Un spectacle qui fait sourire, rire, sursauter, réfléchir, donne les larmes aux yeux. Guns! Un concentré d’énergie : le XXème siècle en liste à la Pérec, du communisme à Tupperware en passant par les camps, le Vietnam et Batman…Du cabaret politique, quelques fois politiquement incorrect. Guns! Guns! Ca marche, c’est fort, intelligent, plein de vie – alors qu’on est immergé dans une langue qu’on ne maîtrise pas, avec un sous-titrage, voire deux -. Le BLITZ THEATRE GROUP, troupe grecque formée en 2004, fourmille d’idées, d’humour et de poésie. Guns! Guns! Guns!
Archives de catégorie : Actu
LE CRIFO NOUVEAU EST ARRIVE !
Et comme on se mêle de tout : 8) Craig Johnson
Un Américain au Havre, à la Galerne le 13 novembre et au festival « La fureur du noir » de Lamballe les 17 et 18 novembre. Un vrai, avec stetson et son éditeur français Olivier Gallmeister en traducteur.
Mais d’abord, parlons des éditions GALLMEISTER : elles se sont fondées en 2006, sur la « Nature Writing », les auteurs américains et comptent maintenant trois collections de plus : « Americana » (dont le très beau Méditation en vert de Stephen Wright), « Noire » avec des écrivains comme Trevanian, Tapply, Craig Johnson et « Totem », les reprises en poche. GALLMEISTER, c’ est aussi une maquette distinguée, sobre : en première de couverture une belle couleur, une photo N.B. en lucarne, qu’on retrouve pleine page en 2è et 3è de couverture. La chance sourit à la « petite » maison en 2010, avec la découverte de David Vann et son Alaska : les prix dont le Médicis étranger s’accumulent, gros tirage, reconnaissance, visibilité.
Craig Johnson maintenant : c’est le Wyoming, ses paysages et ses extrêmes climatiques. Les Indiens. Son héros, Walt Longmire, mixte de Jean Valjean et Athos (dixit l’auteur), un shérif sentimental, éprouvé par la vie, cultivé. Des personnages avec une vraie épaisseur, en perpétuelle évolution dans une série (9 livres aux USA, le 4è vient de sortir en France : Enfants de poussière et un 5è arrive en février 2013)
Craig Johnson suit immanquablement le conseil que lui donna Tony Hillerman: « Ne laisse jamais l’écriture se mettre entre une bonne histoire et toi! »
Paris, Lamballe, les 16-17-18 novembre, nous y serons!
A Paris, dans le Marais, à « L’AUTRE LIVRE », 10ème édition du salon des éditeurs indépendants, Rue du Départ y est et en est bien content!
A Lamballe, Bretagne, à « FUREUR DU NOIR », festival hyper reconnu du polar, Dominique Delahaye, auteur de Pile et face y est et nous en sommes bien contents!
Le Crifo nouveau arrive 3) si si!
Sept nouvelles enfin assemblées. Entre Lignes croisées sorti début 2012 et les rééditions en 2013, chez Press Pocket, de L’effet carabin et de Obsession elle . Du beau noir!
Et comme on se mêle de tout : 7) Olivia Rosenthal / Georges Pérec, « grave mais plutôt amusant »
Dans le cadre des rencontres « Entendez voir, la littérature est-elle soluble dans la télévision? », la MEL (Maison de l’ Ecrivain et de la Littérature) et l’INA (Institut National de l’Audiovisuel) invitent un auteur à qui ils passent commande : choisir un autre auteur, le « lire » à travers les archives de l’INA et écrire un texte. Le mercredi 7 novembre, Olivia Rosenthal, elle-même présentée par Frédéric Ferney comme « un écrivain grave mais plutôt amusant », avait choisi Georges Pérec. N’est-ce pas aussi une bonne définition de Georges Pérec? Evidemment puisque la proposition est bâtie sur des affinités électives!
Olivia Rosenthal, publiée aux éditions Verticales depuis les années 1990, a un monde à elle, une phrase à elle que, dernièrement beaucoup ont découverts puisque son roman Que font les rennes après Noël? a obtenu le prix du livre Inter 2011 et est trouvable en livre de poche. Il faut lire les 5 ou 6 précédents, Puisque nous sommes vivants (2000), On n’est pas là pour disparaître (2007) etc…, les suivants.
A l’auditorium du Petit Palais, la rencontre se passe en trois temps : le visionnement des extraits d’émissions sélectionnés, ici cinq, de 1965, juste après Les choses, à 1975, puis la lecture du texte créé, enfin une parole autour des extraits, du texte produit, de ce qui l’ a permis.
Etonnant de retourner à un écrivain non par ses livres mais à travers ses interventions enregistrées, sa manière de se dire, de dire l’évolution de son travail. Etonnant et porteur, comme un éclairage. Un plaisir de voir et entendre Pérec en 1972, dans son programme d’écriture-puzzle, sa volonté tranquille d’accéder « à une totalité mais par le biais du fragment » (1).
