Alan Parks était à La Galerne

En France pour quelques jours seulement, arrivé de Glasgow l’après-midi même, Alan Parks était à La Galerne le 25 septembre. Il y présentait Joli mois de mai, paru en français aux éditions Rivages, alors que le 6ème, To die in june, (à paraître en France en février 2025est déjà sorti au Royaume-Uni et que le 7ème est déjà écrit.

Parks a longtemps travaillé dans l’industrie du disque à London Records. Il y créait le visuel de pochettes. Et on trouve de la musique dans ses romans.
Il n’a commencé à écrire qu’à 53 ans. D’abord pour la TV puis un roman : « Je me sens un peu coupable face à ceux qui ont du mal à se faire publier ; je n’ai jamais eu ce problème.(…)
J’ai tendance à écrire trop et en même temps, avoir peur que les gens s’ennuient
: il est plus facile d’en faire plus et d’en enlever que le contraire.(…)
Au début, j’avais l’idée de faire un livre documentaire sur les logements sociaux à Glasgow  puis je me suis dit que cela n’allait pas intéresser grand monde. C’est comme ça que je suis arrivé au roman noir. Mon personnage Harry McCoy, 30 ans dans le premier, était le produit de la contre-culture des années 60, ce qui faisait un contraste avec le reste de la police. Il a des fêlures, a grandi en foyer. Mc Coy n’est pas moi, même si on a des points communs : on fréquente les mêmes pubs…
Cela se passe à Glasgow parce que c’est une ville que je connais bien, et dans les années 70 parce que c’étaient des années difficiles pour cette ville et l’Ecosse : toute l’industrie s’était effondrée et on vivait une grosse crise sociale. J’aime écrire sur les laissés pour compte. Un sans-abri vivait dans la gare, McIlvanney l’a mis dans un de ses romans, Laidlaw. Je me suis aperçu que je le connaissais, qu’on pouvait écrire sur quelque chose de proche,  et pas forcément des histoires de pirates (…)
Les méchants, je les aime plutôt bien, les méchants dont c’est le travail d’être méchants.
(…) Je n’ai pas besoin de silence, je travaille partout, dans les cafés, dans les trains (Glasgow-Londres : 5 heures de trajet, c’était un bon moment pour écrire toutes les semaines), les avions, les aéroports – Mais ça peut avoir des aspects négatifs : j’ai oublié une fois mon ordi dans celui d’Amsterdam avec, dedans, le manuscrit d’un texte terminé dont je n’avais aucune copie… Heureusement, on me l’a renvoyé !… et je pense un peu plus à faire des sauvegardes –
Je ne fais pas vraiment de plan ; le point de départ, ce sont des lieux : je veux les intégrer et je dois trouver la raison de les placer dans le livre.

On aimerait beaucoup le voir, les 14 -15 juin 2025, au festival du Polar à la plage. 
On a essayé… On verra.

Paul Sartre traduisait ce soir comme la veille David Joy, pas plus gêné semble-t-il par l’accent écossais … que par celui des Appalaches.

Et le feu d’artifice continue : Richard Ford  est attendu à la Galerne mardi 1er octobre !!!!!

David Joy : donner des voix à des sans voix

Un long corps, une barbe rousse sous une casquette, David Joy est à la Galerne, au Havre. Il est arrivé de Caroline du Nord la veille. Il est en France pour un mois.
Il vit au coeur de la nature, « où il voit peu de gens mais beaucoup d’ours. » Il écrit sur cet endroit. « j’essaie d’écrire une histoire très humaine à l’endroit que je connais. Je viens de gens à qui on n’a jamais donné la parole. »

Le point de départ des livres dépend de chaque histoire : la première est née d’une image : celle d’un très jeune garçon qui se tient avec son père devant un sanglier. Le père veut qu’il le tue. Lui, ne le veut pas. Pour le dernier roman, je voulais écrire sut la suprématie blanche. Le pays est fondé sur la suprématie et ceux qui bénéficient de ce système, ne veulent pas l’admettre. Je voulais les y obliger. 
(…)  Le silence est de la complicité mais je ne pense pas que la littérature doive s’engager . Elle a à susciter une réponse émotionnelle (…) à mettre en lumière les aspects de la condition humaine. (…)
je voulais rendre le lecteur blanc mal à l’aise. (…)
Les deux visages du monde
est un roman noir parce que  » je suis influencé par des écrivains : Larry Brown, Ron Rash..
Ce roman vient d’une idée, Je suis fier d’être de Caroline depuis douze générations mais c’est très compliqué : ces gens ont eu des esclaves. C’est un endroit très puissant pour créer de la fiction. La fiction bénéficie énormément du conflit.
Mon père a grandi dans la pauvreté. Il est dur de regarder un homme comme ça et lui dire qu’il a vécu une vie de privilèges, mais c’est vrai, il n’a pas été arrêté par la police, a toujours eu un meilleur salaire que son collègue noir.
Les fins heureuses ne m’intéressent pas. Les Américains les aiment, n’ont pas envie d’être mal à l’aise.
C’est pour ça que mes livres sont plus appréciés en France qu’aux USA où on veut des livres d’aéroport. Les Français demandent plus de l’art.
J’ai tendance à écrire sur des personnes dos au mur. (…)

