Ecrivains en bord de mer + Pièce unique 10

Ecrivains en bord de mer, c’est du 15 au 19 juillet à La Baule; c’est la 19è édition. Il y est question de James Joyce et on y rencontrera entre autres Philippe Forest, Yannick Haenel, Tiphaine Samoyault, Charles Juliet, Chloé Delaume. Rue du Départ y participe avec ses livres-carnets!

Pièce unique 10 :
Elle est faite à partir de L’ERREUR de Jean Daniel (1997). On y sent l’influence de Camus. Un jeune homme se regarde être malheureux… La place des femmes n’est pas des plus agréables… Ca a vieilli…
C’est devenu LEURRER, commencé le 26 mai et fini le 19 juin 2015, envoyé à Fabrice Caravaca, poète et éditeur. En tant que poète, nous l’avons entendu à Rouen dire FALAISE dont voici un vers : « La falaise sait mieux que l’homme la possibilité du saut « . En tant qu’éditeur, Dernier Télégramme, installé à Limoges, il fait un beau travail, publiant par exemple Lucien Suel.
Quelques exemples pris dans LEURRER :
– J’avais vécu dans une fille entière.
– 23 suicides en prévision : lubricité.
– Attendre la force, demander un soulagement, retomber dans le bouleversement.
– Je contemplais la rondeur du bord des promesses mal tenues.
– Sur la femme je m’allongeai et vis une profondeur confiante.
Fabrice Caravaca a eu l’extrême gentillesse de répondre et d’envoyer un texte de lui : LE POULPE aux éditions du Cadran Ligné. Merci à lui!

Pièce unique 9

Ca s’appelait NEVERWHERE (1996), c’était de Neil Gaiman, auteur britannique de « fantasy » très connu. Un livre très très agréable, plein de trouvailles.

C’est devenu HER NEW EVE, « retravaillé » en deux mois du 31 mars au 26 mai 2015 et a été offert à Bernard Cattin qui aurait pu devenir un auteur de Rue du Départ si la poste – et ses tarifs au-delà de 3 cm d’épaisseur… si, si vous lisez bien..! Il existe même maintenant un instrument de mesure fou, surréaliste pour savoir si vous entrez dans la catégorie envoi cher ou pas cher!!! – n’était pas le fossoyeur du petit éditeur de gros livres…!!!
De Bernard Cattin, vous pouvez picorer, sur le net, de jolies nouvelles très différentes de ce roman, A LA PETITE SEMAINE (que, je le répète, vous ne lirez pas chez nous…), plus trash, plus dingue, énôôôrme, en lien avec son amour pour  la série des Dortmunder de Donald Westlake …

Quelques exemples de poèmes express dans NEVERWHERE / HER NEW EVE :
– Cette nuit seulement, une vague se brise sur le rose vif de sa bouche, vulgaire.
– Une créature de pure ironie accompagnera un mort au supermarché.
– Le métro passa les mains sur le dos du quai.
– Emprunter une porte et six marionnettes à main.
– Je veux frémir un tout petit peu, caresser et, centimètre par centimètre, ne rien trouver d’assez immense à dire.

 

 

Retard dans les pièces uniques … Ecrivains en bord de mer

Les pièces uniques 9, 10, 11 sont faîtes et envoyées. Nous reviendrons sur chacune d’entre elles et leurs récepteurs : Bernard Cattin, Fabrice Caravaca et Dominique Chappey.

D’abord, Tan Tan! Nous serons au festival Ecrivains en bord de mer à La Baule du 15 au 19 juillet. Nous sommes très contents de cette participation : nos carnets-livres Autochtones offerts aux festivaliers, une page du petit catalogue réservée à Rue du Départ et nos livres sur la table du libraire!

Le Chat Bleu, le 18 juin, était très Ancres noires

D’abord parce qu’on y buvait de bons vins… comme d’habitude… puis parce qu’on a évoqué deux auteurs venus au festival : Jérôme Leroy et Dominique Chappey.

