Prochain un vin – des livres au CHAT BLEU le 11 décembre

Le 13 novembre, nous restions dans les vins du Sud avec :
un Gascogne blanc, un Cybelle, à l’expression florale: un blanc sec, fruité,
et un Cahors, rouge —carafé pour lui donner de la souplesse— venu du Quercy : un plateau au sol sablo-calcaire, d’un terroir proche du terroir du Pommerol, constitué de merlot et de malbec, un cépage roi de cette région. Il n’a presque pas besoin de passer en fût, a dès l’abord une forte expression des tannins. Il est travaillé de manière ancestrale par un vigneron indépendant J.P. Baldès.

Nous avons évoqué :
mecanismes_de_survie– le dernier livre d’Olivia Rosenthal qui a déjà publié neuf romans chez le même éditeur : MÉCANISMES DE SURVIE EN MILIEU HOSTILE  (ed. Verticales 2014) : histoires de jeux d’enfants avec chasseurs et chassés, de mort imminente, de fantômes, de maison à surveiller, de fuite dans un monde post-nucléaire, ambiances froides, d’inquiétante étrangeté où nous n’avons pas tous les éléments et où nous avançons de manière aussi inconfortable que les personnages.
– plus en rapport avec les vins goûtés : BAUMES de Valentine Goby (Actes Sud 2014, collection Essences) : un texte autobiographique qui commence ainsi : « D’un bout à l’autre de mon enfance, l’odeur d’usine signe le retour de mon père. L’odeur puissante des cuves à distiller, qui excède toutes les odeurs connues de la nature, les aggrave prodigieusement. Odeur d’essences pures, « […] trop Baumescompactes pour se dissoudre, s’annuler l’une dans l’autre : iris contre gingembre, encens contre violette, luttant à même la fibre des vêtements. » et finit sur « six années pour distiller les tranches de rhizomes, en faire un beurre d’iris puis une absolue qui est un caviar de fleurs », tout un monde de senteurs et de beaux mots pour les dire.
– et LE MOULIN DE POLOGNE (1952, Gallimard) de Jean Giono (1895-1970): un roman étonnant: une lignée victime du destin dans une province mauvaise et étriquée, sans doute fin 19è siècle : des moments expressionnistes, cruels: « Je vis enfin ce qu’on désignait du doigt. C’était cette malheureuse Julie emportée par la valse et dansant toute seule avec sur son atroce visage isolé, l’extase des femmes accouplées […] J’éclatai de rire à la seconde même où le rire général éclata.[…] Le spectacle de cette fille au visage déchiré et qui montrait ses désirs sans pudeur me brûlait comme un acide […]  Le  rire avec son bruit de torrent était la façon la plus simple de mouiller la brûlure et de l’étendre d’eau » .
Hamacs_de_cartonCatherine M. nous a, du coup, parlé de Giono en Janus : l’écrivain de la nature, le pacifiste, ses emprisonnements et sa face sombre (comme  cette Julie au très beau visage d’un côté et atroce de l’autre).
Puis ont été présentés FUKUSHIMA de Michel Ferrier, chez Gallimard, poétique et précis, LES HAMACS DE CARTON de Colin Niel, ethno-polar, prix des ancres noires 2014, CONFESSION D’UNE SAGE-FEMME de Diane Chamberlain, SUNSET PARK de Paul Auster, UN BONHEUR PARFAIT  roman acide de James Salter.
Ceux qui sont restés ont parlé cinéma…
Au 11 décembre !

Rappels, possibilités et retours

LautreLivre2014Au Chat Bleu au Havre, le 13 novembre, on parle livres et vins.

Rue du Départ est à l’Autre Livre, Le salon de l’édition indépendante, à Paris les 14,15,16 novembre prochains.

