Scènes de la vie d’un faune, texte de Arno Schmidt (1914-1979) est paru en Allemagne en 1953 , en France en 1963.
Les éditions Tristram l’ont édité en 2011 dans une nouvelle traduction, de Nicole Taubes, avec une postface de Stephane Zékian. Scènes de la vie d’un faune, nous dit ce dernier, a provoqué des polémiques en Allemagne, entre autres une « alerte à l’athéisme ».
Un texte foisonnant, des tas de références – Schmidt était grand lecteur, bibliomane – qu’un cahier explicatif final nous révèle -.
Une attaque du nazisme accepté, de la crédulité des Allemands heureux d’obéir. (p 23, 82, 159)
Une LANGUE d’une inventivité sidérante.
Super forte, la traductrice ! )
De magnifiques descriptions de la nature,
des bombardements ! : P 146 à 149 : « … on mastiqua à pleines mâchoires un air gélatineux au goût de fumée, on repoussa de nos paumes nues des éblouissements assourdissants (…) le tonnerre nous brassait peau et pores, enfonçant dans nos bouches des bâillons d’éboulis. (…) Tous les arbres déguisés en torches (…) Un long silo de poudre se scalpa lui-même »…
Quelques Poèmes Express nés de ce texte :
– La lettre « K » écailla le papier et activa le moment.
– On est là comme les enfants, langues déliées, à dire.
– Des idées géniales hantaient le silence. Têtes pleines.
– Au ras de l’oeil, plein de viande et de tétons à l’odeur de beauté.
– Beau sujet de thèse de doctorat pour un « ethnologue » : le « grand 8 ».
– Les carcasses se tordaient, nus géants, sur le sol jaune.
– Attention : visage hautain, verrou des lèvres chimiques.
– Enrôlement des ventres : mes yeux suivaient les filles.
– Le roman épistolaire : le lecteur reçoit chaque lettre.
– Les hanches d’une fille sous ma poigne ont des petits rires de sueur.
– Une femme devint folle : cheveux jazzy, pulsant des tripes, poussant des cris.
Ce livre , 3 en 1, a été envoyé à Jane Sautière dont j’ai déjà lu Nullipare et Corps flottants, parus chez Verticales.
Sorti en cette rentrée : De la terre des pleurs un grand vent s’éleva, éditions Quidam m’attend .