Chat Bleu de juin 2019

Mis en avant

Entre un Saumur Champigny et un Côte de Gascogne … nous avons beaucoup voyagé.  Avec Andrzej Stasiuk d’abord, aussi bien romancier que « écrivain voyageur ». Stasiuk est un auteur polonais né en 1960, édité en France, le plus souvent chez Noir sur Blanc, Christian Bourgois ou Actes Sud. Les deux livres dont nous avons parlé sont de cette maison :
– Taksim, paru en 2009 en Pologne et traduit en 2011 par Charles Zaremba est un roman à la première personne qui nous emmène dans les Carpates, après 1989. Le narrateur traverse cette zone en tous sens dans un vieille camionnette  avec un autre homme. Ils vendent des frippes dans les villages, passent les frontières, comme nous le seuil de la porte. Les descriptions de ces endroits reculés, abandonnés, sont fabuleuses. Nous y sommes. C’est aussi drôle (les expatriés rentrant avec leurs voitures neuves européennes…) que glaçant (un épisode avec un cochon ! )
– L’Est ,du même Andrzej Stasiuk est un récit paru en 2014 en Pologne et en 2017 en France, traduit par Margot Carlier. Là, il nous emmène de la Pologne, à la Chine du nord en passant par des régions de la frontière sino-russe. Nous allons, avec lui, de villages  pauvres et sablonneux côté russe à des villes champignons, pauvres aussi, autrement, côté chinois.
Dans les deux livres, il parle des objets produits par la Chine, cassables, sans vraie utilité, qui envahissent l’Est dont les habitants ont si longtemps dû s’empêcher de consommer.
Andrzej Stasiuk, un sacré écrivain et un penseur !

Le voyage a continué avec L’axe du loup de Sylvain Tesson, en Pocket : son périple, de la Sibérie au golfe du Bengale, suivant les traces des hommes qui s’échappaient du goulag.
Puis nous avons reparlé de livres que nous avions aimés : d’Axel Kahn, de Céline Minard : Le grand jeu ,  Les frères Lehman de Stefano Massimi.

Enfin, nous avons évoqué :
– La peinture à Dora de François Le Lionnais (1901-1984), co-fondateur de l’Oulipo, et une biographie façon puzzle de celui-ci par Olivier Salon, Oulipien et mathématicien : Le disparateFrançois Le Lionnais, tous deux aux éditions du Nouvel Attila, 2016. François Le Lionnais a été prisonnier du camp de travail de Dora en 1944 et a raconté comment il réussissait à « s’en échapper » grâce à des descriptions qu’il faisait à ses camarades de tableaux du Louvre .
– Les Amnésiques de Géraldine Schwarz, éditions Flammarion : un essai passionnant sur la montée des populismes des années 30 à aujourd’hui.

Le prochain et dernier Chat Bleu de la saison est le 11 juillet.

Chat Bleu de mai 2019 -2)

On a aussi parlé de :

– Lydie Salvayre, d’abord de : Marcher jusqu’au soir. Ma nuit au musée, éditions Stock, 2019 : sa réaction à sa nuit dans l’exposition Giacometti, au musée Picasso. Elle aime la sculpture de Giacometti L’homme qui marche mais n’a pas apprécié cette nuit. Cette commande est l’occasion pour elle de parler de ce qu’est l’émotion esthétique, de comment on la ressent ou pas, comment on y accède, de l’origine sociale qui peut ou pas permettre cet accès. – Il s’agit du deuxième livre de la collection Ma nuit au musée, ouverte par Kamel Daoud en 2018 avec Le peintre dévorant la femme qui évoque l’érotisme dans les cultures musulmane et occidentale. –
Les lectrices de Lydie Salvayre étaient nombreuses et elles ont cité Pas pleurer, sur sa mère, Sept femmes, sur sept poétesses, Tout homme est une nuit (super beau titre ! ), sur un jeune homme atteint d’un cancer, Petit traité d’éducation lubrique. Presque tous ses livres sont en poche, collection Points.
– Jean-Claude Grumberg : La plus précieuse des marchandises, Seuil 2019. un petit conte bouleversant. La grande Histoire dans la fiction.
– Romain Gary qui vient d’entrer dans la Pléiade mais ses magnifiques Racines du ciel, sur l’enfermement, les animaux et sa jubilatoire danse de Gengis Cohn sont tous deux en Folio.
–  Le dimanche des mères de Graham Swift, traduit par Marie-Odile Fortier-Masek. Paru en 2017 chez Gallimard, collection du monde entier, trouvable maintenant en Folio. Dans l’Angleterre de 1924, une domestique a pour amant le fils de la maison. Il se marie. Elle devient une écrivaine connue.
– de quelques essais ou témoignages :
– En attendant la chute du mur de Karine Lamarche et Keren Manor (photographe) : regard critique sur la colonisation israélienne par des Israéliens. 2011, éditions Ginkgo, maintenant en poche.
– Les passeurs de livres de Daraya de Delphine Minoui : une bibliothèque souterraine dans la banlieue de Damas, Seuil 2017, Points 2019.
– Pensées en chemin d’Axel Kahn, Stock 2015, Livre de poche. Ce scientifique est un grand marcheur qui a vu les paysages et les difficultés sociales de la France.
– Le monde selon Victor Hugo de Michel Winock, 2018 Tallandier : « ce n’est pas un roman mais ça se lit comme un roman et cela permet de mieux comprendre les Français. »… dit Léa…
– Sur la route et en cuisine de Rick Bass, éditions Christian Bourgois 2019 : 15 visites faîtes par cet auteur de nature writing  à ceux qu’il considère comme ses mentors…plus ou moins ouverts à la rencontre…

