Patrik Ourednik : suite

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Extrait de La fin du monde n’aurait pas eu lieu (Allia, 2017) :

« Ce fut la baignoire sabot qui établit entre nous une relation de confiance ; j’en avais une moi aussi. La baignoire sabot était devenue rare, la majorité des gens occupant de petits appartements préféraient la douche, plus économique, à ce qu’on disait, aussi bien en eau qu’en temps, et surtout plus tonifiante, et partant, plus dynamique et plus contemporaine. La majorité des gens souhaitaient être dynamiques et contemporains. A l’époque, cela semblait important. »

Chat Bleu : mars 2020 :

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Vu la tempête en cours, Nsenga nous a proposé, pour nous réconforter, des vins du sud de la France :
en rouge, un corbières de la région de Narbonne, à la robe assez intense, d’une certaine puissance et persistance en bouche  : un  » Champ des murailles » du Domaine de la petite muraille.
en blanc : un chardonnay de la région de Béziers, du Domaine de Cibadiès, dans le fruit mais avec une petite minéralité.

Ils ont accompagné :
– Chroniques d’une station-service d’Alexandre Labruffe, éditions Verticales, 2019 : un texte très visuel, des petites scènes dans lesquelles la station-service est autant un personnage que son pompiste. Labruffe s’amuse et nous aussi.
– L’agence de Mike Nicol, traduction de Jean Esch, éditions Gallimard série noire, 2019. Nous sommes en Afrique du Sud. Le titre fait référence aux services d’espionnage, nombreux, travaillant chacun de leurs côtés et n’allant peut-être pas tous dans le même sens. On y croise des femmes belles et courageuses, des hommes puissants et assez immondes, et ça fonctionne !
– Aux armes de Boris Marme, aux éditions Liana Levi, 2020 : le premier roman d’un Français qui nous plonge dans un petit comté des U S A, ceux que nous connaissons grâce aux films de la côte est, aux livres comme ceux de Russell Banks. Une tuerie a lieu dans un lycée mais le sujet de Marme est la suite de cet événement. Un très bon livre, dont on reparle prochainement dans Autour des Livres sur Ouest-Track.

et aussi :
– L’autoportrait au radiateur de Christian Bobin, Gallimard, 2000, maintenant en Folio. : un journal, quelques lignes par jour. L’histoire d’un deuil et pourtant le bonheur de l’instant.
– Etre ici est une splendeur de Marie Darrieussecq, P O L, 2016 : la biographie de la peintre Paula Modersohn-Becker (1876-1907) : une artiste déterminée, indépendante qui a vécu un temps dans une communauté près de Brême et a créé près de 700 toiles.
Le dernier hiver du Cid de Jérôme Garcin, Gallimard, 2019 : un texte sur la fin de Gérard Philippe par celui qui est devenu son gendre posthume.
– Les furtifs d’Alain Damasio, 2019, éditions La Volte : nous sommes en 2050, en France et, dans ce texte très travaillé, Damasio nous promet un monde peu agréable, un monde dans lequel nous sommes presque déjà.
– Le sauvage de Guillermo Arriaga, Fayard, 2019. Traduit de l’espagnol (Mexique) par Alexandra Carrasco : A Mexico, le parcours initiatique d’un jeune, une réflexion sur la sauvagerie animale et humaine. Après avoir eu un peu de mal à entrer, M-Cl. a beaucoup aimé ce roman.
Americanah  de Chimamanda Ngozi Adichie, 2015 Gallimard, maintenant en Folio : un livre que R. a adoré. Les personnages sont justes. « Elle soulève le tapis » sur l’Amérique et sur son pays, le Nigéria.

On a aussi reparlé de :
– Muréne de Valentine Goby, Actes Sud : un beau livre sur ce qu’est vivre avec le handicap.
Changer le sens des rivières de Murielle Magellan, en poche : parce que cela se passe au Havre !

Prochain Chat Bleu prévu le jeudi 16 avril. A bientôt !

