Un vin, des livres – novembre 2025- 2)

Mis en avant

quelques livres étrangers :
– Les bons voisins de Nina Allan, éd. Tristram, 2025. Traduit par Bernard Sigaud.
Prix Femina étranger.
Autrice défendue depuis le début par cette maison d’édition indépendante. On peut trouver ses livres précédents dans leur collection de poche, « souple »
Des textes où le fantastique affleure, affleure, pas plus.
Ici, c’est autour du souvenir, de l’enfoui.
– Les sept morts d’Evelyn Hardcastle, de Stuart Turton, 2018, éditions Sonatine, traduit par Fabrice Pointeau. Un premier roman, policier, maintenant trouvable en 10-18 : un jour sans fin, le mystère d’une mort à élucider.
Des livres français et, d’abord, d’autres polars au sens large :
– réédition, en 2025 chez Joëlle Losfeld, de La vierge et le taureau de Jean Meckert, paru en 1971. Livre anti-colonialiste, anti-nucléaire écrit après des repérages à Mururoa pour un film d’André Cayatte qui ne se fera pas du fait de l’agression subie par Meckert.
– réédition de Etat d’urgence de Jean-François Vilar, ed. Le beau jardin, 2023
– Champs Elysées, d’Hervé Proudhon. « Un écrivain remarquable, une langue » dit Alain qui signale qu’un auteur, Jérémy Bouquin, est en train d’écrire sur Hervé Proudhon.
Et
– le Goncourt 2025, le Mauvignier, éditions de Minuit.
– Le livre arrivé en deuxième position au Goncourt 2025 : Le bel obscur de Caroline Lamarche, éditions Le Seuil. Une grande écrivaine francophone, de Belgique.
– La vie Ossecaille, de Lena Vathy, éditions Noir sur blanc, 2025. Un premier roman qui est dans la sélection de 6 du festival normand Terres de paroles. Une jeune femme à la recherche de son identité à Taïwan
– Sous la brume de Yann Bécu, aux éditions HSN, 2025  Plus un conte philosophique et moins drôle que l’effet coccinelle qui nous avait beaucoup réjouis, mais intéressant.
– Coeur d’amande de Yasmina Khadra, Pocket : histoire d’un enfant nain, rejeté par sa mère, confié à sa grand-mère avec laquelle il a une relation très touchante
– Un docu d’Alexandre Kauffmann : La mythomane du Bataclan, éditions Gouttes d’or, 2021. Adapté en série par HBO. Basé sur le dossier judiciaire. Une vingtaine de personnes ont inventé avoir été au Bataclan. Cette femme a d’abord été indemnisée puis emprisonnée.
A rapprocher d’autres tromperies :
– Folcoche – Le secret de Vipère au poing, enquête sur un meurtre littéraire, d’Emilie Lanez, éditions Grasset 2025. La mère de Bazin n’a jamais été cette odieuse marâtre.
– des émissions de Sonia Kronlund sur France Culture entre 13h30 et 14h, Les Pieds sur Terre, comme Le pique-assiettes, ou de la même, un film : L’homme aux mille visages.


Enfin, des romans graphiques de dessinateurs d’ici :
Simon et Lucie, les ciels changeants, d’Alain Kokor, Payot et Rivages, 2024. Adaptation de Diastème, une histoire d’amour toxique.
La maison du canal , d’Edith. Adaptation du livre de Simenon par José-Louis Bocquet , éditions Dargaud, 2025

A noter, justement , une exposition au Théâtre de l’Hôtel de Ville de romans de Georges Simenon. Présentation par Elodie Boyer, éd. Non Standard.
Expo aussi, jusqu’au 8 mars 2026 au musée des Pêcheries de Fécamp, de photos et films du photographe Jean Gaumy, longtemps membre de l’agence Magnum.

Prochain Un vin des Livres programmé le jeudi 11 décembre, 18h à l’Art Hôtel.

