Un Jean-Loup Trassard : P U N° 101

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Campagnes de Russie de Jean-Loup Trassard est paru en 1989 chez Gallimard, puis  en folio mais n’est, semble-t-il, plus trouvable.

Cet auteur, né en 1933, qui se présente comme « écrivain de l’agriculture », a été une de nos nombreuses découvertes au Festival écrivains en bord de mer. Ces rencontres ont habituellement lieu autour du 14 juillet à La Baule. Sans doute, cette année, nous manqueront-elles.
Dans ce livre, Jean-Loup Trassard rend compte de 25 jours passés en Russie paysanne soviétique, sans parler russe, accompagné d’un traducteur. Il décrit et photographie des paysages, des animaux élevés, chassés, des isbas, des églises désaffectées et laides, des kolkhoziens, des repas arrosés, des fêtes cosaques, et une jolie serveuse un peu triste qu’on n’oubliera pas.

Voici quelques Poèmes Express venus de Campagnes de Russie :
– Terre poudreuse et sieste d’été dans la forêt de cinéma.
– Petits cubes de femme…transformation de produits divers en poussière.
Les écrivains régionaux en laine beige donnent le sens.
– Des vaches après consommation, en tapis.
– On ne mange pas un fossoyeur.
– Nous souffrons des petites chaussettes blanches arrêtées à mi-jambe.
– On produit du passé, on en garde un souvenir.
– Deux tracteurs soulèvent deux nuages, petites usines qui fument.

La Pièce Unique n° 101 est offerte à Jean-Pierre Suaudeau, auteur de Les forges, un roman, livre sur un lieu de mémoire ouvrière près de Saint-Nazaire, paru aux éditions Joca Seria en 2018.

Un Julio Cortazar : P U N° 100

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oui, N° 100 !!!!!

Voilà dix Poèmes Express issus de

Les armes secrètes,
une merveille de livre, onze nouvelles toutes plus fabuleuses les unes que les autres, de Julio Cortazar, traduites par Laure Guille- Bataillon, parues chez Gallimard en 1963 :

Un autre corps se défendait d’un autre coup de fouet.
– Je pensais aux lions dans les tulipes.
– Sur le bristol bleu, un savon aux amandes dans du papier vert clair.
– Le lit paraissait flotter dans le vinaigre. Je plongeai dans la chambre.
– Je me rappelle du craquement. Il n’y a plus personne.
– Racontons quelque chose d’anormal, mettons-y des nuages.
– Il a du mal à entrer dans les étoiles ; il y a tant de temps dans le temps.
– Un ver luisant n’a dormi que deux heures. Il faut qu’il pense à prendre des comprimés.
– Il écarte les petites bêtes tièdes, il a peur.
– Des anges applaudissent et les gens croient tout ce qu’on dit.

Les armes secrètes, 3 livres en 1 :  l’original + 1 poème express par jour + 1 info par jour sont offerts à Sylvie B. et à Philippe G., des « compagnons de longtemps », de ceux dont on est proche même quand on ne les a pas vus depuis… eh bien ! longtemps !…

Ouest Track et nous :

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Le dimanche 24 mai à 11h sur Ouest Track, et après, en podcast quand vous voulez :
Autour des livres vous parle de
Rouge pute de Perrine Le Querrec
aux éditions La contre-allée.

200 de Franck Achard

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200 de Franck Achard est paru aux éditions Vistemboir au mois de mars 2020. Un de ces livres touchés de plein fouet par le confinement, la fermeture des librairies et l’annulation des salons.
Mais au fond, ce n’est peut-être pas une atmosphère étrange pour
un monde de forêt et de village,
dans un temps inconnu,
où les personnages se nomment « Chut », « 200 », « l’Ancienne », « Neige », « 110 » ou « M’sieur Treize »,
où des malheurs terribles arrivent,
racontés dans une langue très douce.
Un monde de conte.

Un John Cowper Powys : P U N° 99

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Synopsis:
‘What I’ve tried to do in this tale is to invent a group of really mad people who have the fantastic and grotesquely humorous extravagance that, afer all, is an element in life’.

So wrote John Cowper Powys himself in his prefatory note to this novel first published in 1952.

En anglais le livre est paru sous le titre de the inmates, c’est à dire « les internés » , en français, en 1976, au Seuil :la fosse aux chiens.

Nous sommes dans un asile psychiatrique tenu par le docteur Echetus qui pratique la vivisection sur les chiens. Les personnages principaux sont Tenna Sheer qui a voulu tuer son père – dont on peut se demander s’il n’a pas eu avec elle des relations incestueuses – et John Hush qui a une attirance pour les boucles des jeunes filles au point de les leur couper. Il aime Tenna pour qui « ce n’était pas n’importe quel genre d’homme ! Il était du genre inanimé. Plus une poupée qu’une personne.…(p. 47)
Le personnel est aussi étrange que les malades.
L’univers de ce livre de Cowper Powys (1872-1963) est extrêmement étonnant et on a l’impression que Powys comprend parfaitement les folies dont il rend compte.

