un vin, des livres : rentrée

Bonjour !

j’espère que votre été a été beau, et  l’est encore.
Et je pense que vous avez beaucoup lu.
Nous nous retrouverons le 18 septembre à 18 heures, pour Un vin, des livres.
Retenez cette date !

Je ne peux pas encore assurer du lieu  mais je vous contacterai dès que… …

Un Nancy Mitford : P U N° 234

Nancy Mitford (1904 – 1973), aristocrate anglaise,
est venue s’installer en France à partir de 1946.
Ici, ce sont des articles
que l’on peut
voir comme du snobisme pur
ou délicieusement  britanniques
mais c’est surtout souvent d’une drôlerie un peu vacharde.
Elle y parle de mode,
de littérature française, des mésententes entre Gide et Mauriac, d’un mauvais prix Femina (dont personne ne se souvient),
de politique. En mai 68, elle est gaulliste, nomme Cohn Bendit « Cohn Bandit » et se moque du « taureau de la Nièvre » ( = Mitterrand )

Quelques Poèmes Express issus de Une Anglaise à Paris :
– Moins d’une heure de voiture de la capitale, les fermiers étaient des personnalités en muflerie.
– L’Amérique n’a jamais joui. Le terme incarne le désir des femmes.
– Les Américains sont repartis à s’offrir un spectacle de marionnettes.
– Aucune trace de Philippe de Champaigne dans une idée amusante.
– Le barman ne peut s’empêcher de penser au 
ramassage des poubelles et les écrivains aux articles.
– A été créée la plus humble dans le but de la sauter.
– Un stylo plume est entré et a dit : V. Hugo pouvait rendre une femme heureuse.
– L’oubli. Autant que je m’en souvienne remonte à un temps de sinistre mémoire.
– On circule, travaille ; le monde fait son apparition dans l’infernal.
– Dieu vient de fermer ses portes et les banques une heure après.

C’est offert lors d’un atelier à Valérie et / ou Oskar,
tous deux passés par le master de création littéraire du Havre.
Ils en font ce qu’ils veulent…

 

Un Han Kang : P U N° 233

Celui qui revient de Han Kang,
paru en 2014 en Corée du Sud, et
en France en Livre de Poche en 2024,
est la Pièce Unique N° 233
et le deuxième livre que je lis de cette auteure devenue Prix Nobel de littérature.
La végétarienne, paru avant ce prix, au Serpent à plumes était le premier.

On est, avec Celui qui revient, dans un des moments de dictature en Corée du Sud,
sous Chun Doo-hwan en 1980, un moment de répression d’un mouvement populaire d’une énorme violence. Un livre très beau, très fort où plusieurs voix rendent compte de la censure, de l’horreur vis-à-vis de jeunes non armés.

Poèmes Express issus de Celui qui revient :
– Le calme s’impose, soir tombé. Corps sous un drap blanc.
– Crois au ciel vide.
– C’était un cadavre noble, c’est 
vrai, puant sous le soleil.
– Un mort a ouvert les yeux, haussé la voix, réveillé les autres.
– Vous partagiez des poèmes, les introduisant dans votre bouche.
– En sueur, corps trempé rue vide.
– Mémoire dans le placard, bruit dans le magnétophone.
– Voua aviez fait de la prison… fatigue au fond de la tête.
– Dents serrées, lèvres déformées. Pression de la catastrophe.
– On dirait un rêve à avaler et à travailler.

Ce Han Kang « modifié » est offert à Richard Meier, éditions Voix dont voilà un livre de 2024

Récit de Mantegna : P U N° 232

Dans la jolie collection co-éditée par Hazan et le Musée du Louvre en 2008,
une biographie d’Andrea Mantegna (1431-1506)
par l’historien de l’art Giovanni Agosti
parue d’abord chez Feltrinelli en 2005.

Mantegna débuta à Padoue, alors « nombril artistique de l’Italie »,
Il fut ensuite appelé à la cour des Este,
Apparenté par son mariage avec les Bellini,
il fut en lien avec «  le plus important atelier de peinture à Venise « .
Il travailla surtout pour les marquis de Mantoue,
les Gonzaga qui ne le « prêtaient » pas toujours ,
mais put se rendre à Rome à la demande du pape Innocent VIII pour peindre une chapelle.
Il pratiqua  » l’art tout nouveau de la gravure sur cuivre « ,
s’intéressa à l’architecture et eut un cabinet de curiosités.
Puis, à la fin du XV ème siècle, on se mit à apprécier un art plus sentimental et Perugin devint le peintre à la mode.
Mantegna ne fut cependant jamais oublié, comme Giotto l’a été par exemple, même si « chaque époque a cherché un Mantegna différent. »

Quelques Poèmes Express issus de cette biographie :
– La maison du mort engage au passé. Il est facile de flipper.
– Vigueur, braguette ouverte, dans un fait-divers sordide.
– A un moment donné, a été réduit l’art à un travail.
– Abondent les citations de satyres aussi hommes.
– Comment comprendre les époux prêts à faire la roue ?
– C’est une solution  : la Judith en pyjama de soirée.
– L’homme lent plus tard se limite au moment.