 

Un vin, des livres – novembre 2025 -1)

Mis en avant

C’est le moment des prix.
« Galligrasseuil » est toujours vivant,
Minuit ayant été racheté par le groupe Madrigall.
même si, c’est vrai,
on est contents
quand c’est Laurent Mauvignier qui obtient le Goncourt,

Entrée en matière ( relou, oui ) pour dire qu’on va parler de plus petites maisons d’édition
– une maison suisse francophone : La veilleuse ouverte par Arthur Billerey,
aussi poète et critique littéraire.
Un joli nom, La veilleuse, plein de promesses.
Joli nom aussi, sa collection de poche  : Lueurs
Là, on a découvert Peter und so weiter d’Alexandre Lecoultre.
Un livre paru pour la première fois en 2020 à l’Âge d’homme.
Toute en tendresse, la vie quotidienne de Peter, l’idiot du Dorf.
Une vie ouverte aux autres,
au paysage, au temps,
monotone ou réconfortante, selon.
Une écriture, des sensations,
des langues ; un peu d’alémanique, d’italien s’infiltrent dans la phrase.

– une maison française : Le Chemin de fer
dont je ne connaissais pas la collection de poche : Petite ceinture,
un format presque carré,
et, pour Mars violet d’Oana Lohan au moins, des illustrations pleine page, en noir et blanc, au début et à la fin du texte.
Présenté comme un roman mais un peu de l’ordre du docu- fiction aussi,
autour d’une nuit de décembre 1989, celle où les Ceaucescu sont tombés.
Racontée comme à chaud par une fille, dans un groupe de copains partis à la recherche d’un des leurs . Et cela fait penser au film de 2024, Ce nouvel an qui n’est jamais arrivé de Bogdan Muresanu.
Autour de cette nuit chaotique, l’atmosphère d’avant dans cette Roumanie malade et la vie d’après dans l’Europe enfin ouverte.

– Malheurs aux vainqueurs de Gwenaël Bulteau, polar historique, paru d’abord à La manufacture de livres, puis en 10-18.
Gwenaël Bulteau était présent pour ce livre, cette année, à Polar à la plage.
On est en 1900 à Alger. Des gens sont tués dans la villa d’un grand banquier des colonies. Enquête et retours en arrière sur la « mission » française particulièrement sanglante de la conquête du Tchad.
Faits réels et personnages imaginaires se mêlent parfaitement.

On a parlé de beaucoup d’autres choses, on y revient vite.
Et le prochain Un Vin, des Livres est programmé le jeudi 11 décembre, à 18h.

Un vin, des livres – octobre 2025 – 3)

Les romans étrangers évoqués :
– L’échelle de Jacob de Lioudmila Oulitzkaïa, 2015, Gallimard, maintenant trouvable en Folio. Traduction de Sophie Benech. Sur quatre générations, une famille de La Chaux de Fonds partie en Russie en 1899. Nora, femme moderne, scénographe et mère, reconstruit l’histoire de sa famille à partir des lettres du grand-père. On circule dans le temps de manière non linéaire. On est plongé dans l’univers lettré de la Russie et  la chape de plomb de l’URSS,
– L’imposteur de Javier Cercas, Actes Sud, 2015. Traduit de l’espagnol par Elisabeth Beyer et Aleksandar Grujivic. Une histoire vraie, un scandale. Une figure médiatique espagnole qui s’était présentée comme victime du franquisme, a toujours en fait été du côté de Franco. Cercas a eu peur d’écrire sur ce sujet, a repoussé plusieurs années ce livre. Il a passé des heures à interviewer cet homme , a lu Emmanuel Carrère et le cite.
– Je ne te verrai pas mourir d’Antonio Munoz Molina, 2025, le Seuil. Traduit de l’espagnol par Isabelle Gugnon : une histoire d’amour. Ils se sont connus à 20 ans, se retrouvent à 70.
– L’homme qui aimait les chiens, du Cubain Leonardo Padura, éd. Métailié, 2009, traduit par René Solis et Elena Zayas. Romancée mais documentée, la traque de Trotsky vue à travers 3 personnages : Trotsky, son assassin, Mercader – on voit comment il est programmé pour le tuer – et un écrivain cubain qui raconte l’histoire.
A rapprocher du livre de J. Semprun : La deuxième mort de Ramon Mercader.
– Haute folie d’Antoine Wauters, Gallimard 2025 : sur le souvenir, des personnes, des lieux. La même veine épique que Mahmoud ou la montée des eaux, 2021, éditions Verdier, Livre Inter 2022.
– Mirages et naufrages, cinq nouvelles de Giose Calaciura,  éditions Noir sur Blanc, 2025. Traduit de l’italien par Lise Chapuis : « la mer est toujours présente, l’écriture est poétique »  dit E.
– Combats de filles  de Ruth Bullwinkel, éd. La Croisée, 2025. Un premier roman, traduit de l’anglais (USA) par Hélène Cohen. On suit 8 filles de 16 ans, cabossées, sur des rings de boxe, sur la route vers Reno. On apprend ce qu’elles deviennent. « on vit avec elles, on ressent avec elles » dit M.C.
– Invasion de Luke Rhinehart, paru aux Forges de Vulcain en 2016 et trouvable en Points. Traduit par Francis Guévremont. « Déjanté ! en roue libre ! J’ai beaucoup ri «  dit D. Une boule de poils atterrit sur un bateau. Pas que fou, « une satire de la société américaine ».
Quelques polars :
– de Jurika Pavicic : L’eau rouge, et Mater dolorosa, ed Agullo, traduits tous deux du croate par Olivier Lannuzel. Pavicic était au festival du Goéland Masqué cette année.
– L’irrésistible appel de la vengeance de Rosa Mogliasso, auteure de Turin, 2023, traduit par Joseph Incardona. En Folio. Humour : le livre est un roman policier et manuel d’écriture de roman policier.
– Librairie des chats noirs  de Pier Giorgio Pulixi, traduction d’A. Pons-Reumaux, éd Gallmeister, maintenant en collection Totem. Le deuxième volet des aventures de l’enquêteur libraire.
D’autres oeuvres où une librairie est personnage et où des livres amènent à d’autres livres :
La sentence, de l’Américaine Louise Erdrich, 2021, éd. Albin Michel, maintenant en Livre de Poche, traduit par Sarah Gurcel .
– Le libraire de Wigtown, et Petit traité de lecteur de Shaun Bythell , tous deux parus d’abord chez Autrement, maintenant en J’ai Lu, traduits pour le premier par Severine Weiss et l’autre par Laurent Cantagrel. des documentaires sur sa vie de libraire de seconde main en Ecosse.

