Au Chat Bleu, ce jeudi d’octobre, Nsenga nous faisait goûter du Gaillac*, rouge, plus fruité-léger que puissant et de l’Uby** ou le blanc n°3, très dans le fruit, vin tendance, facile à boire, ou le rosé à la belle robe pamplemousse, une explosion de saveurs en bouche. Productions familiales sur deux* ou trois** générations. L’Uby tient son nom d’une rivière qui coule en Gascogne où le viticulteur, mr Morel, du canton de Vaud, a également des vignes.
Cette fois — et peut-être dorénavant —, nous ne respections pas la géographie et allions en Estonie pour une séance de rattrapage, dans les Appalaches et en Inde…
Rattrapage donc avec PURGE de Sofi Oksanen paru en 2010 chez Stock, prix Fémina étranger la même année et trouvable en livre de poche. Roman de femme sur des femmes qui ont traversé l’histoire du 20è siècle en Estonie, colonisée par l’URSS. Au centre, le beau personnage complexe d’Aliide, ce qu’elle subit et ce qu’elle décide. Des pages incroyablement maîtrisées et poétiques évoquent d’horribles moments (p.174-176 du livre de poche)!
De Ron Rash, dont nous avions ausi beaucoup aimé UN PIED AU PARADIS: LE MONDE A L’ENDROIT paru au Seuil en 2012. Nous sommes aux USA, dans le comté de Madison, à cheval sur notre siècle et celui de la guerre de Sécession qui, dans cette zone, fut terrible. Des personnages cabossés, comme Dena (p. 179-181), ni vraiment bons ni totalement ignobles, de la violence ordinaire.
Un livre de la collection Etonnants voyageurs aux éditions Hoebeke (2014): CALCUTTA, DEUX ANS DANS LA VILLE d’Amit Chaudhuri, un document. La ville – son histoire politique et économique, ses espaces, sa population – est vue par un de ses habitants intermittents, musicien et écrivain. Son point de vue est celui d’un homme aisé, cultivé, un « libéral » aussi…
Ont aussi été évoqués les guides de voyage insolites de Jonglez, le dernier livre CEUX DU NORD-OUEST, fin, dépaysant et sobre de Zadie Smith, les cinq petits livres de la Japonaise Aki Shimazaki chez Babel, le dernier Laurent Seksik : LE CAS D’EDOUARD EINSTEIN, à trois voix sur le fils, schizophrène, CENDRILLON, autofiction « d’une construction époustouflante » d’Eric Reinhardt, MAUVAISE ETOILE de Ellory et encore une fois, par un autre lecteur, et on insiste : CERTAINES N’AVAIENT JAMAIS VU LA MER » de Julie Otseka.
Ceux qui sont restés ont parlé films…
Le prochain Chat Bleu, un vin des livres est prévu le jeudi 13 novembre, à partir de 18h15.
Mais on peut parler aussi des Cafés Polars des ancres noires qui ont lieu le deuxième mercredi du mois à la Buvette, quartier St François. Le premier rendez-vous était le 8 octobre et il a été lu des extraits de romans noirs de Markaris, Craig Johnson, Olivier Truc, Patrick Bard et Thierry Marignac qui était présent. Le prochain est le 12 novembre et c’est à partir de 18h30 : on peut juste écouter ou lire aussi. Qu’on se le dise !



on ne pouvait passer à côté d’un Jorge Amado (1912-2001), sans doute le plus connu et productif des auteurs de ce pays. CACAO, 1933, de nombreuses fois réédité chez Stock, parle de la culture et de ses conditions inhumaines : « J’ai essayé de raconter dans ce livre, avec un minimum de littérature au profit d’un maximum d’honnêteté, la vie des travailleurs dans les plantations de cacao du sud de l’état de Bahia ». De même, L’OR DE QUIPAPA de Hubert Tézenas, aux éditions l’Ecailler, évoque l’agriculture mais cette fois
Pour rire au départ mais, vraiment intéressant en fait, MISTER d’Elsa Boyer, aux éditions P O L, son troisième livre qui parle d’un entraîneur de football, des joueurs, de l’argent, des corps. Là aussi, vraiment une belle langue !
– LOIN D’ODILE de Christian Oster (1998) :
– De Patrick Deville (écrivain voyageur, directeur littéraire de la M.E.E.T. qui, depuis 20 ans, à Saint-Nazaire, publie une revue du même nom, accueille en résidence des écrivains étrangers, propose lectures, colloques : le dernier en date, à l’abbaye de Fontevraud, sur Julio Cortazar, avait lieu les 23 et 24 mai) : PESTE ET CHOLERA, prix Fémina et prix du roman FNAC en 2012. Après trois livres traitant de trois continents différents, Deville s’est intéressé à — prenez-le au pied de la lettre — un « illustre-inconnu », Alexandre Yersin (1863-1943), le découvreur du bacille de la peste, Pasteurien, médecin, marin, agronome etc, installé en Annam. Comme dans ses précédents romans, Deville mêle histoire et géographie.
– De Tanguy Viel qui vécut un temps à Tours : L’ABSOLUE PERFECTION DU CRIME, 2001. Encore un auteur Minuit… mais plus jeune, pas la même patte. Un casse finit en film noir avec une trahison, une courte poursuite, une vengeance et en western avec un duel sans merci. Ça s’installe doucement puis l’écriture hyper-efficace nous entraîne toujours plus vite.