L’humour dans le polar

dans le bus de Polar à la plage, Joseph Incardona et Michèle Pédinielli
(tout juste sortie de la rencontre, au centre de la photo)
ont parlé samedi 15 de l’humour dans le polar.
Pourquoi eux ? Parce qu’ils le pratiquent –
comme d’autres auteur(e)s venu(e)s au Havre : Jacky Schwartzmann, Hannelore Cayre, Sébastien Gendron, Anouck Langaney,  Hélène Monfils,
ou pas encore venu(e)s : Benoit Philippon,  Sophie Henaff ou Pascale Dietrich -.

A signaler : il n’existe pas d’entrée « humour » dans le dictionnaire du roman policier de Claude Mesplède  !

On pourrait scinder cet humour en deux genres :
– le comique de situation dans lequel on pourrait ranger Donald Westlake et sa série des Dortmunder, J. Schwartzmann, et La daronne  d’Hannelore Cayre avec sa fonctionnaire de police qui devient dealeuse. C’est dans ce camp que s’inscrit Joseph Incardona avec, dans un de ses premiers romans, le mari qui se fait arrêter parce que les cochons  ne digèrent pas les dents, ou avec son dernier : Stella et l’Amérique où ont lieu miracles un peu spéciaux, et contrats commandités par le Vatican, ou encore son film de 2014, Milky way, qui reprend les codes mafieux avec l’oncle en fauteuil roulant qui dit les règles : « Chacun amène ses bêtes (…) La mise de fond est de 3000 Francs » et le jeune qui assure ses copains : « Je suis sur un gros projet »… alors qu’il ne s’agit pas, comme on le croyait, de combats de chiens ou de coqs mais d’une course d’escargots.
– à signaler : ce n’est pas du tout l’ambiance de Les corps solides, Prix 2024 des Ancres noires : sensible, tendre et noir. Un nouveau On achève bien les chevaux, avec un suspens tenu jusqu’au bout.

– l’humour de mots : et là on pense au Poulpe et à ses titres jeux de mots : de J.B.Pouy et sa Petite écuyère a cafté à J.P. Jody : 20 000 vieux sur les nerfs, tous deux venus au festival. A noter qu’en 2024, paraît  la nouvelle collection La Fille du Poulpe.
C’est dans cette catégorie que se trouve Michèle Pédinielli, aux éditions de l’Aube, dans Sans collier. Avec, par exemple, sa leçon de grammaire, page 15..: raison première de cet échange :
 » Toi et l’enculé, on t’aura (…) c’est choquant.
– Pour le moins.
– La reprise redondante et cataphorique du COD en début de phrase, c’est stylistiquement correct et plus percutant ainsi, mais …
– Mais la conjonction de coordination « et » oblige le pluriel. »

Michèle Pédinielli a fait remarquer très justement que l’humour dans le polar n’est pas fréquent, et pas si bien vu :  « l’humour, ça ne fait pas sérieux »

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