Pièce unique n° 23 : James Agee !

UnknownJames Agee, vous le connaissez pour Louons maintenant les grands hommes, avec les superbes photographies de Walker Evans, paru en 1941 aux USA et en 1993 chez Plon, dans la collection « Terre humaine » : une enquête en Alabama, auprès des fermiers touchés par les suites de la crise de 1929. Ce reportage avait été commandé par la revue Fortune mais pas publié tout de suite. Trop dur à avaler…
La même revue avait commandé à Agee un article sur Brooklyn en 1939 et cela avait donné un « Poème-reportage », Brooklyn is… paru seulement en …1968… Aux mêmes idéaux, les mêmes effets. En France, Christian 978-2-267-02070-0Bourgois, collection « Titres », l’a édité en 2010. Et c’est beau : une promenade, un panoramique sous forme de liste : des rues, des maisons, des gens, des animaux, des gestes, des mots. Et c’est fort : cela dit la pauvreté, le racisme…

Brooklyn existe est devenu, en version « Pièce unique » : Koons y el Brexit…
Il est offert à C. G. qui revient de New York. C’est une « passeuse ». Elle enseigne, y croit et aime les livres. C’est elle aussi qui nous a présentés à Nadia Bouzid, alors auteure de deux romans, dont nous avons publié trois nouvelles : Toujours moins.

Voilà quelques extraits de la Pièce Unique n° 23 :
– Dans les élégants immeubles scandinaves en bois, vagues et bouchés, les yeux des hommes.
– La façade du jeune couple : ou brillance chimique ou morbides heures.
– Bardeaux asphaltés
Magenta de religiosité
Beautés noyées.
– Un enfant commence un dessin abstrait, sa mère reproduisant des phallus.
– Rideaux sans fenêtre assez large pour laisser passer la conduite intérieure.
– Les Indiens, 16% des Juifs méritent d’être présentés.

Prochains rendez-vous : Chat Bleu et… :

le-chat-bleuNous pourrons nous retrouver au Chat Bleu  les jeudis :
– 8 septembre
– 6 octobre
– 3 novembre

Nous pourrons aussi nous rencontrer aux Enfants les-enfants-sagesSages le mercredi 14 septembre pour une soirée cinéma et littérature avec Marie Gaumy, documentariste et Emmanuelle Chevalier des éditions Le Vistemboir. Il y sera question entre autres d’audio-description et d’un journal de tournage de Jean Marie Frin, comédien.

A bientôt !

 

Pirouésie, Philippe Lemaire et librairie Ryst

A Pirou, c’était comme toujours bonne humeur et folie d’écritures ! Textées, rondels,  Chicagos, haïkus, troubles de poèmes, tankas et autres poèmes avec muses se sont succédés. C’était le spectacle des jeunes sur le thème de la rupture et Titus et Bérénice, entre autres textes, ne leur faisait pas peur. Ouah !
C’était Philippe Lemaire et son atelier de collage. Philippe Lemaire qui anime La Nouvelle Revue Moderne depuis 2002, qui illustre de nombreux livres ( Le pont d’Annie Saumont aux éditions du Chemin de Fer par exemple), jouant avec des papiers déchirés, découpés, surtout pris dans des revues du XIXème siècle. Du noir et blanc, chic et intrigant. Des rapprochements d’images. Fantastique et surréalisme.
seventeen-kenzaburo-oeC’est à lui que nous avons envoyé notre Pièce Unique n° 22  constituée à partir de Seventeen de l’écrivain japonais, prix Nobel 1994, Kenzaburo Oé, une nouvelle de 1961 sur l’adolescence et le fanatisme, on ne peut plus contemporaine !
Devenu Net en sève, voilà quelques exemples de poèmes express :
– L’infirmière porte des lunettes, dévore les livres, seule à se souvenir de mon sexe.
– L’intensité d’une paume, un vœu aussi réalisable  qu’une conscience.
– Ce qui terrifie dans le temps infini, c’est excréments, puanteur et néant.
– Depuis qu’il a été plaqué par un mec de droite, il claque des étudiants de droite.
– Dissimulé à jamais, le pouvoir avait perdu tout sens et s’effondrait de lui-même.
– Seul comble du bruit de pluie dorée.

Après Pirouésie, nous sommes allés à Cherbourg et avons rencontré le nouveau libraire de la grande et belle librairie Ryst. Il nous a fait très plaisir en se souvenant de notre Ville de Nuits, en trouvant superbes nos maquettes et en accueillant avec confiance Vaut mieux partir ! 

Pirouésie 2016 : nous y serons

affiche_A3_pirouesie_2016_alpha_mPirouésie, dans la Manche, à Pirou, c’est la dixième année avec :
– Jacques Jouet, Olivier Salon : des Oulipiens,
– Bruxelles Ba-belle, Zazie Mode d’Emploi de Lille, Vibpoes de La Rochelle : des « Oulipotes »
– des lectures, des ateliers d’écriture, de gravure (Fanny Bizien, Marie Vilain), de collage (Philippe Lemaire) et bien d’autres découvertes.

