Les critiques qui font plaisir !

« Ville de nuits », 7 nouvelles de Thierry Crifo chez un nouvel éditeur havrais, Rue du départ

Faire la connaissance d’un nouvel éditeur, c’est bien. Quand, parmi ses premières publications, on trouve un recueil de nouvelles de Thierry Crifo, c’est encore mieux, vu qu’on aime bien Thierry Crifo.
L’éditeur s’appelle Rue du Départ, et c’est au Havre que la petite équipe a décidé de se lancer dans l’aventure. Aujourd’hui, il nous offre trois recueils de nouvelles noires signés Dominique Delahaye, Pascal Millet et Thierry Crifo. Trois livres de petit format, joli papier, jolie typo, belles couvertures très graphiques, en deux couleurs, signées du graphiste maison, Eric Enjalbert, chouette tir groupé !
Dans Ville de nuits, Thierry Crifo nous propose sept nouvelles noires, des personnages formidablement émouvants, des histoires humaines terriblement modestes ou terriblement effrayantes…
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Claude Le Nocher aussi a aimé

…une vraie sensibilité émane des histoires racontées par Thierry Crifo, dans ces portraits qui dessinent les blessures et les petits bonheurs de ses personnages. Que les dénouements soient sombres ou plus optimistes, les récits sont forts en images véridiques, parfois cruelles, comme en émotions. Pour les lecteurs connaissant encore peu ou mal cet auteur, ce recueil est le bienvenu…
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Et comme on se mêle de tout : 10) Yves Pagès au théâtre du Rond-point

le 1er décembre, dans une des conférences-performances des « Trousses de secours en période de crise », spectacles courts, à 18h30. Humour des mots. Amour des jeux. « internet/interflou », « flou tendu »… un patron de gros groupe du monde de l’édition, Jean-Michel Michel, s’adresse à son staff (nous, les spectateurs) et donne ses consignes pour que le groupe en question soit toujours plus concurrentiel. L’utilisation du vocabulaire du management, de la politique mixé à la culture. Des grands mots, du petit sens. Des emprunts, réaménagés, acronymés. Rien d’inventé, juste du libéralisme assemblé, du concassé, avec voix de crooner et diction  de commercial de plus en plus en perdition : vraiment DRÔLE et pas que!

Yves Pagès, écrivain, éditeur, tient un blog.

Et comme on se mêle de tout : 9) « Guns! Guns! Guns! » à Automne en Normandie

Un spectacle qui fait sourire, rire, sursauter, réfléchir, donne les larmes aux yeux. Guns! Un concentré d’énergie : le XXème siècle en liste à la Pérec, du communisme à Tupperware en passant par les camps, le Vietnam et Batman…Du cabaret politique, quelques fois politiquement incorrect. Guns! Guns! Ca marche, c’est fort, intelligent, plein de vie – alors qu’on est immergé dans une langue qu’on ne maîtrise pas, avec un sous-titrage, voire deux -. Le BLITZ THEATRE GROUP, troupe grecque formée en 2004, fourmille d’idées, d’humour et de poésie. Guns! Guns! Guns!

Et comme on se mêle de tout : 8) Craig Johnson

Un Américain au Havre, à la Galerne le 13 novembre et au festival « La fureur du noir » de Lamballe les 17 et 18 novembre. Un vrai, avec stetson et son éditeur français Olivier Gallmeister en traducteur.

Mais d’abord, parlons des éditions GALLMEISTER : elles se sont fondées en 2006, sur la « Nature Writing », les auteurs américains et comptent maintenant  trois collections de plus :  « Americana » (dont le très beau Méditation en vert de Stephen Wright), « Noire » avec des écrivains comme Trevanian, Tapply, Craig Johnson et « Totem », les reprises en poche. GALLMEISTER, c’ est aussi une maquette distinguée, sobre : en première de couverture une belle couleur, une photo N.B. en lucarne, qu’on retrouve pleine page en 2è et 3è de couverture. La chance sourit à la « petite » maison en 2010, avec la découverte de David Vann et son Alaska : les prix  dont le Médicis étranger s’accumulent, gros tirage, reconnaissance, visibilité.

Craig Johnson maintenant  : c’est le Wyoming, ses paysages et ses extrêmes climatiques. Les Indiens. Son héros, Walt Longmire, mixte de Jean Valjean et Athos (dixit l’auteur), un shérif sentimental, éprouvé par la vie, cultivé. Des personnages  avec une vraie épaisseur, en perpétuelle évolution dans une série (9 livres aux USA, le 4è vient de sortir en France : Enfants de poussière et un 5è arrive en février 2013)
Craig Johnson suit immanquablement le conseil que lui donna  Tony Hillerman: « Ne laisse jamais l’écriture se mettre entre une bonne histoire et toi! »

Paris, Lamballe, les 16-17-18 novembre, nous y serons!

A Paris, dans le Marais, à « L’AUTRE LIVRE »,  10ème édition du salon des éditeurs indépendants, Rue du Départ y est et en est bien content!

A Lamballe, Bretagne, à « FUREUR DU NOIR », festival hyper reconnu du polar,   Dominique Delahaye, auteur de Pile et face y est et nous en sommes bien contents!