Des vins du monde :
– un blanc bio du Chili, né à 1200 mètres au pied de la Cordillère des Andes, un Chardonnay, travaillé par un producteur français. Il s’ouvre avec le temps, a une belle acidité, n’est pas sur une note de fruits habituelle mais de poire.
– un rouge, un pinotage d’Afrique du Sud, aussi travaillé par un producteur français, un peu fumé, à boire légèrement frais.

Les livres :
Monnaie Bleue– MONNAIE BLEUE (1997) de Jérôme Leroy dont nous avons déjà parlé pour ses deux derniers livres. Celui-ci est une histoire d’amour et de mort sur fond d’émeute urbaine. Du beau noir avec un personnage de littéraire qui ne va nulle part sans un livre, qui, quand il boit avant l’amour, pense à Roger Vailland et connait bien son Guy Debord. J. Leroy a un blog que nous vous conseillons de visiter régulièrement : Feu sur le quartier général : il y parle … littérature et … politique. Vous pouvez y voir une photo de lui par les Pictos*, dans un fauteuil tout en velours et moulure sur les galets du Havre.
* : nos photographes préférés. Ils tirent le portrait des auteurs du noir dans tous les festivals – intéressants – du polar… donc le nôtre…

JAvaisLaCroix–  J’AVAIS LA CROIX (2015, ed. Baleine) de Dominique Chappey, autre auteur fort sympathique venu au festival 2015 – et autre blog à visiter : Quel univers ? -. Nous sommes dans un Poulpe, collection bien connue avec sa bible d’écriture : jeu de mots dans le titre, personnages récurrents, au moins une scène dans le bistro du Pied de porc à la Sainte-Scolasse. Ambiance légère, humour à tous les étages mais un vrai style.
Vous pouvez écouter les interviews de ces auteurs, et d’autres, par Cyril pour R V L (Radio Vallée de la Lézarde) sur le site des Ancres noires.

Quittons maintenant le Polar à la plage pour Israël avec NOUS ÉTIONS L’AVENIR de Yaël Neeman, ( 2015, Actes Sud), mélange d’autobiographie et de docu sur les Kibboutz. L’auteure est née dans l’un d’eux, y a grandi, a pensé ne jamais le quitter mais l’a fait. NousEtionslAvenirL’expérience de la vie socialiste, sa rigueur, ses rêves et ses contradictions.

Puis nous avons évoqué encore quelques plus ou moins polars  : L’OUBLI d’ Emma Healey : « Quand Alzheimer rime avec thriller », CHECKPOINT de J. Christophe Ruffin, CARNAGE, CONSTELLATION de Marcus Malte aussi présent au festival. Des romans : LE CHALE DE CACHEMIRE  de Rosie Thomas qui nous emmène en Inde à différentes époques, L’AMOUR EST UNE ILE de Claudie Gallay sur fond de théâtre en Avignon, LE PEINTRE D’EVENTAILS d’Hubert Haddad, LE RETOUR de Bernard Schlinck. Plus âpres : LA MISERICORDE DES COEURS de Szilard Borbely, la vie calamiteuse dans un village hongrois en 1968, VILNIUS POKER de Ricardas Gavelis, premier ouvrage traduit de cet auteur mort en 2002 à 52 ans. Et puis, un peu de théorie avec : HONNI SOIT QUI MAL Y PENSE d’Henriette Walter, linguiste, ou comment le français du Moyen-Age avait très fortement colonisé le vocabulaire intellectuel anglais, et anglais aussi, LA CHASSE AU SNARCK  de Lewis Carroll le mathématicien-photographe-conteur traduit par Jacques Roubaud l’oulipien poéto-mathématicien.

PROCHAIN CHAT BLEU AVANT LES VACANCES : le jeudi 2 juillet, à partir de 18h15.

