Un Heinrich Böll : P U N° 84

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La mort de Lohengrin de Heinrich Böll est un recueil de 15 nouvelles parues en France, au Seuil, en 1958. Il est trouvable dans la collection Points.
Böll y parle le plus souvent de manière sensible de l’après-guerre, d’hommes blessés, de vies brisées, de pauvreté et de villes en ruines. Trois d’entre elles insistent sur la jeunesse des soldats qui y ont été envoyés. Deux autres montrent le catholicisme de l’auteur : la mort est joie et lumière.
Mais quelques unes sont différentes : Mon visage triste, est une dystopie sur le fascisme dans un Reich où on peut être arrêté parce qu’on n’a pas l’air heureux.  Pas seulement à Noël, la seule très drôle, évoque la folie d’une tante qui ne veut plus vivre que la fête de Noël : sapins, décorations, angelots, massepain, et comment fait la famille pour le lui permettre.

Des « Poèmes express » en sont nés. En voilà quelques uns :
– Sa mère vivait d’injures, puis était morte de peur.
– Un uniforme beige s’assit, se releva et cassa un individu.
– Etre vous laisse tout seul.
– Un vert comme un couvercle, un jaune sur le bord.
– Massepains de nains : coutume allemande aimable.
– C’est simple, une femme nue. La femme, trouve-la moi.

Cette Pièce Unique a été offerte à Marie-Claude J., une très-très-grande lectrice avec laquelle il a été très agréable de travailler et est tout aussi agréable aujourd’hui de voir des expositions : ici, des vidéos d’Ange Leccia à partir du tableau des énervés de Jumièges.

Exposition visible à  l’abbaye de Jumièges jusqu’au 31 octobre 2019.

 

Chat Bleu de juin 2019

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Entre un Saumur Champigny et un Côte de Gascogne … nous avons beaucoup voyagé.  Avec Andrzej Stasiuk d’abord, aussi bien romancier que « écrivain voyageur ». Stasiuk est un auteur polonais né en 1960, édité en France, le plus souvent chez Noir sur Blanc, Christian Bourgois ou Actes Sud. Les deux livres dont nous avons parlé sont de cette maison :
– Taksim, paru en 2009 en Pologne et traduit en 2011 par Charles Zaremba est un roman à la première personne qui nous emmène dans les Carpates, après 1989. Le narrateur traverse cette zone en tous sens dans un vieille camionnette  avec un autre homme. Ils vendent des frippes dans les villages, passent les frontières, comme nous le seuil de la porte. Les descriptions de ces endroits reculés, abandonnés, sont fabuleuses. Nous y sommes. C’est aussi drôle (les expatriés rentrant avec leurs voitures neuves européennes…) que glaçant (un épisode avec un cochon ! )
– L’Est ,du même Andrzej Stasiuk est un récit paru en 2014 en Pologne et en 2017 en France, traduit par Margot Carlier. Là, il nous emmène de la Pologne, à la Chine du nord en passant par des régions de la frontière sino-russe. Nous allons, avec lui, de villages  pauvres et sablonneux côté russe à des villes champignons, pauvres aussi, autrement, côté chinois.
Dans les deux livres, il parle des objets produits par la Chine, cassables, sans vraie utilité, qui envahissent l’Est dont les habitants ont si longtemps dû s’empêcher de consommer.
Andrzej Stasiuk, un sacré écrivain et un penseur !

Le voyage a continué avec L’axe du loup de Sylvain Tesson, en Pocket : son périple, de la Sibérie au golfe du Bengale, suivant les traces des hommes qui s’échappaient du goulag.
Puis nous avons reparlé de livres que nous avions aimés : d’Axel Kahn, de Céline Minard : Le grand jeu ,  Les frères Lehman de Stefano Massimi.

Enfin, nous avons évoqué :
– La peinture à Dora de François Le Lionnais (1901-1984), co-fondateur de l’Oulipo, et une biographie façon puzzle de celui-ci par Olivier Salon, Oulipien et mathématicien : Le disparateFrançois Le Lionnais, tous deux aux éditions du Nouvel Attila, 2016. François Le Lionnais a été prisonnier du camp de travail de Dora en 1944 et a raconté comment il réussissait à « s’en échapper » grâce à des descriptions qu’il faisait à ses camarades de tableaux du Louvre .
– Les Amnésiques de Géraldine Schwarz, éditions Flammarion : un essai passionnant sur la montée des populismes des années 30 à aujourd’hui.

Le prochain et dernier Chat Bleu de la saison est le 11 juillet.