Pas encore

Non, pas encore de date pour la rentrée de septembre d’Un vin, des livres.
Pas plus d’ailleurs que de lieu pour nous héberger.
Mais ça « va viendre »
« aie confiance, aie confiance », dit le serpent Ka. Vous voyez mes yeux ?…

En attendant,
un court topo sur
l’atelier d’écriture et illustration, en Bretagne, avec Olivia et Charlène :
La bonne humeur n’était pas en option
et elles se sont un peu mises la rate au court-bouillon.
Ce qui est flatteur pour les six « écrivantes » que nous étions
mais un peu dommage pour elles.

Consignes rigolotes, soleil, chants, camaraderie et voluptés gustatives.
ET
Un tour à Bécherel, le très joli village breton du livre,
possibilité…rare …d’acheter des livres…
Chez des bouquinistes super souriants qui ont un choix ENÔÔÔRME.
ET
Occasion pour moi de revoir Samia Kachkachi
(cf. Entravés Rue du Départ éditions)
qui démontait son exposition de linogravures « Submersion » à Rennes, à Grand Angle Imoja.

Un vin, des livres – juin 2025 – 3)

Plein d’autres textes aussi, romans ou pas,  par 1) des auteurs, par 2) des autrices :
1)
– Veiller sur elle de J.B.Andrea, :  » une grande histoire d’amour »
– Objectif zéro 
d’Anthony McCarten, éditions Denoël, traduit par Frédéric Brument, dans la belle collection Graphic : dans un avenir proche, dix personnes choisies sur leur CV, dont un bibliothécaire, ont, pour gagner 3 millions de dollars, à disparaître pendant un mois malgré IA, reconnaissance faciale, CIA et autres dispositifs de surveillance.
Une apologie des oisifs de R.L. Stevenson, éd Allia.
Servabo, mémoire de la fin du siècle de Luigi Pintor, éd d’Ulm. 14 petits textes de ce journaliste sarde, député communiste (1925-2003) dans lesquels il revient sur des choses vécues :« Humilité, intelligence » dit A
Le grand secours de Thomas B Reverdy : En une journée : Bondy, un lycée pro. Un poète vient, qui n’a jamais vu ce type d’élèves. Un échangeur à côté du lycée, le croisement de sociétés. Une agression par un policier, filmée, une émeute. « Ironique »
– La chambre de 
Mariana de Aharon Appelfeld, éditions L’Olivier, 2008, traduit par Valérie Zenatti :  « lu après avoir vu le film d’Emmanuel Finkiel », ça pose le problème de l’adaptation. De lire avant, ou après, ou pas… » dit M A
– Le pain des Français de Xavier Le Clerc (alias Aïd Amis-Taïeb, né en Kabylie a grandi à Caen, ed Gallimard : des allers-retours entre sa vie et les colonies. Les restes de soldats envoyés en métropole et conservés au musée de l’homme. En 2022, un accord est signé : 24 crânes retournent en Algérie pour 5 ans…
2)
– Ni vues, ni connues par le collectif Georgette Sand, paru en 2017 : trois pages pour chaque femme, 75 femmes laissées de côté par l’histoire, à tort.
– Frapper l’épopée  d’Alice Zeniter, 2024, éditions Flammarion : sur la Nouvelle-Calédonie, les coutumes des Kanaks. Un rapprochement avec ce qu’aurait pu être son histoire personnelle : « pas accrochée. Je n’ai pas compris, je crois » dit C.
– Munitions d’amour de Claudine Galéa, éd Espaces 14, 2025, un texte demandé par Stanislas Nordey, extraordinaire, sur la peur face au cancer.
– Loin de chez moi de Maryse Burgot, 2024, Fayard : sa vie de reporter de guerre, de 1995 à maintenant.
– Le livre des anges de Ludmilla Oulitskaïa, 2025, éd. Gallimard. Traduit par Sophie Benech. : des nouvelles, chez Gallimard : « j’aime commencer par des formes courtes quand je ne connais pas l’auteur » dit Ch. La Russie, les gens de peu. « De belles descriptions. »
– Bleu d’août
de Déborah Lévy, éd du Sous-sol, 2025, traduit par Céline Leroy : « un voyage à Athènes. Gentillet » dit C.
– La bibliothèque des rêves secrets de Michiko Aoyama, ed Nami, 2022 : un premier livre, une simple histoire de vie, best-seller au Japon.
– Mon vrai nom est Elizabeth d’Adèle Yon, 2025, éd du Sous-sol : « éblouissant » dit M C : une enquête familiale sur une aïeule qui a été internée, enquête aussi sur la psychiatrie.
– Bonampak de Laetitia Bianchi, aussi traductrice et éditrice, ed. Verticales, 2025 : un lieu archéologique dans le Chiapas. Des peintures murales détruites. Une histoire de la colonisation des peuples premiers. Sarcastique.

