Ouest Track et nous – février 2019

Dans Viva Culture, à 11h, sur Ouest Track, la pastille Autour des Livres vous parle de :

-Valérie Zenatti, dimanche 3 février.(ci-contre, photographies de Valérie Zenatti et d’Aharon Appelfeld)

 

 

 

-Julia Kerninon, dimanche 17 février.

Toutes les deux traduisent, écrivent, et sont venues au Havre en janvier.

Cette radio est sur le net et vous pouvez entendre ces micro-émissions à la date donnée, et n’importe quand, à partir de cette date.
De même, les précédentes sont audibles à partir de leur date initiale de diffusion.

un Jérôme Ferrari : N° 74

La Pièce Unique n° 74 est constituée à partir de Il se passe quelque chose de Jérôme Ferrari, un recueil d’articles écrits chaque semaine pour La Croix au premier semestre 2016, paru en livre en 2017 chez Flammarion puis chez Babel. Un recueil qui nous fait nous sentir intelligents, tant on est d’accord avec l’auteur, tant on a déjà auparavant pensé à ces sujets, comme il le fait – enfin, pas au niveau de la forme, parfaite, mais du fond -. Il y est principalement question de la langue, celle des politiciens et des médias, de ce qu’ils lui font subir et du sens que cela a. J. Ferrari, écrivain et professeur de philosophie, évoque aussi l’école, le bac, la vision qu’ont les parents de leur progéniture et du rôle des enseignants… C’est drôle, mordant, enlevé. A mettre entre toutes les mains !
J. Ferrari est plus connu pour ses romans, pour le prix Goncourt obtenu en 2012. Il a, en 2018, publié A son image chez Actes Sud.

Quelques uns des Poèmes Express qui en sont sortis :
Eichmann venait de créer Hannah Arendt.
– Le malheureux confetti qu’on lance demande de s’abandonner à l’existence.
– Se réjouir des kalachnikovs, en parler en mâle.
– Il existe des assassins en médecine et ils s’obstinent.
– Concepteur d’éloges funèbres, je résiste aux accents tragiques : »putain ».
– La pensée paranoïaque pose ce qu’est vraiment le sens : un complot.

Cette Pièce Unique est offerte à Isabelle R. qui a été enseignante et continue à essayer de transmettre à travers émissions de radio et association culturelle.

Chat Bleu de janvier 2019-2)

Et puis aussi :
d’auteurs venus au Goût des autres, 2019 :
– Véronique Olmi avec Bakhita, paru chez Albin Michel en 2017 et maintenant en Livre de Poche : Histoire exemplaire et réelle, début XXème siècle, d’une enfant du Darfour, enlevée, esclave puis canonisée.
– Laurent Gaudé pour Salina, la pièce de 2003, trouvable chez Magnard. Des élèves ont pu l’entendre lire, parler avec lui et faire signer leur exemplaire, Salina les trois exils chez Actes Sud en 2018. « C’est détaillé ; on y est. »

et encore :
– La vraie vie d’Adeline Dieudonné, édition L’Iconoclaste, 2018, un premier roman qui entraîne des avis tranchés : « une histoire plate » pour l’une, « très fort » pour une autre.
– Les cigognes sont immortelles d’Alain Mabanckou, Seuil, 2018, avec un narrateur de 12 ans, sa vie avec ses parents au Congo et un coup d’état qui bouleverse tout…
– Falco d’Arturo Pérez-Reverte, 2016 éditions Alfaguara : « 1936 en Espagne. Un personnage dans le camp franquiste, un salaud qui prend peu à peu de l’épaisseur. Une fin intéressante. » Une suite est prévue. Du même auteur : Deux hommes de bien, roman historique traduit par Gabriel Iaculli, Le Seuil 2017, Points 2018 : « vraiment bien ! »
– Les soeurs Livanos de Stéphanie des Horts, Albin Michel 2018 : bio de deux soeurs, filles et épouses de milliardaires grecs. Maria Callas fait aussi partie de leur histoire.
Sorcières – la puissance invaincue des femmes, essai de Mona Chollet, éditions La Découverte, 2018 : la femme indépendante, la femme sans enfant, la femme âgée, toutes sorcières à travers les siècles, même maintenant !
– Apprendre – les talents du cerveau, le défi des machines de Stanislas Dehaene, éditions Odile Jacob, 2018. Dehaene est actuellement président du Conseil de l’Education. Un voyage à l’intérieur du cerveau et des pistes pour les pédagogues.