Prochain Un vin, des livres, le jeudi  6 novembre. A 18h, à l’Art Hotel .

Un vin, des livres – octobre 2025 – 2)

Elles et ils avaient beaucoup, beaucoup lu :
un peu de documents, ou documents-fictions :
– La chair des autres de Claire Berest , Albin Michel, 2025 : à chaud, le procès de Mazan que Claire Berest a pu suivre en tant que journaliste.
– Finistère d’Anne Berest, 2025, Albin Michel : sur la Bretagne (« j’y étais » dit J), le grand-père marin, et le père. De 1909 à nos jours.
Certaines se souviennent de Gabriële, écrit par les deux soeurs Berest sur leur ancêtre, la femme de Picabia. Chez Stock, 2017. Véronique : »Vraiment bien sur l’histoire de l’art »
– Kolkhoze
d’Emmanuel Carrère, 2025, P O L : sur sa mère Hélène Carrère d’Encausse.
son texte aussi dans la revue Kometa.
Frederick : « il met au point sa façon d’écrire, utilise le « je » dès L’adversaire »
– Chagrin d’un chant inachevé : sur la route de Che Guevara, 2025, Gallimard. « C’est plein d’humour, léger » dit Colette qui est arrivée à cet auteur par Un certain M. Piekielny, paru en 2017, trouvable en Folio. Désérable était parti à la recherche du voisin de Romain Gary, croisé dans Promesse de l’aube.
Où les étoiles tombent de Cédric Sapin-Dufour, 2025, éd. Stock : par bribes, l’accident de parapente de sa femme et ses suites.
– La joie ennemie de Kaouther Adimi, dans la collection Ma nuit au musée, 2025. L’auteure a choisi d’aller à l’Institut du Monde Arabe et évoque la peintre Baya qu’ont célébrée Matisse et Picasso. Un livre sur ce qu’on transmet et ce qu’on tait.

Un peu de romans français :
– La barque de Masao d’Antoine Choplin, chez Buchet-Chastel, 2024, maintenant en Points. Un ouvrier, Masao, retrouve sa fille après des années. Les liens se retissent.
– Entre toutes de Franck Bouysse. Un intime familial, des vies de femmes paysannes dans les années 1910. « De très beaux personnages. Une écriture poétique. » dit V qui ajoute avoir fini le livre en larmes.
– Les ombres du monde de Michel Bussi, 2025, éd. Lizzie : En bon géographe, il donne une très bonne idée de ce qui s’est passé au Rwanda dans les années 90. Mais c’est aussi une fiction qui se passe maintenant.

