Un Blaise Cendrars : P U N° 231

Hollywood la Mecque du cinéma avec «  29 dessins pris sur le vif » de Jean Guérin, paru chez Grasset en 1936, reparu en poche en collection Ramsay : un reportage commandé à Cendrars par le journal Paris Soir, est la Pièce Unique N° 231
Comme Joseph Kessel, à peu près au même moment, il nous emmène dans un Hollywood beaucoup moins glamour que prévu :
– une ville séparée du monde par des murs qui rejettent les « migrants » – déjà – même de l’intérieur, venant d’autres états américains.
– une industrie qui fait du scénario au km et respecte peu le travail des auteurs.
– le plagiat comme fonctionnement.
– le fait que « si derrière chaque star se cache son maquilleur, l’expert en sex-appeal qui lui a décerné sa « charte de beauté » (….) qui a fixé son type, qui est le véritable auteur de ce visage immuable qu’elle porte à l’écran (…) une marque de fabrique qui lui donne sa valeur commerciale et lui assure des revenus fantastiques tant que cette marque, soutenue par une publicité folle, est populaire, à gauche et à droite de chaque star se dissimulent deux autres hommes sans lesquels elle ne serait pas : l’agent qui l’a lancée et le chasseur de stars, le « talent scout » qui l’a découverte. » : l’artifice, l’artificiel et l’argent bien, bien au-dessus de l’art.

A noter, les dessins de Jean Guérin, très enlevés, joyeux, qui donnent envie de garder le livre. Quand on cherche son nom sur le net, on ne trouve pas grand chose. Eventuellement des dates : 1903-1966.
Ils m’ont un peu fait penser aux dessins de Delphine Brétesché (1972-2021), aussi autrice et performeuse.

Quelques « Poèmes Express » qui « sortent » de ce livre :
– L’assassinat est de tous les « cocktail party » et est beau comme un tuba.
– Fatalement absurde, la vieille claudicante et périmée.
– Dans des bottes éculées les ingénieurs pour équiper les statisticiens vaniteux.
– Je jetai un coup d’oeil : vieilles filles, petit chien, pelote de laine furtive.
– Pour éviter d’être, je copie.
– L’idée change. S’épluche, gonfle.
– On émigre. Nouveaux principes. Convulsions politiques.

 

Un vin, des livres – juin 2025 – 1)

A l’Aub’art, cette fois… en pleine chaleur :
je voulais nous emmener en Amérique du Nord,
… surtout aux USA… tiens donc, pourquoi ?…
avec  deux livres d’Africains-Américains :
1) un essai de Ta-Nehisi CoatesEntre le monde et moi – lettre à mon fils : de 2015, retraduit par Karine Lalechère, avec une préface inédite de l’auteur, ed Autrement 2024.
Il était venu alors aux Matins de France-Culture de Guillaume Erner, et passé à la Maison de la Poésie de Paris.
Il est question de la peur liée au racisme d’hier, et d’aujourd’hui, de là-bas et d’ici. Le point de départ de l’écriture est la mort violente d’un ami, certes noir mais très riche et cultivé.
(P 148-149) : « ...si je ne t’ai jamais parlé avec la même force et la même clarté, je reconnais  que c’est parce que j’ai peur. Je n’ai aucun dieu vers qui me tourner. Je crois que, lorsqu’ils détruisent le corps, ils détruisent tout. (…) L’anéantissement du corps. Le dragon qui poussait les adolescents que j’ai connus autrefois à des fanfaronnades exubérantes pour affirmer qu’ils étaient les seuls maîtres de leur vie. L’anéantissement du corps. Le démon qui incite les survivants de la classe moyenne noire à se retrancher derrière une passivité agressive, à ne pas hausser la voix en public, à être toujours poli, à ne pas sortir les mains de ses poches, une attitude qui semble clamer : » je ne fais pas de geste brusque. » L’anéantissement du corps. Le serpent de ma scolarité, exigeant que j’en fasse deux fois plus pour réussir, alors que je n’étais qu’un petit garçon. »
2) un roman de 2021 du GRAND Percival Everett, Actes sud 2024, trouvable en Babel noir. Traduction de Anne-Laure Tissut, professeur de littérature américaine à l’université de Rouen. Elle le traduit depuis 2004, année de la parution de son premier livre en France, Effacement.
Le prochain texte d’Everett, James, prix Pulitzer de la fiction 2025 devrait sortir le 22 août chez L’Olivier.
Ce Châtiment est drôle, dingue, noir et politique. Des blancs sont tués et, à chaque fois, près d’eux, on retrouve le même cadavre qui ressemble à Emmett Till, un jeune garçon noir lynché dans l’état du Mississippi en 1955. Les policiers blancs y perdent leur latin, les flics fédéraux noirs ne sont pas les bienvenus mais plus efficaces. de nombreux noms sont listés, de la page 219 à la page 229, d’hommes noirs, vraies victimes du racisme historique.
Trump est aussi dans le livre. Trump I, mais déjà « logorrhéique ».