Chat bleu : février 2020

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Nous pouvions boire :
en rouge, un Saint Amour, La Madone, Château Belleverne : d’un petit producteur indépendant en conversion bio, dans le Beaujolais, médaille d’or 2019,
en blanc, un petit Bourgogne très dans le fruit.
Nous avons parlé de :
– Extérieur monde d’Olivier Rolin, 2019, Gallimard : un livre nostalgique, un peu crépusculaire, des mémoires qui évoquent le vieillissement, la place des femmes et bien sûr les voyages. P. 61 : « Il n’y a pas de bout du monde, le monde est parfaitement cousu à lui-même, ». P. 301 : « On a vu des pays, des gens, entendu bruisser des langues, abattu des milliers de Km »…
– Floride de Lauren Groff, 2019, L’Olivier : des nouvelles traduites par Carine Chichereau comme les autres livres de cette auteure américaine. Une ambiance chaque fois un peu étrange, éventuellement inquiétante. Des reptiles. De beaux personnages de femmes, ambigus. Des mères qui ont du mal à l’être.
La dernière histoire se passe à Yport.
Les services compétents de Iegor Gran, 2020, P O L : c’est plein d’humour même si cela parle de ce qui a changé sa vie et celle de ses parents : l’arrestation de son père, André Siniavski, après la longue recherche, par le KGB, de cet auteur de textes contraires à la ligne du parti. Nous sommes en URSS du temps de Krouchtchev, moment de relatif dégel, de marché noir incroyable (l’épisode du « jazz sur ossements » !) C’est jubilatoire.

 

 

Chat bleu : janvier 2020

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N’senga, le 9 janvier, nous offrait
en rouge un Montagne Saint Emilion 2015, Château du Vieux Bonneau : capiteux.
Ou un rosé d’hiver, de la presqu’île de Saint-Tropez, un rosé primeur : raisins de l’année récoltés en vendanges plus ou moins tardives, une nuit de pleine lune… ! : des « grains de glace »qui donnent quelque chose de très frais en bouche et une belle robe cristalline.

Les livres qui les accompagnaient :
– Sisyphe est une femme de Geneviève Brisac, éditions de l’Olivier, 2019 : une mine d’idées de lectures d’auteurEs. On en parle sur Ouest Track radio, dans la pastille Autour des livres de Vivaculture, le 2 février, à 11h. C’est audible, ensuite, en podcast.
– Péquenots de Harry Crews, éditions Finitude, 2019, traduit par Nicolas Richard. Harry Crews (1935-2012) est un (très bon) auteur américain de romans noirs. Ce livre est une compilation de reportages ou de textes plus ou moins autobiographiques, parus dans des revues entre 1974 et 1977. Il y parle de l’Amérique, de randonnées, des rednecks, de l’après Vietnam, de l’écriture. Il a une tête de dur à cuire (c’est lui sur la première de couv.) et son for intérieur est calciné.
– Top réalité de Donald Westlake (2004), traduit par Pierre Bondil (2014), en poche Rivages noir : la dernière aventure du personnage récurrent Dortmunder.
Westlake a beaucoup écrit, sous ce nom et sous d’autres pseudonymes (dont Richard Stark). La série des Dortmunder est un bonheur, pleine d’humour, plutôt déjantée. Avant ce livre, j’avais adoré Comment voler une banque  et Mauvaises nouvelles à cause des situations, des dialogues, de l’équipe de voleurs atypiques et sympathiques.

Cela nous a amenés à d’autres romans noirs :
– Paz de Caryl Ferey, en Gallimard Série noire, 2019 : son dernier roman, comme toujours très documenté, sur la Colombie. Très bien écrit et très violent.
– Le couteau de Jo Nesbo, aussi en Gallimard Série noire, 2019, traduit par Céline Romand-Monnier. Un Harry Hole. Lu d’une traite. Nesbo nous entraîne sur de fausses pistes et on se laisse faire.
– Le royaume des perches du Finlandais Marti Linna, chez Gaïa, 2013, traduit par Paula et Christian Nabais. Un lac, Une femme morte. Une obsession. Bien plus calme qu’un Nesbo.