Et de très nombreux romans étrangers qui seront évoqués dans le prochain post.

Octobre 2025 : Un Vin, des Livres – 1)

Déjà, quelques dates :
– à La Galerne, à 18 h, le 21 octobre :
trois jeunes écrivains sortis du Master de création littéraire :
Bobby Chalard, Louise Rose, et Julia Sintzen
qui ont vu, en cette rentrée 2025, sortir leur premier livre.

– à l’Art Hotel, à 18 h, le jeudi 6 novembre :
le prochain Un vin, des livres.

Pourquoi avoir mis en gras le nom de Julia Sintzen ?
Parce que Oskar, lui aussi du master, nous avait parlé de deux amies qui venaient d’être publiées : Louise Rose, chez P O L et Julia chez Corti.
Pas encore eu le temps de lire le Louise Rose
mais Sporen , si :
et j’ai été scotchée par son premier chapitre  : très fort, intense à un point rare.
Relu deux fois et ressenti la même impression.
Un travail sur la langue, ou plutôt sur les langues :
beaucoup de français, très beau, et un peu de néerlandais.
L’histoire : des moments de la vie conjugale de Rinske et Wim.
Elle est d’origine indonésienne, il est néerlandais … et un peu sanguin.

De cette rentrée également,
premier livre également,
Quatre jours sans ma mère de Ramses Kefi, éditions Philippe Rey
Plus classique dans sa forme.
Une femme, Amani, est partie de son foyer (un mari, Hedi et leur fils de plus de trente ans, le narrateur) et de sa banlieue, pas du tout criminogène. Ils ne comprennent pas. Hedi veut faire table rase, le fils se remémore les derniers mois et voit combien ils ont été peu attentifs à Amani.
Les personnages sont tous attachants. Pas lénifiant mais d’un humour tout doux.

Un thriller, sorti en 2024 chez Denoël, maintenant en Folio :
La colère d’Izanagi de Cyril Carrère, encensé par G. Collard, le libraire de la Griffe noire.
Deux raisons pour le lire : le Japon et Polar à la plage… Mais Carrère vit au Japon… Trop cher pour Les Ancres noires…
Des actions sanglantes ont lieu, en lien avec le darknet.
Les enquêteurs forment un duo improbable : une jeune franco-japonaise qui n’a pas sa langue dans sa poche et un policier hors norme.
Le twist final est bien foutu.

Ils et elles avaient beaucoup lu. La suite bientôt …

rentrée d’un Vin, des Livres

Le jeudi 9 octobre, à 18h
Un vin, des livres fait sa vraie rentrée.
Rentrée littéraire (n’) oblige (pas) ,
des livres récents,
d’autres beaucoup moins
parce que,
malgré ce que vous voyez ou croyez peut-être,
les livres ont une durée de vie de plus de
…trois,…
heu… non,…
deux mois…
Je ne vous présenterai sans doute pas,
ou pas forcément, ces trois livres-là,

Juste, rappelez-vous la date !
Venez partager vos lectures ou en parler !
.
Où ?
Je ne le sais pas encore…!!!…

Un vin, des livres – juin 2025 – 3)