De ce texte sont sortis des « poèmes express » :
Flot continu de hochements de tête. Conversation de ventriloque par tous ces dos.
– On avait déjà oublié la dynamite dans sa chambre.
– Sur l’oreiller protestait cet agressif de l’amour.
– Elle se mit enfin à déformer les hommes, à jouer de leurs têtes.
– Mon voisin est catholique, son regard pas.
– Une femme sur le carrelage et un groupe de mâles.

Ce livre est offert à Bernard G. amateur d’étrangetés littéraires

Voyageons ! avec Diane Meur !

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Voyageons
toujours dans l’espace et le temps
avec le cinquième « roman » de Diane Meur, sorti en 2014 aux éditions Sabine Wespieser, maintenant en poche.
Si le mot « roman » est ici entre guillemets – bien qu’il apparaisse sur la couverture du livre -, c’est qu’il s’agit de quelque chose d’autre. P.143 : « Et c’est seulement en mars 2013, lors d’un bref séjour à Berlin, que j’ai compris que je n’écrirais pas le roman des Mendelssohn mais le roman vécu de ma recherche sur les Mendelssohn »…
Diane Meur part de Moses Mendelssohn (1729-1786), philosophe juif des Lumières, travaillant dans une soierie, puis nous entraîne dans quelques vies parmi les 765 descendants qu’elle a répertoriés et « cartographiés ».
P. 24 – 25 :  » Alors ce fragile projet auquel je n’étais même pas sûre de tenir, ce petit filet d’eau qui se refusait à grossir depuis cinq ou six ans, s’est soudain élargi en rivière. Puis en torrent. » (…) « ce n’était plus un torrent mais déjà un un fleuve, un fleuve assez large pour que, d’une rive, on n’en aperçoive plus l’autre. »(…)  » Et j’ai compris que ce fleuve en train de se répandre en un immense delta était gros de toute ma nostalgie de Berlin »… 

On traverse donc trois siècles.
On passe à Dessau, Dresde, Weimar, Leipzig, Hambourg, Berlin au XVIIIè siècle quand les Juifs doivent payer pour y entrer ou avoir une autorisation pour y séjourner. On passe aussi en Autriche, au Danemark quand ce pays est propriétaire d’Altona, arrondissement de Hambourg, en Angleterre au XIX ème siècle, quand Félix Mendelssohn y est une star, au XXème siècle, un peu partout, quand les Mendelssohn se sauvent du nazisme ou meurent pour lui.
On croise Lessing, Goethe, Schlegel et, ami de Diane Meur, Jacques Lederer. La carte des Mendelssohn  nous parle du religieux, de l’humain, de ses manières de survivre et des mouvements de société. Un grand voyage !

Voyageons ! Avec Ossip Mandelstam !

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Les Lettres d’ossip Mandelstam, parues chez Actes Sud en 2000 nous transportent elles aussi dans l’espace et dans le temps.
Mandelstam (1891-1938) qui a beaucoup voyagé hors de Russie avant la révolution, a dû beaucoup se déplacer ensuite en URSS, et rarement pour le plaisir…
Mandelstam est traducteur et poète. Si l’on n’est pas russophone, on se trouve face à des traductions, quelques fois de poètes : Paul Celan, André du Bouchet, Philippe Jaccottet.

Problème éternel de la poésie traduite : avec ou sans rime? Personnellement, j’irais vers le sans…

C’est pourquoi lire ses lettres était essayer de l’atteindre plus « réellement ». Et ses lettres nous emportent, que ce soit celles envoyées à sa femme Nadejda, lettres de manque ou celles adressées aux autorités littéraires et politiques, courageuses.

En ces temps d’immobilisation forcée, voilà :
-un extrait de lettre à sa mère, avril 1908, Paris :
« Le matin, je me promène dans le jardin du Luxembourg. Après le petit déjeuner, j’installe chez moi une sorte de soir : c’est à dire que je tire les rideaux. Je fais du feu dans la cheminée, et dans cette ambiance je passe deux ou trois heures… »
– un extrait de lettre à Nadejda Ia. Mandelstam, 26 décembre 1935, Tambov :
… » j’ai loué à deux pas d’ici – moins d’une minute à pied- une chambre admirable ; il y a là une vache, un divan, des housses pour les meubles, un gramophone et un cactus. Nous sommes sur la haute rive de la Tsna. Elle est large ou paraît large comme la Volga. Elle traverse des forêts d’encre bleue. La douceur et l’harmonie de l’hiver russe procurent une profonde jouissance. Des lieux très authentiques. A dix minutes du centre en prenant un petit autobus. Il y a des tours, des monastères ensauvagés, de grosses femmes à moustache. »

Des chambres et du lointain.

