Chat Bleu – janvier 2023 -2)

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Il a aussi été question de romans policiers :
– La disparition de Perek d’Hervé Le Tellier : un Poulpe de 1997.
Le Poulpe est une création de Jean-Bernard Pouy, une collection de polars à contraintes : on doit par exemple y trouver des personnages récurrents : Gabriel Lecouvreur, sa copine coiffeuse Cheryl. Le titre est forcément un jeu de mots. Le premier, de Pouy, s’intitulait La petite écuyère a cafté. Jean-Paul Jody a pu titrer 20 000 vieux sur les nerfs
J.B. Pouy a dit de ces livres : « Un Poulpe, tu fais ça en deux mois ou tu oublies ». N’empêche : c’est drôle et souvent réussi.
– Tout Tanguy Viel, mais plus précisément  Article 353 du code pénal, éditions de Minuit. Tanguy Viel a participé au scénario de L’innocent, film de 2022 de Louis Garrel. On n’est pas vraiment dans le polar mais pas loin.
– Hervé Le Corre : L’homme aux lèvres de saphir, roman policier historique, une merveille parue en 2004 chez Payot et Rivages. En 1870, à Paris, des meurtres…
et de « patrimonial » :
– Blaise Cendrars, l’auteur-voyageur, fasciné par Sarah Bernhardt, proche des Delaunay, de Fernand Léger avec Emmène-moi au bout du monde !…, éditions Denoël, 1956, et Aujourd’hui, une compilation d’articles parus entre 1914 et 1930. Un écrivain dans son temps.
– Françoise Héritier, le goût des autres,un bel hommage de Laure Adler à celle qui fut la première femme anthropologue au Collège de France. Ses sujets d’études se sont concentrés sur la domination masculine. Elle a aussi agi contre cette domination avec le « bus des femmes », créé pour aider les prostituées.

Prochain Chat Bleu prévu jeudi 9 février à 18h30. Le suivant, le 9 mars. 

Le photographe Alain Keler à la Galerne

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A l’occasion d’un colloque ( ouvert au public, les 26 et 27 janvier 2023, aux Affaires Internationales de l’Université ), organisé par Anouk Guiné, professeure spécialiste du Pérou, le photographe Alain Keler est de retour au Havre.
Ses deux derniers livres sont sur L’Amérique, celle de New York et la Latine, tous deux parus aux éditions de Juillet installées en Bretagne. Belle couverture toilée, reliure originale, beaux noirs !
Alain Keler a aussi travaillé sur les Roms, sur les ex-pays communistes d’Europe. Beaucoup sur des terrains de guerre ( Pérou – où ses travaux sont censurés – Salvador, Uruguay, Liban, Tchétchénie, etc…). Toujours sur les minorités, sur les populations en difficulté : « Je me suis aperçu que j’allais sur ma propre histoire » dit ce petit-fils d’émigrés polonais déportés et jamais revenus. Passionné de géopolitique, il voit « la photographie comme une manière de vivre, une philosophie à part entière. »

Chat Bleu – janvier 2023 – 1)

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Des vins coups de coeur pour cette nouvelle année :
un vin nature en rouge du domaine Ricardelle de Lautrec, près des Corbières. Un petit vignoble, le long de la voie romaine, quatre générations de vignerons. Proche du pinot noir, souple, soyeux, idéal à l’apéritif et sur des plats exotiques.
un blanc du Languedoc, plutôt sec, bio, cépage « L’accord »,

Ils accompagnaient
– Dem de William Melvin Kelley (1937-2017), auteur afro-américain. Ce livre est sorti en 1967 aux Etats-Unis, en France au Castor Astral en 1992 et à La Croisée en 2001. Il est maintenant trouvable chez 10-18. Traduction de Michelle Herpe-Voslinsky. Moments de la vie d’un couple blanc, middle-class, la trentaine, Mitchell et Tam. Ils sont peu sympathiques et leur relation n’est pas enthousiasmante mais ils attendent pour la deuxième fois un enfant. Pardon, deux…de deux couleurs différentes…
– Détails, II – Suite et fin – Faits de Marcel Cohen, éditions Gallimard, 2021 : des notes sur des sujets extrêmement différents : la vie des marins philippins, l’usage du portable, la ville d’Anniston en Alabama polluée par Monsanto, les chevaux pendant la guerre de 14, des horlogers d’exception, mais, surtout un très beau chapitre, sur « les paysages cénotaphes, selon l’expression du critique d’art et universitaire Pierre Wat », et un autre sur les révoltants « souvenirs d’Auschwitz ».
– 
Fenêtres sur le Japon d’Eric Faye, éditions Picquier, 2021 : un magnifique réservoir de lectures et de films. Si on est fasciné par ce pays, on connaît bien sûr beaucoup de ces  références ( comme Tanizaki, Oé, Sekiguchi, Ozu, Naruse). Mais vraiment pas toutes, loin de là, ( Endô, Ooka  ou Shindô par exemple) !
Eric Faye, aussi écrivain et voyageur, avec Christian Garcin ou seul, avance par thèmes : la fermeture du pays, les femmes, les Burakumin, l’empereur, la bombe ou des concepts spécifiques à l’archipel : le « Ma« .

