Un Erwan Lahrer : P U N° 164

Paru en 2017 aux éditions Quidam : Le livre que je ne voulais pas écrire est maintenant trouvable en J’ai Lu. C’était aussi au départ « le livre que je ne voulais pas lire », peur de l’auto fiction non seulement plombante mais « qui la ramène », genre « voyez-comme-j’ai-souffert ». Et puis j’ai réfléchi : ce n’est pas le genre de la maison. Et effectivement, E. Lahrer ne joue pas le rôle du malheureux-puissance-N. Bien que blessé au cours de l’attentat au Bataclan, c’est l’humour, l’auto-dérision qui prévalent.
Il commence le livre avec un « tu » qui le représente puis les « tu » sont autres.
Et, très fort, au cours du même chapitre, sans vraie transition, le « tu » est lui, puis devient un des agresseurs.
Très fort au niveau de l’écriture mais aussi dans cette capacité de décentrement : voir le point de vue de l’autre, celui qui vous fait du mal, qui tue.

Quelques « Poèmes Express » issus du livre :
Phrase qui commence, première rafale de survie.
Personne ne parle des décalqués du bulbe. Ce monde rêve de sirène.
Copain de pastaga, de porto, tu décharges ta parole au café.
– C’est parti pour une éternité, même si c’est long.
– Tu as compris que ton employeur a compris que tu es un gentil indécis.
– Désolé, il a la sexualité un peu chaussettes blanches.
– Aucun des morts ne t’en veut. En un sens, ils ont perdu le goût des drames.
– Je l’embrasserai, non, j’essaierai. Le réel gagne toujours.

Pas pu m’empêcher d’envoyer cette Pièce Unique N° 164 à l’éditeur originel, Pascal Arnaud dont j’aime, entre autres, les Camenisch, Blanvillain, Plamondon, Annocque, Navarre, Cendors…

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