mort de Gary.
– Trahir par fidélité. Contre la fin du monde avec Alexandre Grothendieck, du Physicien Aurélien Barreau, 2026, éd Les Liens Qui Libèrent : mathématique et poésie
– 11 quai Branly de Mazarine Pingeot, en poche : l’enfance à cette adresse. Le poids du secret.
Les mains du miracle de Joseph Kessel, 1999, en Folio : le dr Kersten, sous le IIIè Reich, est le médecin qui réussit à soulager les douleurs de Himmler, et grâce à cela, réussit à sauver des prisonniers politiques ou juifs.
– La disparition de Mengele d’Olivier Guez, livre de poche, 2018. Le Mossad est affaibli, on recherche moins les nazis.

Mais vous n’avez pas dit que cela. Un 3ème volet s’impose.
Sinon, la prochaine rencontre est prgogrammée le jeudi 19 mars, à l’Art Hôtel.

Un vin, des livres – février 2026 – 1)

Mis en avant

D’abord un recueil de nouvelles et 2 romans :
– Tigre, 13 nouvelles de l’auteur letton Janis Jonevs, traduit par Nicolas Auzanneau, 2024, éditions les Argonautes.
Janis Jonevs était au Boréales, à Caen, en novembre 2025. Il était interviewé par Julien Delorme, longtemps représentant européen de La Peuplade, maintenant entré chez Actes Sud. J. Delorme est un vrai grand lecteur qui sait faire passer son enthousiasme.
J. Jonevs parle français, est aussi traducteur du français vers le letton, entre autres… de son traducteur. Il a été en résidence d’écrivain en France, et la deuxième nouvelle, Méthode, en rend compte de manière humoristique. D’autres textes sont, eux, surréalistes : c’est le cas d’Intro qui rassemble Walt Disney et Henry Ford autour d’une machine à café trop sonore, de L’autre agence, de Voyage, de La jambe et de Le jeu.
C’est drôlement sérieux et on sent que l’auteur s’amuse.
– Les dernières écritures, roman d’Hélène Zimmer, P O L 2025 :
D’elle, j’avais lu et beaucoup beaucoup aimé Fairy tale, qui était en lice dans le concours de premier roman de Terres de paroles, avec l’équipe précédente, de Marianne Clévy.
Ici, autre ton, autres milieux : une enseignante de lettres arrête de faire lire les auteurs au programme et les remplace dans toutes ses classes par Le bilan, un texte sur le changement climatique. Une de ses élèves tente de se suicider. Les parents attaquent l’enseignante. On assiste au procès du côté des avocats.
C’est moqueur vis-à-vis de l’éducation antionale, du couple.
– Les gréveuses, premier roman de Romuald Gadegbeku, Grasset 2025. Invité au Goût des autres, en janvier 2026 et présent à la Galerne en même temps que Guillaume Poix.
Un beau titre, un beau néologisme.
Une histoire sociale : des femmes, d’origine africaine pour la plupart, « techniciennes de surface » d’hôtels, de plus en plus maltraitées par le management d’une société de sous-traitance, font grève. On suit les événements, la vie de deux ou trois de ces femmes, leur famille, leurs rêves.

On a parlé de beaucoup d’autres livres : à bientôt donc.
Et déjà, la date retenue pour la prochaine rencontre : le jeudi 19 mars.
Toujours à l’Art Hotel, à 18h.

Un Vin, des Livres – janvier 2026 – 3)

Et enfin, encore quelques romans français :

– Le Crépuscule des Hommes d’Alfred de Montesquiou, 2025, Robert Laffont. Un livre de journaliste, sur les journalistes et écrivains au procès de Nüremberg (comme Joseph Kessel, Martha Gellhorn, Ernst Hemingway, John Dos Passos…) de novembre 1945 à octobre 1946. C’est à ce procès qu’a été utilisée pour la première fois une traduction simultanée en plusieurs langues (4)

Déserter de Mathias Enard, Actes Sud 2025  deux récits s’entrecroisent : celui d’un homme qui déserte mais on ne sait de quel conflit, et l’histoire du mathématicien déporté pour communisme et auteur de Les Conjectures de Buchenwald .

