Un Jerzy Kosinski : P U N° 154

L’oiseau bariolé de Jerzy Kosinski paru en France en 1966 est la Pièce Unique N° 154. Elle est offerte à Marielle Macé qui, à écrivains en bord de mer, vient de parler de son dernier livre : Une pluie d’oiseaux chez José Corti.
L’occasion de dire que :
– Donner une Pièce Unique, c’est lancer une bouteille à la mer : c’est fait soit par la poste, soit directement, de la main à la main, comme ici, au festival. On n’est donc jamais sûr que cela « parvienne » aux personnes choisies. Soit parce que la poste est – de temps en temps… – moyennement fiable, soit parce que ces personnes se demandent bien ce qu’on leur veut. Peut-être parce que, célèbres, plus ou moins, elles sont souvent sollicitées ou importunées ou, plus couramment, parce qu’elles ne sont pas dans le même type d’univers et ne voient pas l’intérêt de cet objet qu’on leur fourgue/impose.
– Donner une Pièce Unique, c’est jouer à André Cadere, ce plasticien ( 1934-1978 ), qui dans les années 60-70, venait dans les musées ou les galeries d’art contemporain avec un de ses bâtons, posait sur la photo pendant les vernissages comme si c’était le sien, et laissait son travail dans le lieu d’exposition. Les bâtons de Cadere sont maintenant exposés comme faisant partie de l’art du XXè siècle ; il est reconnu de par ses objets et par ses façons  de bernard-l’hermite . » Voilà, elle se la joue !  » allez-vous dire. Et je réponds : « Non. Mais je me sens proche de cet homme qui, en faisant ce geste un peu enfantin, essaie de parvenir à être visible des artistes dont il aime le travail ou des gens qu’il aime.
– Ces Pièces Uniques sont en 3 parties :1)  le livre d’origine, ici L’oiseau bariolé, 2) le « Poème express » ( merci à Lucien Suel ) qui ressort, surligné, de chaque page de droite, et, 3) cherchée ultérieurement, l’actualité qui « correspond » à ce Poème Express. La « correspondance » est souvent par « sauts et gambades »/ « tirée par les cheveux »…

Pourquoi donner le Kosinski à Marielle Macé ?
Parce qu’elle a insisté sur les couleurs des oiseaux. Le titre du Kosinski fait référence à une action humaine … totalement inhumaine, à ce sujet.
Dans le livre, ce type d’actions, paroxystiques, perpétrées sur les animaux ou les hommes est fréquent et décrit longuement. Le roman est le chemin initiatique d’un enfant seul. En but à la cruauté, il passe de lieu en lieu, croit successivement en diverses choses qui pourraient le sauver de cette cruauté : la magie, la religion, le politique.

Quelques Poèmes Express issus de L’oiseau bariolé :
_ Nous approchons notre cerveau de ce récit.
– D’un bleu délavé, une image pieuse sur des cendres.
– Petits flocons laineux. Petits corps de bébés.
– Elle se pressa les seins, il avala.
– Voir les saints acheter de la vodka et prendre froid dans l’église glaciale.
– De petits fragments de fous s’enfoncèrent dans l’affolement.
– Sous son lit, le loup. Elle en caressa la tête, il marmonna.
– L’altitude trouva un emploi à la montagne.

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