Au retour du salon « Livre Paris »

Au Chat Bleu, le 6 avril, nous voulions vous présenter des livres trouvés à côté de nous, sur le stand Normandie au Salon Livre Paris, porte de Versailles, fin mars.

Nous avons donc parlé de :
American requiem de Jean-Christophe Buchot aux éditions La Renverse qui étaient, au début, dédiées à la poésie et qui, avec ce livre, s’ouvrent au « roman poétique »et, ici, double plaisir, illustré. Très bien illustré par Hélène Balcer et Yann Voracek. J.F.K. parle de sa vie, du moment de sa mort.
Les ombres du quai de François-Michel Dupont aux éditions Le Vistemboir, un polar, le deuxième de cet auteur. Cela se passe à Caen et en Norvège. C’est vivant, cela fonctionne.
 

 

 

 

Le dîner des bustes de Gaston Leroux, des éditions Amavada qui se spécialisent dans le roman populaire. A cette courte nouvelle, ils ont adjoint une conférence de l’auteur sur la naissance de Rouletabille, donnée vers 1920. Amusant, intéressant : les tours qu’il a joués à ses collègues journalistes, aux hommes politiques, pour écrire ses articles avant les autres.
Production normande donc et de qualité !

Pièce unique n° 31 : un Marie Desplechin

La Pièce Unique n° 31 est Le sac à main de Marie Desplechin paru aux éditions Estuaire en 2004 et trouvable en poche chez Points. Joliment accompagné de dessins d’Eric Lambé, on croit d’abord à un simple inventaire poétique de ce qu’on peut trouver dans un sac, du rouge à lèvres aux clés en passant par le passeport, un livre…of course… et d’autres petits objets qui dessinent la vie de n’importe quelle femme. Mais non, c’est plus que cela, c’est une histoire qui apparaît lentement.
Marie Desplechin (soeur d’Arnaud, le cinéaste) écrit pour adultes et pour enfants, des fictions mais aussi des documents comme l’accompagnement de son amie Lydie Violet, atteinte d’un cancer (devenu aussi un texte radiophonique à France Culture). Elle était venue au Havre et avait animé un atelier d’écriture en bibliothèque. C’est à cette occasion – privilégiée- que j’avais acheté ce livre.

La Pièce Unique n° 31 s’appelle aussi : As, le caïman.
En voilà quelques poèmes express :
– Collé sur un dépliant publicitaire, un Pakistanais de démonstration cherche des yeux une guerre.
– Périmée 5 ans durant, ma personne n’a rien de très spectaculaire.
– Au bar de l’hôtel nous avons partagé un début de cuite et notre fils est né.
– L’insolence est à jamais plus jeune que nous.
– Une passion est un courant marin; on perd pied.

Elle est envoyée à Amélie Charcosset, rencontrée à Pirouésie, une jeune femme incroyable de joie de vivre, de fraîcheur et d’audace. Elle voyage beaucoup, s’installe dans des pays incroyables – l’Ouzbékistan, franchement ! et loin de la capitale en plus ! – Elle enseigne le français langue étrangère, propose des ateliers d’écriture et écrit évidemment (le joli Nous sommes tous des faiseurs de ciel, présenté sous forme de boîte, aux éditions 17 rue des Arts). Elle revient à Pirou à l’été 2017.

Nouveauté : « Entravés » dans notre collection Voyageur

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Entravés  de Samia Kachkachi et Marie Thémenet est prêt. Prêt pour le salon Livre Paris ! Comme toujours, c’est un peu à l’arrache mais tellement beau !
Nous avons transformé la collection Voyageur. Nous en gardons le format, la couverture, la carte mais ce n’est plus un CARNET-livre, Pourquoi ? Parce que tout le monde trouvait ça super… APRES… explication orale…malgré le texte de la 4è de couv… Quel libraire a le temps d’expliquer ? Aucun. Donc plus de carnet mais un petit livre d’art et poésie.

Entravés est né des lino-gravures de Samia Kachkachi, Nous aimons cette épaisseur du trait, cette qualité du noir, proches des couvertures de la collection Voyage noir. Nous aimons leur côté enfantin démenti par leur sens :  nous sommes entravés, enserrés, empêchés par les autres, ceux qui nous aiment ou pas, par nous-mêmes souvent.
(Ah Ah ! cette image n’apparaît pas dans Entravés…

Les très courts textes qui  accompagnent les Entravés ont été choisis par S. Kachkachi. Ils parlent aussi du corps, ont aussi une forme d’humour. Ils sont écrits à la manière des « poèmes express » de Lucien Suel.
Marie Thémenet a rencontré Lucien Suel au festival de Pirouésie animé par Robert Rapilly autour d’Oulipiens (Jacques Jouet, Olivier Salon, Frédéric Forte…) et d’ouliphiles (Amélie Charcosset, Jany Pineau…).