Voyageons ! Avec Lurlure !

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Voyageons dedans puisque nous sommes réduits à l’immobilité dehors !

Voyageons en lisant
L’Abyssinienne de Rimbaud de Jean-Michel Cornu de Lenclos aux éditions Lurlure, 2019

Si on ne connait pas cet auteur (1956-2014), on peut aller sur le site que lui consacre celle qui fut sa compagne. On y découvre, en plus du chercheur à l’ E.H.E.S.S., un voyageur, un éditeur, un peintre, un designer.

jean-michel-cornu-de-lenclos.

www.jean-michel-cornu-de-lenclos.com
L’Abyssinienne de Rimbaud nous emmène en Ethiopie entre 1880 et 1891.
On y apprend plein de choses sur la vie et le (mauvais) caractère de Rimbaud mais peut-être plus encore sur cette période où la « société de géographie » est plus un lieu d’espionnage que de culture, où France, Angleterre et Italie colonisent la zone, où voyager dans ces parages peut entraîner la mort, où l’esclavage est encore vivace,
Bref, un vrai dépaysement !

 

Patrik Ourednik – suite 2 :

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Extrait de La fin du monde n’aurait pas eu lieu, éditions Allia, 2017 :

« Les livres ont pour objectif premier d’éviter le suicide collectif. Leur rôle est social. Il arrive que quelqu’un se suicide après avoir lu un livre : il s’agit d’un accident. »

De l’intérêt d’être TSUNDOKU !

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Tsundoku (積ん読) désigne l’accumulation, sous forme de piles, de livres qui ne sont jamais lus. Le terme vient de l’argot japonais de l’ère Meiji (1868-1912). Il s’agit d’un mot-valise issu de 積んでおく (tsunde-oku, pour désigner les tas de choses laissés pour une utilisation ultérieure) et 読書 (dokusho, lecture).

On lit ! On lit !
On a du retard, forcément.
On va le rattraper ; enfin, en même temps, on espère que non : vu l’ampleur des piles, ce serait mauvais signe…

Dernières lectures : que l’on vous conseille chaudement :
– De Tommy Orange : Ici n’est plus ici, traduit par Stéphane Roques, Albin Michel, 2019 : un Indien écrit sur des Indiens. A Oakland (Californie). Des femmes, des hommes, leurs manières de continuer même si c’est loin d’être facile. Mais rien de larmoyant. Une belle langue aussi.
– De  Amy Goldstein : Janesville- une histoire américaine, traduction d’Aurélie Tronchet, chez Christian Bourgois, 2019 : un autre point de vue sur les USA, un documentaire sur cinq ans : ce que cela fait quand General Motors ferme son usine à Janesville. La vie des ouvriers. Les « classe moyenne » qui descendent l’échelle sociale. La façon de voir des Républicains. Super intéressant !
Enfin, rien à voir mais JOUISSIF : La fin du monde n’aurait pas eu lieu de Patrik Ourednik, Allia, 2017 :
Voilà le tout début : « Jean-Pierre Durance émergea du hall et se dirigea vers l’arrêt de bus en face, boulevard Montparnasse, quand il aperçut à la terrasse d’un café un dos qui lui était familier. L’homme au dos s’appelait Gaspard et il sera le personnage principal de ce récit. L’action de Jean-Pierre Durance sera en revanche rapidement épuisée : il n’est pas nécessaire de retenir son nom. »
On vous en livrera quelques autres passages plus tard : c’est drôle et, en ce moment, ça ne fait pas de mal !

Chat Bleu : mars 2020 :

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Vu la tempête en cours, Nsenga nous a proposé, pour nous réconforter, des vins du sud de la France :
en rouge, un corbières de la région de Narbonne, à la robe assez intense, d’une certaine puissance et persistance en bouche  : un  » Champ des murailles » du Domaine de la petite muraille.
en blanc : un chardonnay de la région de Béziers, du Domaine de Cibadiès, dans le fruit mais avec une petite minéralité.