– La Confrontation de Clara Dupont-Monod, 2025, Albin Michel : Une farce : une prise d’otages dans une école primaire sans écran. Le preneur d’otages dit être Elon Musk. On assiste à une joute verbale entre le peut-être Musk et un officier du GIGN. « Haletant » dit I.

– Avant la peine, de Laure Heinich, avocate pénaliste, 2026, Flammarion : deux médecins urgentistes, un homme, une femme, ce soir-là, sauvent une vie. Un baiser, plus que ça ou pas, une procédure : sur le consentement.

– Les Amants du Lutetia, d’Emilie Frèche, 2023, Albin Michel : Ezra et Maud, , rescapés de la Shoah, se sont connus au Lutetia. Ils décident de mourir ensemble à 86 ans. Leur fille unique ne comprend pas,

– L’Entroubli, de Thibault Daelman, 2025, Le Tripode. Un premier roman, « une écriture » dit MC. Un beau titre en référence à François Villon, un texte autobiographique, une enfance dans une famille compliquée. C’est féroce. Peu de dialogues. Beaucoup de descriptions.

Enfin, une Américaine qui a vendu plus de livres que tout le monde en 2025
Frieda McFadden :
P. a lu un texte non encore traduit : Coworker :
du suspens et un revirement final.

 

Un Vin, des Livres – janvier 2026 – 2)

On a parlé Polars :
avec une journaliste indienne Nilanjana S Roy : Black river, éditions l’Aube noire, traduit par Benoite Dauvergne : un roman noir qui se passe en Inde maintenant. La misère, la corruption, une fin totalement surprenante. « On le dévore » dit MC.
avec des écrivains français qui ont du souffle :
Frédéric Paulin qui a écrit deux trilogies, publiées chez Agullo. La deuxième est sur la guerre au Liban. Son 1er tome, Nul ennemi comme un frère, est maintenant en poche. Réel et fiction se mêlent parfaitement. « C’est prenant et on comprend mieux les tenants et aboutissants de cette guerre. » dit A.
Benjamin Bierstein qui en est, lui aussi, à sa deuxième trilogie, chez Flammarion. Politique française du XX è siècle et fiction. Le 3è tome, 14 juillet vient de sortir. « Excellent », dit V qui a du mal à entrer dans un autre roman.

Un manga :: Gen aux pieds nus : de Keiji Nakazawa (1939-2012). En dix tomes, sur Hiroshima, sur une base autobiographique. Parus au Japon entre 1973 et 1985. Traduit par Vincent Zouzoulkovsky pour les éditions Le Tripode. Tome 1, paru en 2025. « Eprouvant et intéressant » dit S.

Il a été question d’auteurs venus au festival du Goût des autres :
Mathilda di Matteo : La bonne mère, premier roman, 2025, aux éditions de l’Iconoclaste dont elle a dit qu’elle avait toujours voulu être éditée là, présentant cette maison  comme « entre Télérama et Télé Z »
Gabrielle de Tournemire : Des enfants uniques, 2025, éditions Flammarion. Normalienne, 27 ans, nièce de Maylis de Kerangal : premier roman issu d’un an de service civique dans une structure pour handicapés. Deux jeunes y sont amoureux. Réactions des parents, des éducateurs.
Thomas Bontemps : Kiné aux éditions Tarabuste, 2025. Un texte sur ce métier que l’auteur pratique en remplacements, à domicile. Sa pratique, ses pensées, son désarroi devant des réalités.
Louise Rose : Les projectiles, 2025, éditions P O L : une jeune femme quitte tout du jour au lendemain. Une langue ludique.