Ouest Track, Un peu de lune

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Depuis quelque temps déjà, nous participons à Ouest Track Radio, à l’émission Viva Culture. Pourquoi ne pas vous en faire profiter ? C’est l’occasion d’ajouter du son à notre rubrique Ouest Track et nous sur le blog :

L’émission complète est ici

 

Des compliments !

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Des compliments et pas de n’importe qui !
D’un auteur du noir dont on aime bien les livres :
Benoît Séverac,
venu cette année au Polar à la plage pour 115, salement efficace.

On vous livre son retour sur Un peu de lune aux éditions Rue du Départ :
« Cette histoire lunaire : j’ai a-do-ré ! J’ai été très amusé par ce doux dingue, et très ému par le texte lui-même de cette Chilienne. Le récit est très beau, très représentatif et jamais dans l’outrance, tout en retenue.
Le livre est un bel objet, les photos et la mise en page (et le sens de lecture) très réussi parce que ce n’était pas évident de marier ces deux textes. »

Merci à Benoit Séverac de ce mms que nous rendons public : il nous fait trop plaisir !

Un Maïssa Bey : P U N° 83

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Cette fille-là de Maïssa Bey, paru en 2001, prix Marguerite Audoux, est le deuxième livre de cette auteure algérienne francophone née en 1950. Il parle, comme tous ses textes, de femmes, de ce qu’on leur fait, de l’injustice, de la répression qu’on leur fait subir à tous les âges, de leur non-place. C’est dur, malheureusement toujours vrai et beau.

 

Quelques poèmes express  venus de Cette fille-là :

– Surgie d’on sait où, la violence.
– Une petite chambre se réveille au 
milieu de la nuit, une chambre pour éclats de voix et colères.
– Lui, c’est le patron, elle, c’est un corps.
– Les mains tendues, elle traverse les murs et attend là.
– Des toits juste avant la pluie se roulent à terre et remontent après.
– Elle a des tresses serrées. Il les distribue à toutes les filles.

Cette Pièce Unique N° 83 est offerte à Véronique M., une femme douce, trop peut-être quelques fois pour que la vie soit facile …

Ouest Track – c’est l’été !

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Sur Ouest Track dans Viva Culture :
à partir du 23 juin, 11 h :
retour sur Le Polar à la plage 2019,
le lauréat du prix des lecteurs des Ancres Noires : Jacky Schwartzmann,
et la compil.

 

 

 

 

 

à partir du 7 juillet, 11h :
encore retour sur le Polar à la Plage : les auteurs étrangers invités cette année :
Tove Alsterdal (Suède) Prix Ancres noires 2018,
Antti Tuomainen (Finlande),
Ann Cleeves (Grande-Bretagne).

Au moment où…

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Au moment où
– on fête les 50 ans des premiers pas sur la Lune
– on peut voir, jusqu’au 22 juillet 2019, l’exposition La Lune- du voyage réel aux voyages    imaginaires : 190 oeuvres de l’Antiquité à nos jours, au Grand Palais à Paris.
– la sonde israélienne Beresheet, créée par une société privée, se crashe sur la Lune :

Lisez Un peu de lune de Francisco Mouat et Clara Montecinos !

Ouest Track et nous – le retour

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Bonjour !
Depuis le 31 mars, 11h, date et heure de première diffusion, vous pouvez entendre (n’importe quand )

sur Ouest track, radio sur le net,

dans Viva Culture,

nos impressions du Retour du Salon Livres Paris.

 

 

A partir du 14 avril, 11h, il est question du petit dernier des éditions  Rue du Départ : Un peu de lune dont on est forcément très fiers, comme de tout ce que nous avons fait depuis notre création en 2011… (« Si nous ne le disons pas, qui le fera ? » remarquerez-vous perfidement … Eh bien, non, les compliments sont nombreux : de lecteurs, de professionnels, d’inconnus !… Si Si, juré, craché !)

Un peu de Lune

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Un peu de lune de Francisco Mouat et Clara Montecinos vient de sortir, ça y est !
En fait  : un peu de lune et beaucoup de Chili.
Francisco Mouat est journaliste et écrivain chilien. Clara Montecinos est une architecte franco-chilienne. Elle traduit là une interview de Mouat et Jenaro Gajardo, le « Chilien qui possédait la lune ».
Elle nous dévoile aussi l’Histoire de ce pays d’immigration et des vies de Chiliens, malmenées par la dictature de Pinochet.

 

Un petit livre inclassable.
Une histoire vraie incroyable et d’autres à connaître absolument dans notre monde de 2019, tenté par les extrêmes.