Ils ont accompagné :
– Chroniques d’une station-service d’Alexandre Labruffe, éditions Verticales, 2019 : un texte très visuel, des petites scènes dans lesquelles la station-service est autant un personnage que son pompiste. Labruffe s’amuse et nous aussi.
– L’agence de Mike Nicol, traduction de Jean Esch, éditions Gallimard série noire, 2019. Nous sommes en Afrique du Sud. Le titre fait référence aux services d’espionnage, nombreux, travaillant chacun de leurs côtés et n’allant peut-être pas tous dans le même sens. On y croise des femmes belles et courageuses, des hommes puissants et assez immondes, et ça fonctionne !
– Aux armes de Boris Marme, aux éditions Liana Levi, 2020 : le premier roman d’un Français qui nous plonge dans un petit comté des U S A, ceux que nous connaissons grâce aux films de la côte est, aux livres comme ceux de Russell Banks. Une tuerie a lieu dans un lycée mais le sujet de Marme est la suite de cet événement. Un très bon livre, dont on reparle prochainement dans Autour des Livres sur Ouest-Track.

et aussi :
– L’autoportrait au radiateur de Christian Bobin, Gallimard, 2000, maintenant en Folio. : un journal, quelques lignes par jour. L’histoire d’un deuil et pourtant le bonheur de l’instant.
– Etre ici est une splendeur de Marie Darrieussecq, P O L, 2016 : la biographie de la peintre Paula Modersohn-Becker (1876-1907) : une artiste déterminée, indépendante qui a vécu un temps dans une communauté près de Brême et a créé près de 700 toiles.
Le dernier hiver du Cid de Jérôme Garcin, Gallimard, 2019 : un texte sur la fin de Gérard Philippe par celui qui est devenu son gendre posthume.
– Les furtifs d’Alain Damasio, 2019, éditions La Volte : nous sommes en 2050, en France et, dans ce texte très travaillé, Damasio nous promet un monde peu agréable, un monde dans lequel nous sommes presque déjà.
– Le sauvage de Guillermo Arriaga, Fayard, 2019. Traduit de l’espagnol (Mexique) par Alexandra Carrasco : A Mexico, le parcours initiatique d’un jeune, une réflexion sur la sauvagerie animale et humaine. Après avoir eu un peu de mal à entrer, M-Cl. a beaucoup aimé ce roman.
Americanah  de Chimamanda Ngozi Adichie, 2015 Gallimard, maintenant en Folio : un livre que R. a adoré. Les personnages sont justes. « Elle soulève le tapis » sur l’Amérique et sur son pays, le Nigéria.

On a aussi reparlé de :
– Muréne de Valentine Goby, Actes Sud : un beau livre sur ce qu’est vivre avec le handicap.
Changer le sens des rivières de Murielle Magellan, en poche : parce que cela se passe au Havre !

Prochain Chat Bleu prévu le jeudi 16 avril. A bientôt !

Chat bleu : février 2020

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Nous pouvions boire :
en rouge, un Saint Amour, La Madone, Château Belleverne : d’un petit producteur indépendant en conversion bio, dans le Beaujolais, médaille d’or 2019,
en blanc, un petit Bourgogne très dans le fruit.
Nous avons parlé de :
– Extérieur monde d’Olivier Rolin, 2019, Gallimard : un livre nostalgique, un peu crépusculaire, des mémoires qui évoquent le vieillissement, la place des femmes et bien sûr les voyages. P. 61 : « Il n’y a pas de bout du monde, le monde est parfaitement cousu à lui-même, ». P. 301 : « On a vu des pays, des gens, entendu bruisser des langues, abattu des milliers de Km »…
– Floride de Lauren Groff, 2019, L’Olivier : des nouvelles traduites par Carine Chichereau comme les autres livres de cette auteure américaine. Une ambiance chaque fois un peu étrange, éventuellement inquiétante. Des reptiles. De beaux personnages de femmes, ambigus. Des mères qui ont du mal à l’être.
La dernière histoire se passe à Yport.
Les services compétents de Iegor Gran, 2020, P O L : c’est plein d’humour même si cela parle de ce qui a changé sa vie et celle de ses parents : l’arrestation de son père, André Siniavski, après la longue recherche, par le KGB, de cet auteur de textes contraires à la ligne du parti. Nous sommes en URSS du temps de Krouchtchev, moment de relatif dégel, de marché noir incroyable (l’épisode du « jazz sur ossements » !) C’est jubilatoire.

 

 

Ouest Track et nous :

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Le 1er mars 2020, à 11h, et ensuite en podcast, dans la pastille Autour des livres  de Viva Culture, ce proverbe nigérian : « Si la proie ne donne pas son avis sur l’histoire, le prédateur sera toujours le héros de l’histoire »
en regard du livre de Iegor Gran chez P O L : Les services compétents.

Iegor Gran, ce soir, mardi 11 février, à 18h30 à la librairie Au fil des pages !

Un Marie Ndiaye : P U N° 98

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Un temps de saison est paru  aux éditions de Minuit en 1994, quatrième roman d’une auteure de 27 ans !
Herman est professeur. C’est la rentrée, le moment de partir, mais sa femme Rose et leur fils ont disparu dans le village où ils passent leurs vacances. Il reste pour les retrouver évidemment. Personne ne l’aide. On l’engage à s’installer. Au début, son seul souhait est que ça cesse puis il s’habitue, d’autant qu’il les revoit…

Plein de choses intéressantes dans ce livre inclassable : l’engourdissement d’Herman, la séparation entre ceux qui restent et ceux qui veulent partir, un fantastique quotidien.

