Qu’on se le dise !
Dans la collection Voyageur,
C(art)ollage est là.
Marie Thémenet nous a concocté 16 cartes postales à partir de collages.
Qu’on se le dise !
Elles sont étonnantes.
C(art)ollage est en tirage limité, signé par M. T.
A – B – C –
Le joueur (1865), écrit en à peu près quatre semaines, sous la menace d’une clause de contrat de son éditeur : sinon, « libre à lui, Stellovski, d’éditer pendant neuf ans comme il le voudrait tout ce que j’écrirai sans avoir à me verser de gratification. »
Et Dostoïevski tient les délais . Le livre est nourri de sa vie : un amour, ses voyages en Europe, la place prépondérante du jeu.
Il est aussi nourri de pensées xénophobes qui s’accordent pleinement avec celles de certains Russes contemporains : jugement plus que négatif des Européens, sans qualité : le Français est un faisan, séducteur sans moralité, les Polonais sont faux, l’Allemand lourd …
Quelques Poèmes Express issus du Joueur :
– Querelle : le gros s’emporta : cicatrice.
– Un secret de famille : elle tient le rôle principal. Muet.
– Comprenez que je puisse délirer. Je veux d’autres temps.
– Comme un paon, mais empoté. Un peu mouton aussi.
– On souleva la massue, se décida pour un homme chauve.
– Pour en finir, les gens comme elle, glissent vite, les larmes aux yeux.
– Nous étions comme des ours, vides comme le néant, et le savent nos femmes.
La Pièce Unique N°162 est envoyée en clin d’oeil aux nouvelles éditions Dynastes où vient de paraître Le joueur, poème d’Emmanuel Régniez.
Mon ami je vous aime, lettres de Julie de Lespinasse (1732-1776 ), éditées en 1996 au Mercure de France avec une préface de Chantal Thomas. Des lettres d’amour à l’amant qui a d’autres préoccupations. Des lettres d’admiration pour ce monsieur de Guibert qui en éprouve déjà beaucoup pour lui-même. Les lettres d’une femme intelligente qui reçoit en son Salon les intellectuels du temps mais est fidèle jusqu’à sa fin, à cet homme à la mode qui se marie avec une autre.
( dernière lettre, 1776, alors qu’elle se meurt ) : « Si jamais je revenais à la vie, j’aimerais encore à l’employer à vous aimer ; mais il n’y a plus de temps »
Quelques Poèmes Express issus de ces lettres :
– Si j’étais jeune, je manquerais de coeur.
– Ne faîtes pas de folies mais n’oubliez pas de m’en parler.
– Dans les convulsions et la douleur, des femmes jouent de l’éventail.
– Gens riches et vieux, si vous saviez ce qu’est entendre.
– Pas de repos qui me repose. Me fatigue la longueur des nuits.
Ce court recueil est offert à une grande lectrice nouvellement arrivée au Chat Bleu, M-A.
Après Le Havre, Des châteaux qui brûlent partent en tournée. Voici la troupe, la metteure en scène, l’auteur et les dates :———————————————————————————————-
Il y aura peut-être d’autres retours. Je poste déjà ceux-là.
Rappel : Prochain Chat Bleu prévu, jeudi 17 novembre – 18h
2ème partie de la rencontre de l’Université Populaire, Anne-Laure Liégeois étant repartie travailler sur le plateau. Extraits :
Arnaud Le Marchand : sociologue enseignant-chercheur en économie du travail : « J’ai d’abord lu Ceux qui trop supportent et j’y ai vu un travail de sociologue, une enquête. Actuellement, il n’y a plus de négociations. C’est un constat très sombre. Il n’y a plus d’envie de faire société.
Une partie des sciences sociales, parallèlement à la chute du marxisme, a délaissé le conflit dans le monde ouvrier. Il y a eu volonté de se dégager de ce champ-là. Ainsi, on ampute le réel de quelque chose. C’est la littérature qui reprend ce travail. Elle est la voix des thèmes oubliés.
