Suite n° 11

Mis en avant

Suite n°11 vient de sortir,
Suite n°11 est de Pascal Millet, auteur de polar mais pas que !
Suite n°11 est un poème narratif sur les débuts d’une relation amoureuse. C’est l’homme qui parle, de son histoire particulière.
Suite n°11, c’est, face à ce texte contemporain, des images de corps féminin, des détails de sculptures, des courbes, des nuques, des seins, des mains de tous les temps et de lieux différents. Un éternel féminin, fabuleusement photographié par Eric Enjalbert. Certaines pierres sont des peaux !
Suite n°11, c’est une histoire particulière face à La Femme.

P U n° 53 : Harrison

Jim Harrison.
L’écrivain américain (1937-2016), plutôt dépressif, amateur de pêche, de paysages du Michigan, du Montana, de bons vins, de belles filles…et de cochons… C’est ce qu’on apprend dans Le vieux saltimbanque, clairement pas son meilleur livre, une autobio à la troisième personne, publiée moins d’un mois avant sa mort.

(photo de 2016)

Voilà quelques Poèmes Express sortis du Vieux saltimbanque :
Trop d’amants imaginaires pour deux filles au bord des larmes : injustice.
– Quand le cargo coula, il écouta les arbres, longea la peur.
– Ces hommes bourrés ne s’arrêtent jamais dans un petit restaurant dirigé par une dame âgée.
– Ils firent l’amour ; tendresse en plastique ; un peu d’entraînement nocturne.
– Habiter une splendide villa avec Cary Grant, se sentir désarmé en nuisette et rien à lui dire.
– Sa claustrophobie devait tenir bon et ne pas gâcher sa crise cardiaque.

Ce n° 53 a été envoyé à Erwan Vrinat, une des principales chevilles ouvrières, auprès de Marianne Clévy, du festival Terres de paroles, de lectures, spectacles, performances.
Cette année, la troisième, ce festival de Seine Maritime a lieu du 27 mars au 29 avril. Venez, venez ! C’est de très grande qualité !

Prochain salon

L’AUTRE MARS :
parallèlement au Salon Livre Paris, les 16, 17 et 18 mars, les éditeurs indépendants présentent leurs publications à Paris, au Palais de la Femme, monument de l’Art Nouveau, 94 rue de Charonne, 75011.
Rue du Départ y sera avec :
– un grand nombre de petits et moyens éditeurs comme Le Réalgar (de Saint Etienne) ou Zinnia (de Lyon).
– un nouvel opus : Suite n° 11 de Pascal Millet et Eric Enjalbert. Mais nous en reparlerons.

Métiers d’art

C’était un salon différent, Le Livre et ses métiers d’art. Dans un très beau lieu : le Prieuré des Nobis à Montreuil-Bellay en Anjou. Nous n’étions que peu de représentants du livre « fini ». La majorité des exposants, comme l’indiquait le nom du salon, étaient des artisans. Mais quels artisans ! je vous en recommande quelques uns :
– des fabricants de papier : Frédéric Gironde à Margaux (33), Jean-Pierre Gouy à Saint Clément (19).
– une créatrice de papiers décorés à la main : Marianne Peter. En plus de la marbrure classique.
– une relieuse : Joëlle Bocel à Saint-Briac-sur-Mer (35) : sortie de l’école Estienne et de La Cambre : de très beaux travaux en galuchat, plexiglas ou feuille d’or

Autre découverte : le travail de Pierrette Turlais, de la BNF : elle a deux livres à Editions L’Art du Livre, Grenoble (38) : un sur les tracts de la guerre de 1939-45 dans un emboîtage carton brut et un sur les papiers de Dreyfus.

De belles découvertes, des organisateurs sympathiques, un public ouvert.

P. U. 52 – Bill Cardoso

K O à la 8ème reprise de Bill Cardoso, aux éditions Allia est la Pièce Unique n° 52.
Bill Cardoso (1937-2006), écrivain, reporter, proche de Hunter S.Thompson a, comme lui, fait du « nouveau journalisme » : il apparait donc dans les histoires vraies qu’il raconte.
Ici, en 1974, à Kinshasa (RDC),c’est le combat pour le championnat du monde poids lourd de boxe de Mohammed Ali contre George Foreman que Cardoso est censé couvrir pour le New York Times. Prévu le 24 septembre, le combat est repoussé ; le journaliste doit rester plus de 50 jours dans le Zaïre de Mobutu et c’est autant de cela qu’il est question dans le livre : la toute puissance du dictateur, l’atmosphère du pays, l’impression d’être piégé.

Quelques « poèmes express » de cette Pièce Unique :
Billets et peau de léopard dans tous les halls d’hôtel et dans la chambre 263.
– Sur la 55 ème rue orwellienne rentre un vol de nuit.
– Tu places un gars face à lui, au 6 ème round, il peut devenir psychologue.
– Pour finir le Congo belge, N. ne cessait de répéter « dehors, dehors ».
– Cinquante nuits m’ont accueilli. Un membre m’a pris.
– Le gorille tout droit sorti de la villa balbutia : Quel ambassadeur ?… Le bleu.

