Nouveauté quoi !

Envie de voyager et pas les moyens : Temps de pause

Vous n’avez rien suivi de cet été ? Temps de pause

NOUVEAUTE !!!

Temps de pause, collectionVoyageur !

Votre table est petite ? Ca tombe bien : notre « table book » aussi !

N° 45 à Eric Bonnargent

La Pièce Unique n° 45 est de Jean Baudrillard (1929-2007), Amérique paru en 1986 chez Grasset, surtout sur l’espace américain, ses déserts.
Paru il y a 30 ans donc, au moment où Ronald Reagan est président des U S A pour la deuxième fois… Lu quand Donald Trump est président des U S A depuis un an…
Lu en allant à la Biennale de Lyon où une de mes pièces préférées est Crossroads (1976)) de Bruce Conner (1933-2008), un film footage de 37 minutes, constitué de 23 séquences d’explosions atomiques, filmées par 50 caméras militaires au large de l’atoll de Bikini, avec musiques de Terry Riley et Patrick Gleeson…

Quelques uns des Poèmes Express issus de ce texte :
– Il s’effondre comme s’il descendait dans une trappe, vivant mais par accès, vite, vraiment.
– L’instant est sans pensée ; le publicitaire n’a rien à dire ; cette indifférence réussit.
– Le réel n’est pas sûr. Vivre n’est pas attesté, mourir nous arrive, survivre est un marché.
– On continue d’entendre le désastre, son rire. On a la hantise du vide.
– La lecture crée une sensation immédiate de coussin d’air.
– Les compagnies aériennes, il faut des gens pour en prendre le 
risque.

La Pièce Unique n° 45 a été envoyée à Eric Bonnargent, professeur de philosophie, grand lecteur, critique littéraire, d’abord sur un blog puis, depuis 2011, au Matricule des Anges, LA revue littéraire française, auteur de livres sur…les livres : Lettre ouverte à ma bibliothèque (2017, éditions Réalgar) ou autour d’un romancier admiré : Le roman de Bolano (2015, éditions du Sonneur).

 

Chat Bleu d’octobre

Attention ! : le prochain Chat Bleu, le jeudi 9 novembre, commencera à 18h15 pour que ceux qui participent au jury de lecteurs de Terres de Paroles puissent être aux Bains Douches à 20h30 !

Ce jeudi 12 octobre, les vins que proposait Nsenga étaient des St Joseph, blanc et rouge, du domaine Richard, un petit producteur. Des vins puissants, précieux, provenant d’arpents assez secs et caillouteux. Ils étaient accompagnés d’un gaspacho d’automne à base de butternut et châtaignes !
Les livres mis en avant :
Le manteau de Greta Garbo de Nelly Kaprielian paru en 2014 chez Grasset puis chez J’ai Lu. Entre essai sur le vêtement, le style, l’apparence et autobiographie de celle qui dirige les pages littéraires des Inrocks et de Vogue, il passionnera ceux qui s’intéressent et à la mode et au cinéma.
– 3000 euros de Thomas Melle, traduit de l’allemand, paru chez Métailié en 2017 : la rencontre de deux personnages, Anton et Denise, plus ou moins à la dérive, dans notre société de consommation.
– Le garçon sauvage de Paolo Cognetti, éditions Zoé en 2016, en poche chez 10-18 : le break en montagne, seul, pendant plusieurs mois d’un jeune citadin. Des paysages, des amitiés, une atmosphère.
Ont aussi été évoqués :
 des auteurs appréciés pour toute leur oeuvre : Martin Winckler (venu à la Galerne le 18 octobre pour son dernier livre), l’Américain Ron Rash, Jean-Luc Seigle et Marc Dugain.
– Les Bourgeois d’Alice Ferney, 2017, Actes Sud (venue à la Galerne le 19 octobre) : le roman d’une famille traditionnaliste au XX è siècle à travers un narrateur personnage actuel qui essaie de comprendre sans jugement.
La petite danseuse de quatorze ans de Camille Laurens (venue à la Galerne le 11 octobre) : un petit rat de l’opéra, modèle de Degas. Sociologie du XIX è siècle, critiques de l’époque à propos de cette sculpture et approche du travail de l’artiste.
– Continuer de Laurent Mauvignier pour ses superbes descriptions de chevauchées.
– Le musicien déchu de Léon Tolstoï, Un livre oublié de ce grand auteur russe.
– Les mémoires d’un chat d’Hiro Arikawa chez Actes Sud, 2017 : de toute beauté. Les émotions d’un chat.
– Les hommes qui lisent, essai d’Edouard Philippe, ancien maire du Havre et actuel premier ministre. Son premier livre en solo.
– L’usage du monde de Nicolas Bouvier (1929-1998) : le premier voyage.
– Une année à la campagne de Sue Hubbell : étonnant et inclassable.

Rentrée au Chat Bleu

N’senga proposait des vins d’ailleurs :
un vin blanc sec de Californie à arôme de pêche.
un vin rouge du sud du Portugal, puissant en bouche avec une petite note de réglisse, insolite.