Chat Bleu de mai 2019 -1)

Commençons par les prochaines dates : les  jeudis 20 juin et 11 juillet !

Le 16 mai, il faisait beau et N’senga nous faisait goûter au choix
– une « Tête de linotte ( espèce protégée ) », un vin rouge joliment travaillé dans le fruit rouge et la violette.
– ou une citronnade bio, produite par une jeune femme travaillant à Rouen, et ça dans le cadre de la nouvelle carte de produits artisanaux et locaux du Chat Bleu.

Nous parlions d’abord d’auteurs invités au Polar à la plage, les 15 et 16 juin prochains, avec deux coups de coeur, très différents :
– l’auteur Jacky Schwartzmann dont on a lu d’abord Mauvais coûts, paru en 2016 à la Fosse aux Ours, puis Demain c’est loin, au Seuil en 2017, tous deux trouvables dans la collection Points. Schwartzmann tape sur tout et n’est pas vraiment politiquement correct … mais c’est drôle !
– Power de Michael Mention, 2018, éditions Stéphane Marsan : un EXCELLENT bouquin à trois voix qui nous plonge dans l’Amérique des années 60, aux côtés des Black Panthers tels qu’on ne les connaît pas, dans leur dimension sociale (écoles, distribution de nourriture, soin). C’est super documenté et extrêmement vivant !
Et, aussi attendus au festival, Antti Tuomainen dont on a plutôt aimé le livre un peu entre SF et écologie, La dernière pluie. Patrick Pécherot et son  Hevel autour de la guerre d’Algérie vue de France et de deux époques différentes. 

Puis, nous vous invitions à feuilleter deux revues gratuites : Perluète  de Normandie Livre et Lecture et Le Havre-Etretat 2019.

Et à aller au Havre, à la maison du Patrimoine, voir le mobilier d’Alvar Aalto et, juste à côté,  l’exposition Fenêtres sur coeurs de Claire Le Breton, Franck Marry, jusqu’au 26 septembre.

 

Chat Bleu d’avril 2019 -2)

On a aussi évoqué des auteurs américains :
– Historique, fabuleuse, d’une force inégalée : Flannery O’Connor (1925-1964): ses oeuvres complètes sont en quarto Gallimard : romans, nouvelles, essais sur la littérature où elle dit son credo : partir des personnages, faire sentir les choses.
– Sauvage, premier roman de Jamey Bradbury, 2019, Gallmeister. Traduction de Jacques Mailhos. « Entre thriller, fantastique et nature writing. Pour adultes et ados » ( Caroline, de la librairie Au fil des pages )
– Washington Black d’Esi Edugyan, éditions Liana Levi, 2018. Traduction de Michelle Herpe-Voslinsky : le troisième texte de cette auteure canadienne. Au XIXè siècle, à La Barbade, un jeune esclave du nom de Washington Black…
– Gratitude d’ Oliver Sacks, édition Christian Bourgois, 2016. Traduction de Salomé Wittmann.  Sacks, mort à 82 ans en 2015, avait écrit, dans les derniers mois de sa maladie, quatre essais lumineux sur la vie et la mort. Ils étaient d’abord parus dans le New York Times.
– une Mexicaine : Fernanda Melchor : La saison des ouragans, Grasset, 2019. Traduction de Laura Alcoba : inspiré d’un fait divers, la vie et la mort d’une sorcière.

