Petit retour en arrière :
une autre année d’Un été au Havre,
l’oeuvre d’une diplômée de l’école d’art et du master de création littéraire, Alice Baude.
On l’avait rencontrée lors d’un atelier d’écriture sur sa pièce.
ça avait donné ça :
« LE LIQUIDE POUR SEUL REEL ».
Pas sûre encore de comprendre le sens. Juste sûre d’aimer la pièce, le contraste de la dureté du matériau, du choix du graphisme des lettres – le tranchant du « E » par exemple -, du brillant de l’écrit sur le sombre de l’eau, sur sa mouvance. Evidence des mots dans un endroit où ils n’ont rien à faire. Invisibilité de la technique. Elle bouge peut-être mais elle ne dérive pas. Elle flotte mais des vaguelettes passent dessus, irrégulières, forment plus ou moins des lignes, des rides, un court temps, s’en vont, disparaissent complètement, laissent le « U », le « L », lisses, argentés, nus, puis d’autres viennent, un peu ailleurs, un peu autres.
Donc,
un côté sec sur le mouillé,
un côté sûr sur l’instable,
un côté plat sur une profondeur.
Quelque chose de fort même si le sens, éventuellement, échappe.
Cette année, une girouette sorcière, un skater fou et une baleine échouée, entre autres, nous attendent dans la ville. Du figuratif. Un clin d’oeil au passant qui se demande s’il voit bien ce qu’il voit.
Le Centre d’Art contemporain Le Portique présente, lui, de nombreuses pièces de l’atelier Van Lieshout autour du voyage. On ne pense pas forcément à cette thématique, plus à des cabinets de curiosité : machines bricolées, un peu gore, étonnantes accumulations d’éléments qui peuvent effrayer, choses assemblées, bricolées et beaux objets. Ma pièce préférée, les scaphandres !
Temps permettant de Christine Lapostolle est sorti en janvier 2022 aux éditions mf, créées en 2005.
Memoria, le dernier film d’ Apichatpong Weerasethakul, est différent des précédents en ce qu’il tourne pour la première fois avec des acteurs professionnels internationalement reconnus. Mais ces acteurs, il les filme comme des inconnus : de loin, sans insister. On pourrait presque ne pas reconnaître Jeanne Balibar, Même Tilda Swinton, le personnage central, Jessica, est prise le plus souvent à une certaine distance.
Indes Galantes, de Philippe Béziat.
Aux Boréales hier, on parlait danois.
Brenner, chez Grasset, Là, pas de langue étrangère. Larsson parle un français parfait. D’autres langues aussi. Homme du monde ou de no-where, homme de culture qui convoque dans son livre Buber (« Ich und du ») Arendt, Levinas (« L’autre existe, donc je suis »), Modiano ou encore Gary. Le thème du livre : le choix, ses conséquences et le fait qu »‘aucun homme n’est une île ». On est par le regard de l’autre.
comme chaque année, à Caen, dans l’auditorium du musée, les rencontres littéraires sont un beau et bon moment.
