Comme on se mêle de tout : 21) Jean-Marie Châtelier, cinéaste

Jean-Marie Châtelier, cinéaste en Haute-Normandie, a réalisé avec 4 classes de CM1-CM2, avec le soutien de la DRAC, de Pôle Image, de l’inspection accadémique et de la ville du Havre, un film sur l’histoire du musée Malraux/Muma d’environ 25 minutes. Il s’agit en réalité de 4 films : MON HISTOIRE, UNE VIE SECRÈTE, MES COLLECTIONS et À LA NUIT TOMBÉE mais on a, grâce au réalisateur, une impression d’unité.

L’atelier a duré un an, mobilisé une centaine d’élèves qui ne se connaissaient pas auparavant, des enseignants qui n’avaient jamais travaillé ensemble et le résultat, montré au Gaumont des Docks au Havre le samedi 28 juin, lors d’une séance unique pour parents, enfants et amateurs, est bluffant. Il devrait prochainement être visible sur le site du CDDP en téléchargement.

Et comme on se mêle de tout : 20) Georges !

La revue Georges

La 6è Saison Graphique vient de commencer au Havre et un des rendez-vous est la présentation à la bibliothèque Salocrou de la revue trimestrielle pour enfants de 7 à12 ans …et bien plus grands, Georges.
Née en 2011 d’une équipe de filles (les éditions Grains de sel, Lyon), nous l’avions remarquée au salon du livre jeunesse de Montreuil. On ne la trouve pas en kiosque mais dans les bonnes librairies; elle a du style, du chien! Pas de numéro comme N°1 mais un pictogramme ; le dernier est N° poisson, celui d’avant N° chaussure. Elle comprend des histoires, des jeux et une rubrique où on apprend en s’amusant, aussi bien sur les Eames, architectes et designers (vous savez, le fauteuil beau et confortable cuir et coque de bois ?) que sur des personnages de livres, les sciences ou le bricolage : des sujets pointus ou décalés.
Les illustrations de Séverin Millet, de Marie Novion et bien d’autres  sont superbo-rigolotes. Georges traite juste les enfants  en lecteurs curieux et les lecteurs en enfants.
Donc allez voir l’exposition « chez Georges » et abonnez-vous à Georges !

Et comme on se mêle de tout : 19) Mauves en noir

Nous étions deux « Ancres noires » en visite à la 13è édition de ce festival en Pays de Loire, à taille humaine et à l’équipe très chaleureuse. Nous y avons retrouvé des auteurs venus au Havre : J.B.Pouy, P. Dessaint, J.H.Oppel, d’ autres que nous recevons cette année : A. Rambach, à une Babel session de la bibliothèque en mai pour RAVAGES ou les 14-15 juin lors du 12è « Polar à la plage », S. Loubière, M. Ledun, H. Sard et N. Jaillet et, évidemment, d’autres encore qu’on aimerait voir venir un jour peut-être, J. Guez,
D. Forma, H. Nicolas_JailletTezenas…

Nous avons assisté aux « gardes à vue » justement, de D.Forma  révélant son parcours californien, d’H.Tezenas, traducteur et auteur fasciné par le Brésil : interrogatoires serrés mais menés avec un gant de velours par Jeanne Guyon (revue 813). L’écrivain égyptien A. Towfik, interviewé par Christophe Dupuis, nous a parlé du roman noir dans les pays arabes et  S.Loubière a présenté les musiques qui ont accompagné l’écriture de BLACK COFFEE.
Lieu agréable, beau temps, soirée conviviale, un truc à revenir!

Dates de rendez-vous… et comme on se mêle de tout :18) danse

Retrouvez-nous au Chat bleu le jeudi 10 avril, à 18h15,
retrouvez Nicolas Jaillet à Mauves-en-noir les 12 et 13 avril,
retrouvez-nous avec Nicolas Jaillet et François David à la Galerne au Havre le mardi 15 avril, à 18h,
retrouvez-nous avec François David au Chat pitre à Fécamp le 16 avril, à 15h30.