et, évidemment, des Français(es) :
– Corinne Royer : de 2012, trouvable en poche, chez Babel, La vie contrariée de Louise. Cela se passe à Chambon sur Lignon, village résistant. Et chez Actes sud, 2019 : Ce qui nous revient, beau roman autour d’un fait véritable : la médecin Marthe Gautier qui se fit voler par Jérôme Lejeune la « m/paternité » de la découverte de la trisomie 21. Dans les deux livres, densité et habileté à intriquer deux histoires, personnelle et grande.
On a continué avec des textes en lien avec le soin :
– Rencontrer Darius de Mary Dorsan, P O L, 2019. C’est le troisième livre de cette infirmière psychiatrique. Pauline travaille auprès de malades criminels.
– Marcher droit, tourner en rond d’Emmanuel Venet, 2016, éditions Verdier. Long monologue d’un personnage atteint du syndrome d’Asperger pendant l’enterrement de sa grand-mère.
– Les gratitudes de Delphine de Vigan, 2019, J.C. Lattès. « Une belle histoire, de belles rencontres en EHPAD »…
– La nuit j’écrirai des soleils
de Boris Cyrulnik, 2019, éditions Odile Jacob. Sur les écrivains résilients, Jean Genet, Jean-Paul Sartre…
et puis nous sommes partis dans plein de directions :
– La solitude Caravage d’Yannick Haenel, éditions Fayard 2019 : son rapport intime à la peinture.
– Prendre la parole d’Alexis Jenni, éditions du Sonneur, un témoignage pudique de cet auteur qui devrait venir à la librairie Au fil des pages le 14 mai.

– Gare à Lou de Jean Teulé, Julliard 2019 : « drôle ! »
– En attendant Bojangles
d’Olivier Bourdeaut, paru chez Finitude en 2016, maintenant en Folio : aimé par l’une, détesté par une autre… pour la même raison : « son côté foutraque ».

Last but not least : foutraque aussi, décalé mais là, tout le monde s’accorde positivement : L’imagier Toc-Toc d’Edouard Manceau, 2018, éditions Milan. Pour tout petits.
Prochain Chat Bleu : le jeudi 16 mai .

Chat Bleu d’avril 2019 – 1)

Nous avions le choix, pour parler livres, ce jeudi 11,
entre un Côte du Rhône rouge : un Baume de Venise, assez charnu, mais assez souple, gorgé de soleil, produit en agriculture raisonnée, vegan (c’est à dire ? demanderez-vous peut-être – nous, nous avons demandé – : filtré autrement que par du blanc d’oeuf, par exemple, par de l’argile.)
et un blanc plus minéral, un Bourgogne aligoté.
Nous avons évoqué :

 – L’université de Rebibbia de Goliarda Sapienza, paru en 1983 en Italie et en 2019 aux éditions Le Tripode : le séjour en prison de l’auteure en 1980 pour vol de bijoux. On l’y accompagne au plus près, dans les cellules ouvertes dans la journée, avec les femmes emprisonnées, Gitanes, politiques, voleuses, femmes qui veulent avorter, droguées, de milieu aisé ou plus pauvres. Toutes apprécient l’auteure et se la disputent. Elle les trouve belles. Un passage extraordinaire (p.175-181) est l’intervention d’ hommes en uniforme, d’abord pour fouiller une cellule, puis pour mater le désordre, l’effet qu’ils font à ces femmes : « … tout m’apparaît clairement : ici dedans on perd l’habitude quotidienne de l’homme, son absence physique grandit démesurément son image, rend sa force mystique. (…) dans l’expression de beaucoup d’entre elles il y a du désir pour ces hommes  tombés pour une fois au milieu de nous… »
– – — Travelling – un tour du monde sans avion 
de Christian Garcin et Tanguy Viel, 2019, J.C.Lattès : départ en porte-containers de Marseille pour New York, traversée des USA en voiture, bus, train, porte-container encore de Californie au Japon. Ferry pour la Chine. Train vers la Russie puis cars pour traverser l’Europe, passer à Auschwitz, et retrouver chacun son chez soi. Christian Garcin est un habitué des récits de voyage, pas Tanguy Viel. Garcin a déjà pratiqué l’écriture à 4 mains, pas Viel. Une réflexion sur le temps, sur la représentation qu’on a des lieux : p.76 : « Depuis longtemps New York s’est retranchée derrière son nom, comme remplie des images qu’il contient » qu’on vient vérifier plus que regarder. Et cela vaut autant pour la « Russie profonde », moins peut-être pour le Japon que la télévision a caricaturé.
Ils seront à la Galerne le 22 mai.
 Haine pour haine d’Eva Dolan, paru en Grande-Bretagne en 2015, traduit par Lise Garond chez Liana Levi. C’est le deuxième polar d’Eva Dolan en français. Le premier, maintenant en poche, a reçu le prix des lectrices Elle. C’est une histoire d’immigrés, de racisme, bien menée, avec l’inspecteur Zigic et la sergent(e) Fereira de la section des crimes de haine.

