Ouest Track et nous

Sur Ouest Track, la radio sur le net, dans Viva Culture,

  • le 2 décembre , on vous parle de la journée balte des Boréales de Normandie.
  •  le 16 décembre, de nouveau des éditions Non Standard, pour Rococo, le livre de François Chaslin.
    C’est en podcast !

 

Chat Bleu – novembre 2018

Forcément, ce jeudi de novembre, nous buvions du beaujolais nouveau, un vin de deux ou trois mois, non vieilli en fût, presque un jus légèrement fermenté : du « Bio jaulais », d’un regroupement de producteurs, venu d’une parcelle de Bully. Le jeu de mots nous a séduits, forcément !

Le Bio jaulais a accompagné
– un livre sur les saveurs : Nagori de Ryoko Sekiguchi, chez POL, 2018. Entre document et poésie, ce livre est sorti en octobre, justement octobre, dit  » mois de nagori » : « Nagori évoque à la fois une nostalgie de notre part, pour une chose qui nous quitte ou que nous quittons, » (p.30). Produits de saison, disparition d’une saison, raffinement japonais dans cette attention au temps. Raffinement de Kyoto (p.38) :… » la coutume de contempler la beauté de la neige » (…) Il existe même des fenêtres conçues à cet effet : les yukimi-mado. Dans un shôji (cloison de papier coulissante), une partie est aménagée en verre, qui permet de contempler la neige. » Raffinement de l’auteure qui, à la fin de son année, en 2014, à la Villa Médicis, compose un  » dîner de 100 ingrédients » (p. 123).
– Frère d’âme de David Diop, Le Seuil, 2018, prix Goncourt des lycéens. Alfa, le narrateur,  est un tirailleur sénégalais venu se battre en France, volontairement, avec son ami qui meurt éventré. Mademba lui a demandé de l’achever mais Alfa n’a pas pu. Il s’en veut maintenant, tue par huit fois l’  » ennemi aux yeux bleus » (p.39) et rapporte chaque fois sa main. On : « Les Toubabs et les chocolats, comme dit le capitaine » (p. 42) l’admire puis on le craint et l’envoie se reposer. Je ne vous raconterai pas le twist final. Ce livre évoque ces troupes coloniales dont on a peu entendu parler jusque là. Il aura fallu le centenaire de l’armistice pour les mettre en avant dans les discours commémoratifs et reconstruire le monument de Reims, détruit par les nazis en 1942.
– Le sillon, deuxième livre de Valérie Manteau, Le Tripode , 2018, prix Renaudot. Entre autobiographie et histoire contemporaine de la Turquie, il est question des procès de journalistes, d’avocats,  : « La plaidoirie d’Asli, quatorze pages manuscrites lues dans un silence religieux, circule dans la salle. Elle commence par ce voeu, « je vais me défendre comme si le droit existait encore ». (p.214-215) « Necmiye Alpay prend aussi la parole (…) Ça fait vingt-cinq ans que je suis avocate dans ce pays et j’ai honte pour nous. » La même Asli (Erdogan) relâchée entre deux temps de son procès, marche la nuit dans la ville avec l’auteure. L’écriture est vive, nous transmet les ambiances parallèles d’Istanbul : ses quartiers boboïsés, artistes, de migrants, radicalisés.
Le sillon, c’est aussi le nom du journal de l’intellectuel arménien Hrant Dink, tué par balles en 2007.
Une belle découverte !