Mais pas que des romans noirs :
– La panthère des neiges de Sylvain Tesson, Gallimard. Prix Renaudot : des paysages ! un vocabulaire !
– des Patrick Modiano tous chez Gallimard et en Folio ensuite : Souvenirs dormants, 2017. Un pedigree, 2006 ,sur son enfance, son abandon. Son dernier : Encre sympathique, dans Paris toujours, un peu rocambolesque.
– un document : Les amnésiques de Géraldine Schwartz, Flammarion 2017, en poche Libres champs, 2019 : le comportement de tout un chacun durant la période nazie. La complicité, l’adhésion. Passionnant.

Le prochain Chat bleu, c’est jeudi 6 février. A bientôt ! ?

Chat bleu : décembre 2019 -2)

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On a aussi évoqué :
– 8 livres courts, choisis par Terres de paroles, sur le thème de l’amour. Quelques uns, ici , y participent : … la sélection crée ….peu d’enthousiasme …
– peu d’enthousiasme aussi pour le dernier James Ellroy …

Mais on n’a pas toujours été aussi désagréables et on a été séduits par des livres (très divers) :
dont des dictionnaires ! :
– Dictionnaire des mots rares et précieux, collectif, 2004, chez 10-18. Le plaisir des mots comme dans A rebours de Huysmans.
– Trouver le mot juste de Paul Rouaix, chez Armand Colin, maintenant au Livre de poche, où les idées sont suggérées par les mots. Ouvrage  très utilisé par Colette.
– L’anthologie de la poésie française de Georges Pompidou, 1961.

des romans évidemment :
– Il reste la poussière de Sandrine Collette, Denoël , 2016 : une écriture ! On est au début du XXème siècle en Patagonie, dans un petit domaine tenu par une mère veuve, terrible, et ses fils. Le plus jeune, victime des autres, se réfugie dans le travail et auprès de son cheval. C’est dur mais se finit sur une ouverture.
Vera Kaplan de Laurent Sagalovitsch, Buchet-Chastel, 2016 : On est en Allemagne pendant la guerre et à Tel-Aviv vingt ans plus tard. Vera est juive et elle aide les Nazis à piéger d’autres Juifs. On voit comment elle le vit et comment elle le paie.
– des Jean Echenoz pour son humour et son style, évidemment, chez Minuit : Envoyée spéciale, paru en 2016 et, à paraître dans deux jours, le 3 janvier 2020 : Vie de Gérard Fulmar.
– des Virginie Grimaldi, chez Fayard : Le reste de ma vie, et Il est grand temps de ranimer les étoiles qui fonctionnent sur le même système mais sont très agréables.
– des Françoise Bourdon, aux Presses de la Cité :La fontaine aux violettes, et La maison du cap : plusieurs générations de femmes, leur ascension sociale de la fin du XIXè à la seconde guerre mondiale.
Par les routes de Sylvain Prudhomme, Gallimard, 2019 : un homme fait de l’autostop et des rencontres.
– un document : Idiss de Robert Badinter, Fayard, 2018, maintenant au Livre de poche. Il y évoque sa grand-mère. Regardez donc La Grande Librairie où il en parle. C’est très beau !

BONNE ANNEE 2020 ! Lisez bien !

Rendez-vous au Chat Bleu le 9 janvier !

Chat bleu : décembre 2019 – 1)

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D’abord, les prochaines dates :
 9 janvier
– 6 février
– 5 mars

Le Chat bleu, en décembre, nous recevait avec du Pinot noir d’Alsace du producteur Jean-Baptiste Adam, d’une famille de vignerons depuis deux siècles.
Le rouge, typique du Pinot, au tanin assez soyeux, dans le fruit mais pas trop. Le blanc, en bio, sec mais fruité, vif en bouche, découverte de l’année pour Nsenga.