Des classiques :
Félix Fénéon (1861-1944) : Nouvelles en trois lignes, parues en 1905-1906, trouvables en Libretto.
Stefan Zweig : pour Le Joueur d’échecs
Emile Ajar pour La vie devant soi, ces deux derniers ayant été lus au Goût des autres par Bruno Putzulu.
Conan Doyle : Une étude en rouge, : la première des enquêtes de Sherlock Holmes, parue en 1887.
Jorn Riel : Danois mort en Malaisie en 2023 : La Vierge froide et autres racontars : qui se passe au …Groenland : « drôle, dépaysant, épique, un univers masculin » dit D. Autre livre de lui : paru en 1993 chez Gaïa : Le Garçon qui voulait devenir un être humain : de petites histoires mais qui ont entre elles des liens.

Et on n’a pas fini !
Je reviens bientôt
et vous rappelle la prochaine date : le jeudi 19 février, 18h
à l’Art Hôtel

 

Un Vin, des Livres – janvier 2026 -1)

  • Une forêt, de Jean-Yves Jouannais, paru en janvier chez Albin Michel :
    Jean -Yves Jouannais a, pendant des années, été son propre conférencier, celui de son projet L’Encyclopédie des Guerres au Centre Pompidou . Ces rendez-vous mensuels se sont arrêtés l’an dernier. Le livre est une extension de ce travail.
    Un Américain d’origine allemande arrive à Brême en 1947 pour faire partie d’une commission de dénazification. Le cas sur lequel il a à travailler est un peu spécial…
    On est dans une ville détruite, c’est l’hiver. C’est beau du fait de cette atmosphère.
  • Un effondrement parfait, de Jérôme Leroy, 2025, paru à la Table ronde : l’auteur, que l’on connaît pour ses romans noirs politiques, écrit là des réflexions sur des écrivains, sur des faits de société. C’est fait de courts chapitres, et cela ne se prend vraiment pas au sérieux.
  • Hôtel des adieux, de Brad Kessler, un roman paru aux USA en 2006, traduit en français en 2009 par Odile Demange, pour les éditions Nil. Paru en 10-18 ensuite.
    Brad Kessler a, après ce roman, écrit un récit sur sa nouvelle vie d’éleveur de chèvres puis une fiction, en 2021, mettant en scène un monastère au Vermont et des réfugiés somalis.
    Au premier chapitre,  nous sommes dans un avion et il y a un problème. Ensuite, l’avion s’étant écrasé, on se retrouve avec les proches venus espérer un miracle, ou rechercher des traces. Ils sont pris en charge dans un hôtel. Et là, on est un peu comme dans un roman policier genre Agatha Christie,  en circuit fermé. On voit les réactions de chacun. Puis ce sont les années suivantes, l’évolution de ces gens qui reviennent dans cet hôtel, y sont reçus, plus comme des amis que comme des clients.

On revient pour la suite,
mais, déjà, notez le prochain rendez-vous d’Un Vin, des Livres : le jeudi 19 février.
C’est à 18h à l’Art Hôtel !

Un vin, des livres – décembre 2025 – 1)