Un vin, des livres – juin 2025 – 2)

Comme nous étions juste après le Polar à la plage
et que ce sont bientôt les vacances,
pas mal d’entre vous ont évoqué des « Polars ».
Et cela a amené une discussion sur
ce qu’il est « bien » d’écrire
et ce qui pose problème
parce que trop dur, voire insoutenable.
– Caryl Ferey était l’auteur cité comme posant typiquement ce problème.
Or, Ferey parle du monde, des maux du monde. Il voyage, reste longtemps dans un pays, se documente et raconte ce que nous n’avons pas vu mais qui a existé.
Pas seulement des histoires de petites frappes, de tueurs en série mais des histoires en lien avec la politique, l’Histoire d’un pays. Il l’a fait entre autres en Afrique du Sud avec l’apartheid, en Amérique latine avec les dictatures militaires.
J’ai tendance à penser qu’il apporte l’Histoire à des gens qui ne la liraient pas dans un texte plus sérieux, académique.
Cette fois, le Caryl Ferey Grindadrâp, sorti en 2025 dans la Série noire, parle d’écologie, de chasse à la baleine, vue comme tradition ou comme horreur. On est aux îles Féroé, dans la tempête avec le zodiaque de sea shepherd comme si on y était.
– Peter Swanson, ceux qu’on tue, éditions Gallmeister, collection de poche Totem est aussi du très très noir, mais plein d’humour.
– Chris Whitaker : Duchesse, éditions Sonatine, 2022, traduction de Julie Sibony, entre dans les cases policier social, d’enquête, et de procès. Des jeunes sont ensemble et arrive un événement… « Noir de chez noir, atroce » dit V.
_ R. J. Ellory : Everglades, Sonatine, 2025, traduit par Etienne Gomez : histoire d’un shérif qui devient gardien de prison en Floride, d’une évasion du couloir de la mort.
 » oppressant, hyper-dur »
– Thomas H Cook : un thriller plutôt politique de 2015 : Le crime de Julian Wells, Le Seuil. Traduit par Ph. Loubat-Delfranc,
mais le polar n’est pas que « hard » :
Il peut être historique et politique comme 
– La vierge et le taureau 
de Jean Meckert / Amila, éditions Joëlle Losfeld qui rééditent tout de lui : sur la Polynésie, les essais nucléaires. Cela vaudra en 1972 à Meckert d’être agressé, et au livre d’être raflé par les services spéciaux.
« Son grand oeuvre » dit A « c’est Les coups », son premier livre paru en 1942, maintenant chez Folio.
 » Le boucher des Hurlus est republié par une petite maison d’édition : Ronces, avec les illustrations de Saint Molotov »
Le polar peut être drôle, voire un peu dingue :
– Piergiorgio Pulixi : La librairie des chats noirs, 2d. Gallmeister, 2024, traduit de l’italien par Anatole Pons-Reumaux : « bien fait », dit V.
– Chester Himes : La reine des pommes, maintenant en Folio. Cet Africain-Américain né dans le Missouri, venu à Paris est engagé en 1958 par Marcel Duhamel, dans la première Série noire. « C’est rocambolesque, on rit vraiment » dit D.
– Yann Bécu : Les bras de Morphée, d’abord paru chez H S N, maintenant en Pocket : « complètement décalé » dit D, « jubilatoire » dit A. Ses récits sont assez complexes, pas du genre polar pur. On est sous une dictature, le héros est enseignant à Prague (ce qu’est Yann Bécu… venu au festival du Polar à la plage). Il faut agir vite, sur les heures d’éveil…
Et si vous manquez encore d’idées : Libé a sorti un hors-série : Les sept familles du Polar.