Pour accompagner ces vins… voilà les livres que nous avons évoqués :
– Vies potentielles de Camille de Toledo, paru au Seuil en 2011, en poche maintenant dans la collection Points. Ce livre est constitué de trois sortes de textes : des micro-histoires étranges, tranches de vie (un peu) folles, sujettes à des commentaires, des exégèses qui renvoient à l’autobiographique, à l’histoire familiale de l’auteur et à l’importance de la littérature pour se définir et exister ( p  49 : « Il ne pensait pas, comme je le crois, qu’une histoire peut vous sauver la vie. » ; p 85 : « J’ai entrepris cette exégèse pour ne plus m’éviter. Je dois donc creuser, creuser, pour voir comment ces histoires se servent de moi. ») et, enfin, des poèmes. Un livre souvent attachant, intense.
– Une présence idéale d’Eduardo Berti, 2017, Flammarion : ce livre est né d’une résidence d’écriture au CHU de Rouen en 2015, sur la proposition du festival Terres de Paroles. E. Berti, argentin, a pour la première fois écrit en français. Il transcrit ce que des soignants lui ont raconté et tisse ainsi l’ambiance d’un service de soins palliatifs.
La mer c’est rien du tout de Joël Baqué, chez P O L , 2016 : des textes courts effleurent la jeunesse, les parents, le métier, l’entrée dans « la poésie non poétique ». Peu de choses, quelquefois fortes, même si elles ne se prennent pas au sérieux. Son deuxième livre vient de paraître chez le même éditeur.
Et aussi, des romans :
juste sortis :
– Le jour d’avant de Sorj Chalandon, ed. Grasset : à partir des 42 mineurs morts dans un accident à la mine de Liévin. Un roman social, politique, bouleversant.
– Ils vont tuer Robert Kennedy de Marc Dugain, ed.Gallimard : Dugain sera à la Galerne, le 4 octobre pour ce livre !
moins récents (rappelez-vous, les livres n’ont pas qu’une durée de 3 mois !…)
– Le liseur du 6h27 de Jean Paul Didierlaurent, ed. Diable Vauvert. La lecture à voix haute dans un lieu inhabituel et ce que cela entraîne.
– Dans une coque de noix de Ian McEwan, ed. Gallimard. Un foetus parle…
– L’exception d’Audur Ava Olafsdottir, ed. Zulma.
– Le coeur glacé d’Almudera Grandes, ed. Lattés. Autour de la guerre d’Espagne.
– L’autre qu’on adorait de Catherine Cusset, ed. Gallimard, sur un ami suicidé.
– L’exercice de la médecine de Laurent Seksik, du XIXè à maintenant.
Deux polars à sujet écologique :
– Karst de David Humbert, ed L. Levi. Un auteur rouennais.
– Les courants fourbes du la Taï de Qiu Xaolong, ed L. Levi. Industries chimiques et pollution en Chine.
Un catalogue :
– sorti au moment du festival de Douarnenez, cet été : oeuvres de Zehra Dogan, journaliste et peintre kurde (ré)incarcérée en Turquie.
Deux essais :
– L’ombre du monde de Didier Fassin, Points Seuil. Un livre majeur sur notre façon, en France, de « punir ».
Ecouter Sibelius d’Eric Tanguy, compositeur vivant à Caen, ed. Buchet Chastel.

Une vraie manne !
Prochain rendez-vous, le jeudi 12 octobre.

Une Pièce Unique qu’on n’enverra pas. Du Georges Pérec.

A partir d’ Un cabinet d’amateur de Georges Pérec.
… » plaisir intense de la machination… » (…)  » J’ai essayé d’écrire une sorte de fausse histoire de la peinture ou une histoire de la peinture un peu à côté avec à peu près la même application que si je décrivais réellement des peintres ou des tableaux, sauf que l’objet reste …imaginaire. » : Georges Pérec au micro de Gérard-Julien Salvy dans l’émission « Démarches » du 19-01-1980, aux Matins de France-Culture.

C’était sans doute trop « spécifique »… La Pièce Unique est ratée…enfin, plus ratée que les autres…

Je n’aime que ces Poèmes express :
–  Le rasoir accompagne acquisitions, conversations et péchés mignons.
– Aucun Américain ne supplie. Une trentaine, à trois reprises, en donnèrent la preuve.
– Méfiez-vous des héritiers : ils vont tenter de vous laisser dans un incendie.
– Un paysage escarpé et tourmenté s’incline à quelques pas d’un cerf à nuances de rose jambon.
– Le 15 ème de juillet n’eut pas lieu mais 1790, si.
– Au bain, le petit lévrier pouvait convaincre des sculpteurs de la supériorité de son profil.
– Rien ne se reflète dans le petit miroir : pas le doigt, pas de chapeau, pas de lion.

Le Chat Bleu, ses vins, ses livres : c’est la RENTREE !

Vous voulez parler de vos lectures, un verre en main ? Pas forcément du dernier livre sorti, en toute liberté ?

Voilà les dates du 1er trimestre :  c’est le jeudi comme les autres années, le 28 septembre puis :

  • 12 octobre
  •  09 novembre
  • 07 décembre
    A bientôt !