Nous avons aussi reparlé de :
– Absolute darling  de Gabriel Tallent, traduit par Laura Derajinski, chez Gallmeister. Dur mais qu’on ne peut quitter.  
– Le lambeau de Philippe Lançon, Gallimard, décidément très beau. A signaler, dans le nouveau numéro de la revue NRF un texte de lui, dédié à son père.
– D’après une histoire vraie de Delphine de Vigan : perturbant.
– Evasion de Benjamin Whitmer, traduit par Jacques Mailhos, Gallmeister, 2018 : terrible.

et encore de :
– Un monde à portée de main de Maylis de Kerangal, Verticales, 2018 : un roman d’apprentissage. Très érudit, plein de beaux mots.
– Me voici de Jonathan Safran Sfoer, traduit par Stéphane Roques, Points : un père mort dans les attentats de Manhattan. Points de vue multiples. Art du dialogue.
– L’amour après de Marceline Loridan-Ivens et Judith Pérignon, Grasset, 2018. Après les camps.
Le monde sans hommes de Pramoedya Ananta Toer, (1925-2006) traduit de l’indonésien par Michèle Albaret- Maatsch (2001, Rivages) puis Dominique Vitalyos chez Zulma.. Quatre tomes . Le premier vient de paraître en poche. On est à Java ; un garçon indigène, son éducation à l’européenne, ses difficultés entre les deux identités.
– La première année de Jean-Michel Espitallier, Inculte, 2018. La mort de sa femme. Nous y reviendrons, c’est sûr.

Le prochain Chat Bleu est le Jeudi 20 décembre !

 

Un de Baumugnes

70 ème Pièce unique de Rue du Départ : Un de Baumugnes de Jean Giono (1895-1970), de sa première période, paysanne, terrienne.
Le livre est paru en 1930 chez Grasset, adapté en 1934 par Pagnol : Angèle avec Fernandel, Oranne Demazis, Jean Servais qui ne… doit rendre justice ni à la beauté des personnages, ni à la langue de Giono : ( Livre de poche, p 43 )  » Quand il fut nuit, je fis mon lit à côté d’un pré qui chantait de toutes ses herbes, et, la figure contre les étoiles, je me mets à dormir à mort » , ou ( p 58 )  » C’est gelé parce qu’une chose est arrivée d’un coup qui glace le rire, et le rire s’est gelé, et il est là comme un bloc d’eau. » ou encore ( p 89 ) « …on happait , la bouche ouverte, de grands morceaux d’air brûlant qui voulait pas passer… »

Quelques uns des Poèmes Express « sortis » de ce Giono :
– La chouette choule. Coup de fusil. Ouverte, d’un coup.
– La montagne souffle un soupir et laisse tomber quelqu’un.
– Les femmes écoutent, écoutent et celle-là parle de loups et de peau.
– Je fourre le fou dans des touffes de bras.
– Un homme en colère fascine. Il sonne sur terre.
– On a fini dans l’herbe. Maintenant, il n’y avait plus qu’à se toucher.

La P.U. n° 70 a été offerte à Catherine C., bien que médecin…, plus qu’ intéressée par les arts plastiques, leur pratique et leur histoire, assez pour parcourir des kilomètres.

Nous et Ouest Track – novembre 2018

Ouest Track, la radio sur Internet et nous. Notre pastille : à écouter à 11 h, dimanche  4 et dimanche 18 novembre, dans Viva Culture, ou à podcaster. 

Le 4 : Autour des livres évoque l’Amérique, celle de Benjamin Whitmer, de Christopher Cook et Dorothea Lange.

Le 18 : il y est question des éditions Agullo.
On parlera encore de Jaroslav Melnik la fois prochaine puisqu’il est invité aux Boréales de Normandie.

Chat bleu -octobre 2018-2)

Le 18 octobre, on avait évoqué
d’autres livres de la rentrée de septembre 2018 :
Dix sept ans d’Eric Fottorino, Gallimard : la suite de son histoire personnelle : la recherche de sa mère. Une très belle histoire d’amour familial.
– Le grand nord-ouest d’Anne-Marie Garat, Actes Sud. Un western au féminin dans les années 30, un bel hommage aux Amérindiens. Comme dans ses autres livres, importance de l’image, du cinéma. Anne-Marie Garat sera à la Galerne le 29 novembre.
 Mais les yeux dardaient sur Dieu de Zora Neale Hurston, chez Zulma, traduction de Sika Fakambi. Paru en 1937 aux USA, livre culte, jamais encore traduit en français. Histoire d’émancipation d’une jeune femme noire à travers trois mariages.
Maîtres et esclaves de Paul Greveillac, Gallimard : en Chine, un paysan devient peintre pendant la révolution culturelle. Sur la transmission, l’appropriation.

