Et comme on se mêle de tout : 1) la Dokumenta 13, à Kassel

Beaucoup d’entrées possibles, évidemment, dans cette énorme expo quinquennale dont la commissaire est, cette fois, Caroline Christov-Bakargiev : bien sûr, l’écologie mais aussi par exemple, l’histoire, l’engagement.

Première remarque : des mots en abondance à la Dokumenta, dans les travaux souvent, sur les cartels toujours. En anglais, en allemand.
Et ils sont indispensables puisque, nous l’avouons…., dans leur écrasante majorité, les noms des artistes nous étaient inconnus. Insuffisance personnelle ou appartenance à des histoires nationales de l’art. Resituer le travail, parler de la pièce est plus qu’utile. Elle ne se suffit souvent pas à elle-même, a besoin de son contexte pour éviter le contresens. D’autant que sont mêlés dans les mêmes lieux d’exposition, les espaces – artistes du monde entier – et les temps – XXè et XXIè siècles -.

Deuxième remarque : la volonté d’évoquer l’œuvre d’artistes disparues plus ou moins militantes, de les extraire de leur contexte historique national, de montrer leur vraie place, leur modernité : tapisseries politiques des années 30 d’Hannah Ryggen, travaux de 1927

Charlotte Salomon

Les cahiers de Charlotte salomon

de l’australienne Margaret Preston sur les « objets indigènes », pièces « ethniques » de Doreen Reid Nakamarra australienne elle aussi mais du peuple pintupi ou cahiers de Charlotte Salomon, alliage d’histoires personnelle et mondiale.
Une forme de féminisme? et alors?
D’ailleurs, superbe, la définition qu’en donne Rebecca West dans une pièce de Susan Hiller : « Je n’ai moi-même jamais été capable de découvrir ce qu’est le féminisme, je sais seulement que les gens me disent féministe chaque fois que j’exprime des sentiments qui me différencient d’un paillasson… »
Superbe aussi la pièce de Susan Hiller : « 100 chansons pour les 100 jours de la Dokumenta ». Installation sonore avec jukebox, textes au mur des chants qui ont marqué les nations du monde entier au XXè siècle et livre redonnant le contexte politique, sociologique, d’apparition de ces chants. C’était drôle, les gens restaient, écoutaient, faisaient leur choix sur le jukebox. Les jukebox, on les retrouvait dans deux cafés de Kassel, sans explication mais utilisables gratuitement.

Autre belle pièce, et nous finirons sur elle, l’installation dans le Karlsaue (n°98) « Light and belief », 2012, sur la guerre du Vietnam: sont rassemblés des portraits, scènes de guerre au crayon ou à l’aquarelle faits à l’époque par des artistes qui, dans une vidéo actuelle, parlent de ces dessins, de leur utilité alors.

Bien d’autres choses encore sont à voir à Kassel jusqu’à mi-septembre.

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