Cette P.U. 52 est offerte à Ludovic Pacot-Grivel, responsable artistique du joli petit théâtre des Bains Douches (Le Havre) depuis 2006. Comédien, metteur en scène, programmateur et professeur, il fait partie de l’aventure Terres de Paroles depuis 2016 et, dans ce cadre, monte cette année J’appelle mes frères, une superbe pièce de Jonas Hassen Khemiri.

Nos Salons :

Voilà quelques événements auxquels nous devons participer dans les prochains mois :

– Salon Le Livre et ses Métiers d’Art, à Montreuil-Bellay en Anjou (49), les 23, 24, 25 février.
C’est la quatrième édition mais une première pour nous, permise par la belle rencontre avec Evelyne Sagot, relieuse. (www.anima-libri.fr).

– Salon l’Autre Mars, à Paris, au Palais de la Femme -Charonne, les 16-17-18 mars.

– Salon à Montivilliers (76) le 24 mars.

– Salon Epoque, à Caen (14), les 26 et 27 mai.

– Festival Le Polar à la Plage, Le Havre (76), les 16 et 17 juin.

Mais nous en reparlerons !

Chat Bleu de février

Cette fois, nous pouvions choisir entre beaujolais et beaujolais. Rouge et blanc. Les deux étaient du même producteur : château de Belleverne, d’agriculture biologique, travaillant de petites parcelles. Le rouge : un Saint Amour, cuvée « La Madone » : un vin souple, dans le fruit, assez vif. Le blanc, sec, avec une petite pointe de fruit.
Les livres :
– de la S.F. :Le pense-bête de Fritz Leiber (1910-1992), publié la première fois en 1962 aux USA, maintenant trouvable aux éditions Le Passager Clandestin, collection Dyschroniques. Cette collection a pour programme : « Lorsque les futurs d’hier rencontrent notre présent… ». Leiber imagine l’homme assisté par ordinateur, ici appelé « mémoriseur ». Greffé sur l’épaule, il prend bientôt le pouvoir sur la société et les cerveaux qui croient l’utiliser.
– un document : Dans la peau d’un chef de gang de Sudhir Verkatesh, texte de 2008 aux USA, édité chez 10-18. L’auteur est, au moment où commence ce livre, étudiant en sociologie à l’université de Chicago. Allant à l’encontre du mode opératoire habituel de l’étude sociologique et même de la légalité, il est au contact d’un jeune chef de gang vendeur de crack et il raconte tout ce qu’il voit, ce qu’on lui permet de vivre et de comprendre du fonctionnement du territoire de ce gang : règlements de compte, discipline, place des femmes etc.

Puis,
– liée à la sortie du film, relecture de La Promesse de l’aube de Romain Gary et, dans la foulée, du même auteur, une chronique, Chien blanc », en Folio.
Le diable par la queue de Paul Auster, 1996, Actes Sud, suite à sa venue au festival le Goût des autres.
Dankala d’Isabelle Sivan, éditions Serge Safran, 2018 : un premier roman se passant dans un pays (imaginaire) d’Afrique, continent où l’auteure a passé son enfance, un focus sur les expatriés qui s’y ennuient alors que des assassinats ont lieu.
Paysage perdu de Joyce Carol Oates, édition Philippe Rey : la vie de cette grande et prolifique écrivain jusqu’en 2006, par petites touches.
La beauté des jours de Claudie Gallay, Actes Sud 2017 : une femme, sa vie ordinaire croise celle de l’artiste Marina Abramovic. Fascination.
la femme de l’ombre d’Arnaldur Indridason, Métailié, 2017 : histoires qui s’enchevêtrent dans l’Islande, occupée par les Américains, des années 1940.
Eclipses japonaises d’Eric Faye, Seuil, 2016, trouvable en Points : des personnes qui se volatilisent…
– enfin, un essai : Internet rend-il bête ? de Nicholas Carr, 2011, éditions Robert Laffont : nos développements cérébraux sont modifiés par l’ordinateur… (Eh Eh ! on revient au Fritz Leiber du début…)

Prochain Chat Bleu : jeudi 22 mars.

Noëlle Châtelet – n° 51

Noëlle Châtelet a écrit La dernière leçon en 2003. Un livre témoignage dont elle espérait peut-être qu’il ferait changer la loi sur la fin de vie. Un livre sur la mort voulue, programmée, mise en place par sa mère de 92 ans, calmement, de manière réfléchie, sans pathos.
Ce livre, s’il n’a pas changé la loi, a été prix Renaudot des lycéens 2004.
Noëlle Châtelet est philosophe mais ce n’est pas sous cette étiquette qu’elle a écrit ce texte. C’est sous celle de fille immensément proche de sa mère qu’elle raconte la préparation, les mois passés à entendre, comprendre puis accepter le geste définitif que VEUT cette personne, ancienne sage-femme, le droit qu’elle revendique : mourir dans la dignité, au moment où elle sent ses forces s’en aller, où elle sait qu’elle ne sera plus ce qu’elle a été, un être responsable, entier et qu’elle refuse cet état de chose.