 

Nous sommes au festival du Polar à la plage :

Le polar à la plage, c’est dès le 10 juin à 20h30 au Gaumont Le Havre, pour la soirée court-métrages. C’est le jeudi 11, et au Sonic pour un spectacle audiovisuel de Dominique Delahaye et au Studio pour 21 GRAMMES, film du réalisateur mexicain A.J. Inarritu (2003). C’est le vendredi 12 pour la remise des prix aux jeunes (cette année, des Californiens ont concouru! si si!). C’est ensuite, tout le week-end, les dédicaces d’une vingtaine de romanciers, des conférences dans le bus, sur la digue promenade, mais aussi un concert au Tetris, la remise du prix des Ancres noires aux Régates. Si vous n’avez pas encore retenu votre table pour déjeuner avec votre auteur de polar préféré, c’est maintenant!
Vous pourrez retrouver Rue du Départ, ses romans et nouvelles noirs sous la tente, sur la Digue promenade.

au Chat Bleu, le 28 mai :

Nous buvions des vins estivaux, pour « faire venir »…
Du rosé issu de l’agriculture biologique, Grain de sable, de St Gilles en Camargue : un « gris sable » à la robe très pâle, dans le fruit mais sec.
Du blanc, du domaine du Camp Galhan, cuvée Amanlie, médaille d’or 2013 : un vin frais, saisissant, né aux portes des Cévennes. D’une belle couleur, sec, fruité, avec un côté minéral venu du Gardon et ses galets.
Du rouge : du domaine Château d’or et de gueules dans la région de Nîmes, cuvée La Bolida : un vin assez puissant, tanique. Un tanin rond malgré tout.

Loridan-IvensSeuls les vins nous emmenaient vers le sud.
Nous avons évoqué
– ET TU N’ES PAS REVENU de Marceline Loridan-Ivens, 2015, ed. Grasset. Cette femme, née en 1928, documentariste, avait déjà écrit une autobiographie, MA VIE BALAGAN. Elle apparaît quelquefois, silhouette frêle et chevelure flamboyante, dans de tout petits rôles pour des amis cinéastes. Ce livre s’adresse à son père, emmené en camp avec elle et jamais revenu, parle de la déportation et du retour, interroge les mots : « Mexique » ou « Canada » utilisés là-bas, la formule du document officiel annonçant  que le père ne reviendrait pas : « Le ministre des Anciens Combattants et Victimes de guerre DÉCIDE de la disparition de Rozenberg Szlhama…« .
– VOICI LE TEMPS DES ASSASSINS de Gilles Verdet, ed. Jigal 2015, un roman noir où il est question de poésie, Rimbaud, Verlaine, de la Commune, où de très nombreux Westlakeamis de Paul, le narrateur, meurent violemment. De beaux moment d’écriture.
– COMMENT VOLER UNE BANQUE de Donald Westlake paru en 1972, aux Etats-Unis, 2011 Rivages poche, de la série des Dortmunder = humour : des braqueurs un peu amateurs volent la banque et non l’argent qu’elle contient… des policiers éberlués sont à leur recherche…
Nous avons aussi parlé :
de LA FIN DE L’HOMME ROUGE de Svetlana Alexeievitch où cette grande journaliste donne la parole à ses compatriotes sur leur histoire et la chute du mur, de LA COMPOSITION FRANÇAISE de l’historienne Mona Ozouf ou comment de Breton on devient Français, de la poésie de Xavier Grall, de MENSONGES SUR LE DIVAN d’Irvin Yalom, psychanalyste et romancier, de VERNON SUBUTEX, le dernier Virginie Despentes, de DIX JOURS EN MAI sur le temps entre l’élection de François Mitterrand M.Attiaet sa prise de pouvoir, des TRIBULATIONS D’UN LAPIN EN LAPONIE du Finlandais Tuomas Kyrö, fils spirituel de Paasilinna, d’ALGER LA NOIRE de maurice Atia, venu deux fois au Polar à la Plage : Alger en 1962, et de EN CENSURANT UN ROMAN D’AMOUR IRANIEN de Shahirar Mandanipour : tout est dans le titre.