Voilà quelques uns des Poèmes Express qui en sont issus :
Il était temps de rassurer les femmes quand on était mari.
– Les événements seraient joyeux. Mais serrées, les cuisses.
– Un sanglot s’échapperait des lèvres molles. Indécence. Air ennuyé.
– Femmes rembourrées et galanterie. Chair amollie et sueur.
– Le village semblait de plus en plus rouge et inventait le regard haineux.
– Vous auriez pu prévenir que le ciel était toujours en guerre.

La Pièce Unique n° 98 est offerte à Caroline L.qui travaille avec moi et qui a tellement d’envies qu’une seule vie ne peut pas suffire !

On parle de nous et du Chat Bleu ! Merci !

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EDITO : Le regard du spectateur

« Il me semble que la civilisation est toujours à recommencer ; qu’elle n’est pas un état de grâce, mais bien un travail continuel sur soi-même et les autres, dans la direction indiquée par l’expérience et par l’espoir. L’homme est une question de persévérance. » Cette citation de l’écrivain roumain Petru Dumitriu (1924-2002) est plus que jamais d’actualité. En effet on ne compte plus les motifs d’inquiétude dans un monde traversé par plusieurs défis.
Où en sommes-nous d’une société où l’on pourrait ne pas perdre sa vie à la gagner ? Où l’on ne se méfierait pas des pauvres, selon Esther Duflo (prix Nobel d’économie 2019)? Où le langage des poings ne prévaudrait pas sur la parole ? Où l’éducation serait prédominante parce que les pays s’enrichissent grâce à l’intelligence et au savoir ? Où nos instances politiques et économiques seraient capables de répondre à l’urgence écologique hors de la domination de grandes firmes ? Où l’on ne craindrait pas les tentations populistes et une dérive autoritaire ?
« La démocratie est par nature expérimentale » écrit l’historien Pierre Rosanvallon dans Les siècles du populisme(Seuil). C’est dire que nos démocraties sont fragiles, soumises à des aspirations légitimes et parfois contradictoires.
« La question du totalitarisme n’est pas derrière nous mais devant nous » affirme le philosophe Jean-Jacques Rosat auteur de Chroniques orwelliennes (Collège de France).

C’est la raison pour laquelle le rôle des artistes et des acteurs culturels est si précieux. Partager les arts avec le plus grand nombre et avec l’exigence la plus élevée, c’est ce qui anime également beaucoup de spectateurs moins « consommateurs » qu’acteurs.
La part de la culture dans les programmes des candidats aux élections est, hélas, significative : elle est le plus souvent réduite quand elle n’est pas passée sous silence….
La démocratie pourtant est à ce prix : les fondements du totalitarisme sont la censure, l’ignorance et la pauvreté ou l’instrumentalisation du langage.

On suivra sur ce point l’économiste Deirdre Mc Closkey qui affirme que c’est la production des intellectuels et des artistes qui explique le grand enrichissement qui gagne l’Europe de l’Ouest, puis le reste du monde entre le 18ème et le 20ème siècle : grâce à eux, l’éthique bascule.
Ils font de la liberté, de la créativité et de l’innovation les nouvelles vertus morales en lieu et place de l’honneur, du rang et de la soumission à l’Eglise et au prince.
N’est-ce pas ce qui définirait un nouvel individualisme porteur d’actions solidaires ? Celles des jeunes des Fridays for future pour nous éveiller et protéger la terre et celles des Sardines, en Italie, dans une belle énergie de vie commune ?
Isabelle Royer

GRANDE CONVERSATION
11e Grande conversation
Le 13 mars, à 18h30, Bibliothèque Oscar Niemeyer
Qui sont nos zombies ?
De la fiction aux fantasmes

Les zombies sont désormais un phénomène culturel. Leurs hordes vacillantes d’êtres terrifiants nous sont devenues familières et font partie de notre imaginaire.
Ils ont envahi le cinéma, la télévision, internet, la bande dessinée, la littérature … Ils s’incarnent dans des défilés carnavalesques : les Zombies Walks.
Mais c’est quoi un zombie ? De quoi sa popularité est-elle devenue le symptôme ?
Ces êtres inconcevables auxquels personne ne peut s’identifier – trop morts, trop vivants – on pouvait aisément les mettre dans la case du simple divertissement de la pop-culture. Mais ils se sont infiltrés dans les réflexions de philosophes, de sociologues, de neurologues, d’ethnologues, qui, se saisissant du sujet, ont dévoilé les préoccupations contemporaines.