Ces dernières années, une partie de la violence dans les conflits sociaux vient de ce que les hauts fonctionnaires, les politiques, les R H formés actuellement sont sans référence à ça, partent du principe qu’il ne devrait pas y avoir de collectif stable. »
Arno Bertina : « Et les GM&S, eux, font collectif, font société. Alors, on devient redoutable, on se sent fort, on se redresse. Le but des luttes est qu’on se redresse. (…) Un des ouvriers parle du moment où ils ont bloqué quelques minutes les Champs Elysées. Au début, je trouve ça peu important puis je vois que j’ai tort de snober son émotion. C’est important pour ces gens qui respectent la loi sous toutes ses formes. Mon travail est de décrire l’infime qui, en fait, a une hyper-signification émouvante. ».
A. Le Marchand, interrogé sur les raisons du populisme : « Le populisme arrive quand il n’y plus d’identité de classe. Les gens n’ont plus confiance dans les politiques et les politiques n’ont plus confiance dans les gens non plus.
Il faut reprendre l’habitude de négocier.
Le néolibéralisme, la technocratie = ceux qui savent, contre les autres »
A. Bertina : « La non solidarité ouvrière, les ouvriers de GM&S l’ont vécue quand ils sont allés manifester sur d’autres sites. Or, l’époque où on avait ce logiciel de solidarité, plus généreux n’est pas loin. Ex : Aulnay, années 80, Milan en 1971 et c’était magnifique. »
Ce qui a été magnifique aussi, c’est la rencontre, aujourd’hui, avec Arno Bertina, à la Cantine du Fort de Tourneville. Nous n’avions pas encore vu la pièce Des châteaux qui brûlent, Lui non plus. Certaines d’entre nous l’avaient lu, d’autres vont le faire, c’est sûr parce que son engagement est évident et efficace.

Dans le cadre de l’Université Populaire, au Volcan : » le récit incarné d’une lutte sociale »
quelques extraits de la rencontre :
A-L. Liégeois : « La découverte d’un texte est une petite aventure.
J’ai travaillé sur le thème de l’entreprise. Je ne peux pas me séparer de ce thème.
J’ai lu quasiment d’une traite Des châteaux qui brûlent, en Bretagne. Le livre est lié à cette thématique qui me touche. C’est aussi un choc de lecture, le premier texte que je lisais d’Arno. Et c’est un huis-clos, avec une unité de lieu, d’action et presque de temps. »
F. Lafond : « c’est un roman choral : chaque personnage est important : comment faire ? Et comment avez-vous travaillé à deux ? »
A-L. Liégeois : « Très heureuse de ce travail : avec 12 comédiens au plateau. C’est une chance d’avoir la confiance du Volcan. Arno est un auteur magnifique. Il m’a laissée totalement tranquille. Il disait : « je suis au service ».
On a fait deux fois des résidences à Paris et une à la Chartreuse-Les-Avignons. On a étalé sur les murs toutes les pages du roman. La dramaturgie d’un spectacle n’est pas la même que celle d’un roman. J’ai fait des paquets. Quand je disais « on a besoin d’un lien », il le faisait ».
A. Bertina : « C’est mon premier roman adapté au théâtre. Depuis le début, ce qui m’intéresse en écriture, c’est la polyphonie, toutes les voix qui donnent de la différence, les regards qui s’additionnent. Ce mille-feuilles de voix, c’est mon obsession, mais aussi ma joie. Chaque fois, je sais que c’est ce que je vais aller chercher.
Jusqu’à ce livre, la voix d’un narrateur entrait en crise et d’autres voix venaient. Des châteaux qui brûlent est sans narrateur. Les voix qui reviennent, font d’emblée de l’énergie collective.