Cette fois, en loterie, deux livres, le Westlake et un LIGNE B des éditions Non Standard qui ont voulu nous remercier de leur avoir signalé le papier dans le Matricule des Anges et qui seront dans le  Télérama de la première semaine de juin.
Prochain Chat Bleu le jeudi 18 juin.

Pièce unique 8

La pièce unique 8 est un travail de retrait de mots sur toutes les pages de droite d’ ATLANTIS de Pierre Bordage, roman d’aventures de 1998, chez J’ai lu. Son nouveau titre est : IL RAYA TANT DE FILONS DU SOIR. Voilà quelques exemples de ces poèmes express :
– Déchirer la gravité de l’image, affronter le hurlement.
– La vie nichée sur l’insolence, un homme tombé qui n’était qu’une coïncidence.
– Pour laisser une chance aux larmes, la fatigue décrocha ses cils.
– Leurs yeux, intéressés par les formes d’une femme, se brisaient.
– S’introduire dans un cheval, être une peau alourdie par la neige.
– La pression l’empêchait de se réfugier dans la douceur d’une plume.

La pièce unique 8 a été offerte à Jany Pineau dont AVEC DESSUS DESSOUS est sorti cette année aux éditions Gros Textes. Voilà un de ses textes :
 » Et soudain :
Des mots blancs tombent à grands flocons, étourdissants de légèreté. Bref instant d’euphorie. Tenter d’en saisir quelques uns – avoir déjà l’image d’un grand tapis, bien moelleux, immaculé, recouvrant le sombre quotidien, entends les crissements joyeux à venir – mais virevoltant en bourrasques désordonnées, ceux-ci ressemblent plutôt à choux blancs, s’évaporent, s’écrasent. Il neige vraiment. »
Nous avons déjà évoqué ce recueil, le 12 mars, au Chat Bleu et vous trouverez plus d’informations sur ce livre dans le post correspondant.

Pièce unique 7, Chat bleu et Toujours moins

Toujours plus fort ! Cette fois, nous avons « travaillé » non pas sur Harlequin ou un Série noire mais sur un classique : à la manière de Lucien Suel, nous avons biffé les pages de droite d’ AMOK de Stefan Zweig, devenu MOKA. Ont émergé des propositions comme : « Une femme pénètre dans un homme qui se défend », « Un mouvement de souris mais une fidélité de caniche », « Mon regard au cou de cet étranger n’avait plus honte », « Aborder le train de nuit, passer dans la salle à manger éclairée, être roulé » ou encore « Tu m’embrassas rapidement et faillis, effrayé, palpiter l’espace d’une seconde ».
31GTJPYEV6LNous avons offert cette septième pièce unique à Jean Ségui, entre autres, écrivain et éditeur de Non Standard après avoir présenté son livre LIGNE B au Chat Bleu.
Là, le 16 avril, nous buvions des vins italiens, du sud au nord, un Soave classico blanc, ou un Lacrima, rosé sec, assez floral, né sur les pentes du Vésuve ou encore un Chianti, de la région de Florence, un vin plutôt tanique, travaillé sur la longueur, au goût de fruit mûr avec une note vanillée finale.
Ces vins accompagnaient donc :
LIGNE B, INVITATION AU HAVRE, roman illustré de Jean Ségui et Elodie Boyer. Roman à contrainte : 2PetitesFillesphotos et textes en lien avec la ligne de tram qui relie la plage à Caucriauville. Portraits d’habitants de la ville basse, Paul et Colette, classe moyenne. Leur rencontre avec une étudiante en ville haute, de petites vies. La fin d’idées reçues. Une écriture pleine d’humour.
LE FEU D’ARTIFICE de Patrick Deville, 1992, éd. de Minuit. Un Deville d’avant le Seuil, d’avant les grands voyages dans le temps et l’espace. Un livre Minuit, une ambiance décalée, des personnages très « nouvelle vague », des errances en voitures de luxe.
DEUX PETITES FILLES de Cristina Fallaras, éd Métailié, 2013. C. Fallaras est l’une des auteurs du noir attendues aux Ancres Noires les 13 et 14 juin. Elle est Espagnole. Un des personnages de son livre est BruleeViveBarcelone. L’histoire est dure mais jamais glauque et c’est une vraie écriture.
Il  a aussi été question de livres d’Éric Vuillard : CONGO, TRISTESSE DE LA TERRE,  sur le Mal, de PETIT TRAITÉ SUR L’IMMENSITÉ DU MONDE de Sylvain Tesson, de SOUAD BRÛLÉE VIVE – mesdames, on a encore salement besoin du féminisme dans le monde -, de DÉCEPTION POINT de Dan Brown, de L’ARMÉE FURIEUSE de Fred Vargas, de C’EST UN BON JOUR POUR MOURIR de Jim Harrison, de MRS DALLOWAY de Virginia Woolf, d’ON VA OÙ PAPA de jean Louis Fournier, de POUR EN FINIR AVEC EDDY BELLE GUEULE d’Edouard Louis. Vous avez dit éclectique ? C’est sûr mais nous étions nombreux, et nous ne vous parlons pas des livres évoqués sans titre ou nom d’auteur…

