Oeuvre d’algorithme ou de travailleur pauvre à l’autre bout du monde : ?
en tous cas, R I R E assuré :
Il semble que vous ayez partagé un contenu montrant de la nudité ou une activité sexuelle. »
Oeuvre d’algorithme ou de travailleur pauvre à l’autre bout du monde : ?
en tous cas, R I R E assuré :
Il semble que vous ayez partagé un contenu montrant de la nudité ou une activité sexuelle. »
coup de gueule de Fatou Diome :« Le verbe libre ou le silence : dans cet essai qui prend la forme d’un plaidoyer pour la liberté des écrivains et contre les diktats imposés par certains professionnels de l’édition, Fatou Diome est catégorique. Les éditeurs ne peuvent interférer dans le processus créatif des auteurs puisque celui-ci relève de l’expression d’une intimité et d’une subjectivité qui leur est propre. »
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Je fais un lien avec une émission qui m’avait hérissée il y a quelque temps sur cette même radio – sans pouvoir, désolée, la retrouver – où une écrivaine et son éditrice parlaient. L’éditrice donnait ses conseils / ordres et ,clairement, ça simplifiait un maximum, influait sur le fond comme sur la forme et avait pour but que « le produit » soit simplifié, se vende plus sûrement, pas pour faire progresser la littérature.
Entre ça et Chatgpt, peu de différence …
Au risque d’enfoncer une porte ouverte,
on vous enjoint d’aller voir Anatomie d’une chute de Justine Triet.
C’est du grand cinéma,
du M A G I S T R A L .
Le film, porté par des acteurs et par un montage fabuleux,
pose plein de questions ( et
ne les résout pas toutes ) :
vérité ? Justice ? couple ? reconnaissance ?
Ce n’est pas grave, ça nous fait cogiter.
Mais vous le saviez déjà, la porte était déjà ouverte …
Dans la famille des « purs », je voudrais la « mère » : Jane Sautière
Les « purs », encore cette formulation grandiloquente !
Ouais…
Sans doute n’est-il pas vital qu’un écrivain soit bon humainement. On peut apprécier son écriture sans cela, et Céline en est une preuve. Mais, quand même, j’aurais tendance et la faiblesse de penser que la concordance des deux est un plus.
De Jane Sautière, j’ai d’abord lu Corps flottants, paru cette année – on en a parlé au Chat Bleu – . et viens de finir Fragmentation d’un lieu commun, chez le même éditeur, Verticales, son premier livre, de 2003
– parce que vous vous souvenez ? : la durée d’un livre n’est pas, ne peut pas être, de trois mois – .
Au même moment, un article de Libé nous rappelle que 74 000 personnes sont incarcérées en France (chiffres du 1er juillet 2023) et pointe un problème supplémentaire pour la réinsertion de ces gens : la dette qui court toujours à l’extérieur, les impayés qui s’accumulent.
Fragmentation d’un lieu commun, ce sont cent fragments adressés, cent « vous » ou « tu » à cent personnes croisées en prison, ou à l’extérieur, en tant qu’éducatrice. Cent personnes reconnues pour autre chose que leur dangerosité, leur délinquance, leur maladie mentale, ou leur inadaptation. Cent courts chapitres de visibilisation d’existences des deux côtés de la justice. Parce que quelques fragments évoquent aussi des collègues ou des surveillants. Cent mini-textes sans sensiblerie mais pleins de sensibilité. Cent approches de femme…
Je sais, c’est une autre délimitation risquée : écriture masculine ou féminine. Ce n’est d’ailleurs pas ce que je veux pointer. Il s’agit, non de l’écriture d’une femme, mais d’un écrit, d’empathie lisible, évidente. Et d’accord, tous les textes de femmes ne sont pas bourrés d’empathie. Et encore d’accord, empathie ne signifie pas qualité.
Mais voilà, pour finir, un tout petit extrait : P. 100-101 : » Votre fils va venir vous voir. Il ne travaille plus à l’école depuis que vous êtes détenu, ça vous soucie beaucoup. » (…) « Je sens qu’il faut que votre fils sache que c’est viril d’apprendre. C’est un combat, une lutte, aussi grasse et épaisse que la lutte à main nue. »

Bon, le titre est peut-être un peu ampoulé mais je le garde.
De nos frères blessés (2016) prix Goncourt du premier roman, prix refusé par l’auteur,
Kanaky – sur les traces d’Alphonse Dianou (2018), voilà les deux livres que j’ai lus pour le moment de Joseph Andras. D’autres sont parus, d’abord chez Actes Sud et le dernier, Nudem Durak – Sur la terre du Kurdistan, en 2023, aux éditions Ici-Bas.
Ces trois textes ont en
commun :
– de venir d’ « une sorte de commotion. Il faut croire que j’écris ainsi – j’avais auparavant été attrapé par les « cas » Fernand Yveton et Alphonse Dianou. »
– d’être le fruit d’une enquête littéraire et historique de plusieurs années.
– d’écrire sur quelqu’un mais de vouloir bien plus : « appréhender une situation collective à travers un cas circonscrit » : le(s) colonialisme(s).
