Directrice de recherche au CNRS et à l’EHESS en théorie littéraire, Marielle Macé écrit poèmes et essais. Nos cabanes, éditions Verdier, 2019, est un très beau petit livre. Petit par sa taille, grand par son sujet et son projet. Travail sur l’écologie, la société face à la nature et ses transformations, les possibles pour que la vie continue au mieux, dans le respect de l’eau, de la végétation, des animaux et des hommes. Un écrit politique. Une recherche de solution, la compréhension et l’adhésion aux actions menées jusque là dans des lieux comme Notre-Dame des Landes.
(p 52:) » Les cabanes sont « co-construites » comme le dit Sébastien Thiéry, co-construites par le saccage et par les gestes qui sont opposés au saccage ; et de ce tourniquet, on ne saurait sortir. »
Quelques Poèmes-Express venus de Nos cabanes :
– La zone : mot d’où je désigne un état de bout.
– La diversité est chassée de ce qui est pouvoir.
– Nous ne sommes pas tous faits pour élargir les joies.
– La surface bruisse de phrases aux sourds.
– Etre fleuve – évasion de l’eau roulée à l’air.
– Vivre : emprunter les tracés qui font des trajets.
Cet exemplaire, version augmentée de Poèmes Express et des actualités qui ricochent avec eux, est ( r)envoyé aux éditions Verdier qui pourront le garder, le donner à l’auteure, ou le jeter, évidemment.





Jeudi 8 septembre, commence Arty Show : un salon des lunetiers proposé depuis plusieurs années par Stéphane Brasse, de Rue des Ateliers. Jeudi soir, à partir de 18h, Rue du Départ sera là. Ce sera l’occasion de voir au Havre ses deux collections, Voyage noir et Voyageur, ensemble. De voir la qualité des maquettes, des couvertures et, bien sûr de ce qu’il y a dedans. A raison d’un ou deux livres par an, Rue du Départ se constitue, s’affirme.
Un salon qui a lieu dans un superbe magasin de mobilier contemporain, Roche-Bobois.
Un feu d’origine inconnue, paru chez Autrement en 2014 et en poche chez le même éditeur en 2022, traduit par Sabine Porte, est la Pièce Unique n° 157. Daniel Woodrell, souvent édité en France en Rivages/noir, écrit là une histoire basée sur un fait réel : l’explosion, en 1928, d’un dancing dans une petite ville du Missouri. Ce n’est pas une enquête mais des pistes possibles apparaissent tout au long du texte, avant un dévoilement final. Des personnages forts, une belle écriture. Plus intéressant encore, le versant social du livre : la crise économique, la place du religieux, du corps, et de chacun dans la communauté, le fait qu’on ait plus ou moins su qui était coupable mais…

[LES RENDEZ-VOUS D’ARTHUR DE L’ETE]
Freshkills est paru au Québec en 2019, puis à la Contre-allée et enfin chez Pocket. Lucie Taïeb est chercheuse en littérature, travaille la question de la mémoire. Mémoire de la dictature argentine, de la Shoah et, avec ce livre, de l’aboutissement de notre société de consommation : ses déchets. Fresh kills est le nom d’une décharge à Staten Island, créée en 1948 pour trois ans, continuée jusqu’en 2001, après le 11 septembre. Freshkills est le nom qu’on donne au lieu maintenant que l’on veut en faire un parc, un lieu sain, agréable. Transformation du nom – minime certes, juste un écart enlevé – mais efficace pour dissimuler l’histoire et la vraie composition du sol, pour faire croire à une « nature ».
Freshkills a été offert à Christian Girault, une des chevilles ouvrières de Pirouésie, comédien, chanteur baroque. Cette année, il nous a entraînés dans Le bourgeois versifié, le Bourgeois gentilhomme « traduit » en alexandrins par l’oulipien Jacques Jouet. Un atelier de mise en voix qui s’achevait… en spectacle avec la chorale éphémère d’Emmanuelle Dubost. Et pour corser encore la chose, en présence de l’auteur…
Les éditions Densité avec leur collection « Discogonie », rencontrées à Rouen, au Salon du livre organisé par Normandie 2L sont une maison spécialisée dans la musique – 18 rue Etoupée 76000 Rouen -. Remarquable, la maquette : le code-barre fait partie du graphisme !
Emmanuel Adely , rencontré au super festival Ecrivains en bord de mer il y a quelques années, est né à Paris en 1962. Depuis 1993, il a publié près d’une vingtaine de livres dans différentes maisons d’édition – des éditions de Minuit aux éditions du Seuil en passant par Stock, Losfeld, Argol, ou encore Inculte. Emmanuel Adely travaille dans son œuvre aux rapports et aux écarts qu’entretiennent l’expression orale et l’expression écrite, à la possibilité « d’écrire comme on parle et de lire comme on dit ».
– Les schistes bleus sont maintenant installés 19 place Henri Gréville qui, avec son gros palmier, est étonnante. Les libraires en ont fait leur emblème. Librairie généraliste avec un gros rayon jeunesse, le lieu est accueillant, avec un jardin et un salon de thé cosy aux couleurs douces, reposantes. Ce samedi 30 juillet, à 16 h, Xavière Gauthier vient dédicacer son nouveau livre : On les appelait pétroleuses. Puis ce seront les vacances pour les libraires jusqu’au 15 août.
– Le bouquiniste Rémy Yon qui était installé à Pirou Plage est maintenant 49 rue Maréchal Foch à Cherbourg, en plein coeur de ville. Pour le moment, tous les cartons ne sont pas déballés mais il y a déjà beaucoup à voir : livres, revues, gravures. Une machine à relier « antique » devrait bientôt prendre place dans la vitrine. Rémy Yon continue de s’occuper du salon du livre ancien qui aura lieu du 10 au 14 août à Pirou-Plage.