J’avais acheté ce livre en collection Points en pensant pouvoir le travailler avec des élèves allant en EHPAD. Je ne l’ai pas fait car, plus qu’un livre sur la fin de vie ou la personne âgée, il s’agit d’une incroyable lettre d’amour, fusionnel, rare. Un amour qui accepte la décision définitive de l’autre.

Il est devenu la Pièce Unique n° 51 sous le titre de Le non carre le délit.
En voilà quelques poèmes express :
Je t’avais fait dans les bras aimants à bords coupants.
– Un flocon de neige envie la brousse et le crocodile.
– C’était ma liberté de m’empêcher.
– Sous le vent de novembre et le ciel trop bas, Dieu a un peu raison.
– Manquement, petites trahisons, liste en toute lucidité.
– A chacune de mes pierres, tu voyais des diamants.

Comment offrir ce livre ? A qui ? Le hasard -d’une boîte à livres ou d’une loterie au Chat Bleu- en décidera.

Délocalisés

Mis en avant

Pour raison de Goût des autres, un Chat Bleu, le jeudi 18 janvier, n’était pas forcément une bonne idée. Proposition d’une lectrice : un autre jour, une rencontre délocalisée, privée, chez elle… Vous savez, les salons… comme aux XVIII è – XIX è siècles …ouah !…

Donc, voilà, délocalisés pour cette fois, les livres dont il a été question :
– Nos richesses de Kaouther Adimi, Seuil, 2017 : le troisième livre d’une auteure née en 1986 à Alger, vivant à Paris, un hommage à l’éditeur-libraire Edmond Charlot, son parcours porté par l’amour du livre, des auteurs. D’Alger à Paris… et retour. Un fabuleux passionné, c’est sûr. Un mauvais gestionnaire peut-être, victime en tous cas des événements entre la France et l’Algérie. Une bio-fiction, basée sur un (vrai/faux : ?) journal intime.
La daronne d’Hannelore Cayre, Métailié 2017 : – allez, on vous le dit… avant la présentation officielle, le 4 février, à la médiathèque Niemeyer au Havre : Hannelore Cayre  a répondu OUI à l’invitation du Polar à la plage. Elle vient au festival, mi – juin. –
Son roman est plein d’humour, pas toujours politiquement correct. Elle rejoint par exemple Didier Fassin (L’ombre du monde, Points Essais) sur les prisons improductivement pleines de porteurs de quelques grammes de drogue – et elle s’y connaît puisqu’elle est d’abord avocate pénaliste. Mais elle peut aussi cibler les EHPAD… Réjouissant, vraiment !
– La route bleue de Kenneth White, 1983 Grasset (prix Médicis), réédité en 2013 et en 2017 par les éditions Le mot et le reste. Ecrivain voyageur né en Ecosse, vivant en France, il parle là du Labrador, un de ses rêves d’enfance, du point de vue de sa nature, de ses habitants, de tout ce que cela crée en lui : sensations, réflexions, poèmes. Kenneth White a inventé la géopoétique.

Ont aussi été évoqués :
– La jeune épouse d’Alessandro Baricco, 2016 Gallimard, trouvable en Folio.
– Les étoiles de Sidi Moumen de l’écrivain et plasticien marocain Mahi Binebine, 2010, Flammarion. Sur les mécanismes de radicalisation, l’embrigadement des jeunes.
– Lucie ou la vocation de Maëlle Guillaud, chez Heloïse d’Ormesson, 2016, écrit pour comprendre la foi, l’enfermement accepté.
– trois romans à propos de l’Algérie, de la guerre : Un loup pour l’homme de Brigitte Giraud,  L’art de perdre d’Alice Zenither, tous les deux chez Flammarion, 2017. B. Giraud parle d’un jeune Français qui ve veut pas tuer et vit cela du côté des soignants. A. Zenither évoque trois générations entre Algérie et France, des harkis. Dans l’épaisseur de la chair de Jean-Marie Blas de Roblès, 2017, Zulma est un « roman vrai » autour de son père.
Par amour de Valérie Tong Cuong, livre de poche 2018 : deux familles havraises entre 1939 et 45.
– Blonde de Joyce Carol Oates, livre de poche 2002 : « roman biographique ou biographie inventive » de Norma Jeane alias Marilyn Monroe. Plutôt contemporain si on pense à H. Weinstein, ce Hollywoodien qui a su …si bien… parler à l’oreille des femmes…
Donc, des romans principalement, mais aussi :
– Le miracle Spinoza de Frédéric Lenoir, 2017, Fayard. Le philosophe du XVIIè, nous et la joie.
– tout Gilles Kepel et son travail sur l’islamisme.

Nous revenons au CHAT BLEU le 1er février, 18H15.