Chat Bleu de mars 2019- 2)

Printemps des Poètes oblige quand même (un peu) :
– Le rêve d’hokusai de Jean-Paul Andrieux, illustrations (ce n’est pas le mot) de Marc Bergère, 2019, aux éditions L’oeil ébloui, installées en Pays de Loire.
Extrait :
«  Il a commencé à la forme des choses,
à leur surface.
Il finira au fond des choses,
à leur mystère. »

comme l’impression qu’un Français, Jean-Paul Andrieux, a réussi à être Japonais…
– De la mort sans exagérer de Wislawa Szymborska , Traduction de Piotr Kaminski. Poésie Gallimard 2018. Cette poétesse  polonaise ( 1923-2012) a reçu le Prix Nobel de Littérature en 1996. « Des textes incroyablement dans la vie, » dit Mo : « Un ton extrêmement féminin. »

Hors poésie, des romans, des étrangers d’abord :
– Tout Russell Banks.
– Le premier roman de Catherine Elaine Morgan : Le sport des rois, paru en 2016 aux USA, en 2019 chez Gallimard, traduit par Mathilde Bach : sur plusieurs générations, après la guerre de Sécession, dans le Kentucky, le rêve de créer le cheval idéal, le « pur sang ». De fabuleuses descriptions.
– en poche : Incident à twenty-mile, dernier roman de Trevanian (1998), traduit par Jacques Mailhos, collection Totem, Gallmeister.
– Nuits appalaches de Chris Offutt, traduit par Anatole Pons, Gallmeister 2019 : on est en 1954, retour de la guerre de Corée. Moments de vie dans le Kentucky. Offutt est un écrivain rare : son dernier livre était sorti il y a plus de quinze ans.

– L’énigme Elsa Weiss de Mishal Ben-Naftali, traduit de l’hébreu par Rosie Pinhas-Delpuech, éditions Actes Sud, 2019 : reconstitution de la vie d’une Juive hongroise, devenue professeur d’anglais à Tel Aviv après son sauvetage grâce au « train Kastner ». Une vie qui a croisé la grande histoire, sortie de l’ombre par une ancienne élève de cette femme « sans qualité ».

des textes français :
–  L’école des soignantes de Martin Winckler, POL, 2019 : nous sommes dans un avenir proche, dans un centre de soignants. Le seul soignant homme est né d’un couple de femmes et porte un prénom de femme sans être genré.
– Féroces infirmes d’Alexis Jenni, Gallimard 2019 : habilement construit. Autour de la guerre d’Algérie, avec deux générations, avant 1962 et en 2015.
– J’entends des regards que vous croyez muets d’Arnaud Cathrine, éditions Verticales 2019 : dans des bars, dans des trains, 65 courts récits, inventions de vies croisées.
– juste sorti en poche chez Minuit : Article 353 de Tanguy Viel.
– Idiss, Fayard, 2018, récit de Robert Badinter sur sa grand-mère, née en Bessarabie, arrivée à Paris et heureuse là dans les années 20. Une de ces personnes qui a cru dans les valeurs de la France. Là encore une histoire intime au coeur de la grande histoire.

Quelques rencontres annoncées par Au Fil des Pages :
– 19 avril, Colombe Schmeck pour La tendresse du crawl.
– 25 avril, l’auteur de L’homme homard, en rencontre Facebook live.
– 28 juin, Valérie Zenatti
Il y en aura d’autres entre temps. Et n’oubliez pas les dates du Chat Bleu  : 11 avril, 16 mai, 20 juin, 11 juillet !

