Un Ramon Sender : Pièce Unique N° 193

Requiem pour un paysan espagnol  de l’écrivain aragonais Ramon Sender (1901-1982) date de la fin des années 30.  Il y est question de la guerre civile espagnole qui enleva à Sender sa femme et un frère et le fit s’exiler aux USA.
Il ne revint, ponctuellement, en Espagne qu’à partir de 1974, à la condition que ce livre y soit publié.

La guerre civile, oui, mais évoquée à travers la pensée d’un curé, Mosen Millan, un an après la mort d’un de ses paroissiens. La guerre au coeur d’un village avec, pour protagonistes, ce curé, les propriétaires terriens, des jeunes gens qui arrivent d’ailleurs et Paco qui veut agir sur des inégalités, des injustices ancestrales.
Une histoire toute simple, une écriture incroyablement douce et efficace. Douce, parce que tout est dans l’implicite. Sender nous laisse juges…

Quelques « Poèmes Express » qui en sont issus :
– Les parents sont diaboliques et les enfants pas bien non plus.
– Je suis le père de mon fils. C’est bien qu’il rêve, dit la grand-mère.
– Le suivant souvent manquait. Ces jours-là on avait accès au mystère.
– Il commençait à faire nuit. Une femme baissait la tête, tendait la poitrine.
– La dernière fois qu’il se mit à parler d’été, il exagéra.
– Ils firent des discours bras levé et main tendue ; la nuit, silence apeuré.
– Etre étonné par la minceur de l’âme du prêtre.

Et c’est offert à Arno Bertina pour son indignation, dans un certain sens, la même que celle que porte ce livre.

 

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