Voyageons ! Avec Ossip Mandelstam !

Les Lettres d’ossip Mandelstam, parues chez Actes Sud en 2000 nous transportent elles aussi dans l’espace et dans le temps.
Mandelstam (1891-1938) qui a beaucoup voyagé hors de Russie avant la révolution, a dû beaucoup se déplacer ensuite en URSS, et rarement pour le plaisir…
Mandelstam est traducteur et poète. Si l’on n’est pas russophone, on se trouve face à des traductions, quelques fois de poètes : Paul Celan, André du Bouchet, Philippe Jaccottet.

Problème éternel de la poésie traduite : avec ou sans rime? Personnellement, j’irais vers le sans…

C’est pourquoi lire ses lettres était essayer de l’atteindre plus « réellement ». Et ses lettres nous emportent, que ce soit celles envoyées à sa femme Nadejda, lettres de manque ou celles adressées aux autorités littéraires et politiques, courageuses.

En ces temps d’immobilisation forcée, voilà :
-un extrait de lettre à sa mère, avril 1908, Paris :
« Le matin, je me promène dans le jardin du Luxembourg. Après le petit déjeuner, j’installe chez moi une sorte de soir : c’est à dire que je tire les rideaux. Je fais du feu dans la cheminée, et dans cette ambiance je passe deux ou trois heures… »
– un extrait de lettre à Nadejda Ia. Mandelstam, 26 décembre 1935, Tambov :
… » j’ai loué à deux pas d’ici – moins d’une minute à pied- une chambre admirable ; il y a là une vache, un divan, des housses pour les meubles, un gramophone et un cactus. Nous sommes sur la haute rive de la Tsna. Elle est large ou paraît large comme la Volga. Elle traverse des forêts d’encre bleue. La douceur et l’harmonie de l’hiver russe procurent une profonde jouissance. Des lieux très authentiques. A dix minutes du centre en prenant un petit autobus. Il y a des tours, des monastères ensauvagés, de grosses femmes à moustache. »

Des chambres et du lointain.

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