 

Chat Bleu de février 2019

En rouge, nous pouvions goûter un Moulin à vent, corsé, bien dans le fruit, un beaujolais grand cru : les Seignaux. En blanc, un côte de Gascogne sec, Hirondelle, super bon.

Ils accompagnaient :
– Le témoin solitaire de William Boyle, édition Gallmeister, 2018 : une mort violente a lieu  dans un quartier de Brooklyn – le quartier de Boyle – que nous parcourons grâce à des descriptions  hyper-réalistes – le bar page 32 ! -.
– Retour à Budapest de Gregor Sander, édition Quidam, 2019 : un récit fragmenté qui nous transporte en RDA avant et après la chute du mur. Ceux qui veulent partir, ceux qui préfèrent rester. Les amitiés, les amours suspendus. Comment ils se retrouvent dans la Hongrie d’Orban. Où un système politique violent remplace un système politique violent…
– Obsession – dans les coulisses du récit complotiste de Marie Peltier, édition Inculte 2018. Marie Peltier est historienne et travaille depuis 2011 sur la narration relative au conflit syrien. Elle est ici plus générale et parle de nos comportements binaires, de nos sociétés qui se défient des politiciens et des médias, où beaucoup sont accro et sans recul vis-à-vis des réseaux sociaux.

Nous avons aussi reparlé de la drôlerie du Clafoutis aux tomates cerises, du côté Alexandre Dumas, divertissant de Couleur de l’incendie de Pierre Lemaître, de la dureté incroyable mais belle de My absolute darling,de la beauté de l’écriture de Né d’aucune femme de Frank Bouysse, la Manufacture des livres, 2019.
et encore parlé de :
– Buvard de Julia Kerninon, édition du Rouergue 2014, maintenant chez Babel : sa violence, sa qualité d’écriture.
– Avec toutes mes sympathies d’Olivia de Lamberterie, éditions Stock, 2018.
– Changer le sens des rivières
 , édition Julliard, 2019, de Murielle Magellan, une scénariste de série, cela se sent. Au Havre, une jeune fille qui n’a pas fait d’études, ses petits boulots.
– La grand-mère de Jade de Frédérique Deghelt, J’ai lu, 2011 : l’agréable histoire du kidnapping d’une grand-mère pour qu’elle ne soit pas envoyée en maison de retraite.
– Rêves oubliés de Leonor de Recondo, 2012, éditions Sabine Wespieser, maintenant en Points : quand être ensemble est tout ce qui compte.

nouveautés : en poche : L’amour après de Marceline Loridan Ivens, des jours d’une stupéfiante clarté d’Aharon Appelfeld, traduit par Valérie Zenatti. Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson. Le clan Spinoza de Maxime Rovere où on apprend beaucoup sur le philosophe, les pays où il a vécu, le judaïsme.
En grand format :
– Personne n’a peur des gens qui sourient de Véronique Ovaldé, Flammarion. Une femme emmène ses enfants…et nous entraîne aussi…
– Rendez-vous à Samarra de John O’Hara, L’Olivier. Sorti aux USA en 1934, au Seuil en 1948 : un vrai roman américain; Un geste et ce qu’il entraîne.
– Qui a tué l’homme homard ? de Jean-Marcel Erre, édition Buchet-Chastel : un polar drôle qui dit beaucoup de notre société.
– Belle amie de Harold Cobert, édition Les Escales : la suite du texte de Maupassant…

Frédéric Paulin,  La guerre est une ruse,édition Agullo, vient au Fil des pages le 28 février.

Le prochain Chat Bleu est le jeudi 21 mars : on fera partie du Printemps des poètes mais, don’t be afraid, il y a toutes sortes de poésies…en prose par exemple…

Chat Bleu de janvier 2019-2)

