C’était la dernière séance de la saison. Nous reprendrons nos rendez-vous mensuels au Chat Bleu le jeudi, les 11 septembre, 9 octobre, 13 novembre.
Nous avons bu, le 2 juillet, un vin rouge des Cévennes, pays de grands contrastes climatiques et de sols rocailleux bien drainés. Un cépage Syrah grenache, AOP Duché d’Uzes, un bon petit vin de garde au goût de fruits rouges, à la longueur en bouche intéressante.
Nous avons parlé de :
– UNE ADOLESCENCE EN GUELDRE de Jean-Claude Pirotte, paru en 2005 à la Table Ronde. Poète (Prix Goncourt de la poésie en 2012 pour l’ensemble de son œuvre), romancier: son dernier livre BROUILLARD est paru en 2013 au Cherche Midi, Pirotte est mort fin mai à 74 ans et deux livres posthumes devraient sortir en septembre. Ici nous sommes aux Pays-bas; on trouve de belles descriptions de paysages et surtout le narrateur fait part de sa vie à travers les textes, « Je suis incapable de m’engager dans l’existence, de la voir telle qu’elle se déroule et d’accueillir simplement les heures, les paysages, les vagues du quotidien. Rien ne me touche qui ne soit passé par le crible de mes lectures. Pas un instant je ne suis présent au monde… »
– De R.L.Stevenson (1850-1894) forcément : VOYAGE AVEC UN ÂNE DANS LES CÉVENNES qui raconte son parcours du 22 septembre au 4 octobre 1879, ses difficultés avec l’ânesse Modestine — qu’il martyrise ! —, les gens, les panoramas, l’histoire des Camisards et les raisons de ce voyage : « L’important est de bouger, d’éprouver de plus près les nécessités et les embarras de la vie, de quitter le lit douillet de la civilisation, de sentir sous mes pieds le granit terrestre et les silex épars avec leurs coupants. » .
Le réalisateur de documentaires, Jean-François Dars, a, en 2006, refait le voyage en remplaçant l’âne par un vélo poussé à la main : le livre VOYAGE AVEC STEVENSON DANS LES CÉVENNES existe aux éditions Descartes. D’autres encore ont suivi ces traces et publié : Jean-Michel Cornu, Eric Poindron et, depuis 1978, un itinéraire de randonnée existe :
le GR70, « chemin de Stevenson ».
– D’André Chamson (1900-1983), auteur historien, LA TOUR DE CONSTANCE, de 1970: un de ses « romans » en lien avec l’histoire des Camisards, collection Omnibus de 2002. Roman mais hyper-documenté sur cette période de 1686 à 1768 où des femmes furent emprisonnées dans la tour d’Aigues-Mortes pour leur appartenance à la religion réformée.
Nous avons aussi évoqué des auteurs contemporains: Jeannette Winterson, Victoria Hislop, Lewis Shiner, Hubert Mingarelli, Sylvain Tesson, Milena Michiko Flasar ; des noms déjà évoqués sont revenus : Michèle Lesbre, Céline Minard, de même que des classiques: Victor Hugo, Anthony Trollope.
Bon été de vins et de livres!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
on ne pouvait passer à côté d’un Jorge Amado (1912-2001), sans doute le plus connu et productif des auteurs de ce pays. CACAO, 1933, de nombreuses fois réédité chez Stock, parle de la culture et de ses conditions inhumaines : « J’ai essayé de raconter dans ce livre, avec un minimum de littérature au profit d’un maximum d’honnêteté, la vie des travailleurs dans les plantations de cacao du sud de l’état de Bahia ». De même, L’OR DE QUIPAPA de Hubert Tézenas, aux éditions l’Ecailler, évoque l’agriculture mais cette fois
Pour rire au départ mais, vraiment intéressant en fait, MISTER d’Elsa Boyer, aux éditions P O L, son troisième livre qui parle d’un entraîneur de football, des joueurs, de l’argent, des corps. Là aussi, vraiment une belle langue !
– LOIN D’ODILE de Christian Oster (1998) :
– De Patrick Deville (écrivain voyageur, directeur littéraire de la M.E.E.T. qui, depuis 20 ans, à Saint-Nazaire, publie une revue du même nom, accueille en résidence des écrivains étrangers, propose lectures, colloques : le dernier en date, à l’abbaye de Fontevraud, sur Julio Cortazar, avait lieu les 23 et 24 mai) : PESTE ET CHOLERA, prix Fémina et prix du roman FNAC en 2012. Après trois livres traitant de trois continents différents, Deville s’est intéressé à — prenez-le au pied de la lettre — un « illustre-inconnu », Alexandre Yersin (1863-1943), le découvreur du bacille de la peste, Pasteurien, médecin, marin, agronome etc, installé en Annam. Comme dans ses précédents romans, Deville mêle histoire et géographie.
– De Tanguy Viel qui vécut un temps à Tours : L’ABSOLUE PERFECTION DU CRIME, 2001. Encore un auteur Minuit… mais plus jeune, pas la même patte. Un casse finit en film noir avec une trahison, une courte poursuite, une vengeance et en western avec un duel sans merci. Ça s’installe doucement puis l’écriture hyper-efficace nous entraîne toujours plus vite.

