Aux Boréales hier, on parlait danois.
D’abord avec les éditions La Peuplade : Anne Cathrine Bomann pour Agathe, et Johanes Nielsen pour Les collectionneurs d’images (déjà évoqué au cours d’un « faux Chat Bleu », trouvable sur ce blog à la date du 16 mai 2021). L’action du livre de A.C. Bomann se situe en France où elle a vécu un an. Le Nielsen se passe aux îles Féroé où il demeure. A.C. Bomann parle d’un vieux psychanalyste, presque retiré du monde et sa dernière jeune patiente. Nielsen, l’écrivain « taiseux », évoque toute une ville, Torshavn. Le premier texte est intimiste, le deuxième sociétal.
Puis Kim Leine et Mads Peder Nordbo, deux auteurs danois qui ont vécu plusieurs années au Groenland, ont évoqué ce lieu. Mal en point à ce moment-là, ils ont pu y rebondir. L’un, traduit chez Gallimard, écrit des romans hoistoriques, l’autre, des polars chez Actes sud-noir. Deux ambiances, deux temporalités mais ils parlent tous deux du passé colonial, « tyrannie douce », de cette étrange relation où chacun (ex-colon comme ex-colonisé) est retranché dans son ignorance.
Enfin, Björn Larsson était interviewé par Frank Lanot à propos de Le choix de Martin
Brenner, chez Grasset, Là, pas de langue étrangère. Larsson parle un français parfait. D’autres langues aussi. Homme du monde ou de no-where, homme de culture qui convoque dans son livre Buber (« Ich und du ») Arendt, Levinas (« L’autre existe, donc je suis »), Modiano ou encore Gary. Le thème du livre : le choix, ses conséquences et le fait qu »‘aucun homme n’est une île ». On est par le regard de l’autre.
Aujourd’hui, d’autres grands moments, dont la venue à 17h 30 de Jon Kalman Stefansson… mais nous n’y serons pas…
Typhon de Joseph Conrad est réédité dans la traduction d’Odette Lamolle aux éditions Autrement, avec une préface de Mathias Enard .
La chaleur de Victor Jestin, J’ai Lu : Un premier roman, prix Femina des lycéens, prix de la vocation, et prix Ouest France. Rien que ça.
Au printemps des monstres de Philippe Jaenada, 2021, éditions Mialet Barrault : un fait divers de 1964 décortiqué, L’époque décortiquée. Un travail d’enquête sur le terrain et aux archives.
Retour aussi de vacances : du festival Ecrivains en bord de mer où on a entendu Sébastien Brebel parler de son livre et, de ce fait, acheté ce livre, paru en 2021 aux éditions P O L : Erre, erre.
Carl Jonas Love Almqvist (1793-1866) s’est essayé à la vie paysanne en admirateur de Rousseau, a dirigé une école, a été journaliste, a dû fuir un temps aux Etats-Unis et a beaucoup écrit.
La route de Los Angeles de John Fante (1909-1983) est la Pièce Unique N° 136. Dans une émission de France Culture Une vie, une oeuvre (23-02-2019) , on disait : « Avec autodérision, John Fante n’a jamais raconté qu’une seule histoire, la sienne. » A travers ses textes, cette histoire devient extraordinaire. Combat apocalyptique contre des crabes, amour pour des pin-up de magazine, vantardises, culture étalée, invention forcenée, coups de gueule viennent combattre son mal être de petit « rital ».
La Prostituée est magnifique dans son apparence (les livres des éditions Allia sont TOUJOURS magnifiques) et sidérant par son contenu. C’est une courte nouvelle d’un auteur japonais, Hayama Yoshiki (1894-1945), homme de gauche, militant, assez souvent mis en prison pour ses opinions. Ce texte a été écrit au cours d’un emprisonnement au début des années 20..
Pirouésie 2021, c’était la 15ème édition mais c’étaient aussi les 60 ans de l’Oulipo : ça se fête. Et à Pirouésie, quand on fête quelque chose, on ne rigole pas !
Tout bouge autour de moi raconte la catastrophe mais évoque aussi l’histoire de l’île, la manière dont elle est vue dans le monde. Première à revendiquer son indépendance, on lui en veut et on ne retient d’elle que son image de misère et de violence : p. 78 : « Il n’y a pas un seul film sur la plus grande guerre coloniale de tous les temps, celle qui a permis à des esclaves de devenir des citoyens par leur seule volonté. » (…) « Je vois poindre un nouveau label qui s’apprête à nous enterrer complètement : Haïti est un pays maudit. »