des livres sortis précédemment ( RAPPELEZ-VOUS : LES LIVRES N’ONT PAS UNE DUREE DE VIE DE TROIS MOIS, enfin, certains en tous cas… qu’ils soient sortis en poche ou pas ! ) :
4321 de Paul Auster, Actes Sud, traduit par Gérard Meudal : de beaux personnages, une belle écriture mais…un peu long… disent plusieurs d’entre nous…
– Les invisibles. Une enquête en Corse du journaliste Antoine Albertini, chez Lattès. Arrivés dans les années 50, les immigrés marocains sont d’abord jugés travailleurs et pas chers. Dans les années 80 : on s’attaque à eux.
Et en poche :
– Arrête avec tes mensonges de Philippe Besson, 10-18 : une première chez cet auteur : il sort de la fiction, dit quelque chose qui lui est arrivé quand il avait 17 ans, une « vérité intime ».
Le jour d’avant de Sorj Chalandon, livre de poche : on en avait déjà parlé ici avec enthousiasme. Une très belle construction.
– La disparition de Josef Mengele d’Olivier Guez, livre de poche. Renaudot 2018.
– Douleur de Zeruya Shalev, Folio, traduit par Laurence Sendrowicz. Peut-on trouver le bonheur sans faire souffrir autour de soi ?
Le chagrin des vivants d’Anna Hope, Folio, traduit par Elodie Leplat : les cinq jours d’avant l’arrivée du Soldat Inconnu britannique à Londres, le 11 novembre 1920.
Brothers de Yu Hua, Babel, traduit par Angel Pino et Isabelle Rabut. Best-seller en Chine en 2006, il était alors édité en diptyque. Le ton est burlesque ; pourtant on traverse l’histoire de la Chine de la révolution culturelle jusqu’aux vingt dernières années.

Notre prochain Chat bleu est le jeudi 22 novembre !

Boualem Sansal

Boualem Sansal était au Havre ce soir, 12 octobre 2018, pour Le train d’Erlingen (édition Gallimard) : voilà quelques uns de ses propos :

– « Les mots sont magiques. Ce sont les mots qui créent les situations. » (…) «  La religion redéfinit les mots, requalifie le vocabulaire. » : « Nous, citoyens, sommes dans une situation incompréhensible. Dans le déni. » (…)

– « on est domestiqués, un peu comme La chèvre de monsieur Seguin, dans un confort tel qu’on peut accepter beaucoup. »

–  » Les philosophes actuels commentent. Les philosophes comme Voltaire ou Thoreau étaient des lutteurs » (…) « Je ne suis qu’un commentateur comme les autres. »

– « Quand on entre dans un livre, c’est comme quand on entre dans un saloon, il faut déposer les armes. En Algérie, on ne me lit pas : Boualem Sansal, c’est un mécréant… Laissez vos théories au vestiaire. » 

Nous parlons livres
– au Chat Bleu, jeudi 18 octobre, à partir de 18h15.
– sur Ouest Track sur le net, dans Viva Culture, à partir de dimanche 21 octobre, 11h.

Nous et Ouest Track – octobre 2018

le 7 octobre, autour des livres dans Viva Culture, c’est l’Amérique !

 

 

(photo Dave Heath, expo
Le Bal)

Le 21 octobre, il est question de Tom Haugomat et Maylis de kérangal.

Ecoutez-nous ! C’est sur le Net.

