Deux Richard Brautigan : P U N° 150

Sucre de pastèque  et La pêche à la truite en Amérique, publiés aux USA en 1968 et en 1967, de Richard Brautigan (1935-1984)  sont la Pièce Unique N° 150.
C’est La pêche à la truite, son best-seller, qui le fait reconnaître par un grand nombre.
Les deux textes sont assemblés chez Christian Bourgois dès 1974. Le volume est préfacé et traduit par Michel Doury (1931-2007), aussi traducteur de Pynchon, Cheever.
Ces textes sont un peu dingues, du « surréalisme dans la vie de tous les jours ». Des » tigres » qui sont « désolés », « une cabane » « entièrement en sucre de pastèque », « des cercueils de verre au fond des rivières », un « ruisseau à truite » « à vendre d’occasion »…
Mais aussi des faits qui s’ancrent dans le réel : une femme abandonnée pour une autre, un bébé qui vomit, « un beatnik » « en train de manger des pommes de deuxième choix » : « comme protestation, c’était sans doute plus efficace que d’aller manifester devant les bases de missiles atomiques ».
Un peu de mise en abîme : « –  Au fait, demanda le dr, comment avance ce livre ?
– ça marche.
– c’est sur quoi ?
– Juste au fil de la plume : un mot pousse l’autre. »
Et quelques fois, mais rarement, c’est vrai…

Quelques Poèmes Express issus de ce Brautigan :
– Du sucre au creux d’une main d’enfant, au lit, la nuit. C’est paisible.
– Plaire avait une forme de pouce.
– Les yeux sans regard fabriquaient des choses oubliées.
– Elevage de cendres derrière les portes de verre.
– Sortir de mon lit. Retrouver mes pieds. Les réveiller.
– Soleil Levé, bruit lisse de petit-déjeuner.
– Incroyable chapitre de l’Ancien Testament : la migration des enfants jusqu’à un magasin.

Cette Pièce Unique sera envoyée à Bernard Peschet, plasticien qui a été professeur à l’école d’art de Quimper, qui a pu exposer au domaine de Kerguehennec et travaille sur des carnets, des dessins, des annotations.

Réaction à chaud super gentille de Christine Lapostolle à la Pièce Unique reçue :
« J’ai commencé la lecture de la 147, ça me plaît beaucoup, j’y trouve quelque chose d’un rapport au monde dedans/dehors que j’ai moi-même cherché parfois à mettre en forme sans jamais arriver à cette composition subtile, ce beau dosage  que vous mettez en place, vraiment bravo. Le livre d’Olga Ravn pour le moment je ne le vois pas, j’y reviendrai dans un deuxième temps. j’ai observé que vos textes me revenaient, ensuite à d’autres moments comme encore une prolongation de vos prolongations. Mais je vais m’interrompre quelques jours car je ne veux pas gâcher cette expérience et là je suis submergée de choses à lire pour les beaux-arts; je vous raconterai la suite… »

 

 

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