La danse contemporaine vivait cette semaine au Havre, au Volcan Maritime avec corps de walk, chorégraphie de Sharon Eyal créée par la Compagnie Nationale Norvégienne de Bergen et Kudu, création de Gregory Magoma et Eric Truffaz avec la compagnie sud-africaine Vuyani Dance Theater et le quartett. Deux ambiances très différentes mais énergie équivalente et danseurs d’exception. Beauté froide du travail collectif contre narration des corps amoureux et souffrants.
La danse encore, au cinéma, avec Dancing in Jaffa, documentaire de Hilla Medalia sur  Pierre Dulaine faisant danser ensemble jeunes enfants israéliens et arabes, « ennemis » donc mais aussi personnes de classes sociales et de sexes différents. Le suranné de la danse de salon contre la guerre. Ne soyons pas bisounours; le problème palestinien n’est pas résolu mais des rencontres ont eu lieu, des parents ancrés dans leur communauté se sont côtoyés, des gestes d’abord impossibles ont été faits, du rythme a été trouvé ensemble, des peaux se sont touchées, ce qui dans les deux religions, musulmane comme juive, est visiblement problématique. Et c’est peut-être cela le plus beau, ce rapprochement entre filles et garçons qui ouvrirait…, un jour,… à un début d’autres relations…
…vous avez dit : « pas bisounours »?!…

Et comme on se mêle de tout : 17) nous et Le Havre

     Les deux premiers livres-carnets de VOYAGEUR sont sous presse et nous … sous pression : nous attendons avec impatience d’avoir en mains les haïkus de François David, les courtes proses de Boris Tesnière et les dessins qui les accompagnent!

    En janvier, Le Havre a brillé, brillé, brillé. Avec deux festivals concomitants, un de littérature, le Goût des Autres, l’autre de danse contemporaine,Pharenheit et la présence de France-Culture. Pour leur quatrième étape de « Villes en campagne », les émissions d’Hervé Gardette et Laurent Goumarre ont été enregistrées en direct à la librairie la Galerne dont le propriétaire, Serge Vanstock livrait aussi, sur cette même antenne, toute une semaine, ses coups de coeur pris dans l’actualité littéraire. Culture donc et économie : Le Havre est la 12è ville de France, avec 175 000 habitants, 2è port de France, 6è au niveau européen. Ses points faibles : la perte d’environ 1 000 habitants par an et un taux de chômage plus fort que la moyenne nationale. Ses points forts : son port, appartenir au Patrimoine de l’Unesco avec l’urbanisme d’Auguste Perret, ce qui l’a fait entrer dans le tourisme international et, peut-être, fait accepter à sa propre population, jusque là nostalgique de la ville d’avant la destruction et réfractaire à l’architecture de béton, rectiligne des années 50 comme courbe d’Oscar Niemeyer.
   Autre point fort, Le Goût des autres, 3è édition, rassemblait écrivains et comédiens autour du thème de la guerre. J.Hatzfeld, S.Chalandon, S.Mukasonga, R.Confiant, G.Aubry étaient interviewés et servis par des lectures. Céline était dit par Denis Lavant, magistral. Trois enfants du pays étaient là : L.Corvaisier qui  peignait sur des textes de Peguy, Aragon et Apollinaire accompagnés musicalement; L.Ruquier et Ch.Ono-dit-Bio étaient les deux voix, sobres, d’ Inconnu à cette adresse de K.Taylor. Un bon festival décidément, avec ses 10 000 entrées, mieux que l’an passé..

Et comme on se mêle de tout : 16) HEUREUSE ANNEE 2014, début de programme

Heureuse année aux curieux et amateurs (dans « amateurs », il y a « aimer ») de tous poils!