Ces vins accompagnaient :

– Autour de mon cou, recueil de 12 nouvelles de Chimamanda Ngozi Adichie, traduit par Mona de Pracontal, paru en 2013 chez Gallimard, trouvable en Folio.
Des histoires mêlant Afrique et USA. Un ton sec. Peu de sentiments, des faits. Les personnages sont souvent des femmes, très fortes dans leur détachement face à des situations qui permettraient le pathos : de l’épouse nigériane vivant dans une banlieue chic américaine, seule avec les enfants, qui apprend que son mari a une jeune maîtresse au Nigéria, à la jeune fille aisée cachée pendant une émeute, en passant par l’écrivaine en résidence d’auteurs noirs créée par un Blanc qui critique leur production. Ces nouvelles nous donnent une vision différente de l’Afrique, montrée surtout du côté des nantis ou des intellectuels.
Mon histoire avec Robert de Patrice Robin, P O L, 2019 :
Un livre d’admiration pour le Robert du titre, le cinéaste américain Robert Kramer. Mort en 1999, ce documentariste est/était  plus apprécié par les Français que par ses compatriotes pour lesquels il était un peu trop engagé, par exemple, contre la guerre du Vietnam.
Mon histoire avec Robert est aussi un livre autobiographique : Patrice Robin est un peu l’ Annie Ernaux masculin : parents petits commerçants dans une bourgade, il est devenu écrivain. Il a entre autres vécu au Havre où il a été animateur à la Maison de la Culture.
– Une enquête au pays de Driss Chraïbi, édition du Seuil, 1981, en Point poche.
Driss Chraïbi (1926-2007) a écrit à partir de 1954 mais n’a commencé à écrire des « polars » qu’en 1981. Celui-ci est le premier avec le personnage récurrent de l’inspecteur Ali qui est un Scapin marocain. Et c’est jouissif !

Chat bleu : novembre 2019 – 2)

Avec le Julienas, nous avons évoqué d’autres livres que ceux de Santiago Amigorena :

– La couturière de Frances de Pontes Peebles, traduit de l’anglais par Martine Leroy- Batistelli. Le livre sorti en 2008 aux USA y a reçu le prix Elle. On le trouve maintenant en poche, collection Points.
Cette auteure née dans le Nordeste brésilien, vit aux USA.
La couturière parle de deux soeurs dans les années 1930 au Brésil. L’une est enlevée par des « congaceros », des bandits qui exercent la terreur. Les vies séparées et extrêmement différentes de ces femmes.
– Virginia d’Emmanuelle Favier, Albin Michel, 2019 : une biographie subjective, les vingt premières années de Virginia Woolf, l’émergence de l’écriture. Emmanuelle Favier utilise le « nous« . C’est le regard de quelqu’un, maintenant, sur cette écrivaine.
– La beauté des jours de Claudie Gallay, en poche chez Babel : une femme qu’on croirait banale, 45 ans, postière, est une fan de la plasticienne Marina Abramovic qui engage son corps et son existence même dans son travail.
– La chambre des merveilles de Julien Sandrel, un premier roman à 37 ans, chez Calmann-Lévy, 2018 : Un enfant accidenté est plongé dans un coma profond. Sa mère trouve son journal, vit ses envies et vient lui raconter.
– La passagère du silence, texte autobiographique de Fabienne Verdier, paru en 2003, trouvable en Livre de Poche : une jeune fille de 16 ans, peintre, part en Chine et suit des cours de calligraphie. En ce moment, à Aix en Provence, on peut voir une exposition de Fabienne Verdier.
Errance d’Inio Assano, traduit par Thibaud Dosbief, aux éditions Made in : un mangaka entre deux livres. Tout se délite. « super bien », dit F. pour qui c’était le premier manga.

Nous sommes aussi revenus sur des livres déjà appréciés :
– Tropique de la violence de Nathacha Appanah, 2016, maintenant en Folio.
– Une année à la campagne de Sue Hubbell, (1988) aussi en Folio.
– Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper Lee (1960), en J’ai Lu. Un film avec Gregory Peck : Du silence et des ombres et une belle BD sont issus de ce roman sur la période de la grande dépression en Alabama.

