La vache !

22 August 2019, Schleswig-Holstein, Noer: Cows lie and stand on a pasture of the Lindhof sample with measuring instruments on their backs. The ruminants produce methane, a climate-damaging greenhouse gas. Researchers at the University of Kiel want to reduce methane production by using a mixture of herbs. In return, they tie the livestock to a belt of experimental material. Photo: Carsten Rehder/dpa (Photo by CARSTEN REHDER / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP)

« Le géant américain Cargill développe en partenariat avec la start-up britannique Zelp un dispositif en forme de licol. Placé au-dessus des naseaux des vaches, il filtre le méthane pour le transformer en C02, dont l’effet de réchauffement de chaque molécule est bien moindre par rapport à une molécule de méthane. » (…)
« Les premières données sont intéressantes, avec des réductions d’émissions de méthane de moitié », soulignait récemment auprès de l’AFP Ghislain Boucher, responsable du service ruminants chez le fabricant d’aliments pour animaux Provimi (filiale de Cargill). » (Ouest-France 27-10-2021)

« Recours à des races moins émettrices, optimisation des régimes alimentaires, maintien prolongé en production des vaches, captation des émissions du fumier pour les valoriser en biogaz… Autant de leviers que Danone prévoit d’actionner, »(…)
« Danone dit avoir réduit « d’environ 14% » ses émissions de méthane entre 2018 et 2020. » (…)
« Comment compte-t-il faire pour aller plus loin ? Au Maroc, où le groupe collecte du lait auprès de petits producteurs, « il y a énormément de progrès qui peuvent être faits en optimisant la production », a illustré Mme Coombs-Lanot. Concrètement, Danone veut améliorer le rendement laitier de chaque vache. Cela permettra de réduire, à production égale, le nombre d’animaux présents sur une exploitation, et donc les émissions. Il est généralement aussi prescrit d’avancer l’âge auquel les vaches ont leur premier veau, et donc leur lactation, afin de limiter la période pendant laquelle des ruminants sont improductifs. »
(Capital- 17-01-2023)

Comme on se mêle de tout,
comme c’est le salon de l’agriculture,
comme on a vu cette image,

on s’est intéressés au
méthane produit par les vaches quand elles rotent
=
« 40%  du méthane lié aux activités humaines, le reste venant du secteur gazier » (Capital)
Comme d’hab, c’est l’animal qui trinque. Les 60 autres %, on verra plus tard

Un Emilienne Malfatto : P U N° 168

– Accoudé dans un troquet pendant de longues semaines pour tenter de comprendre.
– On croit aux trésors enfouis, aux fruits gonflés.
Les hélicoptères ayant remplacé les gallinacés, « ça » s’est produit sans adultes.
– Un village vacances est terrible pendant les années de guerre.
– Elle s’était faite belle ; il doit y avoir quelque chose de terriblement rassurant dans cela.
– Les autorités se contentent de dire la loi, n’ont qu’une vague idée du chemin.
– Maison bleu ciel, bizarrerie géante, derrière le manguier.

Voilà quelques « Poèmes Express » issus de Les serpents viendront pour toi, d’Emilienne Malfatto, paru aux éditions Les Arènes, 2021 puis en poche en J’ai Lu. Ce livre a reçu le prix Albert Londres.
« Notre métier n’est pas de faire plaisir non plus que de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie » disait Albert Londres (1884-1932). Emilienne Malfatto, née en 1989, est photo-journaliste. Elle prend la suite des Séverine (1855-1929), Andrée Viollis (1870-1950), Nellie Bly (1864-1922) et autres femmes reporters quelques fois appelées « Muckrakers » (= « fouille-merde »). Dans ce livre, elle parle de Maritza, tuée en Colombie, des années après son mari : « Maritza Quiroz Leiva, 61 ans, mère de 6 enfants, assassinée le 5 janvier 2019. Le cinquième assassinat de leader social de l’année, le cinquième en moins d’une semaine. » (p. 17).
Maritza n’est qu’une parmi beaucoup d’autres « dommages collatéraux ».
Si la guerilla des FARC est censée être finie, les « seigneurs de la drogue » sont toujours là, toujours plus riches, et s’en sortent très bien, bien mieux que leurs victimes :
(P. 64 : )« … Maritza et sa famille quittèrent la Sierra Nevada et vinrent grossir les rangs de ceux qu’on appelle pudiquement « déplacés internes », ceux qui ont tout perdu, à qui l’Etat a failli, qui fuient et terminent généralement dans les bas-fonds des grandes villes, dans une misère crasse et une violence endémique, les déplacés donc, qui, en 2004, représentaient officiellement plus de trois millions de Colombiens – plus de 7% de la population de l’époque. »

La Pièce Unique n° 168 est offerte à Veronica P. qui a choisi de vivre en France et y enseigne avec enthousiasme. Elle vient juste de rentrer de Bogota où elle n’était pas retournée depuis longtemps.