Québec, maintenant avec : Atome 33, enquête du journaliste Grégoire Osoha, éditions Marchialy 2025 : sur une fonderie, dans la ville de Rouyn-Noranda qui apporte tout (sport, culture, etc) à la communauté mais détruit la santé par un taux d’arsenic défiant tout entendement.
L’usine est coupable mais le gouvernement, les politiciens aussi, par leur lenteur, leurs réponses insuffisantes, voire scandaleuses – comme à Fukushima où on vous responsabilise avec des compteurs geiger. et des conseils de « gestes simples « – Immoralité totale !

Vous étiez nombreux. A bientôt ici pour dire tout ce dont il a été question.
Et d’autres infos/avis sur des bouquins, des expos…
Prochain Un vin des livres en septembre

Polar à la plage 2025 – ambiance festive !

La 22ème édition du festival a eu lieu du 10 au 15 juin.
De bons moments !
Une belle ambiance !
Beaucoup de monde !
Comme d’hab !
Avec,
mardi, à la médiathèque Oscar Niemeyer, « l’arpentage » du livre d’Elisa Vix qui a super bien marché.
Mercredi, toujours à Oscar Niemeyer, au Tribunal des flagrants des livres, nous avons défendu les romans des auteurs. Quant à moi, je plaidais pour Frakas de Thomas Cantaloube, en Folio.
Maintenant on peut bien vous le dire, il y a eu débat, pour le prix des Ancres noires, entre Frakas, justement, et le thriller de Roxanne Bouchard Le murmure des Hakapiks, éditions de l’Aube.
Au Pôle Simone Veil, jeudi matin, un super atelier d’écriture de 2h30 avec 10 « écrivant.e.s », mené par  l’auteur David Coulon qui a proposé des consignes amusantes, « dé-grippantes » qui ont porté tout le monde.
A la plage, sous chapiteau, samedi et dimanche, des signatures, des rencontres, et la remise des prix aux élèves (du Havre, de Fécamp, d’Epouville, de Barentin…) qui avaient travaillé à partir d’une accroche, avec des enseignants investis.
Une conférence très rafraîchissante de l’auteure québécoise, Prix des Ancres noires 2025 : Roxanne Bouchard.

Juste un regret   personnel :
la perte de deux éléments qui contribuaient à la spécificité du festival au niveau national :
– des textes de chansons des auteurs du noir invités, mis en musique par des groupes locaux  de rock, reggae, funk… – d’autant que nous avions une conférence sur le rock par Jean-Noël Levavasseur dimanche – mais bien sûr, l’enregistrement en studio est un gouffre pour un budget.  
– qu’on ( Lia) ne nous prête plus un bus pour le week-end. Il nous permettait de transporter les auteurs, d’avoir un lieu typique, vitrine de la ville, complètement insolite pour les conférences…

Les auteur.e.s – habitué.e.s des festivals un peu partout en France – ont, comme toujours, été heureux de se retrouver en bord de mer, ont admiré la plage et plus largement Le Havre.

polar à la plage 2025 – la semaine prochaine

ALORS,
– Lecture – arpentage d’Elle le gibier d’Elisa Vix à la médiathèque Oscar Niemeyer mardi10 à 15h.
– Tribunal des flagrants des livres,  mercredi 11 à 18h30, au même endroit.
– Atelier d’écriture avec David Coulon , jeudi 12 à 10h au pôle Simone Veil.

Et puis, après, c’est sur la digue promenade, avec les auteurs, samedi 14 à partir de 14h et dimanche 15 dès 10h. Rencontres, conférences, slam, théâtre de rue

VENEZ !

Et pour plus d’infos sur le festival, sur certains auteurs : Thomas Cantaloube, Gwenael Bulteau par exemple, écoutez le podcast !