Quelques annonces :

Au cours de ce premier trimestre, RUE DU DEPART va  G R A N D I R ! Ouvrir une autre collection : VOYAGEUR: un nouveau et joli « concept » (si si!), des livres-carnets. Deux sortiront en mars, un signé François David et Mo Silly Lechevalier  : Minutes d’été et, de Boris Tesnière et Philippe Gardien : Autochtone(s). La Maquette de ces livres est d’Eric Enjalbert avec qui nous sommes heureux de travailler depuis le début.
Vous en saurez plus bientôt.

Au Chat Bleu, « Un vin /des livres » saisons 4 et 5 : les jeudis 16 janvier et 6 février.

Au Tetris, au Havre, à partir de mi-janvier, exposition d’Olivier Labbé et Jean Philippe Gomez, travaux xxs et xxl, antithétiques, qui posent pourtant les mêmes questions
OLIVIER LABBE 2013la relation au temps, à l’espace, au corps, aux matériaux. Tous les deux travaillent la série mais sur des temps très longs/très courts. Grande toile au mur ou au sol, exigeant tout le corps ou sur une table à dessin, gestes minimaux, état hypnotique. Tout est aussi support possible : de l’espace architectural remanié pour J.Ph.Gomez et ses vinyls placés aux murs, sols, plafonds d’une galerie aux sous bocks, plaques de verre et papiers carbones d’O. Labbé.
image pour lecteurLe thème de cette exposition est le point, et ils le traitent de manière diamétralement opposée. C’est abstrait mais vous pouvez y voir du médical, du géographique ou de l’astronomie. A découvrir absolument!

Par ailleurs, LE GOUT DES AUTRES, 3ème édition,  a lieu du 23 au 26 janvier au Havre, au Magic Mirrors : conférences, lectures, rencontres. Quelques noms pour vous donner envie : Jacques Bonnafé avec Sorj Chalandon et Jean Hatzfeld, Nathalie Richard avec Scholastique Mukasonga, Denis Lavant pour Voyage au bout de la nuit de Céline. Là aussi, « amateurs », venez!

Et comme on se mêle de tout : 15) au Jeu de Paume, Adrian Paci

Comme d’habitude, dans ce lieu dévolu à la photo, deux expositions, une classique et l’autre, d’un artiste contemporain : première rétrospective d’Adrian Paci en France :peintures, mosaïques, photos, vidéos. Ce sont elles surtout qui nous ont plu.
Adrian Paci est né en Albanie et vit maintenant en Italie.
« Pleureuse » (2002), « Peintre » (2002), « Les derniers gestes » (2009) parlent de son pays, de ses traditions, de sa beauté, de ses difficultés et travers. Dans « Croyez-moi je suis un artiste » (2000), « Centre de rétention provisoire » (2007), il est question d’émigration, la sienne d’abord puis il en crée la métaphore avec son escalier d’embarquement sans avion mais couvert d’hommes et femmes en attente. De même, »Bleu électrique » (2010) où guerre et pornographie sont étroitement mêlés avec humour et dans le fond et dans la forme, « La colonne » (2013), pièce réalisée à l’occasion de l’exposition, évoquent le monde d’aujourd’hui, son fonctionnement et ses maux. »La colonne », une vidéo de 25 minutes et une sculpture présentée à l’extérieur: c’est le chemin d’une colonne de marbre, de la carrière en Chine à sa fabrication, pendant le transport par des ouvriers chinois.
De l’Albanie à l’ailleurs, de l’artiste à la mondialisation, Adrian Paci part de lui, de la spécificité de son origine, mêlant poésie grave et réflexion amusée pour arriver aux questions actuelles : la beauté est toujours là, l’ironie aussi.

Et comme on se mêle de tout : 14) LE GOUT DES AUTRES, 2ème édition

    Quand, aux informations nationales, on parle du Havre (et pas pour une fermeture d’usine ou de foyer de travailleurs), quand Radio-France nous dit, du festival littéraire LE GOUT DES AUTRES : « un évènement France-culture », nous sommes légitimement fiers.
Quand nous y assistons, voyons et entendons cette deuxième édition, nous sommes toujours aussi fiers et toujours aussi légitimement.
Le premier festival, en janvier 2012, était du genre : tous les goûts sont dans la nature…On y recevait Chamoiseau, Ovaldé, Winckler, Deville et bien d’autres. C’était bien, intéressant puisqu’il était question de livres, mais sans colonne vertébrale.