Rendez-vous au  jeudi 12 décembre

Chat bleu : novembre 2019 – 1)

D’abord, les prochains rendez-vous :
– Le jeudi 12 décembre, prochain Chat bleu.
– Le vendredi 13 décembre, Au fil des Pages, à 18h30 : rencontre avec Serge Portelli pour Qui suis-je pour juger l’autre ? aux éditions du Sonneur, 2019.

Revenons à novembre :
Le Chat Bleu nous recevait avec deux beaujolais : en rouge, un grand Julienas, Le Bois du Chat, vieilles vignes, du château de Belle Verne, en agriculture raisonnée. Médaille d’or 2019 à la foire internationale du Gamay. Le blanc, cépage chardonnay, était du même domaine.

Ils accompagnaient trois livres de Santiago Amigorena, chez P O L  : Le ghetto intérieur  (2019), le dernier, qui fait un tabac et a été sur la liste de nombreux prix. Mes derniers mots (2015) et Une adolescence taciturne (2002), le presque premier. Amigorena écrit depuis longtemps, avec un peu la même envie que Proust : un grand oeuvre sur un sujet. Son sujet à lui n’est pas le temps mais le langage car Amigorena est un double exilé, parti enfant d’Argentine pour l’Uruguay et arrivé adolescent à Paris.
Le mutisme du grand-père du Ghetto intérieur ricoche sur celui de Santiago, enfant empêché, dans ses nouveaux lieux de vie.
Mes derniers mots a été mon préféré : il s’agit d’un mélange de S F et de poème ou de fable : un seul homme reste vivant. L’espèce humaine a détruit la terre, des bandes ont voyagé pour se sauver mais rien n’y a fait. C’est super-beau et dit en 2015 tout ce que nous entr’apercevons en 2019 !

Chat bleu : octobre 2019 – 2)

Quelques fois, ce 3 octobre, nous n’étions pas d’accord  ! :
– Plusieurs ont lu Né d’aucune femme de Franck Bouysse, paru à la Manufacture des livres : R., dans ce livre très noir, a admiré la capacité de résistance de l’héroïne, mais cela l’a mise mal à l’aise. F. y a vu une caricature, a ri à certains moments, a de beaucoup préféré les romans précédents de Bouysse, dont Grossir le ciel. Cl., elle, l’a vraiment aimé, même si elle a trouvé la fin « bâclée ». Elle pense qu’un plan aussi machiavélique est possible.
– Avis divergents aussi sur Les choses humaines de Karin Thuil, en deux parties, une première très descriptive de la vie de trois personnes, la deuxième le procès. D. l’a vu comme le « page turner » incarné et un livre intéressant sur la différence entre céder et consentir. C. a pensé que l’auteure surfait juste sur un sujet à la mode.
-De même pour La folie Elisa  de Gwenaëlle Aubry, Mercure de France, 2018 : « Toutes ces femmes sous l’emprise d’un homme ! (…) On voit qu’elle fait des efforts pour avoir un beau style »… (ouah ! ) Ce à quoi C. répond : « Il y a des choses à sauver »…
– La vraie vie d’Adeline Dieudonné dont nous avions déjà parlé a entraîné d’autres désaccords.

Cette fois, vous le voyez, il y a eu de vraies « battles » !