Chaque roman a été écrit différemment : le premier, la nuit, entre 22h et 4 h du matin. C’était une nécessité, j’avais deux métiers. Maintenant, je n’ai plus besoin de faire ça.. Je n’écris pas tous les jours mais j’ai confiance.(…)
Je n’avais jamais fait de plan  mais celui-là est différent, j’ai essayé de faire une histoire avec du mystère. Là, un plan est nécessaire.(…)
Oui, je détruis beaucoup : pour le 1er livre, j’ai brûlé 15 000 mots, pour le 2ème 30 000, pour le 3ème toute la première version… « I’m getting worse…(rire)
En
 ce moment, je travaille sur un livre à la première personne. Et je joue avec l’idée d’une fin heureuse ! »

Et David Joy finit par :« Les librairies indépendantes attirent de bonnes personnes. Ce sont des sanctuaires. Je vois comme vous êtes fiers de me recevoir. Ce n’est pas possible ailleurs. Amazon ne peut pas faire ça. »

Rue du Conservatoire – Valérie Donzelli

C’est un documentaire sur Hamlet, revu et corrigé par Clémence, à la fin de ses années de conservatoire – normalement 3, mais du fait du Covid, 4 pour cette promotion -.

Valérie Donzelli, 50 ans, a tenté, toute jeune, mais raté l’entrée au C N A D.
Elle y revient et se laisse emporter par Clémence et la fougue de toute sa troupe. Fantaisie, Ferveur. Energie.
Nous aussi sommes emportés : émus, admiratifs, envieux. De leur fragilité, de leur talent, de leur investissement, de cette joie dans la communauté qu’ils ont créée.
C’est drôle, pétillant mais pas que.
Les représentations d’Hamlet sont alors, pour les jeunes comédiens et la metteure en scène, la fin d’un monde, d’un cocon, d’une équipe.
C’est tellement VIVANT ! courez le voir ! C’est ce soir vers 19h ou jeudi, samedi, lundi prochains, à 14h, au Sirius. (Nous étions 4 hier…. c’est un docu, il ne restera pas longtemps)

Ça fait un peu longtemps

Pas de Pièce Unique terminée en vue.

Pas de réunion bouquins récente  – la prochaine est le jeudi 19 septembre, à 18 h, à L’éloge du monde. Un lieu tenu par Hélène qui prépare des voyages cousus main. On essaiera jeudi de voyager un peu aussi…

Pas d’énervement autour d’une expo.
Au contraire, une belle journée à Caen, de vraies joies, joie devant les peintures et sculptures de Sean Scully, dans l’église St Nicolas
et plaisir de continuer à l’artothèque, avec le résultat de la résidence de deux jeunes artistes : Justine Eliès et Arthur Heilporn : un travail très graphique, très fin, léger et ludique . Je suis fan de leur « vis de forme » : jeu avec les mots : petit multiple en verre…en forme de vis.

Quant à l’expo au musée des Beaux-Arts, Le spectacle de la marchandise- art et commerce 1860-1914, elle était très, très intéressante. Peu de peintures vraiment « belles » et même quelques unes de GRANDS peintres, franchement moches et peu représentatives de leur travail… Mais un ensemble documentaire, historique de qualité.
Et puis quand même, entre autres, un Walter Sickert, La blanchisserie (1885), un Café parisien de 1906 d’Albert Weisgerber, un adorable petit Vuillard : enfant avec écharpe rouge (environ 1891), une super gravure sur bois de VallottonLes modistes (1894).

