Last but not least,
encore quelques romans étrangers :
– Le dévoué de Viet Thanh Nguyen, traduit par Clément Baude, éditions Belfond 2022 : la suite du Sympathisant, prix Pulitzer. De mère vietnamienne, et de père français, échappé d’un camp de rééducation, le personnage arrive à Paris en 1981. L’auteur né au Vietnam en 1971, parti vivre aux USA, pose la question de l’identité, traite de la colonisation.
– Le dernier mouvement de Robert Seethaler, traduction d’ Elisabeth Landes, éditions Sabine Wespieser, 2022 : Gustav Mahler, sur le pont d’un paquebot, rentre pour la dernière fois de New York où il a été chef du Metropolitan. Il est fiévreux, se souvient de toute sa carrière. On l’accompagne dans ses souvenirs, dans son attachement à la nature et bien sûr à la musique.
– On est revenus sur Un livre de martyrs américains, de Joyce Carol Oates, traduit par Claude Seban, livre d’autant plus important que les Américaines sont menacées de perdre ce droit des femmes à disposer de leur corps.
Des textes français :
– Arène de Negar Djavani, éditions Liana Levi, 2020 : Paris, quartiers Est, des mondes se côtoient. Un téléphone disparaît, un autre révèle des images. Et ils ont un impact sur des vies.
– Changer : méthode d’Edouard Louis, éditions du Seuil, 2021 : toujours la même histoire, mais autrement. Et la rencontre avec Didier Eribon.
– L’amour est très surestimé de Brigitte Giraud, 2007, éditions Stock : onze moments qui disent la fin d’un amour.
Plus patrimoniaux :
– Le pressentiment d’Emmanuel Bove (1898-1945) : paru en 1935, réédité en 2009, collection Points. Un avocat quitte sa vie de bourgeois et personne ne le comprend, ni ceux de son milieu, ni les autres.
– Les mains du miracle de Joseph Kessel (1898-1979) : paru en 1960, réédité deux fois chez Folio : l’histoire de Félix Kersten, le masseur qui soulageait les douleurs de Himmler.
– Ceux de 14 de Maurice Genevoix ( 1890-1980) : quatre textes rassemblés, éditions Flammarion 2013.
Le prochain Chat Bleu : le 9 juin
L’effondrement d’Hans Erich Nossack (1901-1977) aux éditions genevoises Héros-Limite, 2021. Traduit de l’allemand par J.P. Boyer et Silka Hass. Ce texte, paru pour la première fois en France en 1949, dans la revue des Temps modernes, fait partie de la « littérature des ruines ». Ecrit à chaud, après le bombardement de sa ville, Hambourg. Un des rares livres à documenter cela. Nossack était un homme de gauche et il évacue le problème de vaincus victimes / vainqueurs haïssables. Il rend compte de ce qu’il voit, ressent, comprend de la situation et des réactions des sinistrés.
In Absentia, son dernier livre qui vient de sortir chez Actes Sud. Pendant la guerre de 1939-1945, un écrivain communiste, résistant, est raflé. Il passe d’Auschwitz au Struthof en Alsace où un médecin a demandé qu’on lui envoie 90 juifs. Le personnage est protégé s’il fait ce qui lui est demandé…
– Grande couronne de Salomé Kiner, éditions Christian Bourgois, 2021.
– Les Dukay de Lajos Zilahy, traduit du hongrois par Pierre Singer, Folio : se passe dans l’empire austro-hongrois, de 1919 à 1940.
– Jetés aux ténèbres, de Sandrine Berthet, éditions du Sonneur, 2021 :
– Ce que cela coûte de W.C.Heinz, 2019, éditions Monsieur Toussaint Louverture, traduit par Emmanuelle et Philippe Aronson. Le livre était sorti en 1958 aux Etats-Unis.
Le choeur des femmes de Martin Winckler, éd. P O L 2011, adapté en roman graphique par Aude Mermilliod, éditions Le Lombard 2021 ; le travail du gynécologue vu du point de vue masculin.
Les idées noires de Laure Gouraige,
– Dans la gueule de l’ours de James McLaughlin, traduit par Brice Matthieussent. En poche maintenant, ce Prix Edgar Allan Poe du Premier Roman en 2019 et Grand Prix de Littérature policière 2020 appartient à plusieurs genres : roman noir, un peu fantastique aussi et surtout Nature writing. On l’aurait d’ailleurs bien vu édité par Gallmeister. Mais non. Ce sont les éditions Rue de l’Echiquier qui s’y sont intéressées. Un homme recherché par un cartel mexicain trouve refuge dans une réserve privée des Appalaches en tant que garde-forestier. Des hommes genre red-necks-électeurs-de-Trump y pénètrent, y chassent. Il doit intervenir. La végétation, le relief, les animaux sont des personnages à part entière. Et c’est fort.
– Armen de Jean-Pierre Abraham (1936-2003) : « un très beau livre » dans lequel Abraham raconte sa vie de gardien de phare
– Une femme en contre-jour de Gaëlle Josse, 2019, éditions Noir sur Blanc : sur Vivian Maier (1926-2009), cette femme américaine qui a photographié pendant des années sans jamais montrer, et dont le travail a été découvert après sa mort.
par les livres : deux Américains et un Japonais.
Monsieur Toussaint Louverture, traduit par J.Ch. Khalifa, 2021. Ce roman, trois histoires mêlées, a été édité en 2013 aux USA. Nous sommes côte Est, dans trois ambiances différentes : avec un universitaire presque obèse séparé de sa femme, un jeune couple qui squatte à New-York, une veuve du 11 septembre remariée à un homme d’affaires un peu « beauf » et véreux. On rit assez souvent, par exemple du jeune voisin dont hérite le prof de fac, On comprend son père, érudit, atteint d’Alzheimer, dans sa maison de retraite. On reconnaît la façon dont certains jeunes parlent à leurs aînés avec la belle-fille du business-man. On frémit pour elle à un autre moment.