On est revenus sur Le lambeau de Philippe Lançon, des romans de Zeruya ShalevMiniaturiste de Jessie Burton dont on peut voir une adaptation sur la chaîne Histoire.

A aussi été évoqué le travail d’Elsa Escaffre qui crée des objets de papier, dont des couvre-livre, trouvables à la librairie Au Fil des Pages.

 

 

Chat Bleu de janvier 2019 – 1)

Déjà, les prochaines dates du Chat Bleu : les 7 février et 21 mars.

Le 10 janvier, les amusants et jolis noms des vins nous invitaient… à boire… : en blanc, nous avons pu goûter un Uby : « Tortue » : à déguster doucement, aux nuances florales. En rouge, un « Château d’or et de gueule », un costière de Nîmes, ambiance feria, gorgé de soleil, à note d’olive noire.

  • Nous avions l’intention d’en parler ; la mort d’Aline Kiner nous a rattrapés :  son dernier livre, La nuit des béguines était sorti en 2017. Il est maintenant trouvable en Piccolo, chez Liana Levi. Un beau roman historique qui nous plonge au XIV ème siècle, temps religieux et meurtrier, et qui nous apprend qu’un grand béguinage a existé à Paris, créé par Saint Louis : un lieu pour les femmes « qui refusaient le mariage comme le cloître. Elles priaient, travaillaient, étudiaient, circulaient dans la cité à leur guise, voyageaient et recevaient des amis, disposaient de leurs biens, pouvaient les transmettre à leurs soeurs. » (P. 9). Du féminisme avant l’heure qui n’était … déjà… pas du goût de tous.
  • Trois crimes rituels de Marcel Jouhandeau, aux éditions du Chemin de Fer, 2017. Ce recueil autour de trois faits-divers était paru chez Gallimard en 1962, Gallimard étant aussi fondateur et propriétaire depuis 1928 de l’hebdomadaire toujours existant  Détective. Compte-rendu de trois procès dans les années 50 et réflexions sur le fonctionnement judiciaire, on y retrouve la misogynie de Jouhandeau : (P. 67, à propos des jurys) : « La plus grave des erreurs, c’est d’y avoir introduit les femmes. Bien moins préparées encore que nous à ce qu’elles sont appelées à faire, elles y apportent généralement une satisfaction, une passion, voire une espèce de délire déplacés »…
  • Dans le faisceau des vivants de Valérie Zenatti, 2019, L’Olivier : un des textes les plus émouvants qui soient : sur Aharon Appelfeld, disparu en janvier 2018. Un hommage, une déclaration d’affection de sa traductrice et interprète en français, Valérie Zenatti (qui était présente à une table ronde sur la traduction, au festival du Goût des Autres, ce 19 janvier). Elle est auteure, scénariste et ne traduit, de l’hébreu, que cet écrivain. Pour elle, il ne s’agit pas d’un métier, mais d’une proximité unique et ce livre en rend incroyablement compte. Appelfeld mort, elle visionne toutes les vidéos où il apparait, va en Ukraine dans sa ville natale, réussit à le rencontrer encore.

Ouest Track et nous – janvier 2019

Dimanche 6 janvier, dans Viva Culture, Autour des livres parle de Ryoko Sekiguchi et deux de ses livres Nagori et Manger fantôme

Dimanche 20 janvier, il est question de Jérôme Ferrari, de son dernier roman et de ses chroniques dans la Croix parues en recueil chez Babel : Il se passe quelque chose

Chat Bleu de décembre 2018 :

Fin d’année fêtée avec un crémant d’Alsace des vignes bio du producteur Beck-Hartweg avec lequel le Chat Bleu travaille depuis six ou sept ans : une valeur sûre accompagnée d’une mise en bouche asperge-parmesan absolument fabuleuse !

Les livres pour cette fin d’année :
En combat singulier de François Belsoeur aux éditions havraises Courte échelle crées en 2017. Elles éditent des textes mais aussi des jeux, des tampons et sont trouvables à la nouvelle librairie Au fil des pages.
Ce Combat singulier est surtout un livre d’images noir et blanc, des dessins au crayon : c’est plein de poésie, intrigant. Allez voir : c’est vraiment très beau !
Les mots sont des pierres de Carlo Levi, paru en 1955 chez Einaudi, en 2018 aux éditions installées en Normandie : Nous, traduction de Laura Brignon. Leurs livres sont beaux, la maquette simple, efficace : rigueur du lettrage et toujours deux couleurs tranchées en aplat. Les mots sont des pierres sont des voyages en Sicile de Levi : drôle : le maire de New York venu dans le village de ses parents, dramatique : l’état de la population ouvrière dans les mines de souffre ou dans le …duché féodal de Nelson ! Impression d’être dans un film réaliste italien. Une belle langue.
– Justement : Dans nos langues de Dominique Sigaud, éditions Verdier, 2018 . Un très beau livre autobiographique sur elle et la langue, comment la langue (nous) constitue, (nous) révèle. Comment les relations parents-enfants ou les relations au monde se jouent dans la langue. A France Culture, à l’émission La Grande Table, Dominique Sigaud, en août 2018, disait : « Une langue, c’est autant ce qu’on est incapable de dire que ce qu’on est capable de dire. Un individu sera désigné autant par ce qu’il ne sait pas dire que par ce qu’il ne s’autorise pas à dire. »

