Voyageons ! avec Cesar Aira !

Voyageons, oui. Traversons  l’espace et le temps avec Prins de Cesar Aira, paru chez Christian Bourgois en 2019.

Cesar Aira est Argentin, né en 1949. Il est installé depuis 1967 dans le quartier de Flores à Buenos Aires.
Prins est : p. 79 : « un roman conçu comme un collage. »
Le narrateur se dit auteur de romans gothiques ( p. 91 : « …quand le Château d’Otrante avait fait sensation (…), j’ai rapidement produit à la suite Les mystères d’Udolphe, Le Moine, Melmoth dont les ventes furent millionnaires » ) : en fait, un grand voleur de textes…
Mais il en a assez, il se cherche une autre occupation. Ce sera l’opium.
Et l’opium, comme le rêve, favorise le déplacement et la condensation.
Ainsi, Alicia qui vit avec lui, est multiple : de l’étudiante « douée en ingénierie » abordée à la fac, à la femme déformée par les maternités rencontrée dans le bus 126, en passant par la servante – maîtresse.
Ainsi, la maison qu’il s’est créée, énorme. On peut s’y perdre, y cacher des cadavres.  P.126 : «  les couloirs du troisième étage  s’étiraient comme des rivières de plomb ».  Elle est aussi labyrinthique que l’université** qu’il fait visiter à Alicia une nuit d’orage.
Architecture gothique, romans gothiques, ambiance gothique : p. 131 : « L’avenue Las Haras était inondée, l’eau tombait en cascades des immeubles, de balcon en balcon, les chutes d’Iguazu en version urbaine, la violence courbait tellement les arbres que le feuillage de leurs cimes ouvrait des sillons dans le courant. Les éclairs faisaient apparaître par instants une ville couleur d’argent. Entre deux éclairs, les ténèbres. »


Mais nous sommes à Buenos Aires. Les « cartoneros » sont là et la réalité économique aussi : P. 114 :  » La panne d’électricité qui affecte un vaste secteur à l’ouest de la ville. »(…) « un incident tout ce qu’il y a de plus banal » (…) » Ce gouvernement, tout comme les précédents, a mené une politique énergétique maladroite et à courte vue. »


Ce roman est, dans sa forme, et gothique et contemporain et, même si cela n’apparaît pas ici, plein d’humour.

* * note – p. 171 : « l’un des sièges de la faculté d’ingénierie de style gothique conçu par l’architecte Arturo Prins (1877-1939) »

Encore des blogueuses qui ont bon goût!

Joséphine, du blog Unwalkers, nous parle de sa rencontre avec Nicolas Jaillet :

J’ai rencontré Nicolas Jaillet à Sang d’Encre ; un homme avenant, charmant, à qui j’ai acheté son dernier livre, La Maison. Curieuse de découvrir ses écrits, ce livre m’a semblé le bon choix. Pour sa couverture d’abord ; design, teinté de turquoise. Pour la 4e de couv ensuite, extrait de la préface, rédigée par Marcus Malte ; « Une angoisse, une oppression superbement rendue par la subtilité de l’écriture. Car écrire, c’est faire des choix : il y a ce que l’on montre, il y a ce que l’on suggère simplement, et il y a ce que l’on garde sous silence. Autant d’ingrédients que Nicolas Jaillet, en fin architecte, en solide maçon, en parfait magicien, dose. » J’avoue avoir été surprise, je ne m’attendais pas du tout à cela.
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Les femmes qui lisent NE sont PAS dangereuses

Après avoir super bien parlé de Ville de nuits de Thierry Crifo, Catherine Dô-Duc est venue au Havre au 11ème festival du Polar à la plage, un bon cru comme d’habitude… Cette fois, elle s’est intéressée à notre petit dernier, voilà ce que ça donne : Le blog de Velda.
Dominique Baillon, quant à elle, a chroniqué La Maison dans la revue en ligne : Encres vagabondes.
Nathalie Manceau a écrit deux beaux textes, un sur Ville de nuits de Crifo et un sur Ton visage de Pascal Millet sur le blog chez Mark et Marcel.

Les hommes, s’ils lisent -et c’est pas gagné- NE sont PAS plus dangereux :

La preuve nous est donnée dans la revue Tête en noir N° 163 par Jean-Hugues Villacampa :
Pile & Face, de Dominique Delahaye (Rue du Départ ) « Voyage noir ».
C’est à l’occasion d’imaJn’ère 2013 que j’ai fait la découverte de Dominique Delahaye. (…) Le court roman fait terriblement vrai, ce coté «french polar» qui hésite entre intrigue et chronique réaliste, et dans lequel on se laisse embarquer avec langueur. Comme cette Meuse hypnotique qui roule le long de ces péniches immobiles et qui donne l’impression de se mouvoir alors que nous restons comme en stase.

D’autres critiques !

