Bon, me voilà enfonceuse de portes ouvertes : tout le monde le sait et l’exposition qui vient de finir à la BNF le prouve :
C’est une merveille d’écriture.
Un fabuleux choix d’adjectifs.
Une incroyable gamme de couleurs et de matières .
C’est Colette (1873-1954)
et, plus particulièrement, Sido, suivi de Les vrilles de la vigne, paru chez Hachette en 1961. Ses pages sur les chiens, les chats, la nature, les femmes. Et surtout sa description sociologique dans le dernier texte, Music-halls
Quelques Poèmes express issus de ce magnifique recueil :
– Ce rouge, ce violet se réfugiaient dans les fraises, les cassis et les groseilles.
– Une zone échappait : terres inconnues et brumes sur étangs.
– Pour fuir l’humide verdure étouffante, la maison demeure rigueur.
– Il traitait légèrement la vie, par échappées.
– Odeur de beau papier Vergé crémeux…il m’en faut.
– ça fait du bien, la musique, analgésique qu’on s’applique.
– Je me lamente des nuits entières, je n’ai plus de muscles, de dents.
– Elle a l’air oubliée là, lit défait.
– Dans la demi-obscurité d’un aquarium…descend une cigarette.