Et puis aussi :
d’auteurs venus au Goût des autres, 2019 :
– Véronique Olmi avec Bakhita, paru chez Albin Michel en 2017 et maintenant en Livre de Poche : Histoire exemplaire et réelle, début XXème siècle, d’une enfant du Darfour, enlevée, esclave puis canonisée.
– Laurent Gaudé pour Salina, la pièce de 2003, trouvable chez Magnard. Des élèves ont pu l’entendre lire, parler avec lui et faire signer leur exemplaire, Salina les trois exils chez Actes Sud en 2018. « C’est détaillé ; on y est. »

et encore :
– La vraie vie d’Adeline Dieudonné, édition L’Iconoclaste, 2018, un premier roman qui entraîne des avis tranchés : « une histoire plate » pour l’une, « très fort » pour une autre.
– Les cigognes sont immortelles d’Alain Mabanckou, Seuil, 2018, avec un narrateur de 12 ans, sa vie avec ses parents au Congo et un coup d’état qui bouleverse tout…
– Falco d’Arturo Pérez-Reverte, 2016 éditions Alfaguara : « 1936 en Espagne. Un personnage dans le camp franquiste, un salaud qui prend peu à peu de l’épaisseur. Une fin intéressante. » Une suite est prévue. Du même auteur : Deux hommes de bien, roman historique traduit par Gabriel Iaculli, Le Seuil 2017, Points 2018 : « vraiment bien ! »
– Les soeurs Livanos de Stéphanie des Horts, Albin Michel 2018 : bio de deux soeurs, filles et épouses de milliardaires grecs. Maria Callas fait aussi partie de leur histoire.
Sorcières – la puissance invaincue des femmes, essai de Mona Chollet, éditions La Découverte, 2018 : la femme indépendante, la femme sans enfant, la femme âgée, toutes sorcières à travers les siècles, même maintenant !
– Apprendre – les talents du cerveau, le défi des machines de Stanislas Dehaene, éditions Odile Jacob, 2018. Dehaene est actuellement président du Conseil de l’Education. Un voyage à l’intérieur du cerveau et des pistes pour les pédagogues.

On est revenus sur Le lambeau de Philippe Lançon, des romans de Zeruya ShalevMiniaturiste de Jessie Burton dont on peut voir une adaptation sur la chaîne Histoire.

A aussi été évoqué le travail d’Elsa Escaffre qui crée des objets de papier, dont des couvre-livre, trouvables à la librairie Au Fil des Pages.

 

 

Chat Bleu de janvier 2019 – 1)

Déjà, les prochaines dates du Chat Bleu : les 7 février et 21 mars.

Le 10 janvier, les amusants et jolis noms des vins nous invitaient… à boire… : en blanc, nous avons pu goûter un Uby : « Tortue » : à déguster doucement, aux nuances florales. En rouge, un « Château d’or et de gueule », un costière de Nîmes, ambiance feria, gorgé de soleil, à note d’olive noire.

  • Nous avions l’intention d’en parler ; la mort d’Aline Kiner nous a rattrapés :  son dernier livre, La nuit des béguines était sorti en 2017. Il est maintenant trouvable en Piccolo, chez Liana Levi. Un beau roman historique qui nous plonge au XIV ème siècle, temps religieux et meurtrier, et qui nous apprend qu’un grand béguinage a existé à Paris, créé par Saint Louis : un lieu pour les femmes « qui refusaient le mariage comme le cloître. Elles priaient, travaillaient, étudiaient, circulaient dans la cité à leur guise, voyageaient et recevaient des amis, disposaient de leurs biens, pouvaient les transmettre à leurs soeurs. » (P. 9). Du féminisme avant l’heure qui n’était … déjà… pas du goût de tous.
  • Trois crimes rituels de Marcel Jouhandeau, aux éditions du Chemin de Fer, 2017. Ce recueil autour de trois faits-divers était paru chez Gallimard en 1962, Gallimard étant aussi fondateur et propriétaire depuis 1928 de l’hebdomadaire toujours existant  Détective. Compte-rendu de trois procès dans les années 50 et réflexions sur le fonctionnement judiciaire, on y retrouve la misogynie de Jouhandeau : (P. 67, à propos des jurys) : « La plus grave des erreurs, c’est d’y avoir introduit les femmes. Bien moins préparées encore que nous à ce qu’elles sont appelées à faire, elles y apportent généralement une satisfaction, une passion, voire une espèce de délire déplacés »…
  • Dans le faisceau des vivants de Valérie Zenatti, 2019, L’Olivier : un des textes les plus émouvants qui soient : sur Aharon Appelfeld, disparu en janvier 2018. Un hommage, une déclaration d’affection de sa traductrice et interprète en français, Valérie Zenatti (qui était présente à une table ronde sur la traduction, au festival du Goût des Autres, ce 19 janvier). Elle est auteure, scénariste et ne traduit, de l’hébreu, que cet écrivain. Pour elle, il ne s’agit pas d’un métier, mais d’une proximité unique et ce livre en rend incroyablement compte. Appelfeld mort, elle visionne toutes les vidéos où il apparait, va en Ukraine dans sa ville natale, réussit à le rencontrer encore.

