Pièce unique 8

La pièce unique 8 est un travail de retrait de mots sur toutes les pages de droite d’ ATLANTIS de Pierre Bordage, roman d’aventures de 1998, chez J’ai lu. Son nouveau titre est : IL RAYA TANT DE FILONS DU SOIR. Voilà quelques exemples de ces poèmes express :
– Déchirer la gravité de l’image, affronter le hurlement.
– La vie nichée sur l’insolence, un homme tombé qui n’était qu’une coïncidence.
– Pour laisser une chance aux larmes, la fatigue décrocha ses cils.
– Leurs yeux, intéressés par les formes d’une femme, se brisaient.
– S’introduire dans un cheval, être une peau alourdie par la neige.
– La pression l’empêchait de se réfugier dans la douceur d’une plume.

La pièce unique 8 a été offerte à Jany Pineau dont AVEC DESSUS DESSOUS est sorti cette année aux éditions Gros Textes. Voilà un de ses textes :
 » Et soudain :
Des mots blancs tombent à grands flocons, étourdissants de légèreté. Bref instant d’euphorie. Tenter d’en saisir quelques uns – avoir déjà l’image d’un grand tapis, bien moelleux, immaculé, recouvrant le sombre quotidien, entends les crissements joyeux à venir – mais virevoltant en bourrasques désordonnées, ceux-ci ressemblent plutôt à choux blancs, s’évaporent, s’écrasent. Il neige vraiment. »
Nous avons déjà évoqué ce recueil, le 12 mars, au Chat Bleu et vous trouverez plus d’informations sur ce livre dans le post correspondant.

Pièce unique 7, Chat bleu et Toujours moins

Toujours plus fort ! Cette fois, nous avons « travaillé » non pas sur Harlequin ou un Série noire mais sur un classique : à la manière de Lucien Suel, nous avons biffé les pages de droite d’ AMOK de Stefan Zweig, devenu MOKA. Ont émergé des propositions comme : « Une femme pénètre dans un homme qui se défend », « Un mouvement de souris mais une fidélité de caniche », « Mon regard au cou de cet étranger n’avait plus honte », « Aborder le train de nuit, passer dans la salle à manger éclairée, être roulé » ou encore « Tu m’embrassas rapidement et faillis, effrayé, palpiter l’espace d’une seconde ».
31GTJPYEV6LNous avons offert cette septième pièce unique à Jean Ségui, entre autres, écrivain et éditeur de Non Standard après avoir présenté son livre LIGNE B au Chat Bleu.
Là, le 16 avril, nous buvions des vins italiens, du sud au nord, un Soave classico blanc, ou un Lacrima, rosé sec, assez floral, né sur les pentes du Vésuve ou encore un Chianti, de la région de Florence, un vin plutôt tanique, travaillé sur la longueur, au goût de fruit mûr avec une note vanillée finale.
Ces vins accompagnaient donc :
LIGNE B, INVITATION AU HAVRE, roman illustré de Jean Ségui et Elodie Boyer. Roman à contrainte : 2PetitesFillesphotos et textes en lien avec la ligne de tram qui relie la plage à Caucriauville. Portraits d’habitants de la ville basse, Paul et Colette, classe moyenne. Leur rencontre avec une étudiante en ville haute, de petites vies. La fin d’idées reçues. Une écriture pleine d’humour.
LE FEU D’ARTIFICE de Patrick Deville, 1992, éd. de Minuit. Un Deville d’avant le Seuil, d’avant les grands voyages dans le temps et l’espace. Un livre Minuit, une ambiance décalée, des personnages très « nouvelle vague », des errances en voitures de luxe.
DEUX PETITES FILLES de Cristina Fallaras, éd Métailié, 2013. C. Fallaras est l’une des auteurs du noir attendues aux Ancres Noires les 13 et 14 juin. Elle est Espagnole. Un des personnages de son livre est BruleeViveBarcelone. L’histoire est dure mais jamais glauque et c’est une vraie écriture.
Il  a aussi été question de livres d’Éric Vuillard : CONGO, TRISTESSE DE LA TERRE,  sur le Mal, de PETIT TRAITÉ SUR L’IMMENSITÉ DU MONDE de Sylvain Tesson, de SOUAD BRÛLÉE VIVE – mesdames, on a encore salement besoin du féminisme dans le monde -, de DÉCEPTION POINT de Dan Brown, de L’ARMÉE FURIEUSE de Fred Vargas, de C’EST UN BON JOUR POUR MOURIR de Jim Harrison, de MRS DALLOWAY de Virginia Woolf, d’ON VA OÙ PAPA de jean Louis Fournier, de POUR EN FINIR AVEC EDDY BELLE GUEULE d’Edouard Louis. Vous avez dit éclectique ? C’est sûr mais nous étions nombreux, et nous ne vous parlons pas des livres évoqués sans titre ou nom d’auteur…

Le prochain Chat Bleu est le jeudi 28 mai !