Cette fois, tout tourne autour d’Aimé Césaire à l’occasion du centenaire de sa naissance et parce que, quand il est venu en 1931 faire ses études en métropole, il est arrivé par Le Havre. Le Havre, port négrier, qui, comme Nantes, sans faire action de repentance, essaie de travailler sur son passé et de comprendre le présent. LE GOUT DES AUTRES 2013 parle donc de la « Négritude » et reçoit pour cela des auteurs noirs – qui soulignent… qu’on ne dirait pas d’un écrivain blanc qu’il est blanc… ,qui peuvent s’énerver des compartiments où on les parque – auteurs américains : Percival Everett, Eddy L. Harris, francophones : Nimrod, Gaston-Paul Effa, Alain Mabanckou, Lyonel Trouillot, fiers d’une langue qu’ils perpétuent et augmentent, langue que certains Français (même  et surtout franchouillards) ne savent plus manier…
Cette langue, des comédiens viennent la faire entendre : André Wilms, Marianne Denicourt, Daniel Mesguich… Anne Alvaro a incroyablement lu des extraits de « Bicentenaire » et « les dits du fou de l’île » de L.Trouillot. Denis Lavant a immensément dit l’immense « Discours sur le colonialisme » d’Aimé Césaire.
Un superbe festival d’histoire, de politique et de littérature avec une fin digne de lui : « Cahier d’un retour au pays natal »  de Césaire en concert-lecture-création.
En chiffre, c’est 8000 entrées (vive aussi Lilian Thuram!) :  et une vraie qualité d’écoute, 8000 vrais moments d’écoute.

Et comme on se mêle de tout : 13) « Jérôme » de Jean-Pierre Martinet

Gardé dans les armoires de Jean-Jacques Pauvert, sorti par les éditions Sagittaire (1978), réédité par Finitude (2008):
un livre prisonnier
un livre (dé)libéré
un livre noir
un livre hors-norme
un livre poème
un livre fond/forme
un livre – littérature
un livre – cinéma
un livre de contraires
un livre funèbro/jubilatoire
un livre horriblement beau
un livre de désir
un livre paranoïa
un livre  MOTSNUMENT
un livre, donc, à (faire)
 lire…

Et comme on se mêle de tout : 12) Air doll de Hirokazu Kore-Eda, Japon, 2010

Air doll est  une ode au cinéma, fiction et simulacre et un film d’une grande richesse !
C’est moins l’histoire d’une poupée gonflable que d’un autre Pinocchio, moins une fable érotique qu’un conte philosophique : la naissance d’un être neuf s’ouvrant à la vie, au savoir et aux autres. Inspiré d’un manga dans lequel la poupée était seule, le film parle, lui, beaucoup du lien ou de son impossibilité et montre des solitudes juxtaposées, des stratégies de compensation.
« Je suis vide à l’intérieur » avoue la poupée à un vieil homme qui répond : « A notre époque, ils le sont tous ». Elle est « Candide » dans son rapport au mot, ce qui entraîne la mort : « Où est ta valve? » demande-t’elle à l’homme qu’elle aime et qui lui avait dit qu’ils étaient pareils. Elle a honte d’être un ersatz (la superbe scène du regonflage dans le magasin de vidéos où elle travaille) mais s’aperçoit que l’ersatz est une norme. Par le souffle, elle a un coeur, éprouve la compassion, l’amour et sa douleur, la jalousie et le dégoût. Par le souffle, elle est devenue vivante mais accepte, elle, de vieillir et de mourir (elle jette la pompe qui la regonflerait à jamais).

au cinéma Le Studio, Le Havre, jusqu’au 15 janvier