Bruxelles Babel-le : hébergée par la Maison de la Francité (mdlf@maisondelafrancite.be), la troisième session des balades et ateliers d’écriture avec l’Oulipo qui avaient lieu du 29 octobre au 2 novembre ont été de bons moments, très amicaux. Une autre façon de voir cette ville, par un temps idéal
— merci à Henry Landroit et toute son équipe, d’avoir aussi veillé à cela …—, des ateliers très gais avec Jacques Jouet, Olivier Salon, membres de l’Oulipo, Robert Rapilly, Amélie Charcosset et Martin Granger, sympathisants, tous fidèles à Pirouésie pendant l’été. Des soirées à la Maison du Livre ( www.lamaisondulivre.be) autour de Cortazar, du surréalisme belge ou sur le thème « toute littérature est-elle à contrainte ? ».
Babel-leDes réponses, lors de cette dernière soirée, données par Jacques Jouet : « la tâche d’un oulipien, c’est d’inventer des contraintes, des procédures, des moyens. Pour les oulipiens de 1960, c’était tout à fait clair. Avec Pérec (aussi inventeur énorme de contraintes), la vision a changé. Il n’y a pas volonté de créer des oeuvres de génie mais que des éléments de contrainte soient clairement formalisables et formalisés, réutilisables par d’autres. Il est très important que ces procédures aient l’avenir du sonnet »
Et pendant ces journées, justement, nous nous sommes essayés et amusés à faire vivre ces formes : du « gestomètre » au « palympseste » en passant par le « sélénet » ou la « petite boîte »…

Un vin – des livres, saison 2

Logo_ChatBleuAu Chat Bleu, ce jeudi d’octobre, Nsenga nous faisait goûter du Gaillac*, rouge, plus fruité-léger que puissant et de l’Uby** ou le blanc n°3, très dans le fruit, vin tendance, facile à boire, ou le rosé à la belle robe pamplemousse, une explosion de saveurs en bouche. Productions familiales sur deux* ou trois** générations. L’Uby tient son nom d’une rivière qui coule en Gascogne où le viticulteur, mr Morel, du canton de Vaud, a également des vignes.
Cette fois — et peut-être dorénavant —, nous ne respections pas la géographie et allions en Estonie pour une séance de rattrapage, dans les Appalaches et en Inde…
PurgeRattrapage donc avec PURGE de Sofi Oksanen paru en 2010 chez Stock, prix Fémina étranger la même année et trouvable en livre de poche. Roman de femme sur des femmes qui ont traversé l’histoire du 20è siècle en Estonie, colonisée par l’URSS. Au centre, le beau personnage complexe d’Aliide, ce qu’elle subit et ce qu’elle décide. Des pages incroyablement maîtrisées et poétiques évoquent d’horribles moments (p.174-176 du livre de poche)!
De Ron Rash, dont nous avions ausi beaucoup aimé UN PIED AU PARADIS: LE MONDE A L’ENDROIT paru au Seuil en 2012. Nous sommes aux USA, dans le comté de Madison, à cheval sur notre siècle et celui de la guerre de Sécession qui, dans cette zone, fut terrible. Des personnages cabossés, comme Dena (p. 179-181), ni vraiment bons ni totalement ignobles, de la violence ordinaire.
Un livre de la collection Etonnants voyageurs aux éditions Hoebeke (2014): CALCUTTA, DEUX ANS DANS LA VILLE d’Amit Chaudhuri, un document. La ville – son histoire politique et économique, ses espaces, sa population – est vue par un de ses habitants intermittents, musicien et écrivain. Son point de vue est celui d’un homme aisé, cultivé, un « libéral » aussi…
Ceux_du_Nord-ouestOnt aussi été évoqués les guides de voyage insolites de Jonglez, le dernier livre CEUX DU NORD-OUEST, fin, dépaysant et sobre de Zadie Smith, les cinq petits livres de la Japonaise Aki Shimazaki chez Babel, le dernier Laurent Seksik : LE CAS D’EDOUARD EINSTEIN, à trois voix sur le fils, schizophrène, CENDRILLON, autofiction « d’une construction époustouflante » d’Eric Reinhardt, MAUVAISE ETOILE de Ellory et encore une fois, par un autre lecteur, et on insiste : CERTAINES N’AVAIENT JAMAIS VU LA MER » de Julie Otseka.
Ceux qui sont restés ont parlé films…
Le prochain Chat Bleu, un vin des livres est prévu le jeudi 13 novembre, à partir de 18h15.

Mais on peut parler aussi des Cafés Polars des ancres noires qui ont lieu le deuxième mercredi du mois à la Buvette, quartier St François. Le premier rendez-vous était le 8 octobre et il a été lu des extraits de romans noirs de Markaris, Craig Johnson, Olivier Truc, Patrick Bard et Thierry Marignac qui était présent. Le prochain est le 12 novembre et c’est à partir de 18h30 : on peut juste écouter ou lire aussi. Qu’on se le dise !