– de donner la parole à des hommes et femmes, les protagonistes, les témoins. Au point que Tiphaine Samoyault, dans Le Monde du 25-05-2023, voit en Nudem Durak un « livre qui défait la notion d’auteur » puisqu’il donne à lire aussi le texte de cette chanteuse kurde emprisonnée depuis 2015, condamnée à 19 ans de réclusion.
Joseph Andras revoit l’Histoire avec« sa grande hache » (cf Georges Pérec), réhabilite des personnages que des Etats ont éliminés, ont tenté – et longtemps réussi – à réduire au silence ou à une image de traitres , de terroristes.
Victor del Arbol, en tournée promotionnelle en France, vient à La Galerne le 12 octobre 2023 pour son dernier livre traduit par Claude Bleton,
chez Actes-Sud.
Save the date, ses livres claquent ;
il est beau (… je sais…, comme critique littéraire, c’est moyen…) et sympathique. Les Ancres Noires ont déjà eu la chance de le recevoir.
Le matin, Gaëlle Obiégly parlait avec Eloïse Guénégues, programmatrice de la maison de littérature du Grand R, scène nationale de la Roche-sur-Yon, Eloïse, toujours vue avec du rouge à lèvres et que je ‘avais pas reconnue lors de l’interview de Christel Périssé-Nasr
(je sais, ça fait nana, mais c’est vrai, et que je ne l’avais pas reconnue, et qu’elle porte toujours du rouge à lèvres).
G. Obiégly était là pour Totalement inconnu, éditions Bourgois, son onzième livre.
La marque de fabrique de Gaëlle Obiégly : l’humour, les échappées et la réflexion profonde.
Le point de départ de ce livre : « le savoir sans savoir », « comment on connaît ce qu’on ne connaît pas ».
« Ce qui me stimule, c’est voir des liens avec des choses qui n’ont rien à voir… et il y en a » (…) on peut avoir une » impression de décousu mais une logique, une construction apparaît »
« Ce qui m’intéresse, c’est la langue vivante, la langue de la mémoire, du naturel, pas celle du travail, de la consommation. »
Extrait d’un passage de Totalement inconnu : » Le mot me fait traverser la réalité » (…) « Le mot « lac » fait des miracles ».
L’après-midi, c’est Laird Hunt, romancier américain, qui parle de son 4è livre en français, chez Actes Sud, Dans la maison au coeur de la forêt profonde, un conte sur des femmes, au XVIIème siècle, en Amérique du nord.
Enfin, P O L ‘s team : Frédéric Boyer, Bertrand Schefer et Lucie Rico :
Un peu d’histoire : le créateur de la maison d’édition, Paul Otchakovsky-Laurens était venu en 2004 à Ecrivains en bord de mer.
Bernard Martin lance une vidéo qui en fait foi. Elle commence, se bloque deux fois puis reprend alors qu’on a abandonné l’idée de la montrer.
Comme un clin d’oeil de P O L,
Frédéric Boyer était arrivé en 1990 comme auteur. En 2005, P O L lui avait demandé s’il prendrait les rênes de la maison si nécessaire. En 2018, l’accident mortel l’amène à le faire : « Ce qui importe, c’est que ce que Paul avait mis en place puisse continuer » : » une quarantaine de titres par an à accompagner » (…) « une fidélité au catalogue (1500 titres) »… » mais aussi de nouveaux auteurs » (…)
« C’est en 2003 que j’ai vu pour la première fois Paul » dit Bertrand Schefer. « je venais de traduire Zibaldone, journal intellectuel de Leopardi, paru chez Allia. » (…) » Paul était comme un révélateur, c’est pratiquement lui qui a inventé les livres que j’ai faits. » (…) « cette liberté, je ne suis pas certain que j’aurais pu l’avoir ailleurs » : « il ne faisait pas réécrire, il donnait des conseils, des indications, disait « non, le livre n’est pas là », jusqu’à ce qu’il le voie.
Lucie Rico est une auteure P O L arrivée après la disparition de son créateur. Elle n’avait envoyé son manuscrit qu’à cette maison : « c’est la première fois que j’identifiais une maison d’édition. J’aimais beaucoup de ses auteurs et des amis qui y avaient été stagiaires parlaient de la bonne ambiance qui y régnait » . Frédéric Boyer a lu Le chant du poulet sous vide et a tout de suite aimé.
P O L a 40 ans et fait une tournée des festivals. « Paul aurait fêté les 40 ans »… »Et c’est une façon de dire : cette maison est toujours là ».
La rentrée littéraire de P O L : c’est 3 romans : de Pierrick Bailly, Arthur Dreyfus, Santiago Amigorena et un premier roman : Triste tigre.
Ce super festival Ecrivains en bord de mer, à La Baule, est terminé
mais se poursuit – sans moi – à Noirmoutier du 11 au 14 juillet.
Certains auteurs continuent, d’autres arrivent, comme Laurent Mauvignier, Tanguy Viel, Hélène Frappat, Claire Marin…