Chat Bleu de décembre 2018 :

Fin d’année fêtée avec un crémant d’Alsace des vignes bio du producteur Beck-Hartweg avec lequel le Chat Bleu travaille depuis six ou sept ans : une valeur sûre accompagnée d’une mise en bouche asperge-parmesan absolument fabuleuse !

Les livres pour cette fin d’année :
En combat singulier de François Belsoeur aux éditions havraises Courte échelle crées en 2017. Elles éditent des textes mais aussi des jeux, des tampons et sont trouvables à la nouvelle librairie Au fil des pages.
Ce Combat singulier est surtout un livre d’images noir et blanc, des dessins au crayon : c’est plein de poésie, intrigant. Allez voir : c’est vraiment très beau !
Les mots sont des pierres de Carlo Levi, paru en 1955 chez Einaudi, en 2018 aux éditions installées en Normandie : Nous, traduction de Laura Brignon. Leurs livres sont beaux, la maquette simple, efficace : rigueur du lettrage et toujours deux couleurs tranchées en aplat. Les mots sont des pierres sont des voyages en Sicile de Levi : drôle : le maire de New York venu dans le village de ses parents, dramatique : l’état de la population ouvrière dans les mines de souffre ou dans le …duché féodal de Nelson ! Impression d’être dans un film réaliste italien. Une belle langue.
– Justement : Dans nos langues de Dominique Sigaud, éditions Verdier, 2018 . Un très beau livre autobiographique sur elle et la langue, comment la langue (nous) constitue, (nous) révèle. Comment les relations parents-enfants ou les relations au monde se jouent dans la langue. A France Culture, à l’émission La Grande Table, Dominique Sigaud, en août 2018, disait : « Une langue, c’est autant ce qu’on est incapable de dire que ce qu’on est capable de dire. Un individu sera désigné autant par ce qu’il ne sait pas dire que par ce qu’il ne s’autorise pas à dire. »

Nous avons aussi évoqué :
Miniaturiste de Jessie Burton,traduit par Dominique Letellier, Folio : un voyage dans l’Amsterdam du XVII è siècle.
Ce que tient ta main droite t’appartient, Points, de Pascal Manoukian, romancier et journaliste de guerre.
Landfall d’Ellen Urbani,traduction Juliane Nivelt, éditions Gallmeister : une histoire de familles face à l’ouragan Katrina.
– Aux mêmes éditions, Idaho d’emily Ruskowich, traduit par Simon Baril, sur la ruralité, la mémoire, la vie des femmes à différentes époques.
Les frères Lehman de Stefano Massini, traduction Nathalie Bauer, éditions Globe, prix Médicis Essai 2018 : histoire de l’empire qu’ont fondé ces banquiers… en vers libre… et franchement, ce n’est pas un problème, au contraire.
– A l’occasion de sa venue à l’institut suédois à Paris, de la rétrospective du cinéaste et d’une exposition de costumes de ses films, le livre de Linn Ullmann évoquant son père : Ingmar Bergman : Le registre de l’inquiétude traduit du norvégien par Céline Romand-Monnier, Actes Sud.
– l’autobiographie de Marie Aude Murail, l’écrivain jeunesse, le plus souvent appréciée… mais pas toujours…
Un jour je m’en irai sans avoir tout dit de Jean d’Ormesson, 2013.

Rentrée littéraire janvier 2019 : merci au Fil des Pages:
Né d’aucune femme de Frank Bouysse, à la Manufacture des Livres : où on accompagne une femme au début du XXè siècle.
Ce qui nous revient de Corinne Royer, éditions Actes Sud : sur une femme, Marthe Gauthier qui découvrit la trisomie 21 et fut spoliée par le dr Lejeune.
Dans le faisceau des vivants de Valérie Zenatti à l’Olivier. Valérie Zenatti qui était la traductrice de l’auteur israélien Aharon Appelfeld évoque leur amitié, la parcours de cet homme qui avait réussi, enfant, à fuir, seul, le nazisme.