Ensuite, chacun présentant quelque chose que les autres ne connaissaient pas : fin des « hostilités » :
– Les calendriers de Robert Cottard, ce facteur de campagne pris dans ses relations avec les gens, arrivé aux éditions de l’Olivier grâce à Agnès Desarthe (qui sera Au Fil des Pages le 20 novembre)
– Murène de Valentine Goby, Actes Sud, 2019 qui raconte le handicap, « les sensations du corps de façon fine et subtile ».-
– Par les routes de Sylvain Prudhomme, éditions l’Arbalète, 2019 : un homme retourne dans la ville de son adolescence.Un livre très fort sur le passage de l’âge, les gestes anodins, l’amitié.
– Jour de courage de Brigitte Giraud, Flammarion, 2019 : l’histoire de Magnus Hirschfeld, dont la bibliothèque a été l’objet du premier autodafé nazi, est racontée par un ado au cours d’un exposé qui lui permet de faire son coming-out.
Hadassa de Myriam Beaudoin, éditions Léméac. : une institutrice dans une classe de primaire d’une école juive orthodoxe au Canada. Sa bienveillance non intrusive.
– Oublier Klara d’Isabelle Autissier, Stock, 2019 : un roman, un retour sur le système soviétique.
– Dernier meurtre avant la fin du monde de Ben H. Winters, 10-18, traduction de Valentine Le Plouhinec. Entre polar et SF. Efficace.
– Borgo Vecchio de Giosue Calaciura, collection Notabilia chez Noir sur Blanc, 2019. Traduction de Lise Chapuis : Palerme dans les années 60 pendant deux jours, une ambiance de fantaisie à la Garcia Marquez.
– Retour à Lemberg de Philippe Sands, édition Albin Michel, 2017, traduction de Astrid von Busekist : ce juriste franco-anglais, invité pour une conférence dans la ville polonaise où a vécu son grand-père, se penche sur les deux  juristes qui sont à l’origine des concepts de « génocide » et de « crime contre l’humanité ». Un mélange d’essai et d’autobiographie. Hyper-intéressant.
– Contrée indienne et La colline des potences, de Dorothy Johnson, traduits par Lili Sztajn, dans la collection Totem de Gallmeister : une écrivaine américaine qui prit fait et cause pour les Indiens. De bons textes qui devinrent de grands westerns au cinéma. A (re)découvrir.

Prochains rendez-vous :
– Au Chat Bleu, le 7 novembre.
– Avec Agnès Desarthe, à la librairie Au Fil des Pages, le 20 novembre.

Chat Bleu : octobre 2019- 1)

Nous étions nombreux pour cette rentrée et nous avons pu apprécier :

  • en rouge :  un grand cru du Beaujolais, un Juliénas, cuvée « Le bois de chat » du château de Belleverne, médaille d’or 2019.
    En agriculture raisonnée, ces vieilles vignes donnent du fruité, du floral et de petites notes épicées.
  •  en blanc : du même viticulteur, un Bourgogne 100% chardonnay, assez proche d’un Bourgogne aligoté
  •  en livres :

 – Un monde sans rivage d’Hélène Gaudy, Actes Sud, 2019 ( elle était invitée le 17 octobre à la librairie Au fil des pages, dans le cadre du festival Terres de Paroles.)
Ce livre d’Hélène Gaudy est sur la liste de nombreux prix dont le Goncourt des lycéens auquel participe le lycée François 1er.
Un monde sans rivage est l’histoire réelle de trois Danois qui, en 1897, sont partis en ballon pour le Pôle nord. Ces hommes ne sont jamais revenus mais, chose incroyable, en 1930, on a retrouvé le journal de bord de l’un d’eux et des photographies de l’expédition. On les a développées. Ce sont ces « strates de temps » qui ont entraîné la très belle écriture d’Hélène Gaudy, « j’interprète, je n’invente pas, j’interroge les traces » : nous a-t-elle dit.
– Le coeur de l’Europe d’Emmanuel Ruben, (éditions) la Contre Allée, 2018.
Emmanuel Ruben est géographe, voyageur, …cycliste ….et directeur de la maison Julien Gracq le long de la Loire. Son dernier livre, aux éditions Rivages, Sur la route du Danube, a obtenu le prix Nicolas Bouvier à Etonnants voyageurs 2019.
Ce petit  (91 pages) coeur de l’Europe est le (grand) récit d’un voyage en 2015 en ex-Yougoslavie, « devenu le pays des frontières ». Il nous emmène dans ses paysages, son histoire récente et bien plus ancienne.
– Eloge des bâtards d’Olivia Rosenthal, éditions Verticales 2019 : une communauté de jeunes gens se crée dans une ville malade de sa modernité. Un peu sur le principe du Décameron de Boccace, ils s’y racontent tour à tour. Ils sont surveillés mais ne semblent pas avoir peur. Ils se rebellent mais par des actions poétiques.

La suite, j’espère demain…

Mais notez déjà la prochaine date du Chat bleu : jeudi 7 novembre