Chat Bleu de février 2023 – 1)

En l’honneur de ce temps de carnaval, N’senga nous proposait du Beaumes de Venise en rouge, un vin vegan, nommé simplement Venitia,
et, en blanc, un côte catalane, Magda, muscat sec du domaine de Bezombes

Ils accompagnaient :
– L’antre de Brian Evenson, traduit par Stéphane Vanderhaeghe, 2023, aux éditions Quidam. Une « fable apocalyptique« , parue en 2016 aux USA, mais rien d’une S.F sanglante, à rebondissements, vaisseaux spatiaux et bombes à neutrons. Enfin, si, sans doute qu’une telle bombe a explosé avant la première page. On est plus dans un monde à la Becketttechnologie en mauvais état, « surface désolée » pratiquement vide de vivant – gens, animaux, végétaux -. Les personnages sont très peu nombreux et ne sont pas obligatoirement des « personnes ».
– Nourrir la bête. Portrait d’un grimpeur d’Al Alvarez, 2001 Métailié, Points en 2021. Traduction d’Anatole Pons-Remaux. Al Alvarez (1929-2019) a été critique littéraire pour des revues comme le New Yorker, professeur d’université puis s’est consacré à des sujets qui lui tenaient à coeur comme l’escalade. Ce livre est le beau portrait d’un homme, Mo Antoine, spécialiste de très haute montagne, bon vivant, avec une vraie philosophie sur le risque, et sur la vie ensemble pour atteindre les sommets.
209 rue St Maur Paris Xè – autobiographie d’un immeuble de Ruth Zylberman, Seuil- Arte éditions, 2020 : venu du documentaire du même nom, sorti à Arte en 2018.
Ruth Zylberman reconstitue l’histoire d’un immeuble, de ses habitants, principalement pendant et depuis la guerre de 1939-1945. Ce sont alors des immigrés, des Juifs et elle tente de savoir ce qui leur est arrivé, de retrouver les vivants, les interroger. Moments d’émotion d’adultes revenant sur des lieux quittés dramatiquement. C’est aussi l’évolution du bâti dans une capitale : de la Commune à nos jours, la situation du quartier dans la ville, la bobo-isation, les travaux, le confort et  les surfaces des appartements.

Suite de février bientôt,
et prochain Chat Bleu, programmé le jeudi 9 mars, à 18h30

 

Un Delerm : P U N° 169

Un peu de désordre : le n°168 sera envoyé plus tard, la récipiendaire étant partie quelques semaines dans son pays d’origine, le pays dont parle la Pièce Unique N° 168.
Je ne suis pas claire… ? Pas grave ! « Sauts et gambades », les Pièces Uniques…

Je ne pensais pas un jour en produire une à partir de Philippe Delerm. La couverture du livre chez Folio a eu raison de moi : un détail de tableau de Tiepolo, le fils.
Le livre est fin (118 p.), écrit assez gros, avec au moins quatre sujets différents : ce peintre, les restes de la guerre en Italie, les livres qui marchent et surtout, Venise. C’est beaucoup…
Et moi qui en rajoute avec mes « poèmes express » … :
– Ne rien lire. Faire : le trottoir, la tête, du voilier.
– Un peu enfoncé dans la peinture, un rond noir,, brun à la rigueur. Tout rond.
– Jardin sombre, paysages saisis, route bleue.
– La vie, territoire d’aversion, se diluait en mots.
Un rouge écaillé, un bleu presque mauve dans un voyage.

La Pièce Unique N°169 est offerte à Robert de Laroche, éditeur rencontré au Salon du Livre de Paris avec sa collection de textes sur le cinéma, La Tour Verte. Robert vit maintenant à Venise et son dernier livre en tant qu’auteur vient de sortir en Folio policier.

Ouest Track radio – le retour

Sur Ouest Track radio, dimanche 19 février, à 11 h et ensuite, en podcast, on peut entendre ma si émouvante et profonde voix, mes si extraordinaires et intelligents propos sur une maison d’éditions :  La Peuplade.
Bon, soyons sérieux, ma voix non, mes propos non, enfin si,
mais la Peuplade,
oui, c’est sûr, c’est à connaître, à suivre, à lire !