Un Yannick Haenel : P U N° 229

 La solitude Caravage
de Yannick Haenel, paru en 2019 chez Gallimard et trouvable en Folio
est un livre d’histoire de l’art mêlé à un récit d’apprentissage.
Le point de départ est la rencontre avec le désir.
Désir de l’auteur, à 15 ans, pour une femme peinte.
Désir né d’un détail en noir et blanc d’une reproduction, un visage dans un livre d’art.
Puis les retrouvailles, quinze ans plus tard, dans un musée : la femme fantasmée est Judith et elle est en train de tuer Holopherne…
L’émotion originelle et rejouée entraîne l’écrivain dans le travail et la vie de Caravage (1571-1610).
Et, dans plusieurs tableaux, Haenel retrouve la même femme.
Celle qu’il voyait douce, tue.
Celle qui est peinte dans d’autres toiles en sainte est une courtisane.
Haenel enquête et donne des éléments pour saisir le Caravage
dans ses émotions et dans son siècle.

Quelques Poèmes Express issus de La solitude Caravage :
 
– J’étais soldat et, d’un geste froid, taillai un coeur.
– Le feu d’un visage me suffisait ; j’étais heureux.
– Des bourreaux s’acharnent, des bouches crient, un visage geint.
– Les pierres précieuses ; cette opulence si profane, exclusivement matière.
– Scintille la femme déshabillée : seins, croupe, hanches giclent.
– On n’y voyait rien. Un paquet de lueurs, un éclat cru.
– Sable de l’engrenage, le médiocre.
– Offerte la couleur, des ocres dans des bleus pour peindre le mouvement.
– La prostitution avale le trouble et le sexe représente la misère.
– La sexualité est avant tout jouée, en témoignent ces corps s’emparant de l’espace.
– Les arômes macèrent et le suc suinte, dimension de l’accomplissement.
– Fascinés les affamés se cognaient contre les richesses.
– Ce n’est pas parce qu’apparaît le réalisme que s’ouvre la réalité.
– Une tête de mort d’un noir boueux scande la pauvreté du visible.
– Dans sa chair vigoureuse, elle figure l’intraitable, le pas fade.
– Cette larme qui coule dans une carafe existe, glisse, chaude.
–  La rumeur a tort de s’imaginer fermée sur sa violence.

 La Pièce Unique n° 229 est offerte à  Jean-Luc Thierry, collectionneur d’art un peu spécial…
Sa collection est et sera montrée sous le titre « Invitorama » en sept fois au Portique, Centre d’Art Contemporain du Havre.

Un Carlos Liscano : P U N° 230

 

Carlos Liscano ( 1949-2023) Uruguayen, victime pendant 13 ans de la dictature militaire, s’est mis à écrire en captivité.
« Au début, je ne songeais pas à faire un livre, explique -t-il. Ecrire était une manière de garder le contrôle de mes pensées, pour ne pas sombrer dans le délire. »
 Le papier est rationné. Il écrit d’une écriture minuscule. Un jour, un codétenu qui va être libéré lui propose d’emporter ses textes. Le premier livre de Liscano s’évade donc avant que son auteur ne quitte la prison.

Ce premier livre, c’est Souvenirs de la guerre récente, que Belfond puis 10-18 publieront en français, traduit par Jean-Marie Saint-Lu.
Cela commence comme la vraie histoire de Carlos Liscano :
des militaires cognent à la porte…
Ensuite, ce n’est pas le pénitencier, mais un camp militaire isolé, hors du monde.
Parce qu’il y aurait la guerre. Sauf que le temps passe et rien ne se passe.
Si ce n’est que l’homme s’habitue à ce rien. «Le moine, le soldat et le prisonnier sont libres. Tous leurs problèmes sont réglés par la loi. Il suffit de la suivre. Même la désobéissance trouve sa punition. Tout est tracé. » dit Liscano
Buzzati et Kafka sont là. L’humour et l’absurde aussi.

Voilà quelques Poèmes express issus de Souvenirs de la guerre récente :
– La lecture, c’est du papier, c’est essayer de connaître.
– Il n’était pas certain que nous trouvions quelque chose dans notre imagination.
– Mourir est devoir et sauve la civilisation.
– Deux étaient armés, fusil et carabine. Ils fermèrent les portes.
– La restructuration concernait le vide ; le terrain nous était connu.
– Tout le personnel était chaud et commença à se déplacer comme un troupeau qui charge.