Depuis,
aussi sur l’art,
le film de Mati Diop : « Dahomey »
C’est à voir et il faut se presser : vous savez bien, la première semaine est décisive pour un film et nous n’étions que quatre à la séance à laquelle j’assistais…
Un documentaire, un moyen-métrage : le retour de 26 « objets » au Bénin : du musée français du Quai Branly, où ils étaient » emprisonnés » – longs couloirs gris – plus qu’abrités, au palais présidentiel où ils sont exposés. Plein de questions naissent de et dans ce film, posées par les étudiants : pourquoi 26, alors que ce sont des milliers de pièces qui sont dans nos musées ? Comment les voir, les montrer ? Quel est leur statut : oeuvres d’art ou objets religieux ? A qui les rendre ? etc…

Un Norman Manea : P U N° 213

Le bonheur obligatoire, édité en français en 1991 – traduction de Alain Paruit et André Vornic – par Albin Michel, puis Points Seuil en 2006, est constitué de quatre nouvelles parues en roumain entre 1981 et 1990. En roumain mais pas en Roumanie puisque, s’il écrit toujours dans cette langue, Norman Manea a émigré aux Etats-Unis en 1987.
D’origine juive, né en 1936 en Bucovine, il a été envoyé avec sa famille en camp, d’octobre 1941 à 1944. La Shoah est un de ses thèmes.
Un autre, celui de ces textes, est la vie sous le communisme de Nicolae Ceausescu. Ils ont sans doute  été repris en poche du fait du Prix Médicis étranger 2006, obtenu avec Le retour du Hooligan.
Assez peu de textes sont reparus ici depuis. Parmi eux, ses entretiens de 1999 avec Saül Bellow, Avant de s’en aller, à La Baconnière, maison suisse francophone, en 2021.
Mais il a été enregistré chez lui, à New York, par Colette Fellous pour cinq épisodes d’ A voix nue, sur France Culture en mars 2013. Il y parle français.

Dans ces nouvelles, il est donc question de prison, d’interrogatoire, de corruption, de surveillance, de peur, de méfiance, de pénuries, d’attentes, de dysfonctionnements, d’ordres idiots. Pour un lecteur occidental, cela a des côtés incompréhensibles, limite surréalistes.

Quelques « Poèmes express » qui en sont issus :
– La crise le nettoyait. Du cristal, fin, délicat, tranchant.
– Mettons que ce soit un caprice… une nuit ensemble, une nuit de corps.
– Elles avaient hurlé toute la nuit, ces odeurs.
– Duvet parfumé, nuque délicate, charme d’un sourire mais beuglement.
– Il n’y avait qu’un pas à faire pour s’offrir une joie nourrie de strass.
– Mépris : apprentie-coiffeuse…gros seins pâles, sourire huilé ou air boudeur.
– Un trouble violet enveloppe l’âge, il a oublié. 
– Les mots tentaient de vidanger la bouche. On le voyait.
– La névrose, un morceau de nous se glace, on perd le plaisir, c’est ça…
– Nous ne pouvions pas, c’est ça l’enfance.

C’est offert à Monica Irimia, libraire pendant des années et maintenant surdiffuseuse de livres d’Europe de l’Est.

M Z – août 2024 – 2)

Ont aussi été évoqués :
– Le pont flottant des songes de Junichiro Tanizaki (1886-1965), en Folio, traduction de J.J Tschudin : « beau et déroutant. Pureté et fantasme. M’a mise mal à l’aise » . Un petit garçon perd sa mère. Le père se remarie, donne à sa nouvelle épouse le même prénom que la morte. L’enfant de douze ans est invité à têter cette femme sans bébé et sans lait.
L’adoration de la mère est un thème récurrent chez Tanizaki.
Son très bel essai, L’éloge de l’ombre, éditions Verdiertraduit par René Sieffert a été retraduit pour Picquier en 2017, par Ryoko Sekiguchi et Patrick Honnoré.
– Canoës de Maylis de Kerangal, 2021 chez Verticales, maintenant en Folio : une suite de nouvelles : « C’est très écrit et je cherchais l’humain ». De cette auteure, pour être sûr de trouver l’humain, lire Réparer les vivants, en Folio aussi.
– 
Etait-ce lui ?, deux nouvelles de Stefan Zweig, en Folio, traduites par Laure Bernardi et Isabelle Kalinowski. L’homme qu’on n’oublie pas montre quelqu’un qui rend service à tout le monde et n’a pas de besoins. C’est comme s’il veillait sur la ville.
– Les six fonctions du langage de Clémentine Mélois, Seuil 2021 : l’humour en roman-photos, une apparence très fifties.
– Paysages de Rainer Maria Rilke (1875-1926), éditions Marguerite Waknine, 2017. Trois articles sur l’art. Dans une lettre du 10 août 1903, à Lou Andreas Salomé, Rilke cite Hokusaï : C’est à l’âge de soixante-treize ans que j’ai compris à peu près la forme et la nature vraie des oiseaux, des poissons et des plantes.
– Rosigny zoo de Chloé Wary,  ed FLBLB 2023,
suite de Saison des roses (prix public Angoulême 2020) qui parlait du foot féminin dans les quartiers.
Là, il est question du hip-hop arrivant aux JO (« Olympiades 2K24), de sa récupération. On enlève leur local aux jeunes.
« De belles doubles-pages sans texte »
-Les romans graphiques de Catel et Bocquet chez Castermann : sur les femmes qui ont compté mais ont été oubliées : comme la cinéaste Alice Guy.
Leur dernier opus est sur la voyageuse, océanographe, Anita Conti, morte en 1997.
– Un psaume pour les recyclés sauvages de Becky Chambers, traduit de l’américain par Marie Surgers, éd. L’Atalante, 2022 : le premier roman d’une série de S F positive, « très doux ». Prix Hugo. Les robots se tournent vers la nature.