Un Maja Thrane : P U N° 167

Petit traité de taxidermie : une histoire de maison, de gens qui vivent dans cette maison et de ceux qui y ont vécu auparavant, plus ou moins fantômes. Rien de fantastique, une évocation comme normale. Un des habitants a été « l’intendant » , ce qui en Suède est le nom donné à un conservateur de musée. August Wilhelm Malm (1821-1882) a réellement existé. Ce sont des photos d’un de ses travaux qui ont amené ce texte que Maja Thrane dit avoir mis dix ans à écrire. Ces photos, on en trouve deux dans le volume des éditions Agullo et, oui, elles sont étonnantes, voire impossibles croit-on. Pourtant, non, ce ne sont pas des montages, pas des « fake » : on a bien une baleine qui sort de la façade partiellement démontée d’une maison, une baleine tirée de là par un cheval. Malm a effectivement taxidermisé l’animal. La baleine est toujours visible, dans un musée du sud de la Suède.
Petit traité de taxidermie, ce sont de courts chapitres qui nous mènent dans l’histoire de ces gens, Vera et Björn, de leur vie au cours des saisons, de leurs sensations et activités.

Voilà quelques Poèmes Express venus de ce texte :
Sur la neige, dans le noir, un gant rouge.
La corneille a le bourdon, la pie pense à sa vie.
Des heures à tripoter Lena, lourdement. Quelqu’un les observe.
Une grotte et, s’introduisant de plus en plus profond, l’imagination.
Envahi par les boules, le canal.

La P U N° 167 est envoyée à S. Bernet en souvenir  d’Etienne Bernet (1939-2022), architecte dans une première vie puis historien de marine, qui a écrit sur la pêche à Terre-Neuve mais aussi sur la chasse à la baleine. Il était un des responsables de la revue Les annales du patrimoine de Fécamp. Le dernier numéro   vient de sortir et lui rend hommage.

Chat Bleu – janvier 2023 -2)

Il a aussi été question de romans policiers :
– La disparition de Perek d’Hervé Le Tellier : un Poulpe de 1997.
Le Poulpe est une création de Jean-Bernard Pouy, une collection de polars à contraintes : on doit par exemple y trouver des personnages récurrents : Gabriel Lecouvreur, sa copine coiffeuse Cheryl. Le titre est forcément un jeu de mots. Le premier, de Pouy, s’intitulait La petite écuyère a cafté. Jean-Paul Jody a pu titrer 20 000 vieux sur les nerfs
J.B. Pouy a dit de ces livres : « Un Poulpe, tu fais ça en deux mois ou tu oublies ». N’empêche : c’est drôle et souvent réussi.
– Tout Tanguy Viel, mais plus précisément  Article 353 du code pénal, éditions de Minuit. Tanguy Viel a participé au scénario de L’innocent, film de 2022 de Louis Garrel. On n’est pas vraiment dans le polar mais pas loin.
– Hervé Le Corre : L’homme aux lèvres de saphir, roman policier historique, une merveille parue en 2004 chez Payot et Rivages. En 1870, à Paris, des meurtres…
et de « patrimonial » :
– Blaise Cendrars, l’auteur-voyageur, fasciné par Sarah Bernhardt, proche des Delaunay, de Fernand Léger avec Emmène-moi au bout du monde !…, éditions Denoël, 1956, et Aujourd’hui, une compilation d’articles parus entre 1914 et 1930. Un écrivain dans son temps.
– Françoise Héritier, le goût des autres,un bel hommage de Laure Adler à celle qui fut la première femme anthropologue au Collège de France. Ses sujets d’études se sont concentrés sur la domination masculine. Elle a aussi agi contre cette domination avec le « bus des femmes », créé pour aider les prostituées.

Prochain Chat Bleu prévu jeudi 9 février à 18h30. Le suivant, le 9 mars. 