Sur Ouest Track

Sur Ouest Track, à l’émission Viva Culture, à 11 h, dimanche 23 septembre : Autour des livres interviewe  brièvement Caroline Jacquot, la libraire d’ Au fil des pages.  Elle ouvre le 2 octobre, 81 rue Paul Doumer et nous propose déjà quelques rendez-vous. Qu’on se le dise !

Chat Bleu de rentrée 2018-2)

D’abord, la suite de la première moisson de rentrée :
– La vraie vie d’Adeline Dieudonné, éditions l’Iconoclaste. Le premier roman de cette dramaturge belge… déjà passée à La Grande Librairie…
– Les exilés meurent aussi d’amour d’Abnousse Shalmani, Grasset. Premier roman de cette jeune femme franco-iranienne : sur l’importance des mots, le corps en Orient et en Occident.
puis, un peu ou beaucoup plus anciens (et alors ?!) :
– La vie parfaite de Silvia Avallone, 2018, éditions Liana Levi. Traduction de Françoise Brun. On est à Bologne ; une jeune fille attend un enfant et c’est un problème. Une femme a un désir d’enfant et c’est une souffrance. De beaux personnages, fragiles. Une belle écriture au service des laissés pour compte.
– Guerre et térébenthine de Stéphane Hertmans. Gallimard 2015, maintenant en Folio. Traduit du néerlandais par Isabelle Rosselin. Un livre sur les tranchées de la guerre de 14 et sur la peinture.
Jeanne, de guerre lasse de Daniel Bensaïd, philosophe, essayiste mort en 2010. Réédition chez Don Quichotte. Première parution en 1991. (ce texte nous entraîne au cinéma vers le film Jeannette, l’enfance de Jeanne d’Arc ,2017, de Bruno Dumont dont les textes sont de …Charles Péguy).
– La souris bleue de Kate Atkinson, traduit par Isabelle Caron, 2004, livre de poche : trois histoires, une énigme, un détective. Cela fonctionne un peu comme un Exercice de style : différents possibles. Des petits choix qui entraînent de grosses conséquences.
Ce qui reste de nos vies de l’Israélienne Zeruya Shalev, traduit par Laurence Sendrowicz, 2014 Gallimard. Prix Fémina étranger, trouvable en Folio. Les souvenirs et les sentiments d’une femme en train de mourir.
– La plus belle histoire des femmes  de Nicole Bacharan, Points 2014. Ses interviews de Françoise Héritier, Michéle Perrot et Sylviane Agacinski.
– L’histoire de Lapin Tur de Niele Toroni, 2017, aux éditions Allia. Fable pleine d’humour écrite en 1976 par l’artiste italien célèbre pour ses empreintes de pinceau.(photo :  Georges Pompidou)
– La note américaine de David Grann, traduction de Cyril Gay, éditions Globe 2018 : sur l’étonnant destin des Indiens Osages en Oklahoma, à partir de 1921.

Nous avons également reparlé de :
Taqawan d’Eric Plamondon, éditions Quidam, 2017 : basé sur des faits réels, sur les Indiens aussi mais au Canada (voir également un essai historique : Middle Ground de Richard White et Catherine Desbarats. Prix Pulitzer, paru en français chez Anacharsis, 2009.)
La serpe de Philippe Jaenada, 2017, prix Fémina : l’énigme Georges Arnaud.
– Les bourgeois d’Alice Ferney, Actes Sud 2017.
– La salle de bal d’Anna Hope, 2017 Gallimard. Traduction d’Elodie Leplat : 1911, un asile psychiatrique en Angleterre et les violences faîtes aux « patients ».
– Clafoutis aux tomates cerises de Véronique de Bure, 2017, Flammarion. Trouvable en J’ai Lu. Le journal de la dernière année de vie d’une femme de 90 ans. Drôle et étonnant.
Chanson douce de Leïla Slimani, Gallimard 2017. Maintenant en Folio. L’assassinat de deux enfants par leur nounou…parfaite…

Remarque : Il y a là 10  « écrivaines »

Prochain Chat Bleu : jeudi 18 octobre.