– Le bouquin est si fort! dit Gilda F.
– Plus qu’un lieu, c’est une femme qui hante ces pages, de celles que l’on croit connaître et que l’on croise sans les reconnaître : Christel G.
– Vraiment un très beau livre: fascinant ce climat de tension qui règne dès les premières lignes et qui dure : Francine C.
– La construction et l’écriture efficaces, la tension, le sentiment d’oppression, vous l’avez dit déjà. Ce que j’aime dans les livres, c’est qu’ils restent ouverts et continuent à « agir » en nous : c’est le cas ici » : Véronique G.

Vendredi 3 mai à 18h, Emmanuel Delhomme, sur France Inter :
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Ouf! les hommes s’y mettent aussi!

Voilà
– ce qu’a écrit, à Nicolas Jaillet, Pascal Cottin, libraire, animateur de débats:
« A peine reposé, je sais que ce livre restera. Tout au long de ma vie de libraire, quelques livres m’ont suivi et je ne les lâche pas. Le tien en fait partie. »
– une ou deux phrases de l’article de Claude Le Nocher, sur son site:
« Nicolas Jaillet est un perfectionniste. Au fil de la lecture, on s’aperçoit que son texte est ciselé (…), c’est une construction parfaitement mise en place (…) »
lire la suite sur le blog de Claude Le Nocher

– ce qu’a dit Emmanuel Delhomme, de la librairie Livre Sterling, Paris: « c’est formidable: une vraie histoire, comme un coup d’épée. On l’imagine au cinéma. »

La maison : critiques de lectrices

– « J’ai lu Nicolas Jaillet hier soir. J’étais littéralement « dans la maison ». Terrible »
Caroline L.
– « La maison » me plaît ++ » Monique S.L.
– « je viens de terminer « La maison ». Tu le commences et tu ne le lâches plus » Annie T.
– « Ca correspond à plein de femmes! » Françoise P.
– « Je l’ai dévoré, je l’ai adoré… Complètement original, très bien écrit.(…) Ginou L.
– « On est captivé. Une gourmandise, à dévorer » Bertile T.
– « On y entre et on ne le lâche pas » Laure de C.
– « J’ai failli arrêter ma lecture à cause de la tension de certaines scènes. J’ai continué. Heureusement. » Malvina H.

Les critiques qui font plaisir !

« Ville de nuits », 7 nouvelles de Thierry Crifo chez un nouvel éditeur havrais, Rue du départ

Faire la connaissance d’un nouvel éditeur, c’est bien. Quand, parmi ses premières publications, on trouve un recueil de nouvelles de Thierry Crifo, c’est encore mieux, vu qu’on aime bien Thierry Crifo.
L’éditeur s’appelle Rue du Départ, et c’est au Havre que la petite équipe a décidé de se lancer dans l’aventure. Aujourd’hui, il nous offre trois recueils de nouvelles noires signés Dominique Delahaye, Pascal Millet et Thierry Crifo. Trois livres de petit format, joli papier, jolie typo, belles couvertures très graphiques, en deux couleurs, signées du graphiste maison, Eric Enjalbert, chouette tir groupé !
Dans Ville de nuits, Thierry Crifo nous propose sept nouvelles noires, des personnages formidablement émouvants, des histoires humaines terriblement modestes ou terriblement effrayantes…
Lire la suite sur le blog de Catherine Velda

Claude Le Nocher aussi a aimé

…une vraie sensibilité émane des histoires racontées par Thierry Crifo, dans ces portraits qui dessinent les blessures et les petits bonheurs de ses personnages. Que les dénouements soient sombres ou plus optimistes, les récits sont forts en images véridiques, parfois cruelles, comme en émotions. Pour les lecteurs connaissant encore peu ou mal cet auteur, ce recueil est le bienvenu…
Lire la suite sur le blog de Claude Le Nocher

Critique toujours…

Lisez et comme nous, appréciez :
Dominique Baillon-Lalande, amoureuse des livres, de l’écriture, grande amie du grand et regretté Pascal Garnier, nous a fait le plaisir de parler de Pile et face de Dominique Delahaye dans la revue en ligne Encres vagabondes :

Tout d’abord, une préface fort sympathique de Jean-Bernard Pouy pour introduire ce polar fluvial, qui nous donne quelques clefs sur l’auteur. De quoi nous mettre l’eau à la bouche.

Puis, ça démarre… On est au bord de la Meuse, dans le milieu de la batellerie, près de Namur, et dès la première page c’est un mort qui nous accueille : « quatre heures du matin, l’heure des cauchemars ou des gueules de bois. » Un corps disloqué avec une tige de fer au travers du crâne, non identifié, pour l’instant…
Le « Marlou » péniche achetée depuis peu, amarrée sur les lieux du drame, appartient à Samuel. Un fils à papa homosexuel en rupture avec sa famille, vague étudiant passant des fêtes avec les copains aux petits trafics de voitures de luxe puis poussant l’audace à se compromettre dans quelques actions plus périlleuses détournées pour son propre profit, semble chercher à prendre le vert et à se cacher. « Les liquidités c’est bien pratique, mais c’est encombrant. »…

La suite est sur le site de la revue Encres vagabondes