Evident donc que quand un auteur parle d’un disparu, celui-ci parle de l’auteur vivant. Comme G. Perec, le « chercheur en littérature (2) », O. Rosenthal travaille sur des documents, apprend sur un sujet, de la vie animale à Alzheimer en passant par la glande pinéale… Comme G. Perec, O.Rosenthal pourrait sans doute parler de la » jubilation d’énumérer
(3) ». Ces deux auteurs se présentent avec la même simplicité, la même implication.
(1-2) : O.Rosenthal, le 7 novembre 2012
(3) : G.Pérec, 1972,
Les rencontres littéraires de la MEL ont en général lieu à l’auditorium du Petit Palais
www.m-e-l.fr
Le Crifo nouveau arrive 2)
Voilà (bientôt) enfin rassemblées des nouvelles écrites entre 1998 et 2012. Nouvelles dispersées, parues dans des quotidiens nationaux, des fanzines, des recueils thématiques, avec d’autres auteurs, nouvelles totalement remaniées pour deux d’entre elles, nouvelles jamais éditées : deux, peut-être les plus belles.
Sept nouvelles. Il était important de les donner à lire ensemble.
Même s’il en manque, même si une, par exemple, pour de bêtes raisons de droits, nous manque : « Léa » (1),
pour connaître Thierry Crifo, sa phrase et son amour des mots que Romain Slocombe évoque si bien dans sa préface, il était essentiel de publier, à côté de ses romans très écrits et forts, ces nouvelles sur la ville, sur les nuits, VILLE DE NUITS.
(1) « Léa », texte étonnant, superbe exercice d’admiration, revisi(tati)on d’un moment de « Razzia sur la chnouf » livre d’Auguste Le Breton et film d’Henri Decoin.
Et comme on se mêle de tout : 6) Rokia Traoré en concert
Rokia Traoré, chanteuse
( et quelle chanteuse!) du Mali,
donne une série limitée de concerts avant la sortie de son prochain album en mars 2013. Le Volcan Maritime du Havre l’accueillait le 16 octobre. Voix et cordes.
Visuellement (un concert, c’est aussi cela) : à gauche, trois hommes, instrumentistes : kora, n’goni, balafon. A droite, trois femmes dont on peut penser au début que ce sont juste des choristes à l’américaine : belles nanas, sculpturales dans leurs longues robes rouges : gestes stéréotypés, voix douces. Une autre femme, Rokia Traoré, tête rasée, plus fine, dans un vêtement plus sophistiqué.
Cette femme frêle a une superbe voix. Elle chante. Elle parle de sa fondation « Passerelle » qui soutient des musiciens maliens et laisse la place, chacune leur tour, à ces jeunes femmes qu’on croyait « presque-Claudettes ». Et là, des voix, des vraies, amples, personnelles, pas seulement d’accompagnatrices!
Des chants malinké mais aussi d’autres pays d’Afrique de l’ouest, du Bob Marley et ! Etonnement et émotion garantie! : »Chez ces gens-là » de Brel! OUAH!
Le Crifo nouveau arrive…
Notre prochain livre, « Ville de nuits » est bientôt sous presse !
Comme avant-goût, voici la 4ème de couverture :
« Thierry Crifo f
ait résonner les voix paumées de la société (…) Et toute l’injustice, l’accumulation, le trop-plein, la connerie, la dégueulasserie conduisent à cet instantané où le monde bascule, où les verrous sautent, les plombs pètent, les digues cèdent, précipitant l’être humain dans le fait divers, terrifiant ou sordide ou tout simplement triste et banal à en chialer. C’est ce cheminement sombre et tragique à travers la nuit de la ville et des banlieues qui nous est conté et dont les accents bouleversent. »
Romain Slocombe
Et comme on se mêle de tout : 5) Tobie Nathan
L’ethnopsychiâtre auteur de polars est venu présenter « Ethno-roman », autobiographie intellectuelle, à la Galerne, grande librairie indépendante du Havre – la plus belle de France selon Jean Bernard Pouy -.
Tobie Nathan, particulièrement disert, a des formules belles et marquantes : « on est constitués des mondes qui nous ont traversés ». Du Caire de 1948 à Gennevilliers et ses migrants, années 50 : « Ce qui est intéressant dans ce monde, c’est ses autres » ou encore « les communistes nous dénoyautaient la tête ».
Il explique son entrée en psychanalyse, en 1968, un « endroit en friche, ouvert » : « les émigrés excellent en ces endroits ». Et de faire le parallèle avec la boxe, le rap. Aviez-vous pensé à la psychanalyse comme au rap d’alors : une niche pour ceux qui ne sont pas les héritiers? Il raconte sa rencontre avec Georges Devereux, pas un professeur, un « Maître » « qui m’a fabriqué en tant qu’être intellectuel ».
Et puis, et puis, il faut lire « Ethno-roman » pour en savoir plus par exemple sur la technique de Tobie Nathan soignant, le travail dans la langue du patient, en équipe, avec des traducteurs. Et puis, et puis, il faut lire « Ethno-roman » pour penser à ces mondes qui nous ont traversés nous aussi!