Memoria, le film (2021)

Memoriale dernier film d’ Apichatpong Weerasethakul, est différent des précédents en ce qu’il tourne pour la première fois avec des acteurs professionnels internationalement reconnus. Mais ces acteurs, il les filme comme des inconnus : de loin, sans insister. On pourrait presque ne pas reconnaître Jeanne Balibar, Même Tilda Swinton, le personnage central, Jessica, est prise le plus souvent à une certaine distance.
Première fois également qu’il tourne à l’étranger : en Colombie : Bogota, des rues, une galerie d’art, un auditorium, un restaurant puis dans la montagne, dans un village, dans un tunnel, près d’une rivière. Des lieux où on accompagne Jessica sans savoir pourquoi, sans qu’il y ait une raison explicite. Et ce n’est pas gênant, on est bien avec elle.

Memoria, c’est aussi – ou surtout – une bande-son. Le film commence avec un bruit fort, comme un coup, qui réveille Jessica. Ce son reviendra plusieurs fois, quand elle est seule ou quand elle est avec des personnes qui, elles, ne l’entendent pas. Nous, spectateurs, devenons super-attentifs, écoutons plus, en alerte, entendons de ce fait mieux l’orage, l’eau de la pluie, de la rivière.

Memoria, c’est une lenteur, une longueur des séquences mais qui ne pèse pas. C’est du calme. On ne s’attend à rien, on n’attend rien, on est dedans.

 

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