Le prochain Chat Bleu est le jeudi 28 mai !

Toujours_Moins-183x316Par ailleurs, qu’on se le dise , TOUJOURS MOINS est sorti. Au moment du Salon du Livre de Paris. On peut nous le commander ou le commander à son libraire préféré. Gérard Lambert celui qui officie à Écrivains en bord de mer, festival de La Baule en dit : « C’est bref mais intense, noir mais fort. »

Salon du Livre de Paris

KakemonoC’était notre quatrième salon sur le stand Normandie :
la première fois, en 2012, nous étions à la « table tremplin ». Cette année, à cette table étaient, à peine nées, les trois premières plaquettes des éditions La Renverse, de Caen (voir le lien dans le post du 6 mars) et les « beaux livres » des éditions Non Standard, créées en 2011, au Havre
– mais Lettres du Havre est bien plus qu’un « table book » ! –. Très différentes l’une de l’autre, avec des moyens qui n’ont rien de comparable, ces maisons sont toutes deux fondées sur des partis pris esthétiques autant que sur des textes.

Depuis, nous, nous avons (un peu) grandi et avons un comptoir entier. Depuis, nos livres sont identifiables, font collection et nous en sommes fiers. Depuis, des lecteurs reviennent. Ils nous disent qu’ils ont aimé les précédents et s’intéressent à ceux qu’ils ne connaissent pas. Depuis, nous  retrouvons les éditeurs amis : Motus, de Cherbourg, Le Vistemboir, de Caen, Impeccables, de Falaise, etc… et suivons leur travail.

Un peu autistes parmi ces milliards de titres, nous sommes surtout restés sur notre stand où nous ont rejoints Nicolas Jaillet et Nadia Bouzid. Une échappée quand même pour quelques cafés et embrasser Victor del Arbol qui signait chez Actes Sud. Nous avons beaucoup parlé des Ancres noires, ses concours, ses invités, donné les dates (13-14 juin).

Des rencontres dans les allées : Marie-Hélène Lafon, Marc Villard… Juste en face de nous, le stand des Pays de Loire avec la MEET, les éditions Joca Seria et (à La Baule 15-19 juillet) le festival Écrivains en bord de mer auquel, cette année, Rue du Départ participera un peu. Mais nous en reparlerons !

 

Autour du Salon du Livre :

Logo_ChatBleuLe Chat Bleu, c’était ce jeudi. Le prochain, c’est le 16 avril.