 

Un vin, des livres – mai 2025 – 1)

La pire espèce de Cristian Fulas, éditions La Peuplade, 2025. Traduit du roumain par les Couriol. Ce deuxième livre de Fulas est hyper-différent.
Le premier, Iochka se passait loin de la capitale, avec des personnages loin du pouvoir. On y suivait un homme sur toute sa vie. L’amour était un des sujets du livre.
Dans La pire espèce, il y a peu d’amour.
Le pouvoir et son corollaire, la corruption, sont le sujet.
Un homme politique -dont on ne saura que le nom – va entrer en prison.
On suit les gens qui ont travaillé pour lui, pour sa sécurité, pour la propagande de son parti. La plupart de ces hommes sont partis de rien, profitent largement de la situation.
Tout se passe en une journée. Elle commence fort et finit encore plus fort.
Lire ça un peu avant les élections présidentielles roumaines, avec le risque d’arrivée des George Simion et Calin Georgescu à la tête du pays rendait le texte encore plus fort.
Et
voilà un ajout prometteur du 27 mai par Floria Couriol :
« Et voici le 3 eme roman à traduire, à la suite. Excellent projet issu du talent de Cristian Fulas, de la confiance en lui et en nous ( humbles traducteurs) des éditeurs de la Peuplade et du public qui est le premier véritable critique du texte. Ce sera tout à fait autre chose que “ La pire espèce “ ou que “ Iochka” … mais je vous en dirai un peu plus dans quelques temps…. »

Les têtes hautes de Martin Thibault, éditions bordelaises Do, 2025 :
Un premier roman.
Des ouvriers font chaque semaine un loto.
Le narrateur, syndicaliste, passé par la fac, n’y croit pas mais trouve sympathique ce truc qui fait du lien entre 12 copains ou juste collègues.
Un jour, ils gagnent.
Ils ont tous des idées différentes sur la manière de dépenser les gains.

La version de Fenoglio de Gianrico Carofiglio, traduit de l’italien par Elsa Damien, paru en poche en 2023. Un polar mais pas vraiment. Fenoglio est le maréchal de police, intelligent, cultivé, sensible, personnage récurrent de l’écrivain – procureur – ex-sénateur Carofiglio. Ici, il y a peu d’action. Fenoglio, opéré de la hanche parle de son métier avec un jeune homme accidenté, chez le kinésithérapeute.
On peut penser que Fenoglio = Carofiglio

Prochain Un Vin, des livres prévu le jeudi 19 juin, à partir de 18h à l’Art Hôtel.
Mais avant, il y aura tout ce qui a encore été dit en mai, parce que vous lisez beaucoup.

Un Gérard Delteil : P U N° 228

Gérard Delteil est né en 1939 et a BEAUCOUP écrit à partir de 1983 : articles, romans noirs.
K Z retour vers l’enfer est, comme Les années rouge et noir, un de ses bons romans historiques. Paru en 1987 chez un petit éditeur, réédité chez Métailié en 1998, actuellement indisponible en version papier – sauf seconde main -,  réédité numériquement.
On trouve peu d’infos sur ce texte mais l’association des bibliothèques françaises le répertorie dans une liste d’ouvrages sur le fascisme d’hier et d’aujourd’hui  et l’association française Buchenwald Dora et Kommandos le cite comme « un des rares romans s’appuyant sur certains aspects de l’univers concentrationnaire ».
On est en Pologne, en 1945, dans un camp de travail ; les prisonniers, politisés, sont au courant de l’avancée rapide des soviétiques et se révoltent. Les personnages (détenus, comme Kapos, ou militaires) sont bien campés. L’auteur rend compte des croyances politiques d’alors.

Quelques Poèmes Express qui en sont issus :
–  Crânes rasés, rangers : des poussières dans les couloirs de la station les Halles.
Il avait vendu la main d’un Obersturmführer… c’est évidemment un peu plus coûteux que le matériel de série.
Vous êtes placé sous contrôle. Sous le contrôle de la mémoire.
Des lueurs de haine passèrent dans les regards, quelque chose de vieux, de ferme.
– Relâchés pendant la nuit, les visages, traces effacées, pas de transpiration.
– Il administrait des coups à la peau des animaux.
– Dentition répertoriée, victuailles rapportées et de quoi se saouler.
– Il s’efforça de maîtriser la main dans les cheveux d’une coiffeuse à lèvres de magazine.

Dominique, rencontré grâce au MZ, est celui qui a reçu ce « trois  livres en un »

Planètes intérieures au M Z :

A partir du 9 mai 2025, exposition au M Z
des petites planètes
ou « planètes intérieures »
d‘Eric Enjalbert :
Des intérieurs d’artistes: bdistes, marionnettistes, peintres, collectionneurs, éditeurs…
Des intérieurs en couleur
et sous une forme étonnante

 

Un vin, des livres – avril 2025 – 2)