Pirouésie 2018

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C’est fini et c’est passé peut-être encore plus vite que d’habitude !

Ateliers avec :
_ Henry Landroit : à partir d’une nouvelle de Félix Fénéon (1861-1944) qui rendit compte de 1260 faits divers, trouvables aux éditions cent pages cosaques, 2009.
Amélie Charcosset : sur le thème
– du choix : « Préfères-tu ? »
– du 
corps après lecture d’un extrait de Sei Shonagon : « Les choses qui : … font mal… battre le coeur… tenir droit…etc
Olivier Salon : encore à partir de Félix Fénéon, mais d’une seule « brève » cette fois : « Catherine Rosello, de Toulon, mère de quatre enfants, voulut éviter un train de marchandises. Un train de voyageurs l’écrasa. » à décliner selon des consignes tirées au hasard parmi une vingtaine de possibles : allitération en K, périphrase, olfactif etc…
Francis Tabouret : (Vous vous rappelez ! Traversée, édition POL ! ) : sur les métiers avec, par exemple, l’exercice du « gestomètre ».
Benoît Richter :
– une nouvelle en trois parties, de trois points de vue différents, la deuxième partie faisant la moitié de la deuxième et la troisième, la moitié de la deuxième.
– un « conte inversé » comme, ci-contre,  » Histoire de la roue qui a inventé l’homme » aux éditions Mémo.

Bon, mais là, ce ne sont que les ateliers que j’ai suivis ! Il y en avait plein d’autres, avec ou sans promenades, avec d’autres animateurs, d’autres médias comme : le collage avec Philippe Lemaire, la danse avec Olivier Viaud, la gravure avec Marie Vilain, la voix avec Thomas Suel et cette fois, aussi, web-radio ! Podcast possible.

Bon, mais là, ce ne sont que les ateliers ! A chaque soir, son spectacle : en voilà quelques uns :
Nationale 20, un hommage à Jean-Marc Rainsant que nous voyions là chaque année, féru de mots et de piano.
– deux soirées Thomas Suel : !!!!!
– Comme chaque année, le travail théâtral de Jeanne Carillon avec les enfants : cette fois, Histoires de famille. Toujours incroyable !

Puis, final convivial : le bal de La vandale.

« Traversée » de F. Tabouret

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Chat Bleu d’avril 1)
Il faisait beau et N’senga nous a proposé des vins du soleil :
Un rouge du Languedoc, d’un petit viticulteur : domaine d’Erian, cuvée les Bermudes aux notes de fruits noirs.
Un blanc, un Uby de même cépage que le n°4 : à doux goût d’ananas.

Pour accompagner cet ensoleillement :
Traversée de Francis Tabouret aux éditions POL, 2018. Un premier livre. Francis Tabouret était un collaborateur de la revue Tigre, aujourd’hui disparue. Son métier est de convoyer des chevaux. Ce livre parle de cela mais à travers un voyage précis, de huit jours, entre Rouen, Pointe-à-Pitre et Fort-de-France sur un porte-containers, avec chevaux certes mais aussi moutons et taureaux… Une première pour lui. Il évoque les animaux, son travail auprès d’eux et sa vie à bord : (P. 25) : »…, je suis monté aux barreaux d’une échelle au relief de rouille et de peinture, je me suis faufilé entre deux rangs de containers sur des grilles de ventilation, entre des câbles et des tuyaux. La voilà ! Petite cour de ferme. Les bêtes comme au fond d’une crevasse ou d’une faille géologique. Une pile de containers supprimée au centre du bateau fait que le préposé aux animaux, le palefrenier, le convoyeur, l’accompagnateur, le groom, le cow-boy (prenez le mot que vous voulez) dispose d’un couloir et peut accéder aux bêtes, qu’elles peuvent mettre une tête dehors. »

Etonnant, non ? Pour Francis Tabouret aussi, qui est spécialisé dans les chevaux :
(p.46) : »Il faut le temps, la répétition. Le métier est de faire de ce monde de ferraille et d’eau, de saillies et de trous, d’un peu de rouille, de dangers, de faire de ces quatre boîtes et de cette petite cour au fond des si hautes piles un monde d’humanité et d’animalité, une chaleur et un chez-soi. »
et qui se retrouve avec des animaux aux comportements inconnus : grégaire, le mouton (p.16) : « Ce ne sont pas des moutons, c’est un troupeau que vous prenez par la main. », (p.15) : « force comme en veille », les taureaux dans la boîte desquels il n’est pas question d’entrer pendant le voyage.