Rue du Départ Éditions, autres « Oulipotes », seront sur la table du libraire.
Passez, marchez, lisez, écrivez, écoutez, participez à Pirouésie du 1er au 5 août !

A signaler, un article de Dominique Baillon sur Vaut Mieux Partir, le petit dernier de Rue du Départ dans la revue en ligne LES ENCRES VAGABONDES.

Ecrivains en bord de mer + Pièce unique n° 21

Ecrivains-en-bord-de-merDu 13 au 17 juillet 2016, avait lieu la vingtième édition d’ Écrivains en bord de mer à La Baule. Ce festival a été créé par Brigitte et Bernard Martin, des éditions Joca Seria à Nantes. Si ce festival a 20 ans, nous n’y assistions, nous, que pour la 6 ème fois. Chaque fois, nous avons découvert des auteurs hyper intéressants, —cette année, Noémi Lefebvre, ed. Verticales : L’État des Sentiments à l’Âge adulte (2012), L’Enfance politique (2015)—, pu entendre des lectures par les auteurs eux-mêmes de textes à paraître —cette année, Chloé Delaume : Les Sorcières de la République et Philippe Forest : Crue qui sortiront le 18 août mais aussi Tanguy Viel et Yves Pagès, encore en cours d’écriture—.
La spécificité de cette édition était l’invitation d’écrivains par des familiers du festival, ainsi Mathias Enard dialoguait avec Camille de Toledo, deux vrais humanistes et Guénaël Boutouillet interviewait Ryoko Sekiguchi, auteur du superbe petit Manger fantôme, ed. Argol (2012). De très beaux moments.

Pour cette raison, c’est à Brigitte et Bernard Martin que nous avons envoyé notre Pièce bioy_casaresUnique n° 21 : L’Invention de Morel d’Adolfo Bioy Casares (Argentine, 1914-1999), devenu Devenir Motel, loin. Ce roman paru en 1940, traduit en français en 1973, trouvable en 10-18, nous transporte dans une île a priori déserte où est arrivé le narrateur, un homme en fuite. Il est confronté tout à coup à d’autres personnes. Parmi elles, Morel et une femme, Faustine dont il tombe amoureux. Mais ces personnes ne semblent pas le voir…
Découvrez la suite…

Voilà quelques exemples de poèmes express extraits de Devenir Motel, loin :
– Il y a des montées fatales de tapis persans dans la cale d’un bateau.
– Un homme tout petit imagine trois destins de femmes qui ont donné naissance aux détails.
– Bien que tout se déroulât dans l’intérêt des intrus, nous avons acculé les enfers à avoir chaud.
– Pas un seul n’admettra qu’il exige de la caméra un legs de simulacres.
– Mon problème est d’arrêter de mourir. Je n’ai déjà que trop écrit sur les ombres.
– Cinquante minutes de retard et cinquante minutes d’avance ajouteront ce qui manque à l’éternel.

Pièce unique n° 20 et éditions Impeccables

Boucher_de_koutaLa pièce unique n° 20 est faite à partir du roman LE BOUCHER DE KOUTA (1982, éditions Hatier) de Massa Makan Diabaté, auteur malinké (1938-1988). Ce livre fait partie d’une trilogie qui lui valut le Prix international de la fondation Leopold Sedar Senghor. D’une famille de griots, il a étudié la sociologie, les sciences politiques et l’histoire, a occupé des postes dans l’administration au Mali et au Sénégal. Ses premiers écrits étaient des traductions en français de textes traditionnels oraux et on retrouve cette oralité dans son BOUCHER.
Des « frères de case » de la même « société d’âge » vivent la sécheresse, le manque de viande après la décolonisation et l’arrivée au pouvoir d’un dictateur et ses milices. On y voit la place des femmes, du religieux et le ton est plein de verdeur et de gouaille.

C’est devenu aussi LA RUCHE BOUDE ET OK. Voilà quelques exemples de poèmes express sur chaque page de droite :
– Le vestibule se retourne pour se satisfaire de croupes, de lèvres.
– Voici que par la canicule de midi, s’en va un pet de bourrique qu’il faut refroidir.
– Quand soupire le vent, une grande tristesse s’empare du boubou pris de froid.
– Les pires ennuis menaçaient : école coloniale, mission chrétienne, impôt.
– Climatiseurs dans leur tombe, à la place du Père, les speakers ressuscitèrent.
– Tu sais que le saint repose dans les pintades, l’âne dans la femme sans enfant.

On offre LE BOUCHER DE KOUTA / LA RUCHE BOUDE ET OK à Valérie Rochet, photographe et membre du collectif de travail des éditions Impeccables que nous  avons côtoyées plusieurs fois aux Salons du livre de Paris et de Caen. Leur maison est implantée à Mise en page 1Falaise depuis 2010. Ils publient surtout de la poésie (de Sanda Voïca, Gôzô Yoshimasu…) mais pas que, des lettres : à Fernando Pessoa du poète Mario de Sa-Carneiro (1890-1916), des textes sur l’art d’Alain Jouffroy, des récits de voyage, en Grèce, en 2009, de Nadine Laporte, des romans. Leur spécificité – l' »impeccabilité » de leur maquette, le côté très graphique de leurs couvertures – traduit leur exigence.