Le Crifo nouveau arrive 3) si si!

Sept nouvelles enfin assemblées. Entre Lignes croisées sorti début 2012 et les rééditions en 2013, chez Press Pocket, de L’effet carabin et de Obsession elle . Du beau noir!

Et comme on se mêle de tout : 7) Olivia Rosenthal / Georges Pérec, « grave mais plutôt amusant »

Dans le cadre des rencontres « Entendez voir, la littérature est-elle soluble dans la télévision? », la MEL (Maison de l’ Ecrivain et de la Littérature) et l’INA (Institut National de l’Audiovisuel) invitent un auteur à qui ils passent  commande : choisir un autre auteur, le « lire » à travers les archives de l’INA et écrire un texte. Le mercredi 7 novembre, Olivia Rosenthal, elle-même présentée par Frédéric Ferney comme « un écrivain grave mais plutôt amusant », avait choisi Georges Pérec. N’est-ce pas aussi une bonne définition de Georges Pérec? Evidemment puisque la proposition est bâtie sur des affinités électives!
Olivia Rosenthal, publiée aux éditions Verticales depuis les années 1990, a un monde à elle, une phrase à elle que, dernièrement beaucoup ont découverts puisque son roman Que font les rennes après Noël? a obtenu le prix du livre Inter 2011 et est trouvable en livre de poche. Il faut lire les 5 ou 6 précédents, Puisque nous sommes vivants  (2000), On n’est pas là pour disparaître (2007) etc…, les suivants.
A l’auditorium du Petit Palais, la rencontre se passe en trois temps :  le visionnement des extraits d’émissions sélectionnés, ici cinq, de 1965, juste après Les choses,  à 1975, puis la lecture du texte créé, enfin  une parole autour des extraits, du texte produit, de ce qui l’ a permis.
Etonnant de retourner à un écrivain non par ses livres mais à travers ses interventions enregistrées, sa manière de se dire, de dire l’évolution de son travail. Etonnant et porteur, comme un éclairage. Un plaisir de voir et entendre Pérec en 1972, dans son programme d’écriture-puzzle, sa volonté tranquille d’accéder « à une totalité mais par le biais du fragment » (1).
Evident donc que quand un auteur parle d’un disparu, celui-ci parle de l’auteur vivant. Comme G. Perec, le « chercheur en littérature (2) », O. Rosenthal travaille sur des documents, apprend sur un sujet, de la vie animale à Alzheimer en passant par la glande pinéale… Comme G. Perec, O.Rosenthal pourrait sans doute parler de la » jubilation d’énumérer (3) ». Ces deux auteurs se présentent avec la  même simplicité, la même implication.

(1-2) :  O.Rosenthal, le 7 novembre 2012
(3) : G.Pérec, 1972,

Les rencontres littéraires de la MEL ont en général lieu à l’auditorium du Petit Palais
www.m-e-l.fr

 

 

 

Le Crifo nouveau arrive 2)

Voilà (bientôt) enfin rassemblées des nouvelles écrites entre 1998 et 2012. Nouvelles dispersées, parues dans des quotidiens nationaux, des fanzines, des recueils thématiques, avec d’autres auteurs, nouvelles totalement remaniées pour deux d’entre elles, nouvelles jamais éditées : deux, peut-être les plus belles.
Sept nouvelles. Il était important de les donner à lire ensemble.
Même s’il en manque, même si une, par exemple, pour de bêtes raisons de droits, nous manque : « Léa » (1),
pour connaître Thierry Crifo, sa phrase et son amour des mots que Romain Slocombe évoque si bien dans sa préface, il était essentiel de publier, à côté de ses romans très écrits et forts, ces nouvelles sur la ville, sur les nuits, VILLE DE NUITS.

(1) « Léa », texte étonnant, superbe exercice d’admiration, revisi(tati)on  d’un moment de « Razzia sur la chnouf » livre d’Auguste Le Breton et film d’Henri Decoin.

Et comme on se mêle de tout : 6) Rokia Traoré en concert

Rokia Traoré, chanteuse
( et quelle chanteuse!) du Mali,
donne une série limitée de concerts avant la sortie de son prochain album en mars 2013. Le Volcan Maritime du Havre l’accueillait le 16 octobre. Voix et cordes.
Visuellement (un concert, c’est aussi cela) : à gauche, trois hommes, instrumentistes : kora, n’goni, balafon. A droite, trois femmes dont on peut penser au début que ce sont juste des choristes à l’américaine : belles nanas, sculpturales dans leurs longues robes rouges : gestes stéréotypés, voix douces. Une autre femme, Rokia Traoré, tête rasée, plus fine, dans un vêtement plus sophistiqué.
Cette femme frêle a une superbe voix. Elle chante. Elle parle de sa fondation « Passerelle » qui soutient des musiciens maliens et laisse la place, chacune leur tour, à ces jeunes femmes qu’on croyait « presque-Claudettes ». Et là, des voix, des vraies, amples, personnelles, pas seulement d’accompagnatrices!
Des chants malinké mais aussi d’autres pays d’Afrique de l’ouest, du Bob Marley et ! Etonnement et émotion garantie! : »Chez ces gens-là » de Brel! OUAH!