tout d’abord, une non-fiction, l’excellent : Les otages – contre l’histoire d’un bulletin colonial, de Taina Tervonen, 2022, éditions Marchialy. Le deuxième livre de cette auteure franco-finlandaise dans cette maison.
Documentaire sur le retour – possible ou pas – en Afrique des oeuvres, objets, dépouilles pris par la France pendant la colonisation et la colonie. Un livre qui nous emmène au Sénégal, au musée du quai Branly, dans des archives et au muséum du Havre.
Au Havre, oui, du fait du colonel Archinard, acteur-actif de la colonisation française, vainqueur de la ville de Ségou, qui envoya de nombreux objets en métropole, ramena un fils de chef et une enfant qui restera dans sa famille. Appropriation des objets et des corps.
Histoires mondiale et locale se mêlent, de même que l’histoire et l’actualité politiques. C’est passionnant.
– un roman : Attaquer la terre et le soleil de Mathieu Belezi, Le Tripode 2022  qui reçut le Prix du livre Inter. Sur la colonie, lui aussi. Mais nous sommes en Algérie, au XIXème siècle, au début de la colonisation. Les chapitres alternent : les pauvres familles françaises qui arrivent, qui n’ont rien, ne trouvent presque rien, meurent d’attaques, de maladie, et les soldats français qui tuent, violent, pillent. Les deux visions à égalité. Pas de gagnant à ce stade – là.
Une belle langue pour dire l’horreur.
Et puis un roman qui… ne peut pas faire de mal… qui annonce la couleur avec celles, rose, orangé, de sa couverture : journal d’un libraire qui ne croyait plus aux histoires, 2025, en J’ai lu, écrit par « le libraire qui se cache » – mais dont on a le nom à l’intérieur : Kevin Lecathelinais -. Un vrai libraire spécialisé dans la BD depuis plus de 20 ans.
Je l’ai pris en espérant entendre parler de livres. C’est en fait assez peu le cas.
Le plus sympathique est le ton d’ironie douce du personnage vis-à-vis de lui-même.

La 2ème partie, bientôt.
Prochaine date de Un vin, des livres : Jeudi 22 janvier, 18h, à l’Art Hotel.

Un vin, des livres – novembre 2025- 2)

quelques livres étrangers :
– Les bons voisins de Nina Allan, éd. Tristram, 2025. Traduit par Bernard Sigaud.
Prix Femina étranger.
Autrice défendue depuis le début par cette maison d’édition indépendante. On peut trouver ses livres précédents dans leur collection de poche, « souple »
Des textes où le fantastique affleure, affleure, pas plus.
Ici, c’est autour du souvenir, de l’enfoui.
– Les sept morts d’Evelyn Hardcastle, de Stuart Turton, 2018, éditions Sonatine, traduit par Fabrice Pointeau. Un premier roman, policier, maintenant trouvable en 10-18 : un jour sans fin, le mystère d’une mort à élucider.
Des livres français et, d’abord, d’autres polars au sens large :
– réédition, en 2025 chez Joëlle Losfeld, de La vierge et le taureau de Jean Meckert, paru en 1971. Livre anti-colonialiste, anti-nucléaire écrit après des repérages à Mururoa pour un film d’André Cayatte qui ne se fera pas du fait de l’agression subie par Meckert.
– réédition de Etat d’urgence de Jean-François Vilar, ed. Le beau jardin, 2023
– Champs Elysées, d’Hervé Proudhon. « Un écrivain remarquable, une langue » dit Alain qui signale qu’un auteur, Jérémy Bouquin, est en train d’écrire sur Hervé Proudhon.
Et
– le Goncourt 2025, le Mauvignier, éditions de Minuit.
– Le livre arrivé en deuxième position au Goncourt 2025 : Le bel obscur de Caroline Lamarche, éditions Le Seuil. Une grande écrivaine francophone, de Belgique.
– La vie Ossecaille, de Lena Vathy, éditions Noir sur blanc, 2025. Un premier roman qui est dans la sélection de 6 du festival normand Terres de paroles. Une jeune femme à la recherche de son identité à Taïwan
– Sous la brume de Yann Bécu, aux éditions HSN, 2025  Plus un conte philosophique et moins drôle que l’effet coccinelle qui nous avait beaucoup réjouis, mais intéressant.
– Coeur d’amande de Yasmina Khadra, Pocket : histoire d’un enfant nain, rejeté par sa mère, confié à sa grand-mère avec laquelle il a une relation très touchante
– Un docu d’Alexandre Kauffmann : La mythomane du Bataclan, éditions Gouttes d’or, 2021. Adapté en série par HBO. Basé sur le dossier judiciaire. Une vingtaine de personnes ont inventé avoir été au Bataclan. Cette femme a d’abord été indemnisée puis emprisonnée.
A rapprocher d’autres tromperies :
– Folcoche – Le secret de Vipère au poing, enquête sur un meurtre littéraire, d’Emilie Lanez, éditions Grasset 2025. La mère de Bazin n’a jamais été cette odieuse marâtre.
– des émissions de Sonia Kronlund sur France Culture entre 13h30 et 14h, Les Pieds sur Terre, comme Le pique-assiettes, ou de la même, un film : L’homme aux mille visages.