Nous avons aussi évoqué :
Miniaturiste de Jessie Burton,traduit par Dominique Letellier, Folio : un voyage dans l’Amsterdam du XVII è siècle.
Ce que tient ta main droite t’appartient, Points, de Pascal Manoukian, romancier et journaliste de guerre.
Landfall d’Ellen Urbani,traduction Juliane Nivelt, éditions Gallmeister : une histoire de familles face à l’ouragan Katrina.
– Aux mêmes éditions, Idaho d’emily Ruskowich, traduit par Simon Baril, sur la ruralité, la mémoire, la vie des femmes à différentes époques.
Les frères Lehman de Stefano Massini, traduction Nathalie Bauer, éditions Globe, prix Médicis Essai 2018 : histoire de l’empire qu’ont fondé ces banquiers… en vers libre… et franchement, ce n’est pas un problème, au contraire.
– A l’occasion de sa venue à l’institut suédois à Paris, de la rétrospective du cinéaste et d’une exposition de costumes de ses films, le livre de Linn Ullmann évoquant son père : Ingmar Bergman : Le registre de l’inquiétude traduit du norvégien par Céline Romand-Monnier, Actes Sud.
– l’autobiographie de Marie Aude Murail, l’écrivain jeunesse, le plus souvent appréciée… mais pas toujours…
Un jour je m’en irai sans avoir tout dit de Jean d’Ormesson, 2013.

Rentrée littéraire janvier 2019 : merci au Fil des Pages:
Né d’aucune femme de Frank Bouysse, à la Manufacture des Livres : où on accompagne une femme au début du XXè siècle.
Ce qui nous revient de Corinne Royer, éditions Actes Sud : sur une femme, Marthe Gauthier qui découvrit la trisomie 21 et fut spoliée par le dr Lejeune.
Dans le faisceau des vivants de Valérie Zenatti à l’Olivier. Valérie Zenatti qui était la traductrice de l’auteur israélien Aharon Appelfeld évoque leur amitié, la parcours de cet homme qui avait réussi, enfant, à fuir, seul, le nazisme.

On récapitule :

Le dimanche 16 décembre, à partir de 11 h, sur Ouest Track, dans Viva Culture, Autour des livres vous parle de Rococo de François Chaslin aux éditions Non Standard.

Le jeudi 20 décembre, à partir de 18 h 15, c’est Chat Bleu et on échange autour de vins et de livres.

Un Camilo José Cela

Ce livre du prix Nobel, 1989 : Camilo José Cela (1916-2002)
La famille de Pascal Duarte (1942)
est la Pièce Unique n° 72.
Camilo José Cela fut un homme ambigu, du côté du franquisme pendant un temps puis censuré par ce régime, anobli par le roi en 1996 et membre du Collège de Pataphysique.

La famille de Pascal Duarte est son premier roman. Un homme raconte sa vie alors qu’il est en prison, condamné à mort. Adulte, il a tué sa propre mère, a grandi dans une famille atroce. Le livre est ouvert et fermé par des textes de personnes ayant recueilli ce témoignage : effets de réel.

Voilà quelques Poèmes Express tirés de ce livre :
Je ne suis pas mortel mais, à mesure que le destin me mène…je suis condamné.
– Autour de la bouche, la figure tremble : ainsi commençaient les disputes.
– Caressant la tête, la femme avait envie de l’étrangler mais cela passa.
– Abandonné et usé, il criait – c’était un dimanche – et Dieu se trouvait à la maison.
– Ce premier baiser reste de bon matin dans la sacristie. Pas pressé.
– Tu pensais le monde qui se laissait faire.

Ce livre est offert à Catherine Dô-Duc, rencontrée à des festivals dont celui des Ancres noires, auteure du blog Polar de Velda où elle parle de tous les grands du noir, des Ian Rankin, John Harvey aux nouveaux comme Joseph Knox..