Le photographe Alain Keler à la Galerne

A l’occasion d’un colloque ( ouvert au public, les 26 et 27 janvier 2023, aux Affaires Internationales de l’Université ), organisé par Anouk Guiné, professeure spécialiste du Pérou, le photographe Alain Keler est de retour au Havre.
Ses deux derniers livres sont sur L’Amérique, celle de New York et la Latine, tous deux parus aux éditions de Juillet installées en Bretagne. Belle couverture toilée, reliure originale, beaux noirs !
Alain Keler a aussi travaillé sur les Roms, sur les ex-pays communistes d’Europe. Beaucoup sur des terrains de guerre ( Pérou – où ses travaux sont censurés – Salvador, Uruguay, Liban, Tchétchénie, etc…). Toujours sur les minorités, sur les populations en difficulté : « Je me suis aperçu que j’allais sur ma propre histoire » dit ce petit-fils d’émigrés polonais déportés et jamais revenus. Passionné de géopolitique, il voit « la photographie comme une manière de vivre, une philosophie à part entière. »

Chat Bleu – janvier 2023 – 1)

Des vins coups de coeur pour cette nouvelle année :
un vin nature en rouge du domaine Ricardelle de Lautrec, près des Corbières. Un petit vignoble, le long de la voie romaine, quatre générations de vignerons. Proche du pinot noir, souple, soyeux, idéal à l’apéritif et sur des plats exotiques.
un blanc du Languedoc, plutôt sec, bio, cépage « L’accord »,

Ils accompagnaient
– Dem de William Melvin Kelley (1937-2017), auteur afro-américain. Ce livre est sorti en 1967 aux Etats-Unis, en France au Castor Astral en 1992 et à La Croisée en 2001. Il est maintenant trouvable chez 10-18. Traduction de Michelle Herpe-Voslinsky. Moments de la vie d’un couple blanc, middle-class, la trentaine, Mitchell et Tam. Ils sont peu sympathiques et leur relation n’est pas enthousiasmante mais ils attendent pour la deuxième fois un enfant. Pardon, deux…de deux couleurs différentes…
– Détails, II – Suite et fin – Faits de Marcel Cohen, éditions Gallimard, 2021 : des notes sur des sujets extrêmement différents : la vie des marins philippins, l’usage du portable, la ville d’Anniston en Alabama polluée par Monsanto, les chevaux pendant la guerre de 14, des horlogers d’exception, mais, surtout un très beau chapitre, sur « les paysages cénotaphes, selon l’expression du critique d’art et universitaire Pierre Wat », et un autre sur les révoltants « souvenirs d’Auschwitz ».
– 
Fenêtres sur le Japon d’Eric Faye, éditions Picquier, 2021 : un magnifique réservoir de lectures et de films. Si on est fasciné par ce pays, on connaît bien sûr beaucoup de ces  références ( comme Tanizaki, Oé, Sekiguchi, Ozu, Naruse). Mais vraiment pas toutes, loin de là, ( Endô, Ooka  ou Shindô par exemple) !
Eric Faye, aussi écrivain et voyageur, avec Christian Garcin ou seul, avance par thèmes : la fermeture du pays, les femmes, les Burakumin, l’empereur, la bombe ou des concepts spécifiques à l’archipel : le « Ma« .

Trouvé par ailleurs dans un petit livre de Benoit Reiss chez Esperluète, 2018 : « Si un jour tu veux raconter le Japon, prends des ciseaux, coupe des petits et des grands morceaux et jette tout en l’air. »

Prochain Chat Bleu prévu le jeudi 9 février à 18h30.
Mais on n’a pas parlé que de ça…Un Chat Bleu janvier – 2) devrait suivre.

Retour sur la P U N° 155 : youhou !

tardivement, très, car déplacements multiples et l’objet-livre caché facétieusement glissé entre et entre, mais retrouvé

donc lu maintenant,
picoré
avec appétit
et déjà merci pour la pensée de l’envoi
de ce 155ème
objet multiple en effet
et mystérieux
(sachant que j’ignore qui est robert wyatt)
(et que donc l’étrangeté est absolue, d’un livre sur qui je ne connais pas)
(comme une biographie inventée)
(quelque chose de totalement fictionnel)

(et s’arrêtant sur un album que je ne connais pas non plus)
(mais qu’écoutant ce matin je reconnais bien sûr) (alors c’est donc lui)
(mais pourquoi lui alors, en dehors de la maquette qui vous plaît)
une sorte de folie borgesiennne
qui immédiatement
et ludiquement
m’a rappelé ces découpages qu’enfant on faisait
de silhouettes à habiller
de différentes tenues qu’on clipait, qu’on changeait
(je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans…)
mais aussi les mille milliards de poèmes
ces lectures en tout sens
pulvérisant l’ordre narratif, le recomposant
drôlement aussi
entre art brut et poésie minimale
entre humour et absurde (le verso découpé de certains collages est aussi signifiant dans ses manques)
aussi merci catherine
oui
amicalement
ea&fd = Emmanuel Adely et Frédéric Dumond !!!!!