 

Au Chat Bleu, en mars : Non Standard et autres…

Pour accompagner nos lectures, Nsenga nous proposait :
un Ter Raz, un rouge à tanin soyeux, délicat, pas trop capiteux. Ce côte de Gascogne, mélange de deux cépages : Malbecq et Merlot a une finale un peu épicée.
Le blanc était aussi un Gascogne : cépages Chardonnet et Colombart mêlés, apportant beaucoup de fruit.

Les livres maintenant :
– D’ Alberto Barrera Tyszka, Balles perdues (46 p.) : les suites d’une manifestation et La correspondance des autres ( 26 p.) : autour d’un écrivain visiteur de prison. Elles sont parues en deux volumes en 2013 aux éditions Zinnia de Lyon. Tyszka, Vénézuélien, est également scénariste et journaliste. Ces deux courts textes donnent envie de lire ses romans traduits: Rating, aussi chez Zinnia et La maladie (2010), chez Gallimard.
– Les livres prennent soin de nous de Régine Detambel, ed. Babel. Régine Detambel est romancière mais elle écrit ce texte en tant que « bibliothérapeute ». Elle fait l’histoire de cette « discipline » : expérimentée en 1916 en Alabama pour traiter les troubles psychologiques des soldats rentrant d’Europe, et en montre les différentes obédiences. Quant à elle, contre le « biblio-coaching » aux livres faciles, elle prône le livre « plurivoque, un épais feuilletage de sens »…ayant le « pouvoir de nous maintenir la tête hors de l’eau et nous permettre de nous recréer. « , parce que « la littérature peut toucher au corps ! ». Elle parle de : « l’histoire de chaque soir qui répare le psychisme des enfants et les prépare aux inévitables anicroches du lendemain. ». Lis, lisons, lisez pour aller bien ou mieux !
Non-Standard-630x0– Toujours la même histoire de Jean Ségui et Elodie Boyer, aux éditions Non Standard, 2017.  Avec les illustrations de Josephin Ritschel, un beau cadeau à la ville du Havre pour ses 500 ans. Comme toujours chez eux, c’est un bel ouvrage, un travail sur la typographie, les papiers, et Le Havre donc ; mais, cette fois, le livre a un côté oulipien : la même histoire racontée trois fois, à un petit enfant, à un adolescent, à un adulte. La complexification d’une histoire simple : la rencontre d’un homme seul et d’un pigeon mais …en partant de la création de l’univers….Si les notes en bas de page du livre pour ado font rire (ainsi, dans la définition de « terroriste », on trouve : « Les terroristes d’aujourd’hui disent obéir aux écrits sacrés d’un dieu. Ils ont toujours eu des problèmes avec la lecture. »), d’autres pages, sur le personnage, sa solitude, sa vision de la vie, de la mort sont émouvantes.

On a aussi évoqué :
– Dossier 64 d’Alder Olsen, ed. Albin Michel, un polar aux enquêteurs improbables.
51gE82PZMaL._SX210_– Le bureau des jardins et des étangs de Didier Decoin : un personnage de femme dans le Japon ancien. Un « livre d’odeurs », poétique, érudit, écrit parallèlement à d’autres, en 12 ans.
– la trilogie de Pennac : « L’époque demande Pennac et ses Malaussène »…
– des Nancy Huston,
– des Russell Banks,
– Jérôme de Jean-Pierre Martinet, un « maudit » de la littérature qu’a réédité Finitude.
– A quoi rêvent les loups de Yasmina Khadra sur les années 1980 en Algérie, mais toujours d’actualité.
– La démocratie des crédules, un essai de Gérard Bronner aux P U F, 2013, sur la radicalisation par internet, l’information en silo où on ne trouve que ce qu’on cherche…

Nos prochains rendez-vous sont :
– sur le stand Normandie au Salon Livre Paris, entre le 23 et le 27 mars,
– Au Chat bleu, le jeudi 6 avril.

Salon Livre de Paris 2017

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logo-14-efef4C’est du jeudi 23 mars au soir (Inauguration) au lundi 27 mars au soir.

Et Rue du Départ y sera, sur le stand de la région Normandie. Avec nos livres bien sûr – certains auteurs passeront-. Avec, dans la collection Voyageur, une nouveauté  : Entravés de Samia Kachkachi et Marie Thémenet.

 

Au Chat Bleu en février

Nous pouvions boire en rouge du Saint Amour du domaine du Paradis, un petit gamay, un cépage assez simple mais bon !
En blanc, c’était un chardonnay d’Afrique du Sud, Colombard. Un vin très expressif, cépage côtes de Gascogne.