Dans le cinéma des années Trente, aux Etats-Unis, la figure du zombie était associée aux fantasmes liés au Vaudou et au réveil des morts. En 1968, La nuit des morts-vivants, le film de George A. Romero, lui a donné un sens différent. Des zombies déferlent en une meute vacillante et deviennent le symbole de l’effrayant inattendu, d’un quelque chose qui pourrait atteindre l’individu et l’humanité entière, dans une dimension inouïe et irrémédiable.
C’est le déclenchement d’une réflexion où le zombie n’apparaît plus comme un objet d’imaginaire récréatif mais celui d’une pensée critique de la société. Au rythme du questionnement sur les significations qu’il peut prendre, il va changer progressivement de sens, jusqu’à ne plus être seulement une silhouette errante et affamée de chair humaine mais la représentation de différentes formes de phénomènes qui caractérisent notre époque. Des colloques universitaires, des conférences, des essais, des émissions de radio, des documentaires, lui sont consacrés et se multiplient.
Parmi toutes les figures de monstres, pourquoi le zombie, serait-il aujourd’hui celui qui symboliserait le mieux les interrogations de notre monde ? En quoi une créature de fiction peut-elle nous aider à décrypter notre époque ?
Entre distraction et réflexion, nous aurons cette conversation en compagnie de nos invités :
                                            Clémentine Hougue, chercheuse en études culturelles,
                                                   auteure de Le zombie au-delà de la fiction
                                                                                      et
                                                           l’association Cannibale peluche,
                                          de cinéphiles et programmateurs de l’étrange.
Entrée libre
Les 9 et 23 février, le 8 mars, écoutez sur Viva culture – 11h à 11h 30, dans 10mn chronique, sur Ouest Track radio : Pourquoi les zombies ?
Catherine Désormière

COUPS DE COEUR
Au festival Le Goût des autres

1- Le jeune noir à l’épée
Abd Al Malik/Salia Sanou (vu dans Multiple(s) à Avignon l’été dernier)
J’ai été absolument emballée, emportée par la prestation chorégraphiée de quatre magnifiques (dans tous les sens du terme) danseurs, à savoir Salomon Asaro, Akeem Alias Washko, Vincent Keys Lafif et Bolewa Sabourin : un pur et rare moment de bonheur total !

2- La cuisine de Marguerite
Un vrai régal en cette heure de déjeuner (12h30), et pas seulement pour les papilles : le propos est léger, pétillant. On y apprend, entre autres, la recette des boulettes « à la grecque »(là-bas, on dit « kèftédès »), façon Mélina Mercouri, qui aurait pu candidater pour des étoiles au Michelin ! Ce n’est pas exactement ce que j’ai dégusté lors de mes nombreux séjours au pays des Héllènes : des plats basiques mais néanmoins fort savoureux….
La comédienne Julie Martigny (qui intervient à l’atelier théâtre du lycée Porte Océane) porte bien la légèreté joyeuse de ce texte si frais, révélant une facette peu connue de la grande Marguerite Duras.
N’oublions pas les femmes de La Fabrique Pierre Hamet qui nous ont régalés avec leur succulente (et durassienne) soupe de poireaux !

3- Beloved
Toni Morrison


Une lecture musicale très émouvante de cet ouvrage connu pour la rudesse du propos, par la comédienne Astrid Bayiha (découverte par Bob Wilson) et le groupe électro ORK dans une belle osmose.
Annette Maignan

AUTOUR DES LIVRES
Le Chat Bleu, c’est à Sainte-Adresse, tout près de la plage. Brocante, petite épicerie fine, restauration le midi, salon de thé, bar à vins-tapas le soir…Tout cela dans un décor chaleureux, un joyeux petit bazar avec des recoins partout et une jolie petite terrasse avec vue sur la mer.

Nsenga, le patron, y accueille régulièrement des concerts, des soirées à thème…Il nous y accueille aussi, nous, amoureux…amoureuses plutôt, il n’y vient pas beaucoup d’hommes… des livres et de la lecture, une fois par mois autour de Catherine Hémery-Bernet qui a inventé avec lui ces soirées « Un vin, des livres » il y a plusieurs années. Ou comment faire rimer littérature et oenologie !
Rappelons que Catherine présente une rubrique Autour des livres dans Viva Culture sur www.ouest-trackradio.fr (95.9 DAB ou en podcast)
Nsenga nous propose à chaque fois un vin rouge et un vin blanc qu’il a choisis avec soin. Il nous les « raconte » pour nous les mettre en bouche et nous les sert avec quelques petits tapas maison toujours originaux et délicieux.