Le retour

Nous avons eu un été de livres et de rencontres : Emmanuelle Pagano, Emmanuel Adely à Ecrivains en bord de mer, Lucien Suel (qui est à Rouen les 27 et 28 septembre pour deux lectures, dans le cadre de la 4è édition du festival Poésie dans(e) la rue), les Oulipiens Olivier Salon, Robert Rapilly, Benoit Richter à Pirouésies.
Nous avons eu un été de piratage du site, méga-piratage, réparé par notre méga-webmaster, Eric Enjalbert.
Septembre : reprise, beaux contacts, beaux projets, on vous en parlera plus tard s’ils se confirment.
Un Chat Bleu qui n’a pas eu lieu, un Chat Bleu qui s’annonce autour de l’Uby, le jeudi 9 octobre, dès 18h15.
La 5è vente aux enchères d’art contemporain que nous organisions, 4e aux Jardins suspendus du Havre, le week-end dernier, a rassemblé de nombreux artistes : des habitués comme Amaury Morisset (avec un superbe travail décalé sur les frontières!) Jean Philippe Gomez, Delphine Boeschlin etc., et des nouveaux, plus de 100 pièces. Toujours un plaisir de travailler avec les associations Ligue Havraise, Pian Piâne, de retrouver Mirsa Pepence (anagramme d’IMP Espérance, atelier de Quentin Pérochon) !
Le retour donc !

Un vin – des livres § 10

cevennes02C’était la dernière séance de la saison. Nous reprendrons nos rendez-vous mensuels au Chat Bleu le jeudi, les 11 septembre, 9 octobre, 13 novembre.

Nous avons bu, le 2 juillet, un vin rouge des Cévennes, pays de grands contrastes climatiques et de sols rocailleux bien drainés. Un cépage Syrah grenache, AOP Duché d’Uzes, un bon petit vin de garde au goût de fruits rouges, à la longueur en bouche intéressante.

Nous avons parlé de :
Une adolescence en Gueldre– UNE ADOLESCENCE EN GUELDRE de Jean-Claude Pirotte, paru en 2005 à la Table Ronde. Poète (Prix Goncourt de la poésie en 2012 pour l’ensemble de son œuvre), romancier: son dernier livre BROUILLARD est paru en 2013 au Cherche Midi, Pirotte est mort fin mai à 74 ans et deux livres posthumes devraient sortir en septembre. Ici nous sommes aux Pays-bas; on trouve de belles descriptions de paysages et surtout le narrateur fait part de sa vie à travers les textes, « Je suis incapable de m’engager dans l’existence, de la voir telle qu’elle se déroule et d’accueillir simplement les heures, les paysages, les vagues du quotidien. Rien ne me touche qui ne soit passé par le crible de mes lectures. Pas un instant je ne suis présent au monde… »
– De R.L.Stevenson (1850-1894) forcément : VOYAGE AVEC UN ÂNE DANS LES CÉVENNES qui raconte son parcours du 22 septembre au 4 octobre 1879, ses difficultés avec l’ânesse Modestine — qu’il martyrise ! —, les gens, les panoramas, l’histoire des Camisards et les raisons de ce voyage : « L’important est de bouger, d’éprouver de plus près les nécessités et les embarras de la vie, de quitter le lit douillet de la civilisation, de sentir sous mes pieds le granit terrestre et les silex épars avec leurs coupants. » .
Voyage_avec_stevensonLe réalisateur de documentaires, Jean-François Dars, a, en 2006, refait le voyage en remplaçant l’âne par un vélo poussé à la main : le livre VOYAGE AVEC STEVENSON DANS LES CÉVENNES existe aux éditions Descartes. D’autres encore ont suivi ces traces et publié : Jean-Michel Cornu, Eric Poindron et, depuis 1978, un itinéraire de randonnée existe :
le GR70, « chemin de Stevenson ».
– D’André Chamson (1900-1983), auteur historien, LA TOUR DE CONSTANCE, de 1970: un de ses « romans » en lien avec l’histoire des Camisards, collection Omnibus de 2002. Roman mais hyper-documenté sur cette période de 1686 à 1768 où des femmes furent emprisonnées dans la tour d’Aigues-Mortes pour leur appartenance à la religion réformée.
Nous avons aussi évoqué des auteurs contemporains:  Jeannette Winterson, Victoria Hislop, Lewis Shiner, Hubert Mingarelli, Sylvain Tesson, Milena Michiko Flasar ; des noms déjà évoqués sont revenus : Michèle Lesbre, Céline Minard, de même que des classiques: Victor Hugo, Anthony Trollope.
Bon été de vins et de livres!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Comme on se mêle de tout : 21) Jean-Marie Châtelier, cinéaste