Il a surtout été question de livres de la rentrée de septembre 2016 :
Wet Eye Glasses– Désorientale de Négar Djavari, ed. Liana Levi : Un livre qui nous fait passer de l’ Iran à l’ Europe mais surtout d’un temps de l’ andarouni (harem) à celui de la F.I.V. En trois générations. La narratrice est d’un milieu aisé, intellectuel, dissident aussi bien vis à vis du Shah que des mollahs. Si elle présente des moments cocasses de la vie des femmes iraniennes : l’arrivée à l’hôpital avant l’accouchement (p. 96), les réunions de femmes parlant de leur  » vâjan, vâdjan ou vadjin » (p. 106), elle dit aussi la difficulté de vivre dans un autre pays : « Car, pour s’intégrer à une culture, , il faut, je vous le certifie, se désintégrer d’abord, du moins partiellement, de la sienne. Se désunir, se désagréger, se dissocier. »
– 
Le grand jeu de Céline Minard, aux éditions Rivages. Présente au Goût des autres pour une rencontre avec Bertrand Tavernier à propos du western (son Faillir être flingué en 2013), elle passe de genre en genre. Là, on croit d’abord être dans le nature writing puis on se retrouve à la limite du taoïsme et du film chinois. Une femme s’est installée seule dans un « tube de vie »  » à demi-appuyé, à demi suspendu à un éperon granitique »  dans la montagne qui est le personnage principal du livre. La femme marche, escalade puis s’aperçoit que quelqu’un d’autre est là…
Nous étions deux à l’avoir lu, quelqu’un totalement pour, l’autre contre…
Unknown-1– Détroit, dit-elle, ed. Verticales, de Marianne Rubinstein, elle aussi invitée du Goût des autres. M. Rubinstein écrit mais enseigne aussi l’économie ( Paris VII) et c’est de là qu’elle parle de la ville ruinée et résiliente, Détroit. Il s’agit d’un documentaire sur l’histoire de la ville de l’automobile, sa population de plus en plus noire, la crise des subprimes, son abandon, sa réinvention, les raisons de tout cela. Une lecture qui complète bien le roman de Reverdy.
De nos frères blessés de Joseph Andras, Actes Sud. Un texte qui se veut réhabilitation. Celle de Fernand Iveton, le seul Européen décapité en 1957 pour terrorisme. Pour son engagement dans le F L N et une bombe non explosée.

turquoise-1861785__340Les rencontres du Chat Bleu : les jeudis 2 mars, 6 avril, 4 mai, 1er juin et 6 juillet …

Pièce Unique n° 28 dédiée à « L’Autre Livre »

livre-la-moustache1La Pièce Unique N° 28 vient de La moustache, le troisième livre d’Emmanuel Carrère, paru chez P O L en 1986 et qu’il a adapté au cinéma en 2005. Une histoire de poils existant ou pas, rien donc mais qui enfle sur plus de 180 pages et se termine de manière tonitruante. Et étonnante. «  …tout le monde était persuadé que moi, je détenais le fin mot de l’histoire et en gardais délibérément le secret. J’avais beau dire que non, et que c’était même cette ignorance qui me permettait de la raconter, on ne me croyait pas. » . Ainsi en parlait Carrère au moment de la sortie du film.

La Pièce Unique n° 28 se nomme au choix : Au sachet mol ou Lâche ta sumo.
En voilà quelques poèmes express :
– Tant pis s’il avait bien failli cesser d’avoir peur.
– Ses yeux enregistrèrent le vide d’une vie normale, un truc irrattrapable.
– Le troisième jour, un pont relia deux petites îles. L’une d’elles refusa poliment.
– Sous leurs regards à écrous, des bouts d’immeubles se détachaient.
– Il aurait aimé cette vie, celle du Japonais dont les épaules ne transpirent pas.
– Gommer le ciel, faire confiance à l’après-midi puis caler les passerelles au-dessus des avenues.

La  Pièce Unique n° 28 est offerte à Eric Maclos, libraire, chargé de mission de l’Autre Livre, salon  de l’édition indépendante qui a lieu en novembre, (le prochain : les 17-19 novembre 2017) à l’espace des Blancs Manteaux à Paris. Ce salon rassemble 170 maisons d’éditions indépendantes francophones de petite ou moyenne taille. Par ailleurs, plus récemment, l’Autre Livre a ouvert une librairie au 13 rue de l’Ecole Polytechnique, 75005 Paris. Allez-y; on y trouve nos livres !Unknown

 

Au Chat Bleu (le 5, suite)

Voilà la liste des autres livres vus ce jour-là :