Mais vous n’avez pas lu que cela et il y en a même qui n’aiment pas ça… Un 3ème volet de Un vin des livres de juin est donc nécessaire…

Un Blaise Cendrars : P U N° 231

Hollywood la Mecque du cinéma avec «  29 dessins pris sur le vif » de Jean Guérin, paru chez Grasset en 1936, reparu en poche en collection Ramsay : un reportage commandé à Cendrars par le journal Paris Soir, est la Pièce Unique N° 231
Comme Joseph Kessel, à peu près au même moment, il nous emmène dans un Hollywood beaucoup moins glamour que prévu :
– une ville séparée du monde par des murs qui rejettent les « migrants » – déjà – même de l’intérieur, venant d’autres états américains.
– une industrie qui fait du scénario au km et respecte peu le travail des auteurs.
– le plagiat comme fonctionnement.
– le fait que « si derrière chaque star se cache son maquilleur, l’expert en sex-appeal qui lui a décerné sa « charte de beauté » (….) qui a fixé son type, qui est le véritable auteur de ce visage immuable qu’elle porte à l’écran (…) une marque de fabrique qui lui donne sa valeur commerciale et lui assure des revenus fantastiques tant que cette marque, soutenue par une publicité folle, est populaire, à gauche et à droite de chaque star se dissimulent deux autres hommes sans lesquels elle ne serait pas : l’agent qui l’a lancée et le chasseur de stars, le « talent scout » qui l’a découverte. » : l’artifice, l’artificiel et l’argent bien, bien au-dessus de l’art.

A noter, les dessins de Jean Guérin, très enlevés, joyeux, qui donnent envie de garder le livre. Quand on cherche son nom sur le net, on ne trouve pas grand chose. Eventuellement des dates : 1903-1966.
Ils m’ont un peu fait penser aux dessins de Delphine Brétesché (1972-2021), aussi autrice et performeuse.

Quelques « Poèmes Express » qui « sortent » de ce livre :
– L’assassinat est de tous les « cocktail party » et est beau comme un tuba.
– Fatalement absurde, la vieille claudicante et périmée.
– Dans des bottes éculées les ingénieurs pour équiper les statisticiens vaniteux.
– Je jetai un coup d’oeil : vieilles filles, petit chien, pelote de laine furtive.
– Pour éviter d’être, je copie.
– L’idée change. S’épluche, gonfle.
– On émigre. Nouveaux principes. Convulsions politiques.

 

Polar à la plage 2025 – ambiance festive !

La 22ème édition du festival a eu lieu du 10 au 15 juin.
De bons moments !
Une belle ambiance !
Beaucoup de monde !
Comme d’hab !
Avec,
mardi, à la médiathèque Oscar Niemeyer, « l’arpentage » du livre d’Elisa Vix qui a super bien marché.
Mercredi, toujours à Oscar Niemeyer, au Tribunal des flagrants des livres, nous avons défendu les romans des auteurs. Quant à moi, je plaidais pour Frakas de Thomas Cantaloube, en Folio.
Maintenant on peut bien vous le dire, il y a eu débat, pour le prix des Ancres noires, entre Frakas, justement, et le thriller de Roxanne Bouchard Le murmure des Hakapiks, éditions de l’Aube.
Au Pôle Simone Veil, jeudi matin, un super atelier d’écriture de 2h30 avec 10 « écrivant.e.s », mené par  l’auteur David Coulon qui a proposé des consignes amusantes, « dé-grippantes » qui ont porté tout le monde.
A la plage, sous chapiteau, samedi et dimanche, des signatures, des rencontres, et la remise des prix aux élèves (du Havre, de Fécamp, d’Epouville, de Barentin…) qui avaient travaillé à partir d’une accroche, avec des enseignants investis.
Une conférence très rafraîchissante de l’auteure québécoise, Prix des Ancres noires 2025 : Roxanne Bouchard.

Juste un regret   personnel :
la perte de deux éléments qui contribuaient à la spécificité du festival au niveau national :
– des textes de chansons des auteurs du noir invités, mis en musique par des groupes locaux  de rock, reggae, funk… – d’autant que nous avions une conférence sur le rock par Jean-Noël Levavasseur dimanche – mais bien sûr, l’enregistrement en studio est un gouffre pour un budget.  
– qu’on ( Lia) ne nous prête plus un bus pour le week-end. Il nous permettait de transporter les auteurs, d’avoir un lieu typique, vitrine de la ville, complètement insolite pour les conférences…

Les auteur.e.s – habitué.e.s des festivals un peu partout en France – ont, comme toujours, été heureux de se retrouver en bord de mer, ont admiré la plage et plus largement Le Havre.

polar à la plage 2025 – la semaine prochaine

ALORS,
– Lecture – arpentage d’Elle le gibier d’Elisa Vix à la médiathèque Oscar Niemeyer mardi10 à 15h.
– Tribunal des flagrants des livres,  mercredi 11 à 18h30, au même endroit.
– Atelier d’écriture avec David Coulon , jeudi 12 à 10h au pôle Simone Veil.

Et puis, après, c’est sur la digue promenade, avec les auteurs, samedi 14 à partir de 14h et dimanche 15 dès 10h. Rencontres, conférences, slam, théâtre de rue

VENEZ !

Et pour plus d’infos sur le festival, sur certains auteurs : Thomas Cantaloube, Gwenael Bulteau par exemple, écoutez le podcast !