Plein d’autres textes aussi, romans ou pas,  par 1) des auteurs, par 2) des autrices :
1)
– Veiller sur elle de J.B.Andrea, :  » une grande histoire d’amour »
– Objectif zéro 
d’Anthony McCarten, éditions Denoël, traduit par Frédéric Brument, dans la belle collection Graphic : dans un avenir proche, dix personnes choisies sur leur CV, dont un bibliothécaire, ont, pour gagner 3 millions de dollars, à disparaître pendant un mois malgré IA, reconnaissance faciale, CIA et autres dispositifs de surveillance.
Une apologie des oisifs de R.L. Stevenson, éd Allia.
Servabo, mémoire de la fin du siècle de Luigi Pintor, éd d’Ulm. 14 petits textes de ce journaliste sarde, député communiste (1925-2003) dans lesquels il revient sur des choses vécues :« Humilité, intelligence » dit A
Le grand secours de Thomas B Reverdy : En une journée : Bondy, un lycée pro. Un poète vient, qui n’a jamais vu ce type d’élèves. Un échangeur à côté du lycée, le croisement de sociétés. Une agression par un policier, filmée, une émeute. « Ironique »
– La chambre de 
Mariana de Aharon Appelfeld, éditions L’Olivier, 2008, traduit par Valérie Zenatti :  « lu après avoir vu le film d’Emmanuel Finkiel », ça pose le problème de l’adaptation. De lire avant, ou après, ou pas… » dit M A
– Le pain des Français de Xavier Le Clerc (alias Aïd Amis-Taïeb, né en Kabylie a grandi à Caen, ed Gallimard : des allers-retours entre sa vie et les colonies. Les restes de soldats envoyés en métropole et conservés au musée de l’homme. En 2022, un accord est signé : 24 crânes retournent en Algérie pour 5 ans…
2)
– Ni vues, ni connues par le collectif Georgette Sand, paru en 2017 : trois pages pour chaque femme, 75 femmes laissées de côté par l’histoire, à tort.
– Frapper l’épopée  d’Alice Zeniter, 2024, éditions Flammarion : sur la Nouvelle-Calédonie, les coutumes des Kanaks. Un rapprochement avec ce qu’aurait pu être son histoire personnelle : « pas accrochée. Je n’ai pas compris, je crois » dit C.
– Munitions d’amour de Claudine Galéa, éd Espaces 14, 2025, un texte demandé par Stanislas Nordey, extraordinaire, sur la peur face au cancer.
– Loin de chez moi de Maryse Burgot, 2024, Fayard : sa vie de reporter de guerre, de 1995 à maintenant.
– Le livre des anges de Ludmilla Oulitskaïa, 2025, éd. Gallimard. Traduit par Sophie Benech. : des nouvelles, chez Gallimard : « j’aime commencer par des formes courtes quand je ne connais pas l’auteur » dit Ch. La Russie, les gens de peu. « De belles descriptions. »
– Bleu d’août
de Déborah Lévy, éd du Sous-sol, 2025, traduit par Céline Leroy : « un voyage à Athènes. Gentillet » dit C.
– La bibliothèque des rêves secrets de Michiko Aoyama, ed Nami, 2022 : un premier livre, une simple histoire de vie, best-seller au Japon.
– Mon vrai nom est Elizabeth d’Adèle Yon, 2025, éd du Sous-sol : « éblouissant » dit M C : une enquête familiale sur une aïeule qui a été internée, enquête aussi sur la psychiatrie.
– Bonampak de Laetitia Bianchi, aussi traductrice et éditrice, ed. Verticales, 2025 : un lieu archéologique dans le Chiapas. Des peintures murales détruites. Une histoire de la colonisation des peuples premiers. Sarcastique.

Un vin, des livres – juin 2025 – 2)

