Un Maurice Constantin-Weyer : P U N° 143

Quoi ? ! Maurice Constantin-Weyer, vous ne connaissez pas ? !
Allez,… j’avoue. Moi non plus.
Il a pourtant écrit une cinquantaine de livres, reçu le Goncourt en 1928, été beaucoup traduit et adapté au moins trois fois au cinéma. Français né en 1881, mort en 1964, il était, au moment du Goncourt, édité chez Rieder. Il avait déjà failli être primé pour Manitoba, en 1925 mais Léon Daudet, membre du jury et d’action française, avait voté contre, en raison du « cosmopolitisme » de la maison d’édition…
– De l’influence de l’idéologie sur la littérature… vous avez quatre heures…-
(cf :  le super-intéressant texte de Gérard Fabre – EHESS, 2014, Presses Universitaires du Québec)

La Pièce Unique N° 143 est Un homme se penche sur son passé, une histoire qui se déroule au Canada français où l’auteur a vécu de 1904 à 1914. Le narrateur, Jacques Monge, trappeur, vendant des fourrures, « cassant » des chevaux sauvages, s’installe bientôt dans une ferme. Les colons sont arrivés, avec leurs spécificités, de Bretagne, d’Irlande, d’Ecosse, ils labourent les terres vierges, le train arrive, les villes se fondent – on peut penser au beau film First cow de Kelly Reichardt- . Un peu plus qu’un bon roman d’aventures, un texte sur la disparition du monde sauvage.

Quelques Poèmes Express qui en sont issus :
Notre géographie, piquée de barbelés, naît des avides.
– Ce type de géants avait appris la nuque des filles.
– Echarpe de gaze et diamants, la vieille édentée aux seins roulants.
– Ce n’est pas un homme. Juste un rythme.
– Jours de quadrille, sourire fané, pâleur de fiancée…
– C’était un désir en décomposition dans d’autres sentiments sales.
– L’entreprise avait de quoi tenter au fond de tous les brouillards.

La Pièce Unique 143 est offerte à Margot Bonvallet, libraire au tiers-lieu Les Vinzelles, ouvert très récemment. Parce cela semble un bel endroit, une belle idée et une  » lectrice de fond « … jeux de mots sur fond(s) et « coureur de fond »…

 

2 réflexions sur « Un Maurice Constantin-Weyer : P U N° 143 »

  1. Mais que ce livre fait envie, pour de multiples raisons, poétiques et pleines d’air, de vents, d’instinct et de beauté !!!! Merci, je le note pour une belle lecture de fond, pour sûr !

  2. Margot Bonvallet : « Quand soudain, la poste t’apporte une des plus belles choses que tu as eue dans ta main depuis que tu es libraire. Et ça … des années de beauté entre les mains pourtant…
    je ne sais comment te dire merci avec une vibrance du cœur et des yeux puissance n. aussi !!! »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

vingt − seize =