C’est le moment d’écouter Catherine qui commence toujours par nous présenter, elle, deux ou trois livres qu’elle a aimés, elle nous en lit quelques passages pour nous donner le ton. Un de ces livres sera gagné par un(e) participant(e) tiré(e) au sort. Cadeau de la soirée, très apprécié ! Puis Catherine donne la parole à qui souhaite la prendre, pour parler d’un ou de plusieurs livres aimés. C’est l’occasion d’un riche échange entre nous. Les envies de lectures circulent, les livres se prêtent, les avis se confrontent. Parfois la conversation s’ouvre sur des spectacles vus, des films découverts…C’est joyeux, simple et convivial. On peut même venir juste pour écouter, on n’est pas obligé de prendre la parole !
Et ce sont de bons moments de partage.
C’est bien sûr ouvert à tout le monde. On trouve le calendrier de ces rencontres sur le site de la maison d’édition dirigée par Catherine et dont voici l’adresse : www.ruedudepart-editions.com
Et donc, si vous aimez lire, partager vos lectures, découvrir de nouveaux titres, de nouveaux auteurs, soyez les bienvenus au Chat Bleu parmi nous !
Véronique Garrigou

Un Edith de La Héronnière : P U N° 97

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Vézelay L’esprit du lieu d’Edith de La Héronnière est paru initialement en 2000, puis dans la Petite bibliothèque Payot. Cette auteure née en 1946 a écrit des récits de voyage et des essais, dont celui-ci.
Elle s’est installée à Vézelay, y a été secrétaire de Maurice Clavel, parallèlement à son travail pour Le Seuil en tant que lectrice, correctrice et rewriter.

Ce petit livre est une déclaration d’amour à ce lieu. E. de La Héronnière y parle du paysage, de l’histoire, des personnes qui s’y attachèrent : P. Mérimée, Viollet Le Duc, R. Rolland et last but not least, les collectionneurs et éditeurs d’art, Christian Zervos et sa femme qui, dans leur maison, La Goulotte, reçurent de prestigieux artistes, de Picasso à René Char en passant par Fernand Léger et bien d’autres,

Voilà quelques Poèmes Express qui en sont issus :
J’aime l’intimité, le tout-au-fond de l’intérieur.
– De plus en plus de messes sont noires et de vieux se cachent.
– Des moines dans le choeur, des sacs poubelle dans les bois.
– Sous la glycine, entre. C’est une maison pleine.
– Sous la lune, les flambeaux et les plis du plain-chant.
– L’obscurité retire ses longs gants noirs.

La Pièce Unique est offerte à F. P., amie croyante à sa façon, qu’un tel endroit ne pourrait que ravir. A moins qu’il ne l’ait déjà fait.

Chat bleu : janvier 2020

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N’senga, le 9 janvier, nous offrait
en rouge un Montagne Saint Emilion 2015, Château du Vieux Bonneau : capiteux.
Ou un rosé d’hiver, de la presqu’île de Saint-Tropez, un rosé primeur : raisins de l’année récoltés en vendanges plus ou moins tardives, une nuit de pleine lune… ! : des « grains de glace »qui donnent quelque chose de très frais en bouche et une belle robe cristalline.

Les livres qui les accompagnaient :
– Sisyphe est une femme de Geneviève Brisac, éditions de l’Olivier, 2019 : une mine d’idées de lectures d’auteurEs. On en parle sur Ouest Track radio, dans la pastille Autour des livres de Vivaculture, le 2 février, à 11h. C’est audible, ensuite, en podcast.
– Péquenots de Harry Crews, éditions Finitude, 2019, traduit par Nicolas Richard. Harry Crews (1935-2012) est un (très bon) auteur américain de romans noirs. Ce livre est une compilation de reportages ou de textes plus ou moins autobiographiques, parus dans des revues entre 1974 et 1977. Il y parle de l’Amérique, de randonnées, des rednecks, de l’après Vietnam, de l’écriture. Il a une tête de dur à cuire (c’est lui sur la première de couv.) et son for intérieur est calciné.
– Top réalité de Donald Westlake (2004), traduit par Pierre Bondil (2014), en poche Rivages noir : la dernière aventure du personnage récurrent Dortmunder.
Westlake a beaucoup écrit, sous ce nom et sous d’autres pseudonymes (dont Richard Stark). La série des Dortmunder est un bonheur, pleine d’humour, plutôt déjantée. Avant ce livre, j’avais adoré Comment voler une banque  et Mauvaises nouvelles à cause des situations, des dialogues, de l’équipe de voleurs atypiques et sympathiques.

Cela nous a amenés à d’autres romans noirs :
– Paz de Caryl Ferey, en Gallimard Série noire, 2019 : son dernier roman, comme toujours très documenté, sur la Colombie. Très bien écrit et très violent.
– Le couteau de Jo Nesbo, aussi en Gallimard Série noire, 2019, traduit par Céline Romand-Monnier. Un Harry Hole. Lu d’une traite. Nesbo nous entraîne sur de fausses pistes et on se laisse faire.
– Le royaume des perches du Finlandais Marti Linna, chez Gaïa, 2013, traduit par Paula et Christian Nabais. Un lac, Une femme morte. Une obsession. Bien plus calme qu’un Nesbo.