Aussi, un peu de livres étrangers :
– Dossier Akhmatova du Mexicain Alberto Rey Sanchez, aux éditions Les fondeurs de briques, 2023, Toulouse. Traduit par Marianne Millon. Livre primé en 2022 au Mexique. Un roman-biographie, avec une construction mosaïque, sur la poétesse russe Anna Akhmatova, sa vie très dure sous Staline, son oeuvre.
– Les éblouissements de Pierre Mertens (1939-2025), paru au Seuil en 1987. Prix Médicis. Sur un autre grand auteur méconnu : Gottfried Ben (1886-1956).
– Les trois femmes de la Baltique d’Ann Christin Antell. Traduit par Sébastien Cagnoli, éditions Hachette. 2 tomes de cette trilogie sont sortis. Nous sommes en Finlande au XIXème siècle, alors qu’elle fait partie du grand duché de Russie. Les faits historiques sont très présents. C’est féministe, malgré la 1ère de couv’, ce n’est  » pas du tout à l’eau de rose. C’est un livre de détente par un grand écrivain » dit Gérard Collard, le libraire de la Griffe noire.
– Un thriller tordu, sanglant : La leçon du mal de Yusuke Kishi. Traduction du japonais de Diane Durocher.
– Un livre à part : Atlas inutile de Paris, de Vincent Périat, éditions Le Tripode, 2024 : 100 cartes de Paris. Oeuvre de piéton. Cartes toutes plus étonnantes les unes que les autres, pas forcément utiles mais amusantes.
Et beaucoup de livres français, de femmes :
– Les vivants d’Ambre Chalumeau, éd. Stock : écriture légère, d’ado, sur l’amitié, la mort d’un ami, la découverte de l’âge adulte.
– Les séparées de Kethevan Davrichevy, chez Sabine Wespieser, 2012 : dans les années 80,  l’amitié fusionnelle de deux filles pendant l’enfance. Des malentendus. La perte et la fin d’un temps.
– Nos insomnies de Clothilde Salles, dans la collection l’Arbalète, Gallimard 2025. Un premier roman. « Une écriture magnifique » dit D. Une petite fille raconte la vie dans sa famille. Tous sont insomniaques parce que le père l’est. Il est tout le temps excédé. Les choses ne sont jamais nommées mais…
– L’oiseau des Français de Yasmine Liassine, chez Sabine Wespieser, 2024. Premier roman, dans la sélection de Terres de paroles 2025 : des Français sont retournés en Algérie après 1962. Différents points de vue, portraits. L’enfermement des femmes.
– Depuis toujours nous aimons les dimanches de Lydie Salvayre, Points, 2025 : un éloge de la paresse comme acte politique, contre la consommation. De l’humour, de l’impertinence.
– Gaelle Josse : plusieurs livres : Le dernier gardien d’Ellis Island, éd. Noir sur Blanc, un roman émouvant qui fait revivre la crainte au moment des passages, des coups de tampon à l’entrée sur le territoire. Aussi : De nos blessures un royaume, éd. Buchet Chastel : une danseuse qui veut continuer à vivre. Une déclaration d’amour à l’art, la littérature pour réussir à se battre.
– Avant que ça commence  de M. Laure Brunel-Durin  et Valérie Peronnet, J’ai lu, 2024. L’une est commissaire et profileuse, l’autre, journaliste. C’est « drôle et glauque », ça parle des femmes dans le milieu.
– Sourdre de Zoé Bescond de Senneville : poésie autobiographique venue du fait qu’elle est devenue sourde à 30 ans, aux éd. Maelström Révolution. Elle était présente aux journées de la poésie organisées à Danton dernièrement.
Aussi quelques hommes :
– Le rêve du jaguar de Miguel Bonnefoy, 2024, Payot-Rivages : à partir de 1900, trois générations au Vénézuéla. « ce style ! coloré ! »
– Photo sur demande de Simon Chevrier, Stock, 2025. Sur l’homosexualité, le mal être. Premier roman d’un élève du master de création littéraire. Goncourt du premier roman.
– Un essai de Peter Turchin, anthropologue : Le chaos qui vient,éditions du Cherche-Midi 2024. Né en URSS, installé aux USA en 1977, il a créé la « cliométrie » la science de la complexité, en 2003. Les choses se reproduisent en cycles. Il y a trop d’élites, des riches rares mais tellement riches et des gens pauvres nombreux, désespérés.
– Patrice Autréaux chez Gallimard : « j’ai lu tous ses livres. J’adore son style » : L’époux, Dans la vallée des larmes.
– François Cheng : Une nuit au cap de la Chèvre, Albin Michel, 2025 : invité pour une lecture en Bretagne, il y reste seul pour méditer. Cela donne ces poèmes.

Le prochain Un vin, des livres : le 15 mai !