Enfin, des romans graphiques de dessinateurs d’ici :
Simon et Lucie, les ciels changeants, d’Alain Kokor, Payot et Rivages, 2024. Adaptation de Diastème, une histoire d’amour toxique.
La maison du canal , d’Edith. Adaptation du livre de Simenon par José-Louis Bocquet , éditions Dargaud, 2025

A noter, justement , une exposition au Théâtre de l’Hôtel de Ville de romans de Georges Simenon. Présentation par Elodie Boyer, éd. Non Standard.
Expo aussi, jusqu’au 8 mars 2026 au musée des Pêcheries de Fécamp, de photos et films du photographe Jean Gaumy, longtemps membre de l’agence Magnum.

Prochain Un vin des Livres programmé le jeudi 11 décembre, 18h à l’Art Hôtel.

 

Un vin, des livres – novembre 2025 -1)

C’est le moment des prix.
« Galligrasseuil » est toujours vivant,
Minuit ayant été racheté par le groupe Madrigall.
même si, c’est vrai,
on est contents
quand c’est Laurent Mauvignier qui obtient le Goncourt,

Entrée en matière ( relou, oui ) pour dire qu’on va parler de plus petites maisons d’édition
– une maison suisse francophone : La veilleuse ouverte par Arthur Billerey,
aussi poète et critique littéraire.
Un joli nom, La veilleuse, plein de promesses.
Joli nom aussi, sa collection de poche  : Lueurs
Là, on a découvert Peter und so weiter d’Alexandre Lecoultre.
Un livre paru pour la première fois en 2020 à l’Âge d’homme.
Toute en tendresse, la vie quotidienne de Peter, l’idiot du Dorf.
Une vie ouverte aux autres,
au paysage, au temps,
monotone ou réconfortante, selon.
Une écriture, des sensations,
des langues ; un peu d’alémanique, d’italien s’infiltrent dans la phrase.

– une maison française : Le Chemin de fer
dont je ne connaissais pas la collection de poche : Petite ceinture,
un format presque carré,
et, pour Mars violet d’Oana Lohan au moins, des illustrations pleine page, en noir et blanc, au début et à la fin du texte.
Présenté comme un roman mais un peu de l’ordre du docu- fiction aussi,
autour d’une nuit de décembre 1989, celle où les Ceaucescu sont tombés.
Racontée comme à chaud par une fille, dans un groupe de copains partis à la recherche d’un des leurs . Et cela fait penser au film de 2024, Ce nouvel an qui n’est jamais arrivé de Bogdan Muresanu.
Autour de cette nuit chaotique, l’atmosphère d’avant dans cette Roumanie malade et la vie d’après dans l’Europe enfin ouverte.

– Malheurs aux vainqueurs de Gwenaël Bulteau, polar historique, paru d’abord à La manufacture de livres, puis en 10-18.
Gwenaël Bulteau était présent pour ce livre, cette année, à Polar à la plage.
On est en 1900 à Alger. Des gens sont tués dans la villa d’un grand banquier des colonies. Enquête et retours en arrière sur la « mission » française particulièrement sanglante de la conquête du Tchad.
Faits réels et personnages imaginaires se mêlent parfaitement.

On a parlé de beaucoup d’autres choses, on y revient vite.
Et le prochain Un Vin, des Livres est programmé le jeudi 11 décembre, à 18h.