Mais pas que des romans noirs :
– La panthère des neiges de Sylvain Tesson, Gallimard. Prix Renaudot : des paysages ! un vocabulaire !
– des Patrick Modiano tous chez Gallimard et en Folio ensuite : Souvenirs dormants, 2017. Un pedigree, 2006 ,sur son enfance, son abandon. Son dernier : Encre sympathique, dans Paris toujours, un peu rocambolesque.
– un document : Les amnésiques de Géraldine Schwartz, Flammarion 2017, en poche Libres champs, 2019 : le comportement de tout un chacun durant la période nazie. La complicité, l’adhésion. Passionnant.

Le prochain Chat bleu, c’est jeudi 6 février. A bientôt ! ?

Ouest Track et nous – début février 2020

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Autour des livres, dans Viva Culture, le dimanche 2 février à 11h et, après, en podcast vous parle de Sisyphe est une femme de Geneviève Brisac.

Ouest Track et nous – début 2020

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Autour des livres dans Viva Culture, le dimanche 19 janvier, à 11 h et après, en podcast, vous parle de Sandra Laugier et des séries, à la suite du 5ème colloque sur les séries au Havre.

Suite n° 11

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Suite n°11 vient de sortir,
Suite n°11 est de Pascal Millet, auteur de polar mais pas que !
Suite n°11 est un poème narratif sur les débuts d’une relation amoureuse. C’est l’homme qui parle, de son histoire particulière.
Suite n°11, c’est, face à ce texte contemporain, des images de corps féminin, des détails de sculptures, des courbes, des nuques, des seins, des mains de tous les temps et de lieux différents. Un éternel féminin, fabuleusement photographié par Eric Enjalbert. Certaines pierres sont des peaux !
Suite n°11, c’est une histoire particulière face à La Femme.

Ouest Track et nous :

Le dimanche 10 mai à 11h, sur Ouest Track, et après, en podcast, quand vous voulez, Autour des livres vous parle de Eloge des voyages insensés de Vassili Golovanov, traduit par Hélène Chatelain, aux éditions Verdier

Voyageons ! avec Cesar Aira !

Voyageons, oui. Traversons  l’espace et le temps avec Prins de Cesar Aira, paru chez Christian Bourgois en 2019.

Cesar Aira est Argentin, né en 1949. Il est installé depuis 1967 dans le quartier de Flores à Buenos Aires.
Prins est : p. 79 : « un roman conçu comme un collage. »
Le narrateur se dit auteur de romans gothiques ( p. 91 : « …quand le Château d’Otrante avait fait sensation (…), j’ai rapidement produit à la suite Les mystères d’Udolphe, Le Moine, Melmoth dont les ventes furent millionnaires » ) : en fait, un grand voleur de textes…
Mais il en a assez, il se cherche une autre occupation. Ce sera l’opium.
Et l’opium, comme le rêve, favorise le déplacement et la condensation.
Ainsi, Alicia qui vit avec lui, est multiple : de l’étudiante « douée en ingénierie » abordée à la fac, à la femme déformée par les maternités rencontrée dans le bus 126, en passant par la servante – maîtresse.
Ainsi, la maison qu’il s’est créée, énorme. On peut s’y perdre, y cacher des cadavres.  P.126 : «  les couloirs du troisième étage  s’étiraient comme des rivières de plomb ».  Elle est aussi labyrinthique que l’université** qu’il fait visiter à Alicia une nuit d’orage.
Architecture gothique, romans gothiques, ambiance gothique : p. 131 : « L’avenue Las Haras était inondée, l’eau tombait en cascades des immeubles, de balcon en balcon, les chutes d’Iguazu en version urbaine, la violence courbait tellement les arbres que le feuillage de leurs cimes ouvrait des sillons dans le courant. Les éclairs faisaient apparaître par instants une ville couleur d’argent. Entre deux éclairs, les ténèbres. »


Mais nous sommes à Buenos Aires. Les « cartoneros » sont là et la réalité économique aussi : P. 114 :  » La panne d’électricité qui affecte un vaste secteur à l’ouest de la ville. »(…) « un incident tout ce qu’il y a de plus banal » (…) » Ce gouvernement, tout comme les précédents, a mené une politique énergétique maladroite et à courte vue. »


Ce roman est, dans sa forme, et gothique et contemporain et, même si cela n’apparaît pas ici, plein d’humour.

* * note – p. 171 : « l’un des sièges de la faculté d’ingénierie de style gothique conçu par l’architecte Arturo Prins (1877-1939) »

Ouest Track et nous :

Le 12 avril à 11h sur Ouest Track, et après, en podcast quand vous voulez,

Autour des livres vous parle de Bons Marme,
de son premier livre chez Liana Levi : Aux armes
et de … » diarrhée d’opinions « …