Voilà (bientôt) enfin rassemblées des nouvelles écrites entre 1998 et 2012. Nouvelles dispersées, parues dans des quotidiens nationaux, des fanzines, des recueils thématiques, avec d’autres auteurs, nouvelles totalement remaniées pour deux d’entre elles, nouvelles jamais éditées : deux, peut-être les plus belles.
Sept nouvelles. Il était important de les donner à lire ensemble.
Même s’il en manque, même si une, par exemple, pour de bêtes raisons de droits, nous manque : « Léa » (1),
pour connaître Thierry Crifo, sa phrase et son amour des mots que Romain Slocombe évoque si bien dans sa préface, il était essentiel de publier, à côté de ses romans très écrits et forts, ces nouvelles sur la ville, sur les nuits, VILLE DE NUITS.
(1) « Léa », texte étonnant, superbe exercice d’admiration, revisi(tati)on d’un moment de « Razzia sur la chnouf » livre d’Auguste Le Breton et film d’Henri Decoin.
ait résonner les voix paumées de la société (…) Et toute l’injustice, l’accumulation, le trop-plein, la connerie, la dégueulasserie conduisent à cet instantané où le monde bascule, où les verrous sautent, les plombs pètent, les digues cèdent, précipitant l’être humain dans le fait divers, terrifiant ou sordide ou tout simplement triste et banal à en chialer. C’est ce cheminement sombre et tragique à travers la nuit de la ville et des banlieues qui nous est conté et dont les accents bouleversent. »
Il explique son entrée en psychanalyse, en 1968, un « endroit en friche, ouvert » : « les émigrés excellent en ces endroits ». Et de faire le parallèle avec la boxe, le rap. Aviez-vous pensé à la psychanalyse comme au rap d’alors : une niche pour ceux qui ne sont pas les héritiers? Il raconte sa rencontre avec Georges Devereux, pas un professeur, un « Maître » « qui m’a fabriqué en tant qu’être intellectuel ».