Comme nous étions juste après le Polar à la plage
et que ce sont bientôt les vacances,
pas mal d’entre vous ont évoqué des « Polars ».
Et cela a amené une discussion sur
ce qu’il est « bien » d’écrire
et ce qui pose problème
parce que trop dur, voire insoutenable.
– Caryl Ferey était l’auteur cité comme posant typiquement ce problème.
Or, Ferey parle du monde, des maux du monde. Il voyage, reste longtemps dans un pays, se documente et raconte ce que nous n’avons pas vu mais qui a existé.
Pas seulement des histoires de petites frappes, de tueurs en série mais des histoires en lien avec la politique, l’Histoire d’un pays. Il l’a fait entre autres en Afrique du Sud avec l’apartheid, en Amérique latine avec les dictatures militaires.
J’ai tendance à penser qu’il apporte l’Histoire à des gens qui ne la liraient pas dans un texte plus sérieux, académique.
Cette fois, le Caryl Ferey Grindadrâp, sorti en 2025 dans la Série noire, parle d’écologie, de chasse à la baleine, vue comme tradition ou comme horreur. On est aux îles Féroé, dans la tempête avec le zodiaque de sea shepherd comme si on y était.
– Peter Swanson, ceux qu’on tue, éditions Gallmeister, collection de poche Totem est aussi du très très noir, mais plein d’humour.
– Chris Whitaker : Duchesse, éditions Sonatine, 2022, traduction de Julie Sibony, entre dans les cases policier social, d’enquête, et de procès. Des jeunes sont ensemble et arrive un événement… « Noir de chez noir, atroce » dit V.
_ R. J. Ellory : Everglades, Sonatine, 2025, traduit par Etienne Gomez : histoire d’un shérif qui devient gardien de prison en Floride, d’une évasion du couloir de la mort.
 » oppressant, hyper-dur »
– Thomas H Cook : un thriller plutôt politique de 2015 : Le crime de Julian Wells, Le Seuil. Traduit par Ph. Loubat-Delfranc,
mais le polar n’est pas que « hard » :
Il peut être historique et politique comme 
– La vierge et le taureau 
de Jean Meckert / Amila, éditions Joëlle Losfeld qui rééditent tout de lui : sur la Polynésie, les essais nucléaires. Cela vaudra en 1972 à Meckert d’être agressé, et au livre d’être raflé par les services spéciaux.
« Son grand oeuvre » dit A « c’est Les coups », son premier livre paru en 1942, maintenant chez Folio.
 » Le boucher des Hurlus est republié par une petite maison d’édition : Ronces, avec les illustrations de Saint Molotov »
Le polar peut être drôle, voire un peu dingue :
– Piergiorgio Pulixi : La librairie des chats noirs, 2d. Gallmeister, 2024, traduit de l’italien par Anatole Pons-Reumaux : « bien fait », dit V.
– Chester Himes : La reine des pommes, maintenant en Folio. Cet Africain-Américain né dans le Missouri, venu à Paris est engagé en 1958 par Marcel Duhamel, dans la première Série noire. « C’est rocambolesque, on rit vraiment » dit D.
– Yann Bécu : Les bras de Morphée, d’abord paru chez H S N, maintenant en Pocket : « complètement décalé » dit D, « jubilatoire » dit A. Ses récits sont assez complexes, pas du genre polar pur. On est sous une dictature, le héros est enseignant à Prague (ce qu’est Yann Bécu… venu au festival du Polar à la plage). Il faut agir vite, sur les heures d’éveil…
Et si vous manquez encore d’idées : Libé a sorti un hors-série : Les sept familles du Polar.

Mais vous n’avez pas lu que cela et il y en a même qui n’aiment pas ça… Un 3ème volet de Un vin des livres de juin est donc nécessaire…

Un vin, des livres – juin 2025 – 1)

A l’Aub’art, cette fois… en pleine chaleur :
je voulais nous emmener en Amérique du Nord,
… surtout aux USA… tiens donc, pourquoi ?…
avec  deux livres d’Africains-Américains :
1) un essai de Ta-Nehisi CoatesEntre le monde et moi – lettre à mon fils : de 2015, retraduit par Karine Lalechère, avec une préface inédite de l’auteur, ed Autrement 2024.
Il était venu alors aux Matins de France-Culture de Guillaume Erner, et passé à la Maison de la Poésie de Paris.
Il est question de la peur liée au racisme d’hier, et d’aujourd’hui, de là-bas et d’ici. Le point de départ de l’écriture est la mort violente d’un ami, certes noir mais très riche et cultivé.
(P 148-149) : « ...si je ne t’ai jamais parlé avec la même force et la même clarté, je reconnais  que c’est parce que j’ai peur. Je n’ai aucun dieu vers qui me tourner. Je crois que, lorsqu’ils détruisent le corps, ils détruisent tout. (…) L’anéantissement du corps. Le dragon qui poussait les adolescents que j’ai connus autrefois à des fanfaronnades exubérantes pour affirmer qu’ils étaient les seuls maîtres de leur vie. L’anéantissement du corps. Le démon qui incite les survivants de la classe moyenne noire à se retrancher derrière une passivité agressive, à ne pas hausser la voix en public, à être toujours poli, à ne pas sortir les mains de ses poches, une attitude qui semble clamer : » je ne fais pas de geste brusque. » L’anéantissement du corps. Le serpent de ma scolarité, exigeant que j’en fasse deux fois plus pour réussir, alors que je n’étais qu’un petit garçon. »
2) un roman de 2021 du GRAND Percival Everett, Actes sud 2024, trouvable en Babel noir. Traduction de Anne-Laure Tissut, professeur de littérature américaine à l’université de Rouen. Elle le traduit depuis 2004, année de la parution de son premier livre en France, Effacement.
Le prochain texte d’Everett, James, prix Pulitzer de la fiction 2025 devrait sortir le 22 août chez L’Olivier.
Ce Châtiment est drôle, dingue, noir et politique. Des blancs sont tués et, à chaque fois, près d’eux, on retrouve le même cadavre qui ressemble à Emmett Till, un jeune garçon noir lynché dans l’état du Mississippi en 1955. Les policiers blancs y perdent leur latin, les flics fédéraux noirs ne sont pas les bienvenus mais plus efficaces. de nombreux noms sont listés, de la page 219 à la page 229, d’hommes noirs, vraies victimes du racisme historique.
Trump est aussi dans le livre. Trump I, mais déjà « logorrhéique ».