De beaux moments en mer, la place des hommes sur le bateau, les relations existantes ou non. L’arrivée, la séparation, les nouveaux propriétaires des chevaux qui ne semblent pas y connaître grand chose.
Un beau livre !

On parle des autres livres évoqués ce soir-là dans le post suivant…

Suite n° 11

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Suite n°11 vient de sortir,
Suite n°11 est de Pascal Millet, auteur de polar mais pas que !
Suite n°11 est un poème narratif sur les débuts d’une relation amoureuse. C’est l’homme qui parle, de son histoire particulière.
Suite n°11, c’est, face à ce texte contemporain, des images de corps féminin, des détails de sculptures, des courbes, des nuques, des seins, des mains de tous les temps et de lieux différents. Un éternel féminin, fabuleusement photographié par Eric Enjalbert. Certaines pierres sont des peaux !
Suite n°11, c’est une histoire particulière face à La Femme.

Un J. M. Coetzee : P U N° 82

Au coeur des ténèbres, le deuxième livre de J. M. Coetzee, a été publié en France chez Maurice Nadeau en 1981 puis au Serpent à plumes, collection Motifs, deux maisons excellentes, l’une  disparue, l’autre morte puis reprise. Il est maintenant trouvable en poche Points Seuil.

J. M. Coetzee est né en 1940 en Afrique du Sud, a aussi vécu en Grande-Bretagne, aux USA, en Australie.  Professeur d’université, il a vu son premier livre publié en 1974 et a reçu le prix Nobel de Littérature en 2003.

Au coeur des ténèbres se passe dans une ferme du veld, en plein milieu de nulle part, avec Magda, la fille du fermier blanc, Hendrik, l’ouvrier agricole noir et Klein-Anna, la jeune épouse qu’il ramène et que séduit le fermier. C’est Magda qui parle dans 266 petites séquences numérotées. Et on ne sait pas : ce que Magda raconte, arrive-t’il vraiment ou est-ce de la folie ? En tous cas, c’est fort et dur !

Voilà quelques Poèmes express issus de cette Pièce Unique :
– La femme qu’il vient d’allonger pense, loin de ce plancher.
– Ce regard me mordille : gourmandise de peintre.
– Le secret le rendait fou, le désir, pas vraiment.
– La bouche a bu de l’urine de fées. Fin de l’histoire.
– Foulard rouge dans une couvée de poussins.
– L’innocence de petits potirons.

La P U N° 82,… trois livres en un,… est offert … à la libraire Caroline J. de Au fil des Pages qui n’a déjà pas le temps matériel de lire tout ce qui sort…

Chat Bleu de mai 2019 -2)

On a aussi parlé de :

– Lydie Salvayre, d’abord de : Marcher jusqu’au soir. Ma nuit au musée, éditions Stock, 2019 : sa réaction à sa nuit dans l’exposition Giacometti, au musée Picasso. Elle aime la sculpture de Giacometti L’homme qui marche mais n’a pas apprécié cette nuit. Cette commande est l’occasion pour elle de parler de ce qu’est l’émotion esthétique, de comment on la ressent ou pas, comment on y accède, de l’origine sociale qui peut ou pas permettre cet accès. – Il s’agit du deuxième livre de la collection Ma nuit au musée, ouverte par Kamel Daoud en 2018 avec Le peintre dévorant la femme qui évoque l’érotisme dans les cultures musulmane et occidentale. –
Les lectrices de Lydie Salvayre étaient nombreuses et elles ont cité Pas pleurer, sur sa mère, Sept femmes, sur sept poétesses, Tout homme est une nuit (super beau titre ! ), sur un jeune homme atteint d’un cancer, Petit traité d’éducation lubrique. Presque tous ses livres sont en poche, collection Points.
– Jean-Claude Grumberg : La plus précieuse des marchandises, Seuil 2019. un petit conte bouleversant. La grande Histoire dans la fiction.
– Romain Gary qui vient d’entrer dans la Pléiade mais ses magnifiques Racines du ciel, sur l’enfermement, les animaux et sa jubilatoire danse de Gengis Cohn sont tous deux en Folio.
–  Le dimanche des mères de Graham Swift, traduit par Marie-Odile Fortier-Masek. Paru en 2017 chez Gallimard, collection du monde entier, trouvable maintenant en Folio. Dans l’Angleterre de 1924, une domestique a pour amant le fils de la maison. Il se marie. Elle devient une écrivaine connue.
– de quelques essais ou témoignages :
– En attendant la chute du mur de Karine Lamarche et Keren Manor (photographe) : regard critique sur la colonisation israélienne par des Israéliens. 2011, éditions Ginkgo, maintenant en poche.
– Les passeurs de livres de Daraya de Delphine Minoui : une bibliothèque souterraine dans la banlieue de Damas, Seuil 2017, Points 2019.
– Pensées en chemin d’Axel Kahn, Stock 2015, Livre de poche. Ce scientifique est un grand marcheur qui a vu les paysages et les difficultés sociales de la France.
– Le monde selon Victor Hugo de Michel Winock, 2018 Tallandier : « ce n’est pas un roman mais ça se lit comme un roman et cela permet de mieux comprendre les Français. »… dit Léa…
– Sur la route et en cuisine de Rick Bass, éditions Christian Bourgois 2019 : 15 visites faîtes par cet auteur de nature writing  à ceux qu’il considère comme ses mentors…plus ou moins ouverts à la rencontre…