Un vin, des livres – octobre 2025 – 3)

Les romans étrangers évoqués :
– L’échelle de Jacob de Lioudmila Oulitzkaïa, 2015, Gallimard, maintenant trouvable en Folio. Traduction de Sophie Benech. Sur quatre générations, une famille de La Chaux de Fonds partie en Russie en 1899. Nora, femme moderne, scénographe et mère, reconstruit l’histoire de sa famille à partir des lettres du grand-père. On circule dans le temps de manière non linéaire. On est plongé dans l’univers lettré de la Russie et  la chape de plomb de l’URSS,
– L’imposteur de Javier Cercas, Actes Sud, 2015. Traduit de l’espagnol par Elisabeth Beyer et Aleksandar Grujivic. Une histoire vraie, un scandale. Une figure médiatique espagnole qui s’était présentée comme victime du franquisme, a toujours en fait été du côté de Franco. Cercas a eu peur d’écrire sur ce sujet, a repoussé plusieurs années ce livre. Il a passé des heures à interviewer cet homme , a lu Emmanuel Carrère et le cite.
– Je ne te verrai pas mourir d’Antonio Munoz Molina, 2025, le Seuil. Traduit de l’espagnol par Isabelle Gugnon : une histoire d’amour. Ils se sont connus à 20 ans, se retrouvent à 70.
– L’homme qui aimait les chiens, du Cubain Leonardo Padura, éd. Métailié, 2009, traduit par René Solis et Elena Zayas. Romancée mais documentée, la traque de Trotsky vue à travers 3 personnages : Trotsky, son assassin, Mercader – on voit comment il est programmé pour le tuer – et un écrivain cubain qui raconte l’histoire.
A rapprocher du livre de J. Semprun : La deuxième mort de Ramon Mercader.
– Haute folie d’Antoine Wauters, Gallimard 2025 : sur le souvenir, des personnes, des lieux. La même veine épique que Mahmoud ou la montée des eaux, 2021, éditions Verdier, Livre Inter 2022.
– Mirages et naufrages, cinq nouvelles de Giose Calaciura,  éditions Noir sur Blanc, 2025. Traduit de l’italien par Lise Chapuis : « la mer est toujours présente, l’écriture est poétique »  dit E.
– Combats de filles  de Ruth Bullwinkel, éd. La Croisée, 2025. Un premier roman, traduit de l’anglais (USA) par Hélène Cohen. On suit 8 filles de 16 ans, cabossées, sur des rings de boxe, sur la route vers Reno. On apprend ce qu’elles deviennent. « on vit avec elles, on ressent avec elles » dit M.C.
– Invasion de Luke Rhinehart, paru aux Forges de Vulcain en 2016 et trouvable en Points. Traduit par Francis Guévremont. « Déjanté ! en roue libre ! J’ai beaucoup ri «  dit D. Une boule de poils atterrit sur un bateau. Pas que fou, « une satire de la société américaine ».
Quelques polars :
– de Jurika Pavicic : L’eau rouge, et Mater dolorosa, ed Agullo, traduits tous deux du croate par Olivier Lannuzel. Pavicic était au festival du Goéland Masqué cette année.
– L’irrésistible appel de la vengeance de Rosa Mogliasso, auteure de Turin, 2023, traduit par Joseph Incardona. En Folio. Humour : le livre est un roman policier et manuel d’écriture de roman policier.
– Librairie des chats noirs  de Pier Giorgio Pulixi, traduction d’A. Pons-Reumaux, éd Gallmeister, maintenant en collection Totem. Le deuxième volet des aventures de l’enquêteur libraire.
D’autres oeuvres où une librairie est personnage et où des livres amènent à d’autres livres :
La sentence, de l’Américaine Louise Erdrich, 2021, éd. Albin Michel, maintenant en Livre de Poche, traduit par Sarah Gurcel .
– Le libraire de Wigtown, et Petit traité de lecteur de Shaun Bythell , tous deux parus d’abord chez Autrement, maintenant en J’ai Lu, traduits pour le premier par Severine Weiss et l’autre par Laurent Cantagrel. des documentaires sur sa vie de libraire de seconde main en Ecosse.

Prochain Un vin, des livres, le jeudi  6 novembre. A 18h, à l’Art Hotel .