 

Noire est la couleur, Pièce Unique n° 42, à Nicole Dedonder

Noire est la couleur est de John Brunner (1934-1995), auteur britannique réputé de science-fiction. C’est ainsi qu’est classé le livre dans l’édition de poche française Press Pocket de 1984. Sorti en Angleterre en 1969, la même année qu’un de ses ouvrages principaux, considéré comme un classique, primé plusieurs fois : Tous à Zanzibar, il est en fait… assez peu SF… On y voit un homme revenant à Londres, y cherchant une amie, la retrouvant victime d’un Afrikaner sadique, aussi à la tête d’un complot raciste. L’aspect le plus intéressant est la place que prend la magie dans le roman.

Cette Pièce Unique n° 42 est devenue : L’étoile usera un roc. En voilà quelques poèmes express :
– Ce type était tellement clos que j’y pénétrai avec une sensation singulière.
– Naturellement elle parvint à remonter ses seins ; une sorte de souvenir.
– Il n’existait qu’un espoir absurde, une opportunité embryonnaire, imbécile… que Dieu ait le dossier…
– Avec cet homme, l’humiliation rentrait le soir à la 
maison.
– Tomber follement amoureuse d’yeux vides, me trancher la voix.
– Le mégot dans le cendrier cherche une position confortable ; le pyjama recherche le lit.

 

Et c’est envoyé à Nicole Dedonder… qui ne lit sans doute jamais ce type de littérature…. mais que j’ai retrouvée avec plaisir cet été à Pirou pour les Pirouésies. Nicole Dedonder vit en Belgique, a un livre dans la collection Mouchoir de Poche des jolies et poétiques éditions  Motus. La spécificité de cette collection, en plus de son petit format et de l’impression en blanc sur papier noir, est que la même personne écrit et illustre le texte. Je suis venu tout seul, paru en 2011, évoque un enfant qui vient sur la tombe de son frère. C’est tout doux et entre complètement dans le projet de Motus : parler de tout aux petits.

Le Chat Bleu de juillet

Il faisait chaud et Le Chat Bleu nous a proposé des vins du sud :
– un rouge du Lot, cuvée Démon noir. Cépage Malbec, espiègle, entre rubis et noir, à arôme de fruits noirs, un peu confits.
– Un blanc de l’Hérault , Domaine du Paradis. Cépage Viognier. Fraîcheur, tonicité, petite pointe de minéralité et de fruit mais légère.
Démon contre Paradis donc…

Les livres, souvent plus nordiques :
– Pour faire écho au festival, à Edimbourg, du 30 juin au 2 juillet, pour les 30 ans du personnage tout en intuition de l’inspecteur Rebus, un Ian Rankin de 2001, traduit en 2005 : La colline des chagrins où, justement, Edimbourg est un personnage à part entière. L’alcool aussi…
– Que faire des classes moyennes ? de Nathalie Quintane, P O L, 2016 : un texte socio-politique de l’enseignante écrivaine qui publie depuis 1997, surtout chez cet éditeur. Un peu cruelle vis à vis de ce groupe aux limites incertaines qui se définirait principalement par l’achat : » Acheter quelque chose, tenir quelque chose, c’est être moins flou. » et ne verrait pas l’intérêt de la littérature ou de la solidarité.
– Révoltée d’Evgenia Iaroslavskaïa- Markon, 2017, Le Seuil : court mais percutant, ce texte autobiographique d’une jeune femme extraordinaire, morte aux îles Solovki, à 29 ans, en 1931, est accompagné d’une préface d’Olivier Rolin et d’explications d’Irina Flige, directrice d’un centre de recherche russe sur le goulag.

Nous avons aussi évoqué
– sur le même thème, le même lieu, le roman noir de Victor del Arbol avec lequel il est revenu, cette année, au Polar à la Plage : Toutes les vagues de l’océan, chez Babel.
Autres polars : Alex, hyper-écrit, de Pierre Lemaître. Le dernier Fred Vargas : Les recluses. Aux éditions Rue du Départ : La Maison de Nicolas Jaillet : « on est emmené, tenu en haleine »… D’ Alexeï Nikitine, auteur ukrainien ( comme A. Kourkhov), un « polar branque » : Victory park chez Noir sur Blanc. De Cédric Bannel, Baad qui se passe en Afghanistan, actuellement.
 l’histoire aussi : Marie-Antoinette l’insoumise de Simone Bertière, en livre de poche. Passionnant quand cela fait des rapprochements avec notre époque. Un roman : Les indésirables de Diane Ducret, 2017, chez Flammarion, avec de beaux portraits de femmes, d’Allemandes mariées à des Alsaciens ou réfugiées en France, raflées, envoyées dans des camps sous Vichy. L’opéra russe, de 1700 à maintenant, d’Andreï Lischke chez Fayard.
– Un essai sur l’exil de Nancy Huston :  Nord perdu,  chez Actes Sud : on est deux personnes différentes quand on parle dans deux langues. 

A septembre au Chat Bleu !