Des réalisateurs ont déjà voulu adapter ce texte. Ils me disaient que eux savaient, que je ne savais pas. Pas Anne-Laure. Pour moi, ce n’était pas du tout douloureux.(…) Je n’ai pas du tout été stressé qu’elle s’en empare. Le but n’a pas été que ce soit fidèle à mon livre mais que ce soit bien dans la pièce. »
A-L. Liégeois : Une création, c’est une chance. J’appelle les comédiens par le nom de leur personnage. On a travaillé depuis août, huit semaines. Ces comédiens SONT ces personnages. Ils sont des porteurs de langue. Ils ont un rendez-vous avec la langue. Ils sont dix à jouer des ouvriers licenciés. Ils portent cette lutte avec une parole de théâtre, de roman, une langue particulière. »
A. Bertina : » En fait, c’est la même langue, celle du théâtre et du roman. Il y a un contexte réaliste, mis en tension avec la langue, elle, pas du tout réaliste, avec des faits impossibles en réalité, comme la fête. Des personnages s’expriment. On est dans leur tête. »
A-L. Liégeois : « C’était intéressant de partir des pages du roman, d’aller vers le théâtre, d’y revenir avec ces paroles intérieures qui ne l’étaient plus. »
Essais, lettres, écrits sur / autour de l’ / d’art :
– L’affaire du requin qui valait 12 millions – L’étrange économie de l’art de Don Thompson, éditions Le Mot et le Reste, 2012. Traduit par Fleur Ramette. Le titre fait référence à une oeuvre de Damien Hirst. Le livre, comme le sous-titre l’indique, évoque le marché de l’art, D. Thompson étant économiste.
– L’intranquille de Gérard Garouste et Julie Perrignon, en poche : un texte qui permet de contempler avec plus d’éléments la rétrospective actuellement à Beaubourg. De même, il est possible d’écouter ses entretiens avec Marc-Alain Ouaknine (France-Culture).
– Travail plastique d’Hélène Moreau : L’échantillonneuse : à voir, lire, entendre.(photo d’un élément, emprunté à son site)
– Autre oeuvre : écrit et photographie : To nowhere, de Lydie Jean-Dit-Pannel, plasticienne qui a été l’élève d’Orlan : quatre mois de marche, de New York à Nowhere dans l’Oklahoma, 2880 km.
Extrait final – site de l’artiste :
Après Nulle part
Entre Trinity Site et le Nevada Test Site.
Entre les deux sites nucléaires et militaires secrets qui font l’objet d’une future nouvelle pièce, un arrêt à Sin City. Antithèse absolue, indécente, foudroyante à mes 105 jours de marche seule, sans impact aucun sur mon passage. Avant d’arriver dans la ville en plein désert, l’impressionnant barrage Hoover qui produit l’électricité pour les néons et climatisations de Vegas, et forme le lac Mead qui se tarit indéniablement. J’avoue, je me suis offert un rêve secret, un spectacle de Criss Angel, le magicien qui lévite, et c’était extraordinaire. Plaisir coupable. Puis marche tout au long du Strip extravagant à mort jusqu’à Fremont Street. Et là, c’est une autre planète. La fin du monde, ici tout le monde s’en fout ou alors c’est ainsi que cela finira, dans une orgie d’ivresse et de musique. En riant et dansant devant un concert de rue d’un groupe parodique de Hard Rock, je me suis dis que ce ne serait pas si mal comme fin.
PS : Surtout n’oubliez pas d’éteindre vos box la nuit, de réduire votre chauffage d’un degré et de ne pas faire de lessive entre midi et 16 heures. »
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–Lettres à Lou Andreas Salomé de Raine Maria Rilke, 2005, 1001 nuits éd. Traduction de Jacques Miermont. Son amour pour elle, Ses angoisses.
– L’année sauvage – une vie sans technologie au rythme de la nature de Mark Boyle, éd. Les Arènes, 2021. Traduction de Valérie Le Plouhinec. Dans un superbe paysage irlandais, ce diplômé en économie qui a travaillé pour le Guardian et qui veut vivre autrement.
– Etre à sa place de Claire Marin, éd. L’Observatoire, 2022 : quels sont les espaces réels et symboliques qui nous accueillent selon qui nous sommes.