Comme le 12 mars, nous étions tout près du 8 mars, journée de la femme … (une seule journée ?… comme les baleines ?) et en plein cœur du Printemps des poètes (7 au 22 mars),
nous avons parlé de :
– TOUJOURS MOINS (le dossier de presse est ici) de Nadia Bouzid – on le rappelle, présente sur le stand Normandie le samedi 21 mars entre 17 h 30 et 19 h – : trois histoires courtes qui parlent de se désengager, se défaire. Trois tons différents mais tous les trois, forts.
pineau– AVEC DESSUS DESSOUS de Jany Pineau, aux éditions Gros Textes (05380 Châteauroux-les-Alpes) : une femme, de la poésie. En prose, sur les mots. Jany Pineau travaille dans une scène nationale, va à Pirouésie depuis plusieurs années, a déjà publié EN TRAIN DE DERAILLER aux éditions Asphodèle. Voilà de tout petits extraits : (p 31) « Commencer par le titre, la désillusion et y aller. N’en pas revenir encore, faire marche arrière, en avant toute. Question de survie. La surprise est passée, la sidération reste« …., (p 39) « Non pas toi ni toi, trop forts, hors de propos à côté indécents, et toi et toi pas assez, morveux minuscules ridicules, et toi trop moyen sans âme pas de sens ou en manque de contraire »…, (p 44) « Des mots blancs tombent à gros flocons, étourdissants de légèreté ». Allez voir le tout!
JG_Ballard– LA BONTÉ DES FEMMES de J.G.Ballard, ed.Tristram. Ballard, peut-être le connaissez-vous par le cinéma : CRASH de D. Cronenberg est tiré d’un de ses livres. Défini souvent comme auteur de S F, il parle pourtant beaucoup de nous, des banlieues, des lieux de consommation. Ce livre, différent, est un roman autobiographique qui commence à Shanghaï où, séparé de ses parents, il a été interné dans un camp japonais pendant la guerre. Il n’insiste pas sur cette période mais montre combien toute sa vie en découle.
De très beaux passages, par ex, p 95 à 97 (au début d’études de médecine bientôt quittées, la dissection de cette femme médecin, j’ai bien dit : « de », pas « par »)

Avec ces livres, nous buvions, en blanc, un Soave classico, parfait à l’apéritif ou avec des fruits de mer, en rouge, un Baume de Venise du domaine des Garances : une note finale un peu sur le réglisse ou le fruit confit, des arômes soyeux. Ces vignerons indépendants produisent depuis au moins quatre générations.

Nous avons aussi évoqué :
ThomasPikettyLE CAPITAL AU XXIe siècle de Thomas Piketty, Seuil, 2013 :
montrant que le Capital l’a toujours emporté sur le travail, que la période de pire inégalité a été la mal nommée Belle Époque, que la création de la notion de cadre après 1945 et la croyance en la méritocratie, en l’ascenseur social pendant les 30 Glorieuses ont repoussé les inégalités qui reprennent actuellement, quand les revenus des capitaux sont supérieurs à la croissance. Limpide présentation d’un livre qui l’est aussi, parait-il.
LE DÉSORDRE DU MONDE d’Amin Maalouf auteur libanais, réflexion philosophique et historique.
Puis des romans : CHARLOTTE de D. Foenkinos, très différent de ses livres précédents par sa forme, vie d’une femme peintre juive morte en camp. LA NUIT de L’ORACLE de Paul Auster. VOIX ENDORMIES de Dulce Chacon, maintenant en poche, « magnifique », ont dit deux lectrices. L’EMBELLIE et ROSA CANDIDA d’Audur Ava Olafsdottir, chez Zulma. LE COLLIER ROUGE de J.Ch. Rufin. LES ANNÉES d’ Annie Ernaux : nos petites histoires dans la grande. SUR PLACE TOUTE PEUR SE DISSIPE de Monika Held, très beau livre sur l’amour au temps de la dénazification. LE FILS DU VENT d’H. Mankell dans lequel il joint ses deux lieux de vie : Suède et Afrique.

Grand plaisir de ces rencontres : le dialogue qui s’instaure entre personnes qui viennent sans trop savoir si cela leur plaira, reviennent, ne se connaissent pas, se voient de loin en loin, se découvrent des affinités, notent des titres, proposent d’autres lectures !