Trouvé par ailleurs dans un petit livre de Benoit Reiss chez Esperluète, 2018 : « Si un jour tu veux raconter le Japon, prends des ciseaux, coupe des petits et des grands morceaux et jette tout en l’air. »

Prochain Chat Bleu prévu le jeudi 9 février à 18h30.
Mais on n’a pas parlé que de ça…Un Chat Bleu janvier – 2) devrait suivre.

Retour sur la P U N° 155 : youhou !

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tardivement, très, car déplacements multiples et l’objet-livre caché facétieusement glissé entre et entre, mais retrouvé

donc lu maintenant,
picoré
avec appétit
et déjà merci pour la pensée de l’envoi
de ce 155ème
objet multiple en effet
et mystérieux
(sachant que j’ignore qui est robert wyatt)
(et que donc l’étrangeté est absolue, d’un livre sur qui je ne connais pas)
(comme une biographie inventée)
(quelque chose de totalement fictionnel)

(et s’arrêtant sur un album que je ne connais pas non plus)
(mais qu’écoutant ce matin je reconnais bien sûr) (alors c’est donc lui)
(mais pourquoi lui alors, en dehors de la maquette qui vous plaît)
une sorte de folie borgesiennne
qui immédiatement
et ludiquement
m’a rappelé ces découpages qu’enfant on faisait
de silhouettes à habiller
de différentes tenues qu’on clipait, qu’on changeait
(je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans…)
mais aussi les mille milliards de poèmes
ces lectures en tout sens
pulvérisant l’ordre narratif, le recomposant
drôlement aussi
entre art brut et poésie minimale
entre humour et absurde (le verso découpé de certains collages est aussi signifiant dans ses manques)
aussi merci catherine
oui
amicalement
ea&fd = Emmanuel Adely et Frédéric Dumond !!!!!

Un James Cain : P U N° 166

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Le facteur sonne toujours deux fois, Pièce Unique N°166, paru en 1934, a été porté deux fois à l’écran et, quand on entend ce titre, on pense peut-être plus au film de 1946 avec Lana Turner et John Garfield qu’au livre.
Mais, pour François Guérif, ce roman est « d’une rare concision stylistique et rythmique. (C’est) une œuvre révolutionnaire qui porte le crime chez les gens « ordinaires » en dévoilant les motivations essentielles des protagonistes : le sexe et l’argent. Pas de jugement moral mais l’œil entomologique d’un écrivain qui a transformé les crime stories en histoire d’amour »(…) « un chef d’oeuvre qui n’a jamais été dépassé. »
Un livre du tout début de la carrière de James Cain (1892-1977). 

Quelques Poèmes Express issus de Le facteur sonne toujours deux fois :
– Une voix à la radio, une voix que je pouvais garder.
– J’ai pensé, beaucoup pensé. Je parle, ça fait les muscles.
– Une jolie couleur l’a tué raide et s’est détendue.
– Il avait dessiné une buse tenant dans son bec un pharmacien.
– ça a l’air d’une blague : j’ai un mal fou à retenir le sourire l’hiver.
– Quelqu’un m’a offert du bizarre. Je dois reconnaître que ça ne m’emballait pas.

Cette Pièce Unique est offerte à Fabrice Feuilloley, qui crée les livres des éditions du Petit Flou depuis 2013. Poésie et artisanat : de la fabrication du papier au façonnage en passant par l’impression.

C(ART)ollage

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C(ART)ollage
(suite et fin :  était annoncé… mais pas complet.
Il est maintenant prêt )

Voilà un des éléments de C(ART)ollage pour accompagner les voeux de Rue du Départ :

voeux pour
un 2023 plus heureux que vous ne pouvez l’imaginer à l’heure actuelle, mais VRAIMENT bien bien plus heureux … ! …