Chat Bleu de mai 2019 -1)

Commençons par les prochaines dates : les  jeudis 20 juin et 11 juillet !

Le 16 mai, il faisait beau et N’senga nous faisait goûter au choix
– une « Tête de linotte ( espèce protégée ) », un vin rouge joliment travaillé dans le fruit rouge et la violette.
– ou une citronnade bio, produite par une jeune femme travaillant à Rouen, et ça dans le cadre de la nouvelle carte de produits artisanaux et locaux du Chat Bleu.

Nous parlions d’abord d’auteurs invités au Polar à la plage, les 15 et 16 juin prochains, avec deux coups de coeur, très différents :
– l’auteur Jacky Schwartzmann dont on a lu d’abord Mauvais coûts, paru en 2016 à la Fosse aux Ours, puis Demain c’est loin, au Seuil en 2017, tous deux trouvables dans la collection Points. Schwartzmann tape sur tout et n’est pas vraiment politiquement correct … mais c’est drôle !
– Power de Michael Mention, 2018, éditions Stéphane Marsan : un EXCELLENT bouquin à trois voix qui nous plonge dans l’Amérique des années 60, aux côtés des Black Panthers tels qu’on ne les connaît pas, dans leur dimension sociale (écoles, distribution de nourriture, soin). C’est super documenté et extrêmement vivant !
Et, aussi attendus au festival, Antti Tuomainen dont on a plutôt aimé le livre un peu entre SF et écologie, La dernière pluie. Patrick Pécherot et son  Hevel autour de la guerre d’Algérie vue de France et de deux époques différentes. 

Puis, nous vous invitions à feuilleter deux revues gratuites : Perluète  de Normandie Livre et Lecture et Le Havre-Etretat 2019.

Et à aller au Havre, à la maison du Patrimoine, voir le mobilier d’Alvar Aalto et, juste à côté,  l’exposition Fenêtres sur coeurs de Claire Le Breton, Franck Marry, jusqu’au 26 septembre.

 

Un Rafael Pividal : P U N° 81

Pays sages paru en 1977 est la Pièce Unique n° 81 et ma première lecture d’un Rafaël Pividal (1934-2006).
Cet auteur né en Argentine de père argentin et de mère française, est venu en France en 1952. Agrégé de philosophie, docteur en sociologie, il a enseigné la sociologie de l’art à la Sorbonne et a beaucoup écrit.
A la sortie de Pays sages, le critique Matthieu Galey lui prêtait rien moins que : « l’humour de Chaval, la minutie de Ponge, l’invention de Vian ».
On peut aussi voir dans le personnage du scientifique-bûcheron Dimitri Chepilov un Candide qui, passant de sa datcha au fin fond de la Sibérie, à Londres pour le jubilé de la reine, voyage dans le monde soviétique et découvre le capitalisme.
Si tout est improbable dans ce conte, il est bien plus qu’étrange ou comique puisqu’il parle de faits et de problèmes sociaux qui, en quarante ans, n’ont pas pris une ride : chômage, écologie, impact des marques, trusts…même de l’édition…

Voilà quelques Poèmes Express qui en sont issus :
Les trains russes sont en plastique la nuit.
– Après mille gratte-ciel, une plaine. Pliante.
– Sous le papier de soie, la femme belle à l’ancienne mode.
– Esthétique occidentale : vous avez maigri.
– Les chiens salissent les moquettes et madame ne reçoit plus.
– Ce qu’on appelle une nuit de réflexion : on branche le tuyau sur le sens.

La Pièce Unique N° 81 Pays sages, 3 livres en 1, est offerte à Elisabeth G. pour la perturber … ou l’aider … dans son enseignement de l’histoire.