M Z – août 2024 -1)

Oui, ça fait un peu crypté mais ça va aller ( je ne rajoute pas  ma petite dame…), vous allez voir :
MZ est ce lieu assez incroyable à Thouars où des gens se réunissent et se côtoient, de tous âges, de tous horizons. On peut aussi s’y rencontrer autour de livres et de vin…

Hier, il a été question de :
– Le juif errant est arrivé de Albert Londres, paru à L’Antilopoche en 2024 : 27 reportages en 1929 pour le Petit Parisien. Le journaliste va à Londres, en Europe centrale et en Palestine . Il rend compte de ce qu’il voit, entend, comprend de la vie des Juifs dans ces différents lieux. L’antisémitisme, les pogroms, la misère noire, Israël comme possible mais refusé par les rabbins, et mal vécu par certains qui en sont revenus, pas assez agriculteurs. Il anticipe aussi tous les problèmes entre Arabes et Juifs. Une grande enquête ET tellement bien écrite.
– Les cosmonautes ne font que passer d’Elitza Gueorguieva : son premier livre, paru chez Verticales en 2016, maintenant en Folio.
Ecrit en master de création littéraire à Paris VIII, sous l’oeil attentif d’Olivia Rosenthal : la transformation politique, économique, sociale de la Bulgarie, le passage du communisme au capitalisme vu à travers une fillette. Cela parle de difficultés financières, de corruption, de déceptions mais avec plein d’humour.
– Wonder Landes d’Alexandre Labruffe, 2021 éditions Verticales, puis en Folio. De l’auto-fiction mais dingue, de l’auto-fiction mais une langue, de l’auto-fiction mais de l’humour.
Le frère de l’auteur est arrêté, le père de l’auteur est en train de mourir, criblé de dettes et…on rit… L’histoire est folle et l’auteur la rend encore plus folle. Mais attention, le poignant peut arriver juste derrière un éclat de rire : wonder landes !

Un Akira Mizubayashi : P. U. N° 212

Petit éloge de l’errance d’Akira Mizubayashi, paru en 2014, est La Pièce Unique N° 212.
Mizubayashi est né au Japon en 1951, a fait des études en France. Il se partage entre les deux cultures mais écrit en français essais et romans.
Si un de ses thèmes de prédilection est la musique, il s’agit ici de la langue comme vecteur d’autonomie, de « singulier » dans un pays où le collectif, le consensuel sont la norme, où « On n’a pas d’autres choix que celui de se laisser enrouler dans ce qui est long ».
Ce livre bref, politique, critique des élites japonaises, qu’elles soient universitaires ou de pouvoir, permet d’aborder ce pays, son histoire – ancienne : les temps de la fermeture du pays, de la guerre du Pacifique, ou plus récente, de la catastrophe de Fukushima -, de comprendre le fonctionnement du « corps social ».

Quelques Poèmes Express qui en sont issus :
La main remonte vers la nuque, racle le corps, sort des bonnes manières.
– Voyager dans une tasse de thé vert et les odeurs d’encre.
– Sur chacun des soldats, la musique militaire se vida.
– Le pays s’engouffrait dans un souvenir d’enfance : nattes et feuilleton télévisé.
– Ouvrir les morts, libérer l’organe : ceci est une tâche technique.
– La toute-puissance entrave interrogations, sens et théorie.
– La débâcle est inévitable à cause des lécheurs de bottes et la nature des choses.