  • La cigale du 8ème jour de Mitsayo Kakuta chez Actes Sud que quelqu’un a rapproché d’une autre histoire d’enfant volé, Une vie entre deux océans de M.L. Stedman. Et, glissement…, en parlant de phare, super beau : Armen qui était le deuxième livre de Jean-Pierre Abraham (1936-2003).
    Puis, vous allez voir, nous avons beaucoup parlé de camps, de guerres, de racisme, d’ attentats :
  • La trilogie de Charlotte Delbo aux éditions de Minuit :
    Aucun ne reviendra, Une connaissance inutile, Mesure de nos jours
    à laquelle certains sont arrivés grâce à sa biographie : Charlotte Delbo, la vie retrouvée, chez Grasset, prix Femina Essai 2016 : » très attachante », « passionnant ». L’oeuvre de Delbo prouve que Adorno avait tort : l’écriture a été possible après Auschwitz.
  • Autre prix littéraire évoqué :  le Médicis 2016 : Laetitia d’Ivan Jablonka, historien, sociologue qui, cette fois, a travaillé sur la victime d’un fait divers mais a aussi écrit sur ses grands-parents morts en camp.
  • Un premier livre : Une nuit Markowitch, d’Ayelet Gundar-Goshem au « style luxuriant » : pendant la guerre, des hommes quittent Israël pour venir épouser des femmes juives de France et les sauver.
  • Une vie au service de la vérité de Serge et Beate Klarsfeld, 2015, poche : la vie en Allemagne après guerre.
  • Le père de l’ogre de Pierre Péju.
  • J’apprends l’allemand de Denis Lachaud.
  • Petit pays premier roman de Gaël Faye, ed. Grasset, lauréat de nombreux prix. Là aussi, la guerre, au Burundi.
  • Le dernier Lapon d’Olivier Truc, un polar oui mais qui « dit des choses que les Suédois n’auraient pas pu dire :  l’abolition des frontières à l’encontre de l’élevage des rennes », ce qui met le peuple des Samis en danger. A rapprocher du plus récent La loi des Sames de Lars Petersson à la Série noire.
  • Les suprêmes d’Eduard Kelsey Moore, ed. Babel : au sud des USA, , pendant les années 60, trois jeunes femmes noires, leur amitié.
  • La légèreté de Catherine Meurisse, rescapée de Charlie Hebdo : sa vie après. Et de quelqu’un, Antoine Grisse qui n’aurait sans doute pas écrit sans l’acte terroriste du Bataclan où il a perdu sa femme : Vous n’aurez pas ma haine.
    Plus légers :
  • product_9782070187096_98x0cigaleLes cosmonautes ne font que passer d’Eliza Gueorguevia, premier roman de cette Bulgare, aux éditions Verticales : dans les dernières années du communisme, une petite fille de 7 ans parle. C’est la fin d’un monde, le début d’un autre.
  • L’inconnu de Peshawar, un polar en poche de Cheryl Benard : sur les relations entre les Américains et les autochtones. Drôle.
  • Un dangereux plaisir, le dernier François Valejo sur la nourriture.
  • Chez soi, odyssée de l’espace domestique de Mona Chollet, ed. Découverte poche : les nouvelles façons de vivre aujourd’hui.
    Enfin, plus réflexif :
  • Où est passé l’avenir ? de Marc Auger : un parallèle avec les sociétés traditionnelles… Comment nous rattraper aux branches…

Au Chat Bleu, le 5, avant la venue des jeunes du master de création littéraire,

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on était nombreux et on a parlé de beaucoup de livres, en buvant – Goût des Autres oblige – des vins du nouveau monde : un rouge du Chili : du Carmenère, LE cépage chilien, assez puissant. Un blanc, un Chardonnay de Californie : un Woodbridge au beau bouquet fleuri.
Les livres aussi du nouveau monde :
51LuCuAbNfL._SX195_– En toute franchise de Richard Ford, chez Points poche. Frank Bascombe, personnage récurent de Ford, marchand de biens maintenant en retraite, dans 4 nouvelles qui font roman, parle d’écologie, de racisme ordinaire, de vieillesse, de mort. On est en 2014, sous Obama, cela rend compte des suites de l’ouragan Sandy dans une zone résidentielle sur la côte du New Jersey, d’une femme noire dans un quartier républicain, d’une hôtellerie cinq étoiles pour personnes âgées, du cancer phase terminale d’un copain. Un état des lieux.
couv rivièreLe signal de Ron Carlson, paru en 2009 aux USA, en 2011 chez Gallmeister (éditeur présent au Goût des autres le 22 janvier) : un homme et une femme pendant cinq jours de rando en montagne et en forêt dans le Wyoming. Ils ont formé un couple. C’est un « pur ». Il a voulu conserver son ranch, vivre comme il le désirait, a fait des erreurs mais la vraie violence est ailleurs.  Allez voir. C’est un grand roman, maintenant dans la petite collection Totem.
On parle des autres livres évoqués ce jour-là dans un très prochain post.
Rendez-vous
– avec Olivier Gallmeister, ce 22 janvier à 18 h à l’ Esperluette, au Goût des autres.
– au Chat Bleu, le jeudi 2 février.