Autre chose : Rue des Ateliers

Autre chose et pourtant non. Rue des Ateliers est un magasin d’optique. Sans les yeux, pas de lecture. Sans les livres, pas d’idées. Sans esthétique, pas de vie. Sans pensée sur le vivre ensemble, pas d’avenir.

L’opticien Stéphane Brasse est un artisan, un homme qui croit en l’invention, en la création.
En plus de Rue des Ateliers, il met en place des évènements (fausse vente aux enchères de « bidons » d’artistes, Arty-show), est à l’origine d’un marché bio et circuit court , le samedi aux Gobelins. Un commerçant oui, mais un peu rare, qui pense à l’interaction, à la vie de sa ville. En 2017, on veut fêter en très très grandes pompes les 500 ans du Havre et ce sera fait avec des centaines de milliers d’euros, avec des personnalités venant de plus ou moins loin, du Nantais Jean Blaise au Néerlandais Karel Martens en passant par les plasticiens Vincent Lamouroux, Marc-Olivier Walher, Vincent Ganivet, le collectif Art Point M de Roubaix… De MEGA-projets. Avant cela, à côté, au quotidien, il faut aussi penser le centre ville avec les forces vives d’ici, les écouter. L’un n’empêche pas l’autre. La reconnaissance nationale ou internationale passe par celle des énergies positives sur le plan local, sans mépris.

mazzuchelliAutre chose et pourtant non. Stéphane Brasse travaille avec des designers fabricants comme le petit-fils du peintre Nicolas de Staël, Lucas, installé à Paris ou la marque Anne et Valentin à Toulouse. Les formes sont pensées, les matières nobles, naturelles et originales, la fabrication est en Europe, voire en France.
Autre chose et pourtant non. Défense d’un savoir-faire ancestral, d’entreprises  nationales ou européennes (photo : Mazzucchelli : producteur italien de plaques dans lesquelles sont découpées les lunettes. Ils ne sont plus que quatre ou cinq sur le continent.)

Autre chose et pourtant non. Rue des Ateliers tient les deux bouts de la chaîne : la défense du local et de l’européen, d’une culture, non du moins disant mais de la qualité.

 

 

Réactions à la lecture de VAUT MIEUX PARTIR :

D’autres disent ce qu’ils pensent de Vaut Mieux Partir :

  • une blogueuse littéraire, Nathalie Manceau, qui a créé :  Chez Mark et Marcel (Mark pour Twain et Marcel, évidemment, pour Proust).
    Ce qu’elle pense de Vaut mieux partir
    Elle en dit aussi : « une écriture perturbante au premier abord mais qui se révèle prenante à la lecture. Il faut s’y plonger. »
  • une autre lectrice : « Le départ m’a moyennement plu (absence de ponctuation) (…) mais j’ai trouvé excellente cette trouvaille des petits mots écrits par le frère qui ne peut plus parler. »
  • un lecteur :  » Un rythme à prendre dans lequel, ensuite, on se sent bien. C’est une histoire universelle, qui nous touche tous, même si nous ne sommes pas dans les conditions de vie des personnages. »

Suite de Libralire et des salons de Caen et du Havre

libralireJeudi soir, 116 rue St Maur, 75011, Françoise Truffaut signait VAUT MIEUX PARTIR, comme elle l’avait fait au salon Epoque de Caen et au festival du roman noir du Havre. Un succès chaque fois pour un livre porté pendant 30 ans, un premier roman, un OLNI.

Voilà trois exemples de retour sur le livre et Rue du Départ:
– une lectrice amie :  » Je viens de terminer ton livre que j’ai trouvé dur et haletant… Je suis entrée tout de suite dans ton univers. Tu as réussi à écrire ton tourment et cette épreuve de ta vie, tu as réussi ! »
– Mo Silly-Lechevalier : « j’aime beaucoup le livre de Françoise Truffaut avec ce style tellement ramassé qu’il s’apparenterait à des croquis, denses, rapides. »
– V. Schmitt, CRL de Normandie :
« J’ai lu les deux livres que je vous avais achetés au salon de Caen et beaucoup aimé les deux. Vous avez un catalogue très intéressant. »

Les compliments font du bien. Comme la presse n’est pas encore là, ce n’est pas elle qui nous en fait et elle a tort… Vous savez bien, les absents…

Signature à Libralire

Jeudi 16 juin, à 19h, à la librairie Libralire, 116 rue St Maur, 75011, Françoise Truffaut signe VAUT MIEUX PARTIR et un comédien en lit quelques passages. Parce que c’est un livre qui se lit aussi à voix haute, parce que, en plus d’une histoire vraie, c’est un rythme, une oralité.