Toujours_Moins-183x316Par ailleurs, qu’on se le dise , TOUJOURS MOINS est sorti. Au moment du Salon du Livre de Paris. On peut nous le commander ou le commander à son libraire préféré. Gérard Lambert celui qui officie à Écrivains en bord de mer, festival de La Baule en dit : « C’est bref mais intense, noir mais fort. »

Pièce unique 6 : livrée à Jean-Louis Fournier, auteur de TROP, au festival le Goût des autres

A la manière de Lucien Suel (suite),
le polar de Carter Brown, série noire 1963 intitulé : L’ANGE AUX AILES DE PLOMB est devenu LA NAGEUSE PLOMBE DIX « A »… et une page de droite a donné par biffage : « Luxueuse féminité  face à l’état lamentable des hommes », une autre : « Il fait glisser des excuses jusqu’à la lèvre tuméfiée », une autre encore : « Ne perdez pas un lapin, plutôt un doigt ou la mémoire »…etc…
La livraison de la pièce unique n° 6 a eu lieu le samedi 24 janvier, au festival « le goût des autres » où Jean-Louis Fournier venait pour parler de son dernier livre, TROP (évoqué au Chat bleu de janvier, voir le post précédent).
Transcription de ce qu’a dit J.L. Fournier :
« TROP est né à Auchan, une suffocation venue du grotesque d’une société qui propose 11 mètres de brosses à dents. Et tout le monde a l’air de trouver ça normal ! Est-ce qu’on n’est pas dans la connerie, là ? On veut nous vendre du bonheur ? Le bonheur n’est sûrement pas dans les supermarchés, le bonheur, c’est beaucoup plus complexe. Cette société me fait peur. On est des enfants gâtés, gavés. Les pessimistes n’ont pas forcément tort : c’est peut-être de la lucidité de voir que le monde est une foire commerciale ! TROP, c’est un état des lieux. La solution ? Ce serait peut-être essayer de consommer moins, être Épicurien : prendre le plus grand plaisir aux choses les plus simples comme boire lentement un verre d’eau quand il fait chaud.
Ce livre-là est une respiration dans mon travail. Généralement, je donne de mes nouvelles. Le prochain, MA MÈRE DU NORD, est sur ma mère. Je suis en train d’archiver ma vie, je suis le greffier de ma famille. »

Un Monsieur : lucide ? pessimiste ? philosophe plutôt, à sa manière, sans se la jouer, avec un petit livre, joli (p 22), rigolo (p 29-30), nostalgique, caustique, de listes sur nos accumulations, nos frustrations toujours renouvelées et jamais comblées…

Quelque chose que vous pourrez retrouver, dans un tout autre registre, dans le livre de Nadia Bouzid, à paraître, à Rue du Départ Editions : TOUJOURS MOINS.

Pièces uniques 4 et 5 livrées à Jacques Jouet et Olivier Salon (de l’OULIPO)

Dans la collection, qui n’existe pas (ou à peine), Aller simple aux éditions Rue du Départ, deux livres originellement de la collection Harlequin, caviardés à la manière de Lucien Suel ont été remis les 17 et 22 décembre à :
– Jacques Jouet : titre nouveau : Crêpe d’un évolué (titre originel: Couple de rêve).
Jacques Jouet est membre de l’OULIPO, publié aux éditions P O L, créateur de formes. On peut l’entendre aux Papous dans la tête sur France Culture, le rencontrer à Bourges, Pirou ou Bruxelles etc… pour des ateliers d’écriture oulipienne. La remise s’est faite par courrier, en lettre verte.
– Olivier Salon : titres nouveaux : L’antre bu d’un trois / L’âne brut d’un soir (t)
titre originel : Un troublant désir.
Olivier Salon également membre de l’Oulipo et rencontrable aux mêmes ateliers, est aussi alpiniste, mathématicien, musicien, écrivain.
ConferencePoireLa remise s’est faîte au théâtre Clavel dans le 19è arrondissement, métro Pyrénées, à l’occasion d’une représentation de la Conférence en forme de poire de et par Martin Granger et Olivier Salon. La conférence n’est plus jouée que trois fois. Qu’on se le dise. On y rit, oulipiennement.

Oulipo toujours:
au même théâtre, du 8 janvier au 15 février : Chant’oulipo, du cabaret avec des textes de F. Caradec, F. Forte, P. Fournel, J. Jouet, H. Le Tellier, I; Monk, J. Roubaud et O. Salon.

Oulipo encore :
l’exposition jusqu’au 15 février 2015 à la Bibliothèque de l’Arsenal à Paris avec, un jeudi par mois, jusqu’en juin, sur le site François Mitterrand BNF, les réunions du groupe à 19h. Entrée libre.