Ce livre – 3 en 1 – est offert à Christiane P., fan de Flaubert et de Maupassant, que le Japon – et beaucoup d’autres sujets – intéresse-nt.

 

Un Stanley Elkin : P U N° 211

Stanley Elkin (1930-1995), écrivain américain, a eu plusieurs de ses livres traduits en français, d’abord de son vivant, en 10-18 (Un sale type), chez Plon (Le royaume enchanté), Denoël (La chambre de Van Gogh) et, au Mercure de France (Mrs Ted Bliss). Puis plus rien jusqu’à ce que Cambourakis ne dise en 2010 son intention de tout (ré)éditer. Ce qu’il n’a pas pu faire.
Il faut dire que s’il est admiré par Paul Auster, Robert Coover, ou Enrique Vila-Matas, présenté comme un « serious funny writer » et a reçu de nombreux prix, il n’a jamais été très apprécié du grand public. Wikipedia parle d’un « style baroque et extravagant », Babelio reprend ce dernier adjectif et y ajoute « exubérant ».
La Pièce Unique N°211 est faite à partir dLa seconde vie de Preminger, paru en 1973 aux USA, en 2012 chez Cambourakis, traduit par Jean-Pierre Carasso et Jacqueline Huet : le père de Preminger vient de mourir et Preminger, conférencier vierge de 37 ans vivant dans le Montana, arrive dans l’appartement que le défunt avait acheté à Chicago. Ils se voyaient peu, le père s’était fait une vie dorée et un look hippie dans ce luxueux condominium de propriétaires, tous juifs.
Scènes de deuil, de rencontre avec les administrateurs, drôles et étonnantes. Conversations plutôt racistes de ses nouveaux voisins,
descriptions de moments et de corps à la piscine où il est momentanément  maître-nageur pour arranger la communauté.
Fin incroyable.

Quelques Poèmes Express issus de ce livre :
– Une douzaine de coups : gravité relevant de centres médicaux et police.
– 4 ou 500 corps, impression de bonne santé dans la mort, comme une blague.
– Trois types larges près du cercueil : comme des fées penchées sur un berceau, s’entre-congratulaient.
– Regard circulaire : de vieux amis, un intime, des rigolos.
– L’enveloppe de cuir du soulier était l’obsession de quelqu’un.
– Les bouteilles à la mer pensent : à quel point la vie d’un homme raconte l’histoire ?
– Comprendre le 
supermarché. Quand même y aller pour penser.
– Ce que les hommes peuvent être femme ! Pourtant il n’y a aucune raison.
– Je découvris la conductrice sous la carrosserie – naïve preuve d’accident.

La personne qui devrait recevoir la Pièce Unique N° 211 est Frédérick Houdaer, écrivain et éditeur – Le Clos Jouve – qui s’intéresse au Havre.

 

Un Maryline Desbiolles : P U N° 210

Fin août 2024, paraîtra L’agrafe aux éditions Sabine Wespieser. Le 3ème livre de Maryline Desbiolles chez cet éditeur.
Auparavant, ses textes étaient publiés dans la collection Fiction et Cie au Seuil.
C’est le cas de La scène, paru en 2010 :
Une histoire de regards
De repas : de famille, de fête, de vernissage,
De tables / de tableaux (Véronèse, Oskar Schlemmer)
De moments de séduction, de drague, autour d’un café, d’un dîner, d’un verre.
De nourriture, d’images et d’affects.

Quelques Poèmes Express issus de La scène :
– Le poisson mangé dans une guinguette raconte des histoires qu’on ne peut retenir.
– Un tout petit peu mort, le vivant, à minuit finit cendre.
– Comme un cochon, bouche et estomac, il mange à toute allure, moustache et gros ventre.
– Il lui mangeait le visage et le doigt. La peau si blanche attisait la gourmandise.
– Prénom de 20 ans d’un enfant de 5 et chapeau vieillot sur peau sans joie.
– Elle souriait, souriait énormément, le sourire s’était installé, content de la bouche, éternellement.
– En tenue de plongeur, enserrant la mariée, saccage la robe et trouve le doux.
– Nous nous sommes échappés des ventres. Cela ne cesse de saigner.

Cette Pièce Unique N° 210 est offerte à Rina H, Bruxelloise rencontrée à Pirouésie à plusieurs reprises, et retrouvée plus longuement cette fois.