Québec, maintenant avec : Atome 33, enquête du journaliste Grégoire Osoha, éditions Marchialy 2025 : sur une fonderie, dans la ville de Rouyn-Noranda qui apporte tout (sport, culture, etc) à la communauté mais détruit la santé par un taux d’arsenic défiant tout entendement.
L’usine est coupable mais le gouvernement, les politiciens aussi, par leur lenteur, leurs réponses insuffisantes, voire scandaleuses – comme à Fukushima où on vous responsabilise avec des compteurs geiger. et des conseils de « gestes simples « – Immoralité totale !

Vous étiez nombreux. A bientôt ici pour dire tout ce dont il a été question.
Et d’autres infos/avis sur des bouquins, des expos…
Prochain Un vin des livres en septembre

Un vin, des livres – mai 2025 – 1)

La pire espèce de Cristian Fulas, éditions La Peuplade, 2025. Traduit du roumain par les Couriol. Ce deuxième livre de Fulas est hyper-différent.
Le premier, Iochka se passait loin de la capitale, avec des personnages loin du pouvoir. On y suivait un homme sur toute sa vie. L’amour était un des sujets du livre.
Dans La pire espèce, il y a peu d’amour.
Le pouvoir et son corollaire, la corruption, sont le sujet.
Un homme politique -dont on ne saura que le nom – va entrer en prison.
On suit les gens qui ont travaillé pour lui, pour sa sécurité, pour la propagande de son parti. La plupart de ces hommes sont partis de rien, profitent largement de la situation.
Tout se passe en une journée. Elle commence fort et finit encore plus fort.
Lire ça un peu avant les élections présidentielles roumaines, avec le risque d’arrivée des George Simion et Calin Georgescu à la tête du pays rendait le texte encore plus fort.
Et
voilà un ajout prometteur du 27 mai par Floria Couriol :
« Et voici le 3 eme roman à traduire, à la suite. Excellent projet issu du talent de Cristian Fulas, de la confiance en lui et en nous ( humbles traducteurs) des éditeurs de la Peuplade et du public qui est le premier véritable critique du texte. Ce sera tout à fait autre chose que “ La pire espèce “ ou que “ Iochka” … mais je vous en dirai un peu plus dans quelques temps…. »

Les têtes hautes de Martin Thibault, éditions bordelaises Do, 2025 :
Un premier roman.
Des ouvriers font chaque semaine un loto.
Le narrateur, syndicaliste, passé par la fac, n’y croit pas mais trouve sympathique ce truc qui fait du lien entre 12 copains ou juste collègues.
Un jour, ils gagnent.
Ils ont tous des idées différentes sur la manière de dépenser les gains.

La version de Fenoglio de Gianrico Carofiglio, traduit de l’italien par Elsa Damien, paru en poche en 2023. Un polar mais pas vraiment. Fenoglio est le maréchal de police, intelligent, cultivé, sensible, personnage récurrent de l’écrivain – procureur – ex-sénateur Carofiglio. Ici, il y a peu d’action. Fenoglio, opéré de la hanche parle de son métier avec un jeune homme accidenté, chez le kinésithérapeute.
On peut penser que Fenoglio = Carofiglio

Prochain Un Vin, des livres prévu le jeudi 19 juin, à partir de 18h à l’Art Hôtel.
Mais avant, il y aura tout ce qui a encore été dit en mai, parce que vous lisez beaucoup.