La relation de mon emprisonnement est paru en 1983 aux USA, en 1985 en France, chez Actes Sud. Traduction de Rémy Lambrechts.
Ce Russell Banks (1940-2023) du début, son quatrième, est déstabilisant après les lectures de son tout dernier, American spirits et de pas mal d’autres depuis vingt ans comme Affliction, De beaux lendemains, etc.
On est là dans une reprise du style, et de la forme inventée au XVII ème siècle par les Pélerins emprisonnés. Ces écrits détaillant les souffrances du prisonnier étaient destinés à être lus à voix haute pendant les services religieux.
Bien qu’il ait écrit d’autres romans historiques,
et que ce texte soit ou pas parodique,
il m’a semblé étrange dans sa bibliographie.
Quoique…
Pourquoi pas…
dans une Amérique hyper-religieuse,
dans un temps où les évangélistes tiennent le haut du pavé à Washington, lire et plaindre cet adorateur de la mort, coupable de fabriquer des cercueils…
Quelques Poèmes Express issus de ce court livre :
– L’aube advint contre le flanc de la maison et apparut l’inquiétude.
– Mère silencieuse et invisible. Père-colère.
– Il était vivant, homme du temps, un des remarquables, au destin stupéfiant.
– Il fallut fonctionner : conversations, espérances et comportement.
– Nous nous attardions à table, ventrus, rubiconds banqueteurs, jour et nuit.
– Une distance me séparait à présent de moi.
– Déchirer les muscles est toujours gratuit, et pur acte de fous ou de brutes.
– Il ne reste plus qu’à se retenir de faire.
– Aux morts, l’usage des vivants.
Ce trois textes en un sera envoyé, par jeu, à son dernier traducteur, Pierre Furlan.