Jean-Marie Châtelier, cinéaste en Haute-Normandie, a réalisé avec 4 classes de CM1-CM2, avec le soutien de la DRAC, de Pôle Image, de l’inspection accadémique et de la ville du Havre, un film sur l’histoire du musée Malraux/Muma d’environ 25 minutes. Il s’agit en réalité de 4 films : MON HISTOIRE, UNE VIE SECRÈTE, MES COLLECTIONS et À LA NUIT TOMBÉE mais on a, grâce au réalisateur, une impression d’unité.

L’atelier a duré un an, mobilisé une centaine d’élèves qui ne se connaissaient pas auparavant, des enseignants qui n’avaient jamais travaillé ensemble et le résultat, montré au Gaumont des Docks au Havre le samedi 28 juin, lors d’une séance unique pour parents, enfants et amateurs, est bluffant. Il devrait prochainement être visible sur le site du CDDP en téléchargement.

Un vin – des livres § 9

D’abord, un rendez-vous, le dernier de la saison pour nous : le mercredi 2 juillet, à partir de 18h15, au Chat bleu, autour d’un vin des Cévennes.

La fois précédente, le 12 juin, à la suite de la rencontre avec R.J.Ellory, nous nous retrouvions autour de vins du Brésil. Normal, puisque c’était, au Brésil, le même soir, l’ouverture de la Coupe du Monde… Quand même un peu pot de terre contre pot de fer, cette histoire, mais bon…
Le vin s’appelait « Brazilian soul », en anglais sur la bouteille, oui, leur production étant essentiellement pour l’exportation, et surtout aux USA. Le blanc, un Chardonnay, sec, fruité, avec de beaux arômes citrus et le rouge, un Merlot, très fruit rouge. Beaucoup ont essayé le blanc et ont été convaincus pour leurs futures soirées tv-footeuses-ambiancées.

Les livres maintenant :
Cacao Jorge Amadoon ne pouvait passer à côté d’un Jorge Amado (1912-2001), sans doute le plus connu et productif des auteurs de ce pays. CACAO, 1933, de nombreuses fois réédité chez Stock, parle de la culture et de ses conditions inhumaines : « J’ai essayé de raconter dans ce livre, avec un minimum de littérature au profit d’un maximum d’honnêteté, la vie des travailleurs dans les plantations de cacao du sud de l’état de Bahia ». De même, L’OR DE QUIPAPA de Hubert Tézenas, aux éditions l’Ecailler, évoque l’agriculture mais cette fois
de canne à sucre pour la fabrication de l’éthanol. Le livre est de 2013 mais l’action est située en 1987. Le temps ne semble pas passer au Brésil : les conditions de travail, l’écart entre les classes sociales que dénonçait Amado se retrouvent dans ce polar ! Hubert Tézenas, traducteur de Mo Hayder et de Robert Crais, que nous avons rencontré au festival Mauves en noir, est fou de ce pays qu’il connaît bien. Il publie là son premier roman.

Clarice Lispector était une autre incontournable. Morte en 1977, elle était souvent comparée à Nathalie Sarraute. LE BÂTISSEUR DE RUINES de 1965, trouvable chez Gallimard dans la collection L’Imaginaire, est un texte singulier, poétique : un homme, ingénieur, fuit après avoir tué et se retrouve dans une ferme. C’est lent, dans une très belle langue.

Des lusophones m’avaient indiqué les noms des auteurs suivants : Lygia Fagundes Telles, Joao Guimaraes Rosa, Patricia Melo, Fernando Sabino.

Mister Elsa BoyerPour rire au départ mais, vraiment intéressant en fait, MISTER d’Elsa Boyer, aux éditions P O L, son troisième livre qui parle d’un entraîneur de football, des joueurs, de l’argent, des corps. Là aussi, vraiment une belle langue !

Il a été également question de pages sur le sport dans François de Cornière et Jean Prévost, de la biographie de Nicolas de Stael par Laurent Greilsamer. D’Hubert Haddad, LA THEORIE DE LA VILAINE PETITE FILLE, ed. Zulma à partir des trois sœurs Fox, américaines qui, au XIXè, ont inventé la mode du spiritisme. De la trilogie new-yorkaise de Paul Auster, de LA CONFUSION DES SENTIMENTS de Zweig, d’un Simenon sans Maigret de 1940 : LE BOURGMESTRE DE FURNES. De poésie, lue un peu à voix haute, extraite du GARDEUR DE TROUPEAUX et d’ODE MARITIME de Fernando Pessoa. De visions apaisantes avec Ph. Delerm, TROTTOIR DU SOLEIL et GARONNE ou avec J. Salomé: JE DERANGERAIS QUI EN ETANT MOI-MEME? ou encore politiques avec le pro-européen Bernard Guetta : INTIME CONVICTION. De livres, donc du monde !!!

Au 2 juillet!

Comme on se mêle de… roman noir…!

Grosse activité du polar du 12 au 15 juin au Havre !

R.J.Ellory est venu, le 12, à la Galerne pour MAUVAISE ÉTOILE chez Sonatine. Il nous a livré qu’enfant orphelin, sa seule consolation était les films des USA, que ce pays le fascinait, était ainsi devenu naturellement le lieu de ses romans, qu’il était un « junkie » de la recherche documentaire, qu’il ne faisait pas de plan, ne savait pas où allait son livre et que sa spécificité  était de ralentir la lecture, jouer avec les nerfs du lecteur.

Le festival du Polar à la plage n°12 : international, intense, réussi!

Comme à Mauves en noir, une équipe de bénévoles efficace et sympathique gère un festival à dimension humaine et ambiance d’enfer. Cette année, le prix des Ancres noires est revenu à Colin Niel  pour LES HAMACS DE CARTON, son premier livre : cela se passe en Guyane française, pose les problèmes de l’appartenance, de la migration. Son deuxième livre est déjà sorti aux éditions du Rouergue.

Temps forts —entre autres— :

  • les échanges dans le bus :
    entre Victor del Arbol et Abdel Hafed Benotman qui, avant d’écrire, ont été chacun d’un côté de la barrière judiciaire, policier en Espagne et prisonnier en France.
    Entre deux traducteurs de langues rares, Eric Boury (de l’islandais pour, entre autres Arnaldur Indridason) et Thierry Marignac, auteur aux éditions Rivages et russophone.
  • Temps fort comme toujours, le moment où les écrivains entendent pour la première fois leur chanson interprétée, lors du concert de sortie du CD, cette fois au Tétris.
  • Temps fort et au Tétris également, la lecture musicale des HARMONIQUES, de et par Marcus Malte avec le guitariste Emile Mélenchon. Deux personnes pour rendre compte de l’amour pour une morte et de la violence des Balkans, années 90. Economie de moyens, rythme et efficacité.
  • Temps fort enfin pour Rue du Départ : Corinne Belet, comédienne, lisait lors des deux  lectures organisées par la bibliothèque, de larges extraits de LA MAISON de Nicolas Jaillet et rendait parfaitement l’atmosphère du livre. N.Jaillet qui assistait à l’une des séances et pour qui c’était une première, en a été remué.

Un vin – des livres §8

Cette fois, nous étions en Val de Loire avec des vins de petits producteurs de Touraine, un cépage Sauvignon blanc et un Bourgueil rouge, cépage Cabernet franc utilisé dans la région bordelaise également, facile à boire, aux arômes de fruits, plutôt léger : très faible présence de tanin, très peu travaillé en fût de chêne.

En accompagnement
loin_d_odile– LOIN D’ODILE de Christian Oster (1998) :
un homme et sa petite vie sans relief, sans attachement, au point de s’intéresser à une mouche et de la prénommer Odile, comme la dernière femme avec laquelle il avait eu une relation: p.14 : « … une femme au demeurant simple, un être direct, d’une franchise à couper le souffle, que j’avais quittée faute de l’aimer assez pour imaginer que je l’aimais encore. Au fond, je l’avais beaucoup aimée, probablement trop comme il m’arrivait de faire, et, lassé de ma propre ivresse, incapable d’entretenir plus avant la fiction en quoi consistait, me semblait-il, toute histoire de coeur, j’avais jeté l’éponge, renouant avec la platitude des jours,… » Du presque rien dans une langue très écrite et doucement humoristique, comme chez ses collègues, Echenoz, Gailly, Toussaint des éditions de Minuit.

Peste_et_cholera– De Patrick Deville (écrivain voyageur, directeur littéraire de la M.E.E.T. qui, depuis 20 ans, à Saint-Nazaire, publie une revue du même nom, accueille en résidence des écrivains étrangers, propose lectures, colloques : le dernier en date, à l’abbaye de Fontevraud, sur Julio Cortazar, avait lieu les 23 et 24 mai) : PESTE ET CHOLERA, prix Fémina et prix du roman FNAC en 2012. Après trois livres traitant de trois continents différents, Deville s’est intéressé à — prenez-le au pied de la lettre — un « illustre-inconnu », Alexandre Yersin (1863-1943), le découvreur du bacille de la peste, Pasteurien, médecin, marin, agronome etc, installé en Annam. Comme dans ses précédents romans, Deville mêle histoire et géographie.

Perfection_du_crime– De Tanguy Viel qui vécut un temps à Tours : L’ABSOLUE PERFECTION DU CRIME, 2001. Encore un auteur Minuit… mais plus jeune, pas la même patte. Un casse finit en film noir avec une trahison, une courte poursuite, une vengeance et en western avec un duel sans merci. Ça s’installe doucement puis l’écriture hyper-efficace nous entraîne toujours plus vite.

Nous avons aussi évoqué :
– des livres plus récents : FAILLIR ÊTRE FLINGUÉ de Céline Minard qui poursuit son exploration des genres, SOUVIENS-MOI d’Yves Pagès, présent au festival Terres de Paroles (16- 25 mai), DANS LA LUMIÈRE de la romancière américaine écologiste Barbara Kingsolver.
– Jean Christophe Ruffin pour LE GRAND CŒUR, son roman historique sur Jacques Cœur, de Bourges,
– enfin, des auteurs sans âge : Julien Gracq pour LA FORME D’UNE VILLE : Nantes décrite par le poète géographe, Balzac, Jean-Loup Trassard, ancrés dans cette région ouest ou des grands étrangers : Zweig avec LE JOUEUR D’ÉCHECS, Akira Yoshimura dont vous pouvez tout lire !

Comme vous le voyez, nous ne croyons pas que le livre n’a qu’une durée de 3 mois !!!!! Le prochain Un vin – des livres nous emmènera au Brésil, le jeudi 12 juin, coupe du monde oblige MAIS, comme ce même soir, de 18 à 19h, R.J.Ellory, un maître international du noir, sera à la Galerne, nous vous invitons à aller l’écouter PUIS à rejoindre le Chat Bleu à 19h30.

De retour

     Nous sommes revenus
– des « rencontres d’auteurs et territoires », en avant-première du festival Terres de paroles, où nous étions pour ce que nous faisons au Chat Bleu: Un vin, des livres. A la même table ronde, Lola Lafon, auteure du beau LA PETITE COMMUNISTE QUI NE SOURIAIT JAMAIS, présente, elle, pour ses lectures musicales.
– du salon du livre de Caen, Passages de témoins, où nous avons retrouvé des lecteurs, comme en mars, au Salon du livre de Paris. C’est une expérience encore nouvelle pour nous que de voir quelqu’un s’arrêter sur le stand, dire du bien de ce qu’il a acheté chez nous l’année précédente et se pencher sur les titres qu’il ne connait pas. Amusant aussi … de voir comment vivent nos petits carnets-livres, la manière dont ils sont pris en mains, reposés, dont il faut les présenter pour qu’ils soient vraiment regardés…!!!
     Nous avons assisté à la rencontre super-intéressante et détendue avec Anne Rambach pour RAVAGES, co-organisée par les Ancres noires et la bibliothèque municipale du Havre, en avant-propos du festival le polar à la plage (les 13-14-15 juin). RAVAGES, thriller hyper-documenté, parle du scandale de l’amiante.
     Bientôt, nous